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15 mai 2012

Garder le sens critique...

Cliquez sur l'image pour lire : ça tape sur la gauche !
Aujourd'hui, je me suis dit, après la lecture d'un commentaire de FalconHill sur mon dernier billet, que je tenterai désormais de ne pas être partisane, de garder un œil critique, coûte que coûte. 

Alors j'ai regardé l'investiture de Hollande, avec cet objectif.

Mais je l'ai trouvé très bien. Très digne, très simple. Ses discours m'ont plu : il a parlé de justice, de simplicité, de démocratie et de décentralisation. Il a parlé aussi des enseignants, sous la statue de Jules Ferry. Cela nous change du prédécesseur.

Mais voilà. Je retombe dans le partisan, le sectaire, le subjectif. 

Ou alors, il a vraiment réussi son investiture.

Il me semble que c'était beaucoup plus facile pour moi d'être dans l'opposition de Sarkozy que dans celle de Hollande. Sur Twitter, d'ailleurs, j'ai tenté de lire un peu les critiques des gens de droite. Il y a en a. Par exemple, certains se sont moqués de Hollande sous la pluie. D'autres ont loué la qualité de la teinture de ses cheveux. J'ai lu un tweet outré de quelqu'un qui regrettait que Hollande ait commencé son discours avant que Sarkozy ait tourné le coin de la rue. Une militante UMP a trouvé que la dame qui accompagne le président n'était pas élégante.

Bref, trois fois rien. 

Les 5 ans de Résistance vont être longs.

Avec Sarkozy, c'est un fait reconnu par tous les humoristes, il y avait de quoi rire : à chaque jour méritait sa petite blague...

CC
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12 mai 2012

Présidentielle 2012 : ce que je retiens...

Comme Romain, Mehdi et Stef, sur l'initiative de Nicolas,  et comme Yann, David, El Camino et  Gularu, je suis invitée par Melclalex à répondre cette question : quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs de campagne.

Pas le pain de campagne ou la belle campagne riante de France, mais la campagne électorale qui vient de s'achever.

C'était une belle campagne, tout de même, malgré tout ce qu'on a dit : on a râlé, on a déclaré qu'elle était au ras des pâquerettes, que le halal ne pouvait pas constituer un thème sérieux, qu'on ne parlait pas des sujets de fond. On a grogné sur les polémiques idiotes, on s'est demandé pourquoi les candidats adoptaient telle ou telle stratégie. Mais dans le fond, la campagne a été plutôt digne d'intérêt.

Ce que j'ai aimé, ce sont les "petits" candidats : de Poutou à Cheminade, en passant par Joly ou Arthaud, on a pu entendre d'autres discours dans le "PAF". Une autre façon de faire de la politique. C'est la démocratie et c'est salutaire. Et puis le temps de parole occupé par ces candidats a fait râler Sarkozy. C'était un plaisir !

Ce que j'ai moins aimé, c'est le climat qu'a parfois imposé le camp de Sarkozy.

J'ai détesté son clip d'entre les deux tours. Celui avec le panneau de douane en français et en arabe.

J'ai vraiment trouvé odieuse la polémique sur le halal. Je n'ai pas compris comment, le matin à Rungis, il avait pu faire preuve de bon sens en déclarant que c'était un sujet ridicule puis, quelques heures plus tard, déclarer que c'était "le premier sujet de préoccupation des Français." Ces thèmes qui divisent les Français ont créé un climat délétère.

On peut rire de ma remarque d'il y a quelques jours, à propos de mes élèves un peu plus souriant au lendemain de l'élection de Hollande. Cependant, ces polémiques sur les "vrais français", blancs et catholiques contre les "faux français", illégitimes et surtout musulmans, n'avaient rien d'apaisant pour mes élèves adolescents qui ne savent déjà pas tellement où ils habitent.

Tenez, par exemple, hier, un élève me dit : "Moi, je ne suis pas Français." Je lui demande s'il a une carte d'identité française et il me répond que oui. Alors je lui demande pourquoi il dit cela. Il me répond qu'il est bosniaque, né en Bosnie et venu en France à trois ans. Que ses parents parlent mal le français. Et pourtant, lui, c'est un élève sérieux et motivé. Il a une maturité que d'autres n'ont pas. Il m'a dit aussi que dans le fond, il n'était pas bosniaque non plus. Qu'il n'y retournait pas. Que là-bas, de toute façon, il serait un étranger. Il a conclu par "Je ne suis rien." Les discours de Sarkozy n'ont pas aidé à son intégration, à répondre à ses questions. Quand on a les idées si peu claires à 12 ans, il faut être solide pour s'en sortir quand même.

Je digresse, désolée.

Mais voilà ma campagne : pleine de questions sur le sens à donner au destin d'un pays et à la nécessité de changer d'ambiance.

Et la campagne, c'est une chose. Maintenant, il faut se mettre au travail !

Je ne tague personne, mais ceux qui veulent peuvent.

CC

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6 mai 2012

La fête ! Puis au boulot !

Sans tomber dans le triomphalisme imbécile, ce soir, je suis contente de la victoire du PS. Je suis contente de n'avoir plus à subir le sarkozysme, cette non pensée, cette non culture, ce rien qui nous a dirigés pendant 5 ans. Ou 10 ans, même.

Pendant les deux tours, j'ai eu la chance de suivre de près le sénateur maire de ma commune, Martial Bourquin. Merci à lui, de s'être un peu ouvert à moi, durant ces moments importants. Ce que j'ai pu constater dans ces moments, c'est l'engagement politique réel d'un homme politique. A ceux qui doutent parfois de la sincérité des engagements, je peux témoigner que certains sont réellement à l'écoute et soucieux des citoyens : c'est un maire de gauche, qui travaille au quotidien sur le terrain, qui tente de mettre en application la devise française "Liberté, Egalité, Fraternité" et qui était choqué par le score élevé du Front National, il y a 15 jours, le prenant comme un échec personnel. Aujourd'hui, le cœur était à la fête, mais avec toujours le sens du devoir. Cela donne envie de croire un peu en la politique et aux hommes qui la font. Espérons que Hollande soit fait du même bois !

Aujourd'hui, c'est la victoire. Donc, on est content et on se réjouit. Dès demain, par contre, on espère une mise au travail, une vraie impulsion nouvelle pour la France : on espère par exemple que Hollande ne prendra pas le large sur un yacht de luxe. Il y a une crise et il faut que quelqu'un s'en occupe sérieusement.

Hollande a pris 60 engagements : nous essayerons de suivre la mise en place de chacun d'eux.

En attendant, champagne !

CC
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4 mai 2012

Dernier message avant...#HollandePresident #On6MaiTous

C'est le dernier moment pour faire campagne. Dans une heure, je n'aurai plus le droit de parler de Hollande sur mon blog.

Cette campagne a été riche, intense, belle, longue. MERCI ! Demain, repos !

Lundi, nous aurons peut-être à repenser la ligne éditoriale de ce blog et nous parlerons peut-être un peu plus de cuisine, de chansons ou de voyage. Qui sait ?

Je parlerai encore de politique, parce qu'on ne se refait pas et qu'il y aura sans doute des remarques constructives à faire à propos de la politique du gouvernement.

Si Sarkozy repasse, évidemment, je serai toujours là pour le vouer aux gémonies. Mais j'aimerais mieux pas.

Votez bien, votez pour le changement, votez pour l'espoir et la croissance, refusez l'austérité. Votez Hollande.

CC
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Attention au syndrome Poulidor !

La dernière ligne droite est souvent la plus longue, surtout quand la campagne dure depuis plus d'un an. Il faut faire attention aux faiblesses qui pourraient nous prendre, aux attendrissements qui nous guettent.

Je connais des gens qui sont des doux, des gentils. C'est ceux qui préfèrent toujours Poulidor à Anquetil.

Je connais bien ce genre de personnes, parce que j'en suis. Par exemple, récemment, dans un bistrot, un serveur s'était trompé dans la note, en notre défaveur. Je lui ai fait gentiment remarquer. Il m'a rendu le trop perçu en râlant, en bon serveur parisien qui se respecte. Et bien moi, tout embêtée, j'ai failli lui laisser la monnaie en pourboire. On m'a retenue en me faisant comprendre que j'étais trop bonne et trop conne.

C'est un peu la même chose pour l'élection. Alors que Sarkozy est lâché de tous, qu'il se retrouve comme un "petit garçon", triste et abandonné, plein de ses tics et de ses contradictions, on aurait presque envie de faire un geste en sa faveur. D'ailleurs, vous avez vu, ce matin, les sondages sont un peu moins mauvais pour lui.

Il ne faudrait pas oublier les 10 ans qui viennent de s'écouler. Ce n'est pas lui la victime, ce n'est pas lui le faible. Ne lui laissons pas de pourboire, puisqu'il a déjà eu tout le pouvoir pendant si longtemps.

Pas une voix ne doit manquer à Hollande !

CC
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3 mai 2012

Une anaphore ? Non ! Une prolepse !

Finalement, j'ai pu regarder un peu ce fameux débat hier soir. La fin.

J'attendais l'explosion : c'est la prévision que Sarkozy nous avait faite. "Je vais l'exploser."  Ce type-là ne tient jamais ses promesses...

J'ai admiré le Hollande slameur, celui qu'on ne connaissait pas encore. Il a improvisé, paraît-il, sa longue tirade désormais célèbre : "Moi, président de la République..."

Ou peut-être "Moi président de la République", sans virgule.

C'est une anaphore, c'est à dire une figure de rhétorique consistant à répéter le même groupe de mots au début des phrases d'un discours. C'est un classique des discours politiques.

Pour moi, c'est aussi un peu une prolepse, c'est à dire une figure de style consistant à se projeter dans l'avenir.

Et ça me remplit d'optimisme. Hier soir, Sarkozy n'a été que le suiveur, celui qui n'a pas pu proposer d'idées nouvelles. Il a sans cesse été obligé de parler du programme du PS. C'est un naufrage. Il n'a pas pu défendre l'indéfendable : son bilan. Il n'a pas pu énerver Hollande, comme il l'avait fait en 2007 avec Ségolène Royal.

C'est l'échec d'un système que l'on a vu hier soir : il tenter de ressasser encore et encore les mêmes vieilles lunes, les attaques sur les immigrés et l'évocation de l'expérience précieuse que les 5 dernières années lui conféreraient...Il est allé jusqu'au plus bas, en désespoir de cause : DSK était au rendez-vous. Petit et surtout, vain.

Pour m'endormir, après ce long échange (72'17", comme un score de rêve : Hollande 72%, Sarkozy 17%), j'ai imaginé Sarkozy au sortir du plateau, insultant ses assistants et ses conseillers. Car il me semble impossible qu'il ne se soit pas rendu compte du désastre...

Réjouissant, vraiment...

CC
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1 mai 2012

Un 1er mai à la Pétain : Travail, Famille, Patrie

Drôle de 1er mai. Aujourd'hui, j'ai traversé la moitié de la France : j'étais à Amiens pour le petit déjeuner, j'ai pris le café de 10h à Paris et le déjeuner, dans le train, un peu avant Dijon. Je vous parle désormais depuis mon salon, dans le Doubs.

Un peu partout, des vendeurs de muguet, des gens tranquillement attablés au soleil, aux terrasses des cafés.

Gare de Lyon, un rassemblement bruyant de militants UMP, drapeaux tricolores pour le décor et "Nicolas président", pour la bande son. Les agents de la SNCF étaient un peu surpris et les autres voyageurs complétement indifférents.

D'habitude, je vais au défilé traditionnel du 1er mai. L'ambiance est toujours très bon enfant : "Bella ciao", saucisses grillées, promenade au soleil, avec des enfants partout. Là, gare de Lyon, j'ai trouvé le ton très agressif.

Et pourtant, ce n'était rien par rapport au discours de Nicolas Sarkozy, au Trocadéro cerné de CRS, cet après-midi. Il a critiqué le défilé traditionnel des syndicats, par exemple. Celui-là même qui a lieu tous les ans. Il a dit qu'il n'y avait vu que des slogans politiques. C'est un peu le principe : une preuve que d'habitude, il n'écoute pas les syndicats...

Il a fait comme si Hollande avait récupéré ce défilé. C'est faux, puisque le candidat socialiste est à Nevers, aujourd'hui. Mais la vérité n'est pas le fort de Notre Président.

Il a continué sur le thème du Travail, en critiquant les 35h. Cela fait 10 ans qu'il est au pouvoir et il n'y a pas touché. C'est idiot. Il a critiqué aussi la retraite à 60 ans. Celle qui n'existe plus. Encore raté.

Il a enchaîné sur le thème de la Patrie : "Je veux protéger le travail. J'ai osé le mot frontière, je le sais. Les frontières expriment le refus du laisser-faire, du laisser-aller." Ah ! Non ! Ça c'était le discours de Marine Le Pen. Non ? Vous êtes sûrs ?


Dans le même registre, il a parlé des racines chrétiennes de la France. Le président d'un pays laïque depuis 1905 ? Non, il doit y avoir une erreur...

Pour le travail, sinon, il ne nous a pas refait le coup du travailler plus pour gagner plus. Une fois, ça va...Par contre, il nous a parlé de "souplesse" : comprenez "flexibilité". Comprenez "CDD", "intérim", "précarité" (je traduis, parce qu'il vaut mieux que les discours de Notre Président soit clair...)

Il a terminé avec le thème de la Famille : il a critiqué la modification que Hollande propose pour le quotient familial. Il est vrai que les familles chrétiennes de Versailles avec 7 enfants vont en pâtir un peu...Le coeur de l'électorat à racines chrétiennes...

Hop ! En 40 minutes, il nous a fait un "revival" Philippe Pétain, un remix années 40, un medley "Collaboration is beautiful". La totale.

CC



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26 avril 2012

3 débats ? ça va pas, la tête ?

Espérons.
Je dis ça, je dis rien. Moi, la politique, ça me plait plutôt...Mais je dois dire que je sature un peu, là. Trois débats en moins de quinze jours, ce serait un peu trop, à mon avis.

D'autant que quand j'ai le malheur de zapper sur une chaîne qui parle de politique, j'entends fuser des : "Oh ! Non, pas ça ! Pas encooooore de la politique ! Y'en a marre..."

Les gens ne sont pas tellement politisés, la plupart se fiche complétement du fond des choses. Ils ont quelques idées de principe, quelques idées générales et ils s'en contentent très bien. On peut très bien vivre sans politique...

C'est étonnant, de la part de Sarkozy, ce besoin de surenchère...A-t-il besoin de trois oraux de rattrapage ?

CC


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25 avril 2012

Faisons le point sur l'éducation, dans la campagne.

Je suis en vacances, mais il est temps de faire le point sur l'éducation.

Dans la campagne, finalement, on n'en a pas parlé tant que ça. Il semble parfois que la droite, qui mène le débat ne s'adresse qu'aux vieux. L'éducation ne les concerne pas vraiment...

Le projet de Sarkozy est rapide. Même un 6ème qui lit à peine serait capable de le parcourir. Sept points minuscules, consistant à vouloir faire toujours plus et toujours mieux avec toujours moins de moyens. Des engagements qu'il ne pourra pas tenir...

Du côté de Hollande, par contre, il y a eu du travail. Si vous avez suivi un peu, vous savez que le PS met ce sujet au cœur de son programme. En tête de proue, même. Et évidemment, les contradicteurs disent que ça va ruiner la France. Il propose en effet de créer 60 000 postes dans ce secteur, en 5 ans. Pas seulement des professeurs : des surveillants, des infirmières, des COPSY. Et croyez-moi, on en a besoin aussi, dans les établissements.

C'est donc à cela qu'il faut répondre en premier : non, ce projet n'est pas extrêmement coûteux.

Selon l'Institut Montaigne (think tank libéral), cette mesure coûtera en moyenne 1,7 milliard d'euros par an, soit moins que ce que FH avait lui-même annoncé. Un chiffre à comparer à la baisse de la TVA sur la restauration décidée par Nicolas Sarkozy, qui coûte à elle seule chaque année environ 2,5 milliards d'euros. 

Mais ces créations de postes ne coûteront en réalité rien au budget de l'Etat puisqu'elles seront intégralement compensées par des redéploiement.
Hollande propose aussi de remettre en place une vraie formation pour les enseignants débutants. Sarkozy avait supprimé cela : rendez-vous compte, un métier aussi difficile sans aucune formation ! Ou comment dégoûter les jeunes de se lancer dans la profession...

Ensuite, Hollande veut revoir les rythmes scolaires. C'est un dossier difficile, parce que les lobbies du tourisme font le calendrier depuis des années. Mais qui sait...

Il veut aussi renforcer l'école des petits : l'école dès 3 ans est une bonne chose pour le développement des enfants, contrairement à ce que Darcos voulait nous faire croire.

Les propositions sur l'éducation prioritaire me semble aller dans le bon sens : il faut notamment stabiliser et aider les enseignants, dans ces zones où le métier est encore plus difficile qu'ailleurs. Ces dernières années, l'éducation prioritaire ne l'était plus vraiment : un rapport récent de la cour des comptes l'a encore montré.


Il faut aussi renforcer l'éducation professionnelle, au lycée. Cela me semble évident : il faut plus de places, plus de filières pro pour les élèves. Et il faut aussi que les professeurs soient formés pour envoyer leurs élèves vers ces filières qui sont souvent très épanouissantes et qui conduisent vers de vrais métiers.

Ensuite, ce sont les méthodes pédagogiques qui sont en question dans le programme : c'est une bonne chose. A vrai dire, en 7 ans de carrière, je n'ai pas eu de vraies formation à ce sujet. Mis à part quelques conseils de ma tutrice et les lectures personnelles que j'ai faites, on ne m'a pas formée à ce sujet. C'est d'ailleurs pour ça qu'il faut absolument que la formation des professeurs devienne une réalité très vite.

A ce propos, je me permets de vous conseiller (si vous êtes enseignant) le site de Patrick Picard, dont je vous reparlerai sûrement plus tard. 

Pour continuer, Hollande est le seul, dans son programme à parler de la souffrance des enseignants : le sentiment d'être mal traité, par les politiques, les médias et la société s'est fortement aggravé ces dernières années. Il faut revaloriser le métier. C'est un pilier de notre société.

Enfin, il propose de retravailler les programmes, ce qui n'est pas une surprise, puisque c'est le cas à chaque élection. L'idée, cependant, est louable, puisque c'est pour mieux coller au socle commun de compétences et de connaissances qui est désormais une loi commune aux pays européen, ayant pour but de lutter contre illettrisme.

Mais il y a aussi un plan pour l'éducation numérique, un plan pour l'éducation artistique, renouer avec la laïcité, prévenir la violence à l'école, mieux aider les décrocheurs, rapprocher l'école et les parents, faire une nouvelle carte scolaire, réformer l'orientation...

Bref, on sent que le PS a réellement réfléchi à la question et ne s'est pas contenté de balancer quelques idées en pâture au journaliste. C'est agréable !

CC

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24 avril 2012

Fêtons le Vrai Travail

Comment stigmatiser 10% des Français ? 

En faisant du 1er mai la Fête du Vrai Travail. (Celui qui rend libre)

C'est étrange, comme concept. Ceux qui travaillent dur, les vrais travailleurs seront donc à la fête, le premier mai, avec le président de la République. Il y a donc des gens qui travaillent mou. De faux travailleurs.

Et il y a les chômeurs. Ces assistés. Comme si c'était de leur faute.

C'est encore l'idée étrange que "Quand on veut travailler, il y a du travail ! Enfin, il suffit de se bouger le cul, merde ! Quand on veut bosser, on trouve !"

Vous avez déjà entendu ce discours, vous ? Oui, il est assez courant. Ce sont des gens qui travaillent qui le tiennent, en général. Parfois, ceux-là se retrouvent au chômage. Soudain, ils se rendent compte que le travail est rare, qu'il est à temps partiel et au SMIC. Ils se rendent compte qu'ils n'ont qu'un intérêt moyen à faire garder leurs enfants aux horaires fantaisistes de la grande distribution...Voire un intérêt nul.

- D'ailleurs, ce qui compte, c'est le travail ou c'est le salaire ? - Je pose la question. Parce que le travail, c'est pas ce qui manque : on pourrait s'amuser à détacher les chewing-gum qui jonchent les trottoirs à la brosse à dent. Mais il n'y a personne pour rémunérer ça...


Éléments de réflexion pour un entre-deux tours efficace...

CC


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23 avril 2012

Faut-il stigmatiser le vote FN ?

Il n'est guère probable que près de 20% des Français soient vraiment racistes, antisémites, homophobes, catho intégristes, nationalistes bas du front comme Marine Le Pen. 

Ce vote n'est pas un vote d'adhésion à ce discours. Simplement parce qu'à ce niveau-là, ce serait invivable au quotidien : il y aurait des agressions, des meurtres...Si cette haine était le seul moteur du vote FN, il serait plus fort dans les grandes villes, où l'immigration est visible, que dans les campagnes, où on ne voit des noirs et des arabes qu'à la télé.

Prenons l'exemple du village de mes parents : en Savoie, 268 inscrits, 244 votants. 68 pour Le Pen. Dans ce village, pas un seul immigré ou fils d'immigré. Seulement des vieux italiens installés depuis longtemps, souvent plus racistes encore que les "de souches".

Dans ce département, quand on va "en ville", on va à Belley, à Aix-Les-Bains voire à Chambéry. Des villes où la violence règne, où les rues sont des coupe-gorges, comme chacun le sait. Si par hasard, on se paye un petit voyage à Paris, de temps en temps, on se fait servir son petit-déjeuner, à l'hôtel, par une gentille dame noire mais on prend le métro en serrant son sac à main contre soi, et on constate que la misère est plus présente là. On est mieux chez soi, tout de même.

Alors une des raisons de ce vote semble être celui de la peur. Une dose de TF1 quotidienne peut nuire gravement aux capacités de raisonnement.

Moi qui travaille au quotidien auprès d'enfants issus de l'immigration, je vois les choses autrement : la misère est au cœur de tous les problèmes. Il y a moins de 10 ans, le climat était différent. Depuis, il y a environ une usine qui ferme toutes les semaines, dans le secteur. Le travail se fait rare et les repères disparaissent : oui, il y a plus de femmes voilées aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Il me semble impossible de ne pas faire le lien : plus de misère, plus de repli sur soi, plus de rejet de l'autre. (Et c'est là qu'il faut travailler sur les causes plutôt que sur les conséquences, mais c'est un autre débat.)

Ajoutez à cela une parole d'Etat déculpabilisée, une stigmatisation ouverte des "Auvergnats", une chasse ouverte aux Roms ou des propos malsains sur les assistés à qui on ne donne pas de travail et qu'on voudrait en plus priver du minimum vital, alors on arrive comprend mieux ce 20%.

Cependant, on aurait pu penser que Sarkozy, grâce au discours sus-cité, aurait capté plus de voix. 

C'est là qu'il faut modérer les choses : non, le cœur des motivations de ces électeurs n'est pas forcément la peur et le racisme. Mais simplement, le rejet total de Sarkozy.

Le personnage agace, depuis le début de son mandat, la droite traditionnelle. La France est à droite, ne l'oublions pas. Mais une droite respectable, celle du général de Gaulle, une droite morale, chrétienne, sociale. Le contraire absolu de ce que représente le Sarkozy divorcé, bling-bling, dépensier des deniers de l'Etat quand le général, lui, payait avec son chéquier à lui, les ampoules de l'Elysée.

Ce qu'il faut voir, donc, dans ce vote FN, c'est le rejet de Sarkozy : plutôt Marine Le Pen que ce drôle de bonhomme qui n'a ni foi, ni loi. Attention, donc, à l'amalgame...

Pas sûr que l'opinion de ces électeurs change beaucoup entre les deux tours. Certains iront à la pêche : le socle dur, de la droite dure. D'autre préféreront la sympathie et la droiture de François Hollande.

Le message, c'est le changement.

On les comprend.

CC
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22 avril 2012

Pas de quoi se réjouir

Le PS est en tête, mais la bataille est loin d'être gagnée. 

Ce soir, au dépouillement, puis parmi les gens réunis pour suivre les résultats dans une salle de la mairie, la stupeur était grande : le score du FN est alarmant. Pourtant, on est dans une ville ouvrière, marquée à gauche. Mais le chômage est de plus en plus important et quand les temps sont durs, on se trouve facilement des boucs émissaires.

C'est moche, mais les anciens copains à la chaîne, qui venaient d'au-delà de la Méditerranée deviennent les ennemis d'aujourd'hui...

Peut-être...

En tout cas, l'entre-deux tours va être une bagarre sans merci. Guéant va être de sortie pour chasser sur les terres frontistes. Et si on remettait en cause l'Europe ? Et si on promettait de rétablir les frontière puis d'y reconduire un maximum de monde ?

Il va falloir que Hollande soit bon ! Étonnez-moi, François !

CC
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15 avril 2012

Bataille de chiffres ? Démocratie !

En ce dimanche après-midi pluvieux et studieux, j'ai corrigé des copies et j'ai suivi de loin les échos des chiffres au viagra des deux meetings parisiens.

100 000, 120 000, 150 000...

Un seul chiffre compte : (Cliquez sur la légende de l'image !)

On en rêvait, Rolex l'a fait : cliquez !


Incalculable. Mais c'est beaucoup : que les gens se déplacent en masse pour des meetings politique en plein moins de novembre sous la pluie, alors qu'il fait trois degrés, c'est beau ! Il reste encore un peu d'espoir...Peut-être...

Dans le fond, peu importe le nombre. Les gens commencent à parler sérieusement de politique, je crois. A une semaine du premier tour, c'est bien la moindre des choses. Mais au restaurant, dans la rue, au boulot, on entend de plus en plus souvent parler de Sarkozy et de Hollande, de sondages et de programme.



On entend aussi que ça ne sert à rien, que les politiques sont tous des pourris et que ça ne change pas les choses.

Et pourtant, la démocratie, on n'a rien trouvé de mieux, pour l'instant. Et puis quand on parle un peu, en général, les gens de raison reconnaissent que localement, les politiques sont efficaces et font réellement des choses : des routes, des écoles, des locaux publics, des aides pour les plus en difficultés, des appuis aux associations, la gestion de l'eau...

Alors, non, on ne peut pas mettre tous les politiques dans le même sac.

Ouf !

CC
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11 avril 2012

Une soirée à Besançon, avec François Hollande !

Hier soir, j'étais à Besançon, pour le meeting de François Hollande.



Grâce à Romain, j'avais une accréditation presse, ce qui m'a permis de griller tout le monde dans la file d'attente et de rentrer dans la salle, dans les gradins, de pouvoir m'asseoir pour tweeter tranquillement. La grande classe ! Merci Romain !

La salle était bondée. Je connais des gens pourtant bien motivés qui n'ont pas pu rentrer du tout. Il y avait une autre salle avec un écran géant qui était pleine aussi. Les organisateurs ont parlé de 11 000 personnes. Je dirais qu'il y avait bien au moins 7000 ou 8000 personnes. On a dû aller se garer à un kilomètre, au moins !

Bref, il y a une véritable attente : les gens viennent voir, viennent écouter. Cet intérêt pour la politique me rassure sur l'état de la démocratie.

La salle était enthousiaste. Les discours se sont enchaînés : Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Louis Fousseret, Marie-Guite Dufay, Claude Jeannerot, Jean-Pierre Chevènement, le Lion de Belfort, qui ne sait pas faire un discours rapide et qui a su rendre la salle encore plus impatiente qu'elle n'était, et Pierre Moscovici, toujours meilleur sur une scène qu'à la télé.

La salle n'en pouvait plus de tous ces longs discours. Même s'ils étaient passionnants ! Surtout celui de Chevènement, sur le SPD, la BCE, l'OTAN et Maastricht. Au moins, lui, il s'y connaît, en économie.



Quand Hollande est arrivé, j'ai tout de suite été rassurée : il avait dû avoir Céline Dion au téléphone et il avait dû suivre ses conseils. Sa voix allait mieux. D'ailleurs, un peu plus tôt, le maire de Besançon nous avait confié qu'il avait passé la journée à boire l'eau du robinet : la Bisontine. C'est sûrement le secret de sa forme !

Doucement, son discours est monté en puissance. Hier soir, il a répondu, point par point aux attaques de l'UMP et de Sarkozy. Il s'est amusé à démonter la partie adverse. A montrer les mensonges et les failles.

C'était du très bon Hollande.



Quelques petites phrases bien senties, quelques arguments bien pesés ont même réussi à faire s'enthousiasmer les plus réticents.

Le premier message, c'est le combat contre l'abstention. Rien n'est joué : "Entre l'intention exprimée par un sondage et le suffrage universel il y a tout ce qui fait la démocratie ! Surtout, pas d'emballement." C'est une façon de répondre aux critiques sarkozystes sur la prétendue "arrogance" de Hollande.

Ensuite, la deuxième attaque à laquelle Hollande a répondu, c'est celle qui est au coeur du programme de l'UMP et du FN : l'immigration. Alors que l'immigration n'a fait qu'augmenter depuis 10 ans, Sarkozy prétend aujourd'hui réduire les flux migratoires. "Sarkozy prend l'immigration comme cible et la peur comme levier. Il se veut protecteur aujourd'hui alors qu'il n'a protégé personne pendant 5ans"

Puis vient la critique du projet de réforme des impôts. Il est vrai que la critique est amusante : "Créer plus d'impôts ?! Mais c'est impossible ! Sarkozy en a créé 41 pendant son mandat ! Nous ferons la réforme fiscale avec un seul objectif : la justice !" (Engagements 14, 15, 16, 17)

Hollande, pour détendre un peu l'assistance, fait aussi de l'humour. Il se laisse plus aller en meeting qu'à la télé et c'est appréciable : sous le candidat, il y a un homme drôle, proche des gens, spirituel. Par exemple, il a repris les propos de Sarkozy :  "Dimanche, il disait sentir monter la vague : moi aussi je la sens monter, la vague de colère du peuple qui n'en peut plus."

En parlant de vague, François Hollande nous a raconté que Sarkozy disait s'y connaître en tsunami. Il prétend même être allé à Fukushima. C'est un mensonge, mais le président n'a peur de rien. Rappelons-nous qu'il avait prétendu être à Berlin le jour de la chute du mur...Peut-on vraiment lui faire confiance ? Non ! "On le disait bling-bling...il est surtout zig-zag !"

D'autres thèmes ont été évoqués : la laïcité, qui doit garantir la liberté de conscience de chacun, l'idée de rassemblement, quand la droite fait le procès du communautarisme. Gonflé, de la part du type qui fait des discours devant l'UOIF. La crainte de voir les riches fuir le pays si la gauche passe : "J'entends des gens qui veulent s'exiler...mais que fait le smicard quand ça va mal ? Il reste et défend son pays !".

Et enfin, deux thèmes principaux, pour finir en beauté : l'éducation et l'environnement. (Engagements 36 à 43)

C'était un très beau meeting, qui redonne de l'énergie pour continuer la campagne, jusqu'au 22 avril : n'oublions pas d'aller voter, de prévoir une procuration et d'en parler autour de nous !

CC


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9 avril 2012

10 candidats pour une élection


Suis-je soumise au temps de parole ? Suis-je un média ? Suis-je une militante ?

En tout cas, je ne le cache pas, je fais la campagne de François Hollande.


Clip officiel de campagne de François Hollande -... par francoishollande
 
Je considère que le web est grand et que tout le monde y est à peu près représenté, j'ai ma place, même si je parle surtout des candidats principaux, Sarkozy, Hollande, Mélenchon et un peu Le Pen...

S'il faut parler des autres, un peu, je dirais que Poutou et Arthaud me sont assez sympathiques, parce qu'ils représentent une fougue militante, une énergie, une soif de justice et de liberté pour les plus défavorisés et que c'est louable.

J'ai une sympathie pour Dupont-Aignan qui a aussi ce parler vrai, cette sincérité qui caractérise les candidats qui jouent un va-tout, qui ne sont là que pour le geste. C'est méritoire. Et dans "candidat", il y a candide...

Pour Jacques Cheminade, je dois dire que je le connais peu, mais qu'il m'a semblé bien étrange, les quelques fois où je l'ai aperçu à la télévision : refusant de répondre aux questions, sans cesse sur la défensive, agressif...Ce qu'il transmet n'a rien de positif. Bizarre, de se présenter à une élection et d'être aussi peu communicatif...

Il y a Eva Joly, qui me semble une dame droite et honnête, piégée dans cette présidentielle où elle n'a pas grand chose à faire. L'environnement est un sujet important, mais ce n'est pas un thème central, c'est loin d'être la première préoccupation des Français. Il faut en parler et d'ailleurs, les candidats qui comptent ont intégré ce thème à leur campagne.

Au hasard, Hollande parle de réduire la part du nucléaire tout en favorisant le développement des énergies renouvelable, ce qui me semble tout à fait raisonnable. (Mesure 41)

Dans le même temps, Sarkozy déclare : "L'environnement, ça commence à bien faire."

Enfin, il reste Bayrou. Cette année, il est inexistant, invisible, dans la campagne. Il avait su créer une certaine ferveur en 2007, un espoir, couleur d'orange. Et puis il s'est endormi sur ses lauriers. Dommage pour lui...

CC



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8 avril 2012

L'importance du talent d'orateur

De plus en plus de gens sont convaincus, dans mon entourage proche, par Mélenchon. Il est séduisant, bien sûr. Il parle bien, il est talentueux : on le voit sur toute les chaînes présenter son bout de papier griffonné, avant ses discours presque improvisés. Cela change des longs discours ânonnés par les autres candidats, d'autant que souvent, ils ne les ont pas écrits.

Il y a quelques mois, durant la campagne des primaires socialistes, j'avais vu Hollande en meeting. Je l'avais trouvé mauvais. A cette époque-là, il était affalé sur son pupitre et débitait des petites blagues à la manière d'un comédien de stand-up. Depuis, il a bien changé de style : il braille. Je crois savoir qu'il écrit une grande part de ses discours, c'est déjà un bon point. Mais la façon de les dire, c'est important. 

Certes, pour tenir en haleine, pour soulever une foule, il faut être énergique, il faut forcer la voix, il faut garder son auditoire éveillé. Mais dans les extraits qui passent à la télé, on a toujours l'impression que François Hollande est à deux doigts de se faire exploser les cordes vocales et qu'il est entrain d'engueuler quelqu'un. Même quand il parle d'amour et de fraternité...

C'est un peu dommage. Peut-être n'est-ce qu'une impression et que je serais agréablement surprise mardi soir, quand je l'écouterai à Besançon, où il sera en meeting.

Mais le cas Mélenchon nous confirme que le talent de l'orateur est toujours très important en politique...Et c'est un talent qui se travaille !

CC
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5 avril 2012

Dites 32...

Tout comme Elooooody,  essayons d'examiner avec beaucoup d'objectivité et d'indulgence le programme tardif du candidat président.

32 propositions qui ont eu de la peine à voir le jour, cela doit valoir le coup, non ?


1- Recours au référendum quand nécessaire pour surmonter les blocages.
"Désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit." Pourtant, cette proposition semble laisser croire qu'il peut encore y avoir des blocages...Aveu d'échec ? Proposition démago, surtout. On a entendu qu'il voulait surtout lancer deux sondages : un sur les immigrés et un autre sur les chômeurs. Et sinon, la démocratie parlementaire, ça va ? Ah, oui...C'est vrai : le sénat est désormais à gauche, ainsi que le sera l'assemblée, bientôt...(probablement...)

2- Réduction des sièges de parlementaires et dose de proportionnelle aux élections législatives. 
Changeons les règles électorales, vite. Avant les élections législatives ?  

3- Équilibre des comptes publics en  2016, en associant les grandes collectivités locales à l'effort de réduction de la dépense. 
Associer les collectivités locales. Donc, les régions, les départements, les communautés d'agglomération, les villes. Principalement des administrations de gauche, qui font tourner la boutique France, comme elles peuvent, depuis la disparition de la taxe professionnelle, par exemple. Donc, l'Etat donnera encore moins d'argent à ces administrations, qui gèrent pourtant les lycées, les collèges, les écoles, les routes...Et bien d'autres choses encore. Bon.  

4- Allègement des charges salariales.
Des cadeaux aux patrons. Moins de sous pour l’État. Moins de sous pour les services publics, moins d'argent pour rembourser la dette. Un peu comme la suppression de la taxe professionnelle...Est-ce vraiment juste pour des Total ou des L'Oréal, qui font des millions de bénéfices ?

5- Accords emploi compétitivité.
Moins de droit pour les salariés ? A bas le contrat de travail ? Alignement sur la compétitivité de l'Allemagne ? Du Maroc ? De la Chine ?

6- Hausse du salaire net des salariés de 840 euros par an pour les 7 millions de salariés qui gagnent entre 1 000 et 1 400 euros via l'intégration de la prime pour l'emploi.
 70 Euros par mois. Ce n'est pas négligeable. Ce n'est pas une idée nouvelle, loin de là. Et avec tous les allégements pour les patrons, on ne sait pas tellement comment on va financer ce cadeau aux pauvres...

7- Sept heures d'activité d'intérêt général obligatoire par semaine pour les titulaires du RSA.
Ah. Il y a donc du travail. Avec 10% de chômage, c'est enfin une bonne nouvelle !

8- Droit à la formation pour tous les chômeurs et obligation d'accepter un emploi.
Et si tout le monde est formé, il va y avoir du travail ? Avec 10% de chômage, voilà encore une bonne nouvelle ! (mais c'est la même !)

9- Alternance généralisée pour la dernière année du bac pro et du CAP. Les élèves passeront 50 % de leur temps en entreprise.
Des travailleurs gratuits ? Voilà une bonne nouvelle ! Jeunes et plein d'espoir, en plus. Du pain béni.

10- Exonération de charges patronales pour l'embauche de salariés de plus de 55 ans. 
Hop ! Encore un cadeau aux patrons. Mais il y a du boulot, alors ? Malgré les 10% de chômage ! J'adooooore !

11- Suppression de deux normes pour une créée.
Il va supprimer quelques unes des 25 taxes créées pendant son premier mandat ? Alléluia !


12- Réciprocité dans les échanges commerciaux en Europe.
Pour deux bouteilles d'olives, la Grèce pourra obtenir un porte-clé BMW. La classe !


13- Réserver une partie des commandes publiques aux PME européennes comme le font les États-Unis pour leurs propres PME.
 Oh ! Mais c'est du protectionnisme...LE gros mot ! O_o


14- Impôt sur les exilés fiscaux.
Même Johnny ? Même Aznavour ? D'accord !


15- Impôt minimal sur les grands groupes, assis dans une premier temps sur le chiffre d'affaires mondial.
Minimal...ça veut dire tout petit ?

16- Retraites payées le 1er du mois au lieu du 8.
Le mois n'en sera pas plus court...Et c'est une promesse non tenue. 

17- Il faudra savoir lire et écrire en entrant au collège.
Et sinon ? Les élèves seront condamnés à rester toute leur vie au CM2 ? Comme Bart Simpson avec Madame Crapabell ?

18- Hausse de la présence des professeurs au collège
 Après la construction des locaux adéquats ? Ce n'est pas pour ce mandat, alors...

19- Banque de la jeunesse.
Faire en sorte que les jeunes puissent s'endetter le plus tôt possible, voilà un programme d'avenir. Et en plus, ça existe déjà !



20- Hausse de 30 % des droits à construire dans les 3 ans.
Cela est déjà inscrit au B.O. Pour construire des logements sociaux ? Non, pour que des jeunes s'endettent sur 30 ans pour construire une petite bicoque sur un petit terrain. "Je veux une France de propriétaires !", qu'il disait...

21- Division par deux dans les cinq ans des droits de mutation sur résidences principales.
Un truc pour que les propriétaires rentiers puissent s'enrichir encore plus.

22- Réduire de moitié l'immigration.
Comment ?

23- Regroupement familial conditionné à la connaissance de la langue française.
"J’écoute mais je tiens pas compte", "Alors si y en a que ça les démange d’augmenter des impôts..." Le regroupement familial avec Carla est examiné de près par les services de l'immigration.

24- Exiger que l'Europe contrôle ses frontières. Si dans un an, la question n'est pas réglée, la France rétablira des contrôles ciblés à ses frontières.
"Ciblés"...Pour les musulmans d'apparence ? (Tiens, aujourd'hui encore, on m'a demandé si j'étais arabe...Un jour, je vais partir en vacances et j'aurai des problèmes pour rentrer chez moi...)
 
25- Réformer la justice des mineurs.
Pour ceux qui tirent avec des fusils à billes sur les agents de l’État ?

26- Droit d'appel des victimes dans les cours d'assises, en correctionnelle et lors des remises en liberté.
Le droit de la victime. Avec des coups médiatiques tous les huit jours, à la Papy Voise. Ayez peur, vous êtes des victimes en puissance !

27- Réforme de la dépendance.
Mesure spécial "vieux qui votent", mais qui vont bientôt mourir et qui ne sauront donc jamais que la mesure ne sera finalement pas mise en place. Pratique.

28- 200 000 places de garde d'enfants supplémentaires.
Où ça ? Qui ça ? Comment ça ? Il ne l'avait pas dit déjà, il y a 5 ans ? Maintenant, les gosses ont 5 ans : ils ne se gardent pas tout seul, à cet âge ? Soyez heureux : dans 5 ans, ils seront encore plus grands. Et s'ils font un CAP, ils travailleront. Et puis, ils pourront commencer à s'endetter dans la banque de la jeunesse. Ça grandit tellement vite...

29- Accueil des étudiants handicapés amélioré dans les lycées et universités.
Tiens, ça me rappelle un débat d'entre les deux tours en 2007...Et pourtant, depuis, rien a changé...

30- Second plan de rénovation urbaine de 18 milliards d'euros.
Urbaine, ça signifie "villes". Donc, collectivités locales. Les mêmes qui verront leur budget revu à la baisse dans la mesure n°3. C'est pas gagné.

31- Création de 750 maisons de santé pluridisciplinaires.
 Pas nouveau. Y aura-t-il assez de médecins à mettre dedans ? 
32- Confirmer le choix du nucléaire.
Et surtout ne pas s'intéresser aux énergies renouvelables. Pas nouveau non plus...Et couteux, pas pérenne, pas suffisant, comme on l'a vu lors des grands froids de cet hiver...

C'est tout ? 

Hollande a 60 propositions, lui...

CC
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4 avril 2012

Ce n'est pas un agenda, c'est une feuille de route !

En latin, agenda, c'est ce qu'il y a à faire...



C'est encore plus classe, une feuille de route, non ? Cela a un côté martial, certes, mais c'est aussi l'appel du large, la route du Rhum, le départ, la découverte...

CC
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2 avril 2012

Inspection, introspection...

Les publications ont été rares, ici, ces derniers temps.

J'ai eu une inspection, aujourd'hui, qui m'a fait angoisser pendant toute la semaine dernière. Elle est passée, elle a eu lieu cet après-midi, en dernière heure de la journée, avec la classe de 5ème qui ne fonctionne pas. Celle avec le fond du panier, celle qui n'a pas d'options, pas de motivation, de grosses faiblesses. Des élèves qui savent à peine lire.

Forcément, ça ne s'est pas bien passé. Pas idéalement. D'autant que j'avais préparé une séance un peu ambitieuse. Parce que les programmes le sont et qu'il me semblait qu'il fallait que je suive les programmes. Et parce que je crois qu'il faut donner de la culture et des choses ambitieuses aux élèves. Surtout à ceux là. (Et surtout le jour de l'inspection...)

L'inspecteur m'a détrompée. Il m'a dit qu'il fallait viser très bas, avec ce genre d'élèves (je ne répéterai pas les propos qu'il a utilisés pour les désigner...). Viser les compétences élémentaires : lire, dire, écrire de manière "socialement acceptable". C'est le socle de compétences. Le strict minimum.

Il n'a pas tort, finalement. Même si dans cette classe, il y a des élèves capables de suivre, capables de plus. Tant pis pour eux. Ou du moins, s'ils sont bons, ils s'en tireront quand même. Plus tard, ailleurs...peut-être.

Je ne sais pas s'ils s'en tireront. Je ne sais parfois pas à quoi rime mon métier. Je ne sais pas vraiment ce qu'est le service public...




François Hollande propose de l'espoir, il est toujours bon à prendre, pour la jeunesse...

CC
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30 mars 2012

Ce qu'on retient quand on travaille trop.



Un peu débordée par mon travail, j'ai passé la semaine sans voir le temps filer et je n'ai presque pas écouté les informations, j'ai très peu lu la presse et les blogs.

Mis à part le journal de 7h00 à la radio, et un peu des programmes du matin, sur France Inter, donc, je n'ai rien entendu de cette semaine de campagne électorale.

On survit très bien à cela.

Cependant, je pense que je suis là dans la position de beaucoup de nos concitoyens.

Et bien, croyez-moi si vous le voulez, vous, lecteurs assidus de multiples sources médiatiques, mais lorsqu'on n'est pas spécialement attentif, on a l'impression qu'il ne se passe rien. Les deux billets que j'ai pondus avec peine cette semaine sont là pour le montrer : je n'ai retenu que la petite phrase maladroite d'un président qui joue le premier tour sur son extrême droite et l'augmentation du minimum vieillesse, parce que j'ai reçu une notification push sur mon téléphone. "Musulman d'apparence" et "vieux je vous aime, votez pour moi."

Du côté de Hollande, rien.

Il serait temps de se réveiller.

CC
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