16 mai 2012

Pas d'état de grâce pour le gouvernement Ayrault

Nous avons un nouveau gouvernement, mais il n'y aura pas d'état de grâce pour celui-ci.

C'est ce qu'ont dit tous les commentateurs avisés, tous les chroniqueurs de la vie politique.

Moi qui n'y connais rien, je veux bien les croire. 

Ce qu'ils disent, donc, c'est que d'habitude, il y a un état de grâce. Pourtant, en 2007, il me semble qu'il n'y a guère eu de répit pour le président Sarkozy. Il a pris des vacances, certes, mais ce n'est pas cela, un état de grâce. Il a pris des vacances et il a été vivement critiqué, dès le début pour cela.

A l'inverse, Hollande s'est mis au travail avant même son investiture et il est critiqué vivement pour cela. 

En fait, je crois que c'est Sarkozy qui inventé le "non état de grâce". Il a tout accéléré dans la vie politique française, aidé du quinquennat. Aujourd'hui, nous courons toujours, entre deux élections, entre deux projets de loi, entre deux polémiques. Et nous le devons en grande partie à Sarkozy.

Cela a deux effets : pour les passionnés de politique, il y a de l'action, il se passe quelque chose. Les presses tournent à plein régime et si l'on reste 24h sans scoop, on se sent vide et désespéré.

Le deuxième effet est anesthésiant. Pour les gens normaux, ceux qui ne s'intéressent que de très loin à la politique, tout cela devient un bruit de fond insignifiant. Une fois tous les 5 ans, ce bruit se transforme en vacarme et il faut bien voter pour le faire cesser.

Je ne suis pas sûre que ce manque de temps soit bon pour la démocratie...

CC
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15 mai 2012

Garder le sens critique...

Cliquez sur l'image pour lire : ça tape sur la gauche !
Aujourd'hui, je me suis dit, après la lecture d'un commentaire de FalconHill sur mon dernier billet, que je tenterai désormais de ne pas être partisane, de garder un œil critique, coûte que coûte. 

Alors j'ai regardé l'investiture de Hollande, avec cet objectif.

Mais je l'ai trouvé très bien. Très digne, très simple. Ses discours m'ont plu : il a parlé de justice, de simplicité, de démocratie et de décentralisation. Il a parlé aussi des enseignants, sous la statue de Jules Ferry. Cela nous change du prédécesseur.

Mais voilà. Je retombe dans le partisan, le sectaire, le subjectif. 

Ou alors, il a vraiment réussi son investiture.

Il me semble que c'était beaucoup plus facile pour moi d'être dans l'opposition de Sarkozy que dans celle de Hollande. Sur Twitter, d'ailleurs, j'ai tenté de lire un peu les critiques des gens de droite. Il y a en a. Par exemple, certains se sont moqués de Hollande sous la pluie. D'autres ont loué la qualité de la teinture de ses cheveux. J'ai lu un tweet outré de quelqu'un qui regrettait que Hollande ait commencé son discours avant que Sarkozy ait tourné le coin de la rue. Une militante UMP a trouvé que la dame qui accompagne le président n'était pas élégante.

Bref, trois fois rien. 

Les 5 ans de Résistance vont être longs.

Avec Sarkozy, c'est un fait reconnu par tous les humoristes, il y avait de quoi rire : à chaque jour méritait sa petite blague...

CC
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14 mai 2012

Être un bon blogueur d'opposition en 6 leçons.

Un peu de poésie ne nuit...Blogueurs de droite, c'est à vous !
Cela est plus facile quand on vient de gagner l'élection, mais il est assez difficile de bien vivre son statut d'opposant politique sur internet.

Mes conseils seront assez difficiles à entendre, peut-être, mais sachez qu'ils viennent de quelqu'un de sincère et surtout d'expérimenté : cela fait 10 ans que je m'entraîne. D'ailleurs, si quelqu'un voulait m'écrire un mode d'emploi pour être une blogueuse politique correcte de la majorité, je saurai l'accepter avec beaucoup d'humilité.

1. Il faut tenter de ne pas tomber dans l'excès et la caricature. C'est un travers classique, en début de période d'opposition. 
Par exemple : ne pas dire "Je suis entrée en Résistance contre ces salauds de bolchéviques". Vous n'êtes pas crédibles dans ce cas là. Dites plutôt : "Je reste vigilant et je saurai prendre note des dérives d'un socialisme qui empêcherait le libre échange des biens."

2. Il faut savoir faire preuve d'humour et de délicatesse. Une pointe d'ironie, un peu de cynisme valent souvent mieux que les insultes. 
Par exemple : ne pas dire "Salauds de pauvres qui votent comme leurs pieds !" Préférez : "Nous n'avons pas les même valeurs. Qui n'a jamais eu l'ambition de posséder une rolex à 50 ans ne peut évidemment pas voter pour un président qui en porte une avec tellement de classe."

3. Il faut savoir accepter la contradiction. Là, c'est l'expérience qui parle. Au long des 5 dernières années, j'ai pris des baffes, des polémiques, des critiques acerbes. C'est normal. Il faut savoir bien le prendre. Par exemple, j'aime bien FalconHill, il est de droite, mais on peut dialoguer.
Par exemple, lorsque qu'un horrible gauchiste, le couteau entre les dents viendra déposer un commentaire au pied d'un billet que vous aviez pourtant écrit avec amour, ne le supprimez pas dans un moment de rage, après avoir insulté votre commentateur. Écrivez plutôt : "Mon blog est un espace de liberté et de tolérance. Tu as le droit de penser le contraire de moi, mais jamais nous ne serons d'accord. Buvons à notre santé !"

4. N'oubliez jamais qu'il s'agit de politique. Tous ces tracas humains ont bien peu d'importance. C'est l'expérience qui parle, là aussi : je relis les trucs que j'ai écrit il y a trois ans et la plupart du temps, je ne sais même plus vraiment à quoi cela fait référence. L'actualité file à une allure folle, les projets de lois effacent les décrets d'application...
Par exemple : ne vous enflammez pas inutilement. Votre santé (et celle des autres aussi) est précieuse et les soins sont de moins en moins remboursés par la sécu. Devenez philosophe, prenez du recul. Moquez-vous de tout.

5. N'oubliez pas qu'il s'agit d'internet. Ce média va encore plus vite que Sarkozy et ses projets de loi. Un billet qui vous semble génial aujourd'hui, pertinent et définitif, sera bientôt périmé, lu par quelques centaines d'internautes égarés, tombés sur votre blog par hasard en tapant "Paris Hilton nue" dans Google.
Par exemple, ne faites pas montre d'orgueil : ne dites pas "J'ai écrit le billet avec les arguments qui convaincront le pire des mélenchonistes." Dites : "Je sais bien que je ne suis lu que par des gens qui pensent comme moi et qui viendront faire des gentils commentaires sur mon billet." C'est plus sage.

6. Relativisez, lorsque des médias viendront vous demander de reprendre vos billets pour pas un rond. Au début vous ouvrez le champagne et au bout du compte, on vous demande ça tous les quatre matins, vous aurez tôt fait de ruiner votre cave et personne ne vous reconnaîtra dans le métro pour autant.
Par exemple, lorsque vous recevez un mail du genre "L'Express serait heureux de reprendre vos billets formidables. Nous les relirons avant de les poster, pour nous assurer qu'ils correspondent à notre ligne éditoriale. En contre partie, vous pourrez naviguer comme bon vous semble sur notre site.", ne répondez pas "Je suis très honorée, j'ai téléphoné à ma mémé pour lui annoncer, elle est abonnée depuis toujours à votre excellent magazine et c'est le plus beau jour de ma vie." Répondez laconiquement : "Je suis en négociation avec Le Figaro qui me propose un contrat du genre de celui de Monsieur Roufiol - ou de Monsieur Barbier -, pouvez-vous vous aligner ? Salutations, etc."

CC



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13 mai 2012

12 mai 2012

Présidentielle 2012 : ce que je retiens...

Comme Romain, Mehdi et Stef, sur l'initiative de Nicolas,  et comme Yann, David, El Camino et  Gularu, je suis invitée par Melclalex à répondre cette question : quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs de campagne.

Pas le pain de campagne ou la belle campagne riante de France, mais la campagne électorale qui vient de s'achever.

C'était une belle campagne, tout de même, malgré tout ce qu'on a dit : on a râlé, on a déclaré qu'elle était au ras des pâquerettes, que le halal ne pouvait pas constituer un thème sérieux, qu'on ne parlait pas des sujets de fond. On a grogné sur les polémiques idiotes, on s'est demandé pourquoi les candidats adoptaient telle ou telle stratégie. Mais dans le fond, la campagne a été plutôt digne d'intérêt.

Ce que j'ai aimé, ce sont les "petits" candidats : de Poutou à Cheminade, en passant par Joly ou Arthaud, on a pu entendre d'autres discours dans le "PAF". Une autre façon de faire de la politique. C'est la démocratie et c'est salutaire. Et puis le temps de parole occupé par ces candidats a fait râler Sarkozy. C'était un plaisir !

Ce que j'ai moins aimé, c'est le climat qu'a parfois imposé le camp de Sarkozy.

J'ai détesté son clip d'entre les deux tours. Celui avec le panneau de douane en français et en arabe.

J'ai vraiment trouvé odieuse la polémique sur le halal. Je n'ai pas compris comment, le matin à Rungis, il avait pu faire preuve de bon sens en déclarant que c'était un sujet ridicule puis, quelques heures plus tard, déclarer que c'était "le premier sujet de préoccupation des Français." Ces thèmes qui divisent les Français ont créé un climat délétère.

On peut rire de ma remarque d'il y a quelques jours, à propos de mes élèves un peu plus souriant au lendemain de l'élection de Hollande. Cependant, ces polémiques sur les "vrais français", blancs et catholiques contre les "faux français", illégitimes et surtout musulmans, n'avaient rien d'apaisant pour mes élèves adolescents qui ne savent déjà pas tellement où ils habitent.

Tenez, par exemple, hier, un élève me dit : "Moi, je ne suis pas Français." Je lui demande s'il a une carte d'identité française et il me répond que oui. Alors je lui demande pourquoi il dit cela. Il me répond qu'il est bosniaque, né en Bosnie et venu en France à trois ans. Que ses parents parlent mal le français. Et pourtant, lui, c'est un élève sérieux et motivé. Il a une maturité que d'autres n'ont pas. Il m'a dit aussi que dans le fond, il n'était pas bosniaque non plus. Qu'il n'y retournait pas. Que là-bas, de toute façon, il serait un étranger. Il a conclu par "Je ne suis rien." Les discours de Sarkozy n'ont pas aidé à son intégration, à répondre à ses questions. Quand on a les idées si peu claires à 12 ans, il faut être solide pour s'en sortir quand même.

Je digresse, désolée.

Mais voilà ma campagne : pleine de questions sur le sens à donner au destin d'un pays et à la nécessité de changer d'ambiance.

Et la campagne, c'est une chose. Maintenant, il faut se mettre au travail !

Je ne tague personne, mais ceux qui veulent peuvent.

CC

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10 mai 2012

Composer le gouvernement

Amusons nous à composer un gouvernement. Je ne suis pas première ministre, heureusement. Mais j'attends avec beaucoup d'impatience ce nouveau gouvernement. C'est toujours intéressant de voir quelle tonalité les choses vont prendre...

* Premier Ministre : Pierre Moscovici. Par intérêt personnel, parce qu'il est de mon coin et qu'avoir un premier ministre dans son secteur, c'est toujours positif. Ensuite, il serait obligé de laisser sa place de député au premier adjoint de ma ville, ce qui sera aussi une bonne chose. J'aurai sous la main, un premier ministre, un député et un sénateur. La classe.

  • Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales : On parle de Valls. C'est bien, il faut un type de droite à ce poste !
  • Ministre des Affaires étrangères et européennes : Catherine Trautman. Une Alsacienne, une résistante, la seule Alsacienne qui ne vote pas à droite ! Ouais ! (Ouh ! La ! ça fait beaucoup de femmes, non ?)
  • Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi : Michel Sapin. Si l'économie va mal, on pourra titrer dans nos blog "ça sent le Sapin". Une blague qui marche toujours et qui fera aussi les choux gras de Libé.
  • Garde des Sceaux, ministre de la Justice : DSK s'y connait, en matière de justice. Même en justice internationale. C'est un atout. Non, je déconne ! Eva Joly, ce serait encore plus drôle, puisqu'elle a déjà mis en examen pas mal de monde...Notamment DSK, je crois...Ou Delphine Batho, une jeune qui monte !
  • Ministre de l'Agriculture et de la Pêche : On parle beaucoup de Stéphane Le Foll. Le Foll épi, ça m'évoque la moisson, c'est parfait !
  • Ministère de l'environnement : pas Anne Lauvergeon ! Je suis pour le retour de Dominique Voynet, on ne la voit plus, c'est dommage !
  • Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité : je verrais bien Montebourg. Sur l'industrie, 
  • Ministre de l'Éducation nationale de l'Enseignement supérieur et de la Recherche : On parle de Peillon. Des révolutionnaires verraient bien Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi pas...
  • Ministre de la Défense : Anne Lauvergeon semble la plus à même de disposer des armes nucléaire. Non ?
  • Ministre de la Santé : Marysol Touraine est en bonne position et c'est très bien  !
  • Ministre du Logement et de la Ville : Tiens, un savoyard, ce serait bien...Ou une savoyarde. Bernadette Laclais, ce serait chouette !
  • Ministre de la Culture et de la Communication : Pitié, pas Jack Lang ! Aurélie Filipetti !
  • Ministère de la jeunesse et des sports : Pitié, pas Yannick Noah ! Najat Vallaud-Belkacem ? Elle est jeune et pour être aussi rayonnante, elle doit faire un peu de sport, non ?
  • Ministère du droit des femmes et de l'Egalité des chances : Christiane Taubira.
  • Ministère de l'économie numérique : Fleur Pellerin. Ou Romain Pigenel ! Ou Vincent Feltesse.
Heureusement que je ne suis pas 1er ministre, hein ? De toute façon, jusqu'aux législatives, on peut faire un lol gouvernement. C'est après que les choses sérieuses commenceront !

CC
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9 mai 2012

Que dire ? Qu'il faut une majorité parlementaire à gauche.

Je n'ai pas le talent de certains pour donner envie de lire des BD sur l'écologie.

Je n'ai pas le talent d'autres pour donner envie de manger, même en plein milieu de l'après-midi, un velouté de céleri et sa brunoise de carottes.

Je crois que je ne suis bonne qu'à parler de politique.

La reconversion du blogueur politique, c'est pas maintenant.

D'ailleurs, il y a encore les législatives à avaler. C'est comme la mer à boire et la belle-mère à avaler, vous savez. C'est ce qu'on dit du mariage. Je crois que là, on peut dire que la présidentielle, ce n'était pas la mer à boire, mais les législatives à avaler.

Elles seront plus difficiles dans bien des cas. On devra ferrailler avec le FN dans bien des cas, on va devoir lutter contre cette tendance française à la cohabitation et donc à l'immobilisme. Pour que François Hollande puisse faire quelque chose, il lui faudra une majorité parlementaire. Sinon, on aura un truc bâtard, ingouvernable, un président pot de fleur, une assemblée sans cesse retoquée par les sénateurs et rien ne bougera en 5 ans. On n'a pas besoin de ça. Et surtout, on n'a pas viré Sarkozy par la porte pour le voir rentrer par la fenêtre...

Au fait, moi, je soutiendrai Pierre Moscovici, dans la 4ème circonscription du Doubs.
* Elooooody soutiendra Aude Bristot à Montgeron.
* Jegoun soutiendra à distance Loïc Cauret pour la circonscription de Loudéac.
* Louis Lepioufle quant à lui s'engage aux côtés de Nicole Castioni pour la 6ème circonscription des Français de l'étranger (Suisse - Liechtenstein) 
* Et vous? Qui soutenez-vous?

CC
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