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27 décembre 2013

Hollande est-il le seul responsable du chômage ?

Je pose la question idiote du jour. Ne me remerciez pas.

Le Hollande bashing est à son comble aujourd'hui, bien sûr, et vu qu'il était déjà très fort hier, nous ne sommes pas du tout sur une inversion de la courbe.

Aujourd'hui, dans le Dauphiné Libéré, j'ai lu qu'il y avait 450 emplois de sauvés en Maurienne.

Aujourd'hui dans La Charente libre, j'ai lu que la librairie Chapitre d'Angoulême était reprise par son ancien directeur. 25 salariés.

Aujourd'hui, sur France 3 Nord-Est, j'ai vu que la librairie Chapitre de Nancy était reprise par Gallimard. 62 salariés.

L'autre jour sur le Monde, je lisais qu'un Thaïlandais allait reprendre une usine fermée en 2009. 80 à 100 emplois recréés. 

Évidemment, c'est une goutte d'eau. Et ce ne sont pas des emplois créés, seulement des emplois sauvés.

Cependant, le gouvernement, avec des salariés courageux, se battent pour qu'il y ait des reprises quand des grands groupes font tout pour casser l'emploi au profit des actionnaires.

Il serait bon de ne pas voir tout en noir, tout le temps...Cette sorte de dépression chronique, cette neurasthénie collective nous plombe...

CC

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24 avril 2012

Fêtons le Vrai Travail

Comment stigmatiser 10% des Français ? 

En faisant du 1er mai la Fête du Vrai Travail. (Celui qui rend libre)

C'est étrange, comme concept. Ceux qui travaillent dur, les vrais travailleurs seront donc à la fête, le premier mai, avec le président de la République. Il y a donc des gens qui travaillent mou. De faux travailleurs.

Et il y a les chômeurs. Ces assistés. Comme si c'était de leur faute.

C'est encore l'idée étrange que "Quand on veut travailler, il y a du travail ! Enfin, il suffit de se bouger le cul, merde ! Quand on veut bosser, on trouve !"

Vous avez déjà entendu ce discours, vous ? Oui, il est assez courant. Ce sont des gens qui travaillent qui le tiennent, en général. Parfois, ceux-là se retrouvent au chômage. Soudain, ils se rendent compte que le travail est rare, qu'il est à temps partiel et au SMIC. Ils se rendent compte qu'ils n'ont qu'un intérêt moyen à faire garder leurs enfants aux horaires fantaisistes de la grande distribution...Voire un intérêt nul.

- D'ailleurs, ce qui compte, c'est le travail ou c'est le salaire ? - Je pose la question. Parce que le travail, c'est pas ce qui manque : on pourrait s'amuser à détacher les chewing-gum qui jonchent les trottoirs à la brosse à dent. Mais il n'y a personne pour rémunérer ça...


Éléments de réflexion pour un entre-deux tours efficace...

CC


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12 mars 2012

Les trentenaires et l'assistanat

Repas de famille, entre les frères et sœurs, beaux-frères, belles-sœurs, tous trentenaires.

Tous ont réussi à peu près à se caser professionnellement, au terme, soit de longues études, soit de concessions énormes, quant aux horaires et aux conditions de travail.

On ne devrait pas, mais on se met à parler de politique. Et au bout de quelques secondes, ce qui ressort, c'est que la gauche, c'est l'assistanat : on donne du fric à des cons qui en profitent et qui ne veulent pas bosser, c'est dégueulasse...

J'ai beau tenter d'expliquer qu'il n'y a pas de travail et que les formations de Pôle Emploi ne mènent à rien, je sens bien que je ne fais pas mouche. Je suis meilleure à l'écrit qu'à l'oral...Quelle professeur lamentable je fais...

Pourtant, ils sont nombreux les exemples de ces femmes (plus touchées par le chômage), qui perdent leur emploi ou qui n'en retrouvent pas après une grossesse. Par exemple, quelqu'un avec un BTS commerce/gestion, qui a enchaîné des petits CDD, pendant des années. Que se passe-t-il lorsque le dernier contrat à durée déterminée ne se renouvelle pas ? On va lui proposer, à Pôle Emploi, des jobs ne correspondant pas vraiment à sa formation initiale : par exemple, dans la grande distribution, pour mettre en rayon, pour le SMIC et souvent, même pas à temps plein, ou à 80% pour faire le ménage en service hospitalier, à 20km de chez elle...

Il y a des chances pour que la personne, si en plus, elle est mère de famille et pieds et poings liés par un prêt immobilier à rembourser, réfléchisse à deux fois avant d'accepter un boulot mal payé, avec des horaires variables et décalés, qui va l'obliger à engager une nounou pour ses enfants et lui occasionner des frais de transports. Il lui sera en effet plus "rentable" de "profiter" du chômage, voir du RSA, si elle en est bénéficiaire.

C'est finalement quelque chose qui pend au nez de tous ceux qui n'ont pas la chance d'être fonctionnaire...Privilège des privilèges, je sais...

Mais ce n'est sans doute pas les aides sociales qu'il faut remettre en cause dans ces cas nombreux, car vivre avec quelques centaines d'Euros par mois est loin d'être satisfaisant. C'est bien le manque d'emploi et la rémunération sous-évaluée du travail qui posent problème.  La balle est dans le camps des patrons...

Il y a de quoi avoir le blues.

CC


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12 juin 2011

Du travail pour les nuls ?

Alors que d'un côté, on supprime des emplois d'ouvriers à la pelle et que de l'autre, on culpabilise les bénéficiaires du RSA, il me vient une réflexion qui est dans l'air du temps.

Tout le monde n'a pas fait polytechnique...

C'est une des réflexions que j'ai trouvées intéressantes durant la présentation sur la désindustrialisation. En effet, c'est pas mal de vouloir faire de la qualité, de l'innovation, de la recherche. Mais quand on parle de tout ça, on pense surtout aux emplois qualifiés et même surqualifiés.

Que fait-on pour les bac pros, les CAP, les jeunes qui viennent de l'alternance ?

Tout le monde ne peut pas faire polytechnique. Et je suis bien placée pour le savoir, je suis prof. Il est bien évidemment qu'il est impossible que 80 % d'une génération aille au bac...Et quand bien même ? Que faire avec les 20 % restant ?

Il faut que l'outil de production reste sur le territoire. C'est le vœux pieu. On peut aussi se prendre à rêver à une production agricole de proximité pour aller vers une autonomie alimentaire...

Mais on pense à Aulnay-sous-Bois. On pense à l'usine d'amortisseurs, juste à côté de chez moi, qui risque de faire disparaître 600 emplois en délocalisant.

On pense aux "Clio" qui sont fabriquées dans les pays de l'est.

On pense aussi aux heures qu'on veut faire faire aux heureux gagnants du RSA. Comment ne pas faire le lien ?


Si on fait travailler gratuitement (ou pour si peu) des gens, comment peut-on ensuite payer (normalement) des gens pour faire ce même travail peu qualifié ?


On marche sur la tête, en ce moment...Non ?

CC
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6 avril 2011

Stage Académie

Les jeunes d'aujourd'hui ont un vrai problème avec l'emploi.

En avoir ou pas, bénéficier du RSA ou pas, galérer ou pas.



Heureusement, la TNT est là : avec la TF6, 6 candidats (c'est un peu moins que les 300 000 emplois jeunes du PS) auront le droit de s'étriper, de s'entretuer en direct live devant des caméras pour obtenir le Saint Graal du jeune à la recherche de boulot : un stage.

Le fond du fond de la téléréalité. Si Warhol promettait un quart d'heure de gloire par personne, notre société promet à un heureux élu un job non rémunéré...Et c'est censé te faire rêver, toi qui zappes devant ton poste...

Tout ça pour illustrer le débat sur le chômage...En ce moment, c'est tendance, Pôle Emploi...

Triste monde...Il sera bientôt là, le jeu de téléréalité dans lequel tu gagneras ton panier de la ménagère...

Je ne saurais mieux vous conseiller qu'une petite visite sur le site de Génération Précaire...

CC
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22 mars 2011

On nous refait le coup du FN

Martial Bourquin interviewé dans Marianne le 19/03
C'est reparti pour le scénario de la mort : le FN est de retour et on flippe sa race.

C'est fou, on en oublierait presque la crise, la 3ème guerre mondiale en Libye et le nuage nucléaire qui va tomber sur nos tronches déjà bien amochées par Tchernobyl.

Le FN, ça fait peur à moi, à nous, aux journalistes ou aux petits intellos qui se montent le bourrichon devant internet. En 2002, ça avait fait peur aussi aux mêmes. Ils avaient réussi à nous monter suffisamment la tête pour qu'on aille voter comme un seul homme pour le grand couillon de Chirac.

Cette fois-ci, le coup de la psychose à coup de bruit de bottes, de peste brune ou je ne sais pas quoi légèrement nauséabond, ça ne marchera pas.

Les gens n'ont plus peur du FN. A part les journalistes.

Le FN, si on réfléchit un peu, les seules fois où il a fait ses preuves, c'était dans des villes du sud et ça a été un désastre, niveau gestion et ça a battu des records niveau corruption et népotisme. Plutôt pire que les autres partis...En tout cas, pas mieux...

En plus, ces maigres expériences laissent un doute suffisant pour que l'électorat puisse espérer trouver du sang neuf dans les rangs de l'extrême droite.

Ensuite, tout le monde le rabâche, la fille est moins borgne que le père, elle est plus consensuelle, elle axe sa com' sur le social, ce terrain que la gauche devrait occuper, plutôt que d'enfiler des perles. Elle ne parle plus de camps de concentration : le public jeune n'a pas envie de se retrouver dans un cours d'histoire et elle a bien compris que personne ne peut se permettre de rire avec ça.

Enfin, Sarkozy, en décomplexant la droite, en ouvrant la boîte de Pandore sur les thèmes porteurs de l'Islam, de l'immigration ou les Rroms, a complétement décomplexé tout le monde sur le sujet. Il est de moins en moins rare d'entendre sa boulangère déclamer de l'insulte raciste au mètre, comme si les arabes payaient moins cher la baguette de tradition française. D'ailleurs, la boulangère, elle vote, elle. Pas question qu'elle s'abstienne.

Personne pour dire simplement que depuis toujours, pauvreté rime avec criminalité parce qu'il faut bien manger. Et qu'à choisir entre un commerce bien rémunéré au pied de son immeuble où il n'y a plus d'ilotier pour cause de budget du ministère de l'intérieur en légère baisse et un job de déménageur en intérim à 80 bornes de chez soi, le choix est vite fait.

Bref, s'il y a bien quelques justesses dans le constat du FN, les solutions proposées sont plutôt fantaisistes : mettre des étrangers nés en France dans des bateaux pour les mener vers des pays où ils n'ont jamais mis les pieds que pour les vacances d'été, ça ne pourra pas régler le problème du chômage. D'autant que ces jeunes qu'on pourrait mettre dans des bateaux sont probablement au chômage eux-mêmes...L'argument "ces arabes qui piquent le boulot des français" ne tient pas tellement...

Il est temps que la gauche s'empare concrètement du problème de l'emploi. C'est le nerfs de la guerre. Il y a des gens qui bossent sur le sujet, au PS. Espérons qu'ils soient entendus. (Voir l'image en plus grand, en cliquant dessus.)

CC
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21 octobre 2010

Jeunes et retraités ?

Nous, on est jeunes, jeunes et retraités ?



Non, je crois qu'en fait, le problème n'est pas là.

Je dis ça parce que pour les réacs de tous poils, c'est assez facile de dire : "Feignants de salauds de jeunes ! Ils n'ont même pas commencé de travailler que déjà ils veulent s'arrêter."

Le problème n'est pas là. 

Il faudrait plutôt dire : "Ils n'ont même pas commencé de travailler et ils ne savent pas du tout s'ils pourront commencer."

A mes élèves, souvent, je dis, comme tous les profs le disent un jour : "Travaillez en classe, travaillez pour vous, pour avoir un emploi, il faut des diplômes." Je sais bien que ce n'est pas tout à fait faux et que ce n'est pas tout à fait juste non plus. Ils le savent aussi : ils ont des grands frères, des grandes soeurs, de jeunes parents bardés d'IUT, de BTS, de licences, de BEP, de CAP, de Bac Pro en tous genres et au chômage, pourtant.

Ils n'ont pas la gueule de l'emploi et la gueule du marché de l'emploi, en ce moment, c'est pas la joie.

Et si les vieux ne se mettent pas rapidement à lâcher leur job, alors c'est encore moins demain la veille qu'ils pourront prouver qu'ils ne sont pas des feignants.

CC
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29 décembre 2009

Handicap : les sanctions sont reportées

Pas vraiment envie de plaisanter.

Juste avant Noël, un coup de fil du cabinet de Morano prévenait l'association des paralysés de France que les sanctions pour les entreprises ne respectant pas l'embauche des personnes handicapées ne seraient pas appliquées. Report à une date ultérieure, joyeux Noël, bonne fin de journée.

Pas de concertation, pas de préavis, rien qu'un coup de fil qui vous change la vie.

On appelle ça démocratie, on fait des lois qui sont discutées puis votées.

Et puis on s'en balance.

On remet ça sur le dos de la crise qu'a bon dos, on fait valoir que quelques milliers de PME et leurs lobbies qui souffrent ça compte quand même un peu plus que des handicapés et que de toute façon, même sans handicap, il n'y a pas de boulot.

A quoi bon ?
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