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Vendredi 15 août 2008

Je ne suis pas forcément ségolèniste. Je ne sais pas trop ce que je suis, en fait. C’est bien pour ça que j’essaie de lire et de faire un choix parmi les 21 contributions PS.

 

Ségolène Royal, certains y croient toujours, d’autres ont été déçus, et certains n’y ont jamais cru.

 

Je n’ai jamais trouvé qu’elle était le meilleur choix. Le meilleur choix possible seulement. Parce que je n’arrive pas à me reconnaître dans cette femme là. Malgré tout, je lui reconnais des qualités et une force indéniable. Voyons si elle propose quelque chose qui me convaincra à 100% cette fois-ci…

 

Verdict...euh...lundi ?

 

Bon, j'avoue, même si Ségolène est la Madonne du PS et qu'on est le 15 août, je ne suis pas arrivée à lire cette contribution. J'y arriverai ! Mais quand même, je ne suis pas ségoléniste, c'est sûr !

 

CC

Jeudi 14 août 2008

Après avoir fait plaisir à Maxime Pisano, hier, en proposant ma lecture de la contribution de Martine Aubry, je vais satisfaire un autre collègue, aujourd’hui, en décortiquant la contribution de la Nouvelle Gauche, conduite par P. Larrouturou.

 

Enfin…le satisfaire…attendons de voir !!

 

C’est une contribution qui ne s’embarrasse pas d’envolée lyrique et de belles intentions sur les valeurs de la gauche. On pourra lui reprocher de n’être pas tout à fait inspirée, ou habitée…Mais on ne peut pas lui reprocher de piétiner avant d’entrer dans le vif du sujet.

En plus, les arguments avancés sont bétons : si vous avez eu l’occasion d’écouter ce midi sur France Inter, l’émission « Ça vous dérange », sur le temps de travail, voilà l’argumentaire qu’il aurait fallu développer en face de la théorie étrange des « cigales (« ceux qui préfèrent rester au lit ») et des fourmis » de M. Godet, qui était au téléphone. (Au passage, vous pouvez faire part de tout ce qui vous dérange dans l’émission de demain…Profitez-en !)

Si on résume les idées de la Nouvelle Gauche, en gros : la baisse de la part des salaires dans le PIB est bien antérieure aux 35h remises en cause par Sarkozy. De plus, elle est mondiale.

Par conséquent, il faut chercher le problème ailleurs.

Dans le chômage, par exemple. Sarkozy et sa fine équipe nous assurent que le chômage, c’est fini.

Pourtant, ces deux problèmes – temps de travail et chômage – sont les clés de voute du système. C’est en comprenant leur fonctionnement qu’on explique les difficultés de notre système de santé et de retraite. Moins les gens travaillent, moins ils cotisent et le système s’effondre. Les gens n’osent plus négocier leurs conditions de travail auprès de leurs employeurs, à cause du chômage qui les guette, ils travaillent donc moins, ils gagnent moins, donc, ils cotisent moins et le système se fragilise. C’est un constat. Si on ajoute à cela, un nombre de trimestres plus grand pour pouvoir toucher une retraite à taux plein, mais des seniors ne trouvant pas d’emplois donc touchant moins de retraite par la Sécu, on se rend compte que les gagnants sont…les assurances et les mutuelles privées.

La contribution n’est pas sans rappeler qu’un certain Guillaume Sarkozy est le directeur général d’un groupe d’assurances-santé et retraite…

Alors, le plein emploi, c’est pour demain ? Encore une fois, on nous ment, on nous spolie. Les emplois créés dont on nous vante le mérite sont le plus souvent des emplois à temps partiel. En moyenne, 12h/semaine. Le pied. Ne vaudrait-il pas mieux faire 35H ? Le modèle allemand n’est pas le bon. Les réformes du travail proposées par Sarkozy et s’inspirant de la réforme Hartz sont une catastrophe annoncée.  Si on regarde de près, ce n’est pas mieux aux Etats-Unis, c’est tout aussi désastreux en Angleterre, au Japon et même en Chine…

Bref, le constat est sans appel : la situation des pays occidentaux est loin d’être brillante et ce qui guette, à plus ou moins long terme, c’est une crise semblable à celle de 1929.

L’intérêt de cette contribution, c’est qu’elle dresse un panorama général et documenté sur la situation du capitalisme libéral et dérégulé que nous connaissons.

La seconde partie, « Comment agir ? », par d’ailleurs de ce constat : impossible de trouver des solutions au niveau national quand le problème est mondial.

Cette deuxième partie se résume en 10 questions qui battent en brèches des idées reçues.

1)      « Etes-vous d’accord pour que, à l’issue de son Congrès, le PS organise sans tarder avec l’ensemble des socialistes européens (ceux qui sont au pouvoir et ceux qui n’y sont pas) une grande Conférence internationale pour définir de nouvelles règles du jeu en matière monétaire et financière ? » Autrement dit, il faut réunir un nouveau Bretton Wood.

2)      « Pour leur donner un minimum de culture économique, souhaitez-vous que le PS abonne Nicolas Sarkozy et les dirigeants du Medef au Figaro ? Ça leur éviterait de dire trop de blagues en économie ! » Autrement dit, les problèmes actuels ne sont dus ni à la mondialisation comme l’affirme l’extrême gauche, ni à un manque de productivité de la France comme l’affirme le MEDEF. Et donc : « Etes-vous favorable à la négociation d’un véritable Traité de l’Europe sociale comprenant des critères de convergence sociaux aussi précis et contraignants que l’étaient les critères financiers du Traité de Maastricht ?[...] »

3)      « Etes-vous d’accord pour [...] donner à l’Europe des ressources propres en créant un impôt européen sur les bénéfices, une éco-taxe et/ou une Taxe Tobin ? » Autrement dit, le dumping fiscal n’a jamais été aussi fort que ces dernières années, alors même que les entreprises engrangent des bénéfices toujours plus importants. Même les Etats-Unis ne font pas autant de dumping fiscal…

4)      « Etes-vous d’accord pour [...] rééquilibrer les relations entre la Chine et l’Europe ?

» Autrement dit : la Chine ne respecte pas les normes environnementales en vigueur en Europe, ni les conditions de travail. De plus, la monnaie chinoise n’est pas évaluée à sa juste valeur. Nous devrons imposer les mêmes règles du jeu à la Chine ou taxer ses produits.

 

« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. Il nous faut apprendre à vivre comme des  frères ou nous préparer à mourir comme des imbéciles.» Martin Luther King…


5)      « Doit-on toujours miser sur la croissance ? » La croissance ne pourra pas revenir massivement et en plus, dans les pays où la croissance est plus forte, la situation n’est pas meilleure. Autrement dit, la croissance tant espérée n’est pas la solution.

6)      « Pour qu’aucune perte de pouvoir d’achat n’affecte plus les salariés, êtes vous favorables à la mise en place d’un système d’indexation des salaires semblable à celui qui existe au Luxembourg et en Belgique ? » Si ça marche pour eux, pourquoi ça ne marcherait pas pour nous ?

7)      « Pour faire face à la crise du logement, faire baisser les loyers et dégager du pouvoir d’achat pour les locataires, êtes-vous favorable à l’utilisation d’une partie du Fonds de réserve des retraites pour construire massivement de nouveaux logements en s’inspirant de ce qu’on fait les partenaires sociaux aux Pays-Bas ? » Si ça marche pour eux...

8)      « La productivité, pour quoi faire ? » Autrement dit, la modernité de nos systèmes industriels fait de notre pays un des premiers pour ce qui est de la productivité. Sarkozy nous ment quand il affirme que nous ne sommes pas assez travailleurs. Dans ce cas, la solution pour créer de l’emploi, c’est évidemment de baisser le temps de travail. La semaine de 4 jours est le point central de l’argumentaire de P. Larrouturou. C’est passionnant et je vous conseille de lire au moins ce 8ème point.

9)      La contribution souligne la nécessité de faire un Europe qui ne soit pas seulement économique et libérale… (La négociation pourrait partir : 1. du projet de refondation démocratique développé en 2000 par Joschka Fischer, 2. du projet de Traité de l’Europe sociale rédigé en 2003 par quelques socialistes français avec le soutien de 400 personnalités de 9 pays, 3. du discours de Winston Churchill prononcé à Zurich en 1946 : il faut créer les Etats-Unis d’Europe… mais la Grande Bretagne n’en fera pas partie. Il n’y a aucune obligation d’unanimité !)

10)   La démocratie au PS : le regret que les militants ne soient pas suffisamment entendus au sein du parti est énoncé. Mais aussi, la perte du nombre des militants. Le constat de P. Larrouturou va plus loin que celui de Martine Aubry : le PS va mal…tout aussi mal que la politique dans la société. Il va aussi beaucoup plus loin en ce qui concerne l’Internet et ses possibilités « horizontales » (contre une communication traditionnelle des médias qui est « verticale »)

 

En résumé et pour conclure, cette contribution est extrêmement enrichissante du point de vue économique. J’ai appris énormément en la lisant. Cependant, je reste sur ma faim en ce qui concerne l’environnement et les questions de société (l’éducation, notamment.)

 

Mais la réflexion sur le temps de travail et la façon de repenser l’économie au niveau mondial me semble pertinente et convaincante.

 

CC

Mercredi 13 août 2008
"Je vais téléphoner à Henri Guaino pour lui dire de surfer sur l'homonymie..."

Vous n'êtes pas hérissé par ce nom qui n'arrête pas de nous chatouiller les oreilles, là ?

Moi, si !!

C'est grave docteur ?

CC
Mercredi 13 août 2008

La deuxième contribution que j’ai décidé de lire, c’est celle de Martine Aubry, parce que j’ai fait un de ces tests idiots de Facebook qui m’a annoncé que j’étais socialo tendance Martine Aubry…

 

Vérifions !

 

Une vision pour espérer, une volonté pour transformer. C’est le titre de la contribution. Belle formule parallèle, belle allitération en [v]. Cessons les sarcasmes. L’introduction dresse un constat juste de la France de Sarkozy. Sans détour, la politique de notre TGH (très grand homme) est démontée : baisse des impôts pour les tranches hautes, baisse des acquis sociaux pour les tranches basses. Plus de libéralisme, moins de libertés. C’est le constat qu’on fait chaque jour depuis le début de la présidence de Sarkozy, ici, ou chez Juan, ou un peu partout chez les Left_blogs.

 

Très bien.

 

Le principe directeur est posé : NOUS voulons une société et non pas un marché, et « le JE a besoin du NOUS pour exister. »

 

Premier point, un point auquel je suis particulièrement sensible : l’éducation. Quelques déclarations de bonne volonté et quelques piques envers la politique actuelle. Plus de moyens, plus de temps d’école pour les élèves, plus de souplesse possible dans l’organisation de l’école. L’école obligatoire à 3 ans. Bref…Ce n’est pas tellement concret. Une prof attend un peu mieux de ce côté-là.

 

En ce qui concerne la formation continue, le bilan d’une carrière où la mobilité est inévitable est le bon. Du coup, les propositions de formation tout au long de la vie professionnelle sont bien vues.

 

Pour le logement, la contribution me semble fouillée et technique. Sans doute parce que Martine Aubry connaît bien le dossier, au niveau local, à Lille. Une idée me semble très belle et très intéressante : « nous voulons qu’au droit au logement correspondent aussi des devoirs : l’octroi d’un logement ayant bénéficié d’une aide publique pourrait s’accompagner de l’adhésion à une charte de vie collective prévoyant la participation à la vie de l’immeuble (tranquillité, propreté, petit entretien, locaux communs, cours de soutien assurés par les étudiants, garde d’enfants assurée par les retraités, courses assurées par les étudiants ou les jeunes ménages auprès des personnes âgées dépendantes, implication dans les conseils de résidants et les associations de locataires…) et l’acceptation de mobilité dans un autre logement aidé plus petit (trois offres au minimum) en cas de réduction de la taille de la famille, pour laisser place à une autre famille. »

 

Après ce premier panorama, Martine Aubry, dans une volonté de couvrir toute la population, redit que la politique de gauche doit être celle de toute les générations, de la petite enfance jusqu’aux personnes âgées.

 

Ensuite, vient une réaffirmation des valeurs de laïcité, d’égalité, d’accueil et de diplomatie étrangère à la fois moderne et intransigeante sur la question des droits de l’homme, le civisme – même si 1000 heure de travaux d’intérêt général dans la formation de tous les jeunes me semble…excessif… ?- une politique de sécurité axée sur la prévention et sur la réinsertion après la sanction, dans laquelle je me reconnais largement.

 

La culture tient une vraie place dans cette contribution. Il s’agit d’en faire un ciment collectif intergénérationnel. C’est une idée louable. La Culture doit être dans la cité, dans l’école, dans les théâtres, mais aussi dans la rue. De nombreuses fois, Mme Aubry fait référence à Lille 2004. Pour ceux qui ont eu la chance de visiter la capitale nordiste durant cette année, il est vrai que c’est un modèle extrêmement pertinent et réussi.

 

Dans ce même chapitre, s’intègre naturellement (ou pas très naturellement, d’ailleurs) Internet.  Pas très naturellement, selon moi, parce que le titre : « Génération Internet » fait plutôt vieux machin qui se penche sur un phénomène de mode pour faire « djeun’s ». Cette impression vient sans doute de mon jeune âge…Mais malheureusement, la vision d’Internet de Martine est déjà dépassée par les événements !

 

Pour ce qui est du développement durable, c’est un peu comme pour Internet : la vision est trop étriquée. Le développement durable, d’ailleurs, ça ne vaut que pour les lapins. Et encore…

 

La vision de la politique étrangère est plus conforme aux droits de l’homme que celle de Sarkozy, c’est clair, et plus tournée vers les pays du Sud. Intéressant et à creuser, surtout en ce qui concerne la guerre de la nourriture…Comme la vision de la paix, c’est un projet beau et généreux…Utopique ?

 

Utopique, peut-être, aussi, la normalisation des règles sociales et environnementales. Mais c’est un beau rêve…

 

Enfin, la dernière partie, avant la conclusion, « Remettre la société en marche », propose une réforme de l’Etat pour moins de pouvoir du président, pour plus de décentralisation,  des syndicats plus représentatifs et des citoyens plus participatifs (le mot est-il bien choisi ?).

 

Le point qui me semble primordial et qui est développé en dernier – mais c’est rhétorique, sans doute -, c’est la volonté de rassembler le parti socialiste. Ça devrait arriver en premier, mais c’est là et c’est déjà pas mal…Et d’ailleurs, cette volonté d’union est à nouveau affirmée dans la conclusion.

 

Le NOUS tiens une place capitale dans cette contribution qui mérite d’être lue. Certes, Martine Aubry, stratégiquement, c’est la candidate qui peut faire le ménage –entendons « qui peut faire chuter Ségolène Royal pour faire la place pour un homme » - mais elle a la carrure et le sérieux, l’énergie et le charisme pour faire quelque chose de bien pour le PS.

 

 Mais elle est loin de faire l’unanimité…

 

CC

Mardi 12 août 2008
J'ai décidé de me lancer dans la lecture longue et fastidieuse des contributions pour le congrès de Reims du PS et d'en faire le rapide compte-rendu. Ne vous attendez pas à des trucs époustoufflants ! Je donne juste quelques impressions et je prends avant tout des notes personnelles...

Si vous voulez lire, vous aussi, ces contributions, vous pouvez les télécharger en cliquant sur ce logo :
 
(Merci à Donatien d'Expat-Prague)