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4 juillet 2012

Il était une fois un pot.

Il était une fois un village heureux, niché dans une contrée lointaine. Ce petit bourg et ses habitants étaient bénis des Dieux. Les cultures des uns étaient suffisantes pour nourrir tout le monde, les artisans étaient suffisamment habiles pour fabriquer tout ce qu'il fallait à chacun et nul n'avait encore pensé à échanger tout cela avec de l'argent.

Un jour funeste, pourtant, un marchand venu d'ailleurs brisa l'harmonie à tout jamais. Le ver était dans le fruit, puisqu'il suffit de peu pour tout changer : le marchand observa un peu la petite communauté et remarqua Joe. Joe était fils de cultivateur. Il n'avait jamais été passionné par le métier de son père. Il n'avait jamais été passionné par rien, d'ailleurs. Il n'avait pas appris de métier et se laissait porter par la vie, entre sieste et bons petits repas préparés par sa maman.

Le marchand alla lui parler : il lui expliqua son métier, il lui expliqua l'argent. Il lui montra des pièces, il lui dit que ces petits objets ronds permettaient d'obtenir tout ce qu'on voulait. Il lui donna les bases du métier de commerçant : "Il suffit d'acheter quelque chose au prix le plus bas possible et de revendre au prix le plus haut possible."

Joe comprenait vite :
"- Mais ici, personne ne possède de l'argent !, s'exclama-t-il.
- Il suffira que tu leur en prêtes...Je vais te prêter une somme importante et tu seras ma succursale...
- Ta...quoi ?
- Laisse tomber, je t'expliquerai !"

C'est ainsi que le petit village sortit définitivement du Paradis, pour rentrer dans l'enfer des banques.

Les habitants les plus fainéants, guidés par l'individu le plus fainéant d'entre eux, se mirent à vouloir emprunter de l'argent, pour éviter de travailler. Les artisans les plus cupides, guidés par celui qui n'y connaissait rien en artisanat, se mirent à vendre leurs productions contre de l'argent, pour pouvoir acheter les très chères pommes de terre des paysans les plus malhonnêtes, guidés par le plus malhonnête des banquiers.

Certains s'enrichirent très vite. Ils remboursèrent leurs dettes, ils firent bâtir, ils eurent alors le désir de régner sur leurs contemporains. Certains, plus faibles d'esprits, moins doués pour comprendre les rouages du nouveau système se ruinèrent très vite. On rachetait leur terre en faisant miroiter quelques pièces, on les expropriait. L'argent n'aime pas les faibles.

Dans cette société, on n'avait pas encore eu l'idée de passer un contrat social. On n'avait pas encore établi des règles permettant à chacun de bien vivre l'avènement de l'argent. On n'avait pas encore inventé les impôts. Le bien commun n'existait pas et les pauvres étaient destinés à rester toujours pauvres, toujours ignorants du système, toujours humiliés par les riches.

La situation empira, forcément : les plus pauvres inventèrent le vol et le crime pour s'en sortir. Les riches se vengeaient et on était au bord de la guerre civile.

— Si vous êtes aussi finauds que des élèves de troisième, vous aurez noté qu'il s'agit d'un conte. Les contes, souvent, se terminent bien, car il se trouve toujours un héros pour sauver les meubles... —

Le héros, c'est Joe. C'est notre seul personnage et il faut parfois guérir le mal par le mal.

Joe savait compter. C'était là son seul talent.

A la vue du désastre qu'il avait engendré, il eut des remords. Il voulut réparer. Alors il imagina une société plus équilibrée : il fallait créer un pot commun pour subvenir aux besoins des plus faibles. Les plus riches contribueraient en proportion de leurs revenus. Grâce à cet argent, on éduquerait les pauvres qui pourraient alors devenir riches. Il y aurait donc plus de gens pour mettre de l'argent dans le pot commun.

C'était l'invention de l'impôt bien sûr.

Et même si les riches tentent toujours de payer moins, l'impôt est toujours aujourd'hui le seul salut d'une société paisible. Joe ne se maria pas : il était homosexuel et le héros qui devait faire passer la loi du mariage pour tous n'était pas encore passé à l'action. Il n'eut pas d'enfants non plus. Mais il vécut heureux, en inventant la première bulle financière en spéculant sur les manches de pioches.

Mais ceci est une autre histoire.

CC
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29 décembre 2011

Détendons-nous, écrivons...

Il y a longtemps, maintenant, Gaël nous avait proposé un petit jeu que j'avais trouvé très sympa. Il fallait écrire un texte, une petite histoire, une bêtise ou quelque chose de très sérieux à partir d'une image. Vous vous souvenez ?


J'ai bien envie de recommencer. Comme je n'ai pas envie d'avoir des problèmes de droits d'auteurs, je vous propose une photo de moi...(enfin, une photo prise par moi, parce que je ne ressemble pas à ça, en vrai. Je suis une poulette rouge...)


Et je tague tout un tas de copines et de copains...J'espère qu'il y aura des courageux ! C'est aussi une manière de dire merci à tous ceux qui me lient et à tous ceux qui me lisent...

Les 47 sites qui ont fait des liens sur http://www.bahbycc.com/ depuis le 2011-12-01 sont donc enchainés ! :)
Sarkofrance
Variae
Carnet de notes de Yann Savidan
Ce Que Je Pense ...
Alter Oueb
A perdre la raison
Le Pudding à l'Arsenic
Désirs d'Avenir Hérault
Le grumeau
Philippe Méoule
La lettre de Jaurès
Le blog de Laurent Grandsimon
Partageons mon avis
Les coulisses de Sarkofrance
Une Autre Vie
La Maison du Faucon
Arnaud Mouillard
Le Blog de Gabale
Les divagations NRV de cui cui fit l'oiseau.
Ecume de mes jours
Je pense donc j'écris
Choblab
LES JOURS ET L'ENNUI DE SEB MUSSET
les échos de la gauchosphère
Lyonnitude(s)
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De tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs
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La revue de Stress
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Fattorius
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Mon Mulhouse
Le jour et la nuit
mtislav
Les aventures d'Euterpe
Le blog de PS PLATEAUX CAUX CAILLY
Désirs d'avenir Castelnau de Médoc
ECHO DES MONTAGNES
Liste générée à partir des infos du Top Blog Wikio par le Jegounotron

CC
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4 décembre 2010

Bloguer : où, quand, comment, pourquoi ?

J'aime écrire. J'aime bloguer. Même mal, même pour raconter n'importe quoi.

La politique, ça m'est venu par hasard, parce qu'un type qui m'effrayait a été élu.

Ce type m'effraie toujours : il est affreux, sale et méchant. Je n'aime pas l'idée que ce soit ce personnage qui représente la France à travers le monde.

Mais j'avoue que j'en ai marre de répéter, de crier, de m'époumoner, jour et nuit, sur ce blog. J'ai l'impression de me plaindre, sans cesse. Une longue plainte vaine, pour parler, telle la boulangère raciste à ses clients blancs : "Tout va mal, ma pauvre dame, c'est de la faute à ceux qui n'achètent pas du pain aux lardons, moi je vous le dis. Et en plus, il fait froid."

J'ai envie de positiver. 

En plus, dans la vie, au quotidien, je crois que les gens qui me connaissent et qui me côtoient me prennent pour une fille optimiste. Dans la vie, je suis celle à qui on raconte ses malheurs, parce que j'ai le sourire et que j'ai toujours un mot pour répondre à la boulangère : "Finalement, même s'il fait froid, il y a un rayon de soleil qui est bien plaisant...Et que le pain au sarrasin, c'est bien, aussi."

En ce moment, j'ai l'impression de parler dans le vide. Ce blog ne sert pas à grand chose. Certes, il y a les RDB, les KDB, les invitations à des conférences super intéressantes, les communiqués de presse qu'on m'envoie, les livres ou les films qu'on me fait parvenir en avant-première. Mais aux invitations, aux avant-premières ou aux apéros parisiens, jamais je ne peux me rendre.

Je ne suis pas parisienne. J'ai la chance d'être dans une belle province. Positivons.

J'adore être du terroir. Mais j'ai l'impression qu'on ne peut pas sérieusement parler de politique nationale si l'on n'est pas à Paris. On ne fait soudain pas tout à fait partie du même pays. Sans doute une des conséquences de la recentralisation voulue par le gouvernement.

Alors que faire ? Bloguer local ? J'y pense. D'ailleurs, j'ai ouvert un nouveau compte Twitter pour mieux suivre l'actu de mon coin : mais je suis assez déçue de constater qu'on twitte peu, localement. Quelques journalistes et des fans de Justin Bieber.

Positivons : c'est un créneau à prendre.

Tiens, je vais aller à mon conseil de quartier, mercredi. Je vais m'impliquer dans la vie locale. Peut-être que cela rejoindra un jour la politique nationale...

CC
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6 novembre 2010

Il faut du courage...

Un dessin de Marlène.
(Merci à Gaël et au blog à 1000 mains. Les personnes qui se cachent sous les liens sont invitées à écrire aussi un texte à partir du dessin ci-dessus.)

Le chauffage est à fond et je suis bien, comme dans un petit nid sécurisant. L'oiseau va pourtant bientôt devoir s'envoler.

Cette fenêtre ne donne pas sur Manhattan. Elle aurait pu : il y a aussi de grands immeubles. Il n'y a pas la statue de la Liberté. Nos rêves se brisent sur le gris du béton armé et abimé des tours de la cité.

J'ai dix-huit ans demain. Je suis au lycée, là-bas : c'est le bâtiment le plus laid du quartier. Du Pailleron rénové, il paraît. Je suis en ZEP depuis toujours. Je suis dans ce quartier depuis que je suis née, dans l'hôpital, juste derrière le lycée. Mon monde est tout petit : il tient dans mon regard.

Je rêve d'être médecin, justement. Pas spécialement pour exercer dans l'hôpital où je suis née. Je travaille dur à l'école, pour ça. Quand j'aurai mon bac, je partirai dans une plus grande ville pour aller à la fac. Je bosse dur, mais je n'ai pas la bonne culture, je n'ai pas les bons parents et je n'ai pas la bonne couleur de peau. Pour ceux de la grande ville, je suis une petite rebeu. Je ne suis pas vraiment rebeu, en fait : je suis turque. Mes parents parlent Turc à la maison et moi, je m'adapte. Sur mes bulletins, il y a toujours eu : "Difficultés de compréhension", "Doit enrichir son vocabulaire"...

J'ai bénéficié de toutes les aides  qu'on peut avoir depuis la maternelle : RASED, RAR, ATP, étude encadrée et aide au devoir dans les associations du quartier. J'ai bossé trois fois plus que les Kevin de la classe qui avait déjà ces armes que sont les mots.

Mais maintenant, je suis en Terminale S et je m'en sors plutôt bien.

En Turquie, parfois, il neige, aussi, peut-être : moi, j'y vais toujours pendant les vacances d'été. C'est sympa, il fait beau et chaud. Ça me change de la banlieue de Mulhouse.

C'est fou : je suis restée toute ma vie dans ce quartier pourri. Je passe ma vie à dire du mal de cet endroit. Mais maintenant que je vais partir, j'ai peur. Je connais tout le monde ici. Oui, c'est moche et les gens qui traînent sont souvent louches. Il ne faut pas sortir le soir. Oui, la drogue est là, le chômage qui va avec aussi. La religion est la seule distraction et le seul soutien pour les parents en détresse et le seul repère pour ces jeunes qu'on rejète partout. Et tout ça ne va pas en s'arrangeant.

Et pourtant, moi qui ne connaît rien d'autre, avec toutes mes lacunes, comme disent les profs, j'ai la trouille de partir. Pourtant, je suis dans un pays où tout va bien, surtout par rapport à la Turquie...Et puis, il y a le téléphone, internet, le train...

Aujourd'hui, je pense à mes parents qui ont dû quitter leur village et leur pays...

Il faut du courage, pour tout oublier, pour laisser tout ce qu'on connaît...


Découvrez la playlist Il faut du courage... avec Juliette

CC
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13 mars 2010

La vie commence aujourd'hui


Elle s’en va. 


Elle quitte cette ville et ces lumières, ces trottoirs usés et ces passants indifférents.

Elle a pourtant été de ceux-là, flânant devant les boutiques et participant à l’expansion du domaine du grand capital. Elle a consommé plus que de raison, tout ce qui est consommable, tout ce qui est jetable, tout ce qui est à la mode un jour et qui ne l’est plus le lendemain. Mais aujourd’hui, elle a fait le choix de ne prendre qu’une petite valise.

Elle a dû choisir et jeter. Elle a dû trier et prioriser.

Prioriser. Ce mot moche était très utilisé dans la grande boîte qui l’employait. C’était la classe : elle a bossé comme simple assistante dans une des tours de la Défense, une des plus hautes, dans tous les sens du terme. Elle a profité du standing que ça impose...

Pourtant, sans avoir gagné au loto, elle a été heureuse de dire au revoir, président.

Elle a tout quitté.

Elle ne sait pas vraiment où ses pas la mènent. Vers une gare, n’importe laquelle, vers un train, peu importe lequel.

Elle montera dedans comme si elle montait enfin dans sa vie, après avoir longtemps marché à côté. Elle a suivi les conventions et les obligations, elle a servi de maître étalon : femme parfaite à tous égard, au foyer comme au lit, au bureau comme en famille.

La dernière fois qu’elle a dit non, c’était au printemps dernier :

« - Un sucre dans ton café ?
Non.»

Régime. La ligne à suivre. Mais elle tire un trait. Aujourd’hui, elle a décidé de ne plus aller droit : sa ligne de conduite sera courbe. Une véritable arabesque. Et elle s’y tiendra.

Gare de Lyon. Le sud lui tend donc les bras. La misère sera moins dure au soleil.

Car seule, femme, plus tout à fait jeune, presque sans qualification, c’est bien la misère qui l’attend.

Dans un coin de sa tête, évidemment, il y a Disney et ses ravages qui lui dictent des rêves prêts à porter : «Dans le train, il y aura un homme, grand, brun et poivre et sel, une sorte de Clooney, au bar du TGV...Il te proposera un café...Et quoi d’autre ? La grande aventure, tu vois, un prince charmant...»

Ils sont tenaces, ces rêves de gosses. Chewing-gum à la fraise de l’âme...Mais quand on se retrouve seule à cet âge, ce sont de bons compagnons, ces putains de contes de fées...

«Un aller simple pour Montpellier, s’il vous plait. Côté fenêtre et dans le sens de la marche.»

Surtout ne pas regarder en arrière.
Le guichetier s’en fout. Il essaie de lui vendre une place en première, une carte privilège, une location de voiture et une chambre d’hôtel. Mais la belle est rétive. Aller simple, en seconde. Voiture fumeur ? Non, madame, ça n’existe plus. Tant pis.

Premier jour du reste de sa vie.

CC

PS. : ceci est un tag très sympa de Gaël. Merci à lui ! Les personnes en lien dans ce billet sont invités à leur tour à participer, si le coeur leur en dit...(Seb Musset, Juan, FalconHill...)
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