"Quand on a vingt ans, on pense avoir résolu l'énigme du monde ; à trente ans, on commence à réfléchir sur elle et à quarante, on découvre qu'elle est insoluble."
August StrindbergJ'entre dans la réflexion...
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Pendant ce temps là, Sarkozy tentait de trouver une stratégie pour réagir sans perdre la face. Le mal était pourtant fait. Plus personne ne pouvait décemment faire confiance au président pourtant démocratiquement élu. On le soupçonnait du pire concernant Pétronille : on chuchotait qu’elle était séquestrée à l’Elysée, qu’on la torturait pour lui faire avouer qu’elle avait un réseau de traitres et qu’elle avait orchestré une infiltration organisée du pouvoir dans le but de tout faire exploser. On parlait même de militants socialistes qu’on aurait arrêtés de force. Mais on ne savait rien et on continuait de manifester…
On réclamait le retour aux 35 heures, ce temps béni dont tout le monde se souvenait avec nostalgie. On n’avait pas plus que maintenant, mais on avait un peu de temps pour soi. Aujourd’hui, on avait dû faire une croix et sur l’argent et sur le temps, alors que des études sérieuses avaient prouvé que les Français étaient des travailleurs productifs et pas fainéants du tout, contrairement aux idées reçues…
Trois jours passèrent sans qu’on n’ait aucune nouvelle du président ou du gouvernement. Une crise sans précédent. Plusieurs jours sans nouvelles de Sarkozy…Incroyable.
A suivre,
CC
Elle s’appelait Pétronille Simplicien. Elle redonna le sourire pendant quelques instants à notre président : son discours était soigneusement préparé. « Nicolas, mon cher Nicolas, ne boudons pas notre plaisir. Les Français ont décidé de vous réélire. » Elle fit une pause. Nicolas ne savait plus vraiment s’il devait exulter ou craindre le pire.
« Les Français ont mérité une récompense…Non ? » La foule non plus ne savait plus quoi faire. Certains poussaient des cris de joies, d’autres restaient cois.
Devant la télé, l’intérêt des gens était à son comble…
« Françaises, Français, vous avez mérité de reprendre le droit au repos qui vous est dû. Ce droit qui vous a été ravi au court de ces années, reprenez-le dès demain ! N’allez pas travailler. N’allez plus travailler ! Persuadez les gens autour de vous, faites passez le message ! Arrêtez… »
Devant son écran, Charlotte n’en revenait pas. La mire avait remplacé l’image, alors qu’on devinait le début d’un esclandre. On avait aperçu Nicolas Sarkozy qui se jetait sur la jeune femme.
Il n’en fallait pas plus pour qu’un mouvement d’ampleur nationale soit lancé. Pétronille Simplicien devint une égérie. Dès le lendemain, le peuple était dans la rue.
Charlotte était en tête des insurgés de sa ville. La déclaration du 6 mai 2012 avait été l’électrochoc qu’elle attendait : comme beaucoup de français, elle avait pourtant perdu l’espoir, elle s’était laissé submerger par le besoin de survie égoïste. Il faut dire que rien ne fédérait vraiment les gens, au contraire. Tout avait poussé les gens à se diviser, au contraire. Les cheminots étaient des privilégiés, les profs en étaient d’autres, les agriculteurs étaient des pollueurs, les pêcheurs, des décimeurs des mers, les taxis, des fraudeurs vulgaires, les agents des services publics en général passaient pour fainéants, inutiles et couteux. Bref, les gens s’étaient montés les uns contre les autres, aidés par le gouvernement et les médias qui avaient subtilement mis de l’eau sur le feu.
Mais Pétronille avait choisi les mots qui avaient su toucher tout le monde.
Les manifestations furent si énormes et si soudaines que les autorités furent littéralement prises de court. D’ailleurs, les gendarmes et la police avaient naturellement rejoint le mouvement.
Les slogans à la gloire de Pétronille fleurissaient, même si on ne savait pas ce qu’elle était devenue, après cette allocution historique. Elle était en passe de devenir une martyre ou une sainte…
A suivreCC
Quelques secondes de silence, puis, les yeux droits dans la caméra, la voix claire et hypnotisante de la politicienne s’éleva : « Vous avez voté pour cet homme. Vous, les Français, un peuple fier et intelligent, vous avez voté pour cet homme. Jetons un regard franc sur ce que cela signifie. Pour tout dire, très peu d’entre vous sont allez mettre un bulletin dans l’urne aujourd’hui. Les sondages nous indiquent un taux d’abstention record. »
Le sourire confiant de Nicolas s’était soudain obscurci. De quoi parlait-elle ? Ces sondages sur l’abstention ne devaient pas faire la une. Surtout pas. La démocratie s’accommodait trop bien de ce désintérêt collectif pour la chose politique. Sarkozy avait même tout fait pour ça. Il avait brouillé les pistes, dit tout et son contraire, pendant 5 ans pour que les choses n’aient plus aucun sens, il avait pratiqué la technique du vacarme, qui consistait à faire passer une couleuvre par une autre couleuvre, jusqu’à provoquer l’amnésie. Qui se souvenait de tel ou tel scandale qui n’avait pourtant que quelques mois, puisqu’entre temps, des dizaines d’autres scandales étaient venus s’accumuler dans l’esprit des téléspectateurs K.O debout ?
En ce soir de liesse, prendre le micro pour parler de l’abstention était bien malvenu. Mais la jeune femme ne s’arrêta pas là…
A suivre…
CCLa « califette » qui sommeillait en cette jeune femme brune avait mis un peu de temps à se réveiller. Elle avait d’abord été une militante socialiste déçue puis elle s’était laissé séduire par l’ouverture que proposait le président de la République. Elle avait déclaré, comme tous les autres qu’il valait mieux être du côté du pouvoir pour changer les choses et faire passer ses idées. Certes. Mais les autres s’était fait bouffer, étouffer, bâillonner, ridiculiser.
Elle avait fait son chemin : d’une part, elle avait su plaire à Sarkozy en étant innovante, dynamique et modeste. Elle avait apporté des idées dont elle n’avait même pas revendiqué la maternité. D’autre part, sa belle frimousse, sa franchise et son humour passait bien à la télé. Elle plaisait aussi aux électeurs. Elle était fortement pressentie pour occuper la place de Premier Ministre.
Quand Sarkozy lui tendit le micro, ce soir-là, Charlotte arrêta vraiment de faire son devis. Quelque chose d’historique allait se passer, tout le monde l’avait senti à ce moment précis où le micro avait été tendu à cette belle femme. Les rires et les bavardages s’étaient instantanément tus. Même les verres de champagnes avaient cessé leur bling-bling !
A suivre…
CC











