Evidemment, on pourrait convenir ensemble que ça ne va pas mal : la fin d'été en pente douce, cet été qui a été magnifique, d'ailleurs : chaud, beau...Un peu sec, mais il n'y a presque plus d'agriculteurs pour s'en plaindre. On les a entendu un peu les agriculteurs, cet été, non ? Ah oui...Ils se plaignaient de ne plus pouvoir vendre cher leurs porcs aux hormones élevés en batteries...Ils se sont plaint aux politiques, même s'ils devraient être payés un peu plus par ceux qui leur achètent leur marchandise plutôt qu'à ceux qui les soutiennent déjà énormément.
Sinon, ça va, non ? C'est vrai, on n'a pas eu tellement à migrer de chez nous, comme en 40, par ici. On est plutôt bien, même si on râle tout le temps. On a du porc pas cher dans les supermarchés et si on se renseigne bien, on peut manger des produits périmés sans problème.
Pour le moment, on va se concentrer sur les routes chargées en ce dernier week-end des vacances et sur la rentrée, la mode des cartables à roulettes (ou pas) et sur la douloureuse question de la disparition progressive du bronzage au mois de septembre.
Les migrants morts dans les camions, c'est loin. Si loin...
C'est proche de la politique, me direz-vous, mais il y a une catégorie spécifique dans le classement ebuzzing. Les gens qui tiennent ces blogs sont très sérieux.
J'ai étudié la question :
- Il faut être un homme. Bon...ça part mal.
- Il faut comprendre les chiffres, la bourse, les indices comme le CAC ou le Dow Jones. Je suis nulle en maths.
- Il faut croire que c'est la crise. Cet après-midi, j'ai regardé les chiffres de la bourse pour me rendre compte.
Si la crise ressemble à ça, alors qu'est-ce que ça doit être le reste du temps...
- A la rigueur, on peut être alter-mondialiste, on peut vouloir la fin des banques et le retour au troc. C'est une option. Mais j'ai un prêt sur 20 ans à la banque. Je suis coincée.
- Dans l'autre sens, on peut être ultra libéral. On peut vouloir la fin des Etats, (sauf pour ce qui coûte cher et qui ne rapporte rien, comme la santé des pauvres ou l'éducation des pauvres, il ne faut pas déconner), la fin des impôts et la main invisible du marché régnant sur le monde comme la main gantée du méchant d'inspecteur Gadget sur son chat. Mais je suis fonctionnaire.
Après nous avoir promis monts et merveilles et nous avoir fait une politique épouvantable, nous voilà avec des Ahhhh ! de subclaquant, dans la panade jusqu'au col, conduits par une bande de rigolos qui n'y connait rien.
Moi qui suis une fille qui a un bac L, moi qui n'ai pas choisi l'option SES au lycée, j'avoue, la récession, je ne sais pas vraiment ce que c'est. Je me suis renseignée : c'est quand c'est la merde. Ah bon ? Alors on n'était pas encore vraiment dans la merde jusque là, bien qu'on nous dise que c'est la crise depuis au moins 1983 ? (avant, j'étais trop petite pour m'en souvenir, mais je suis sûre qu'on en parlait déjà au moins depuis 10 ans.)
Bon. En fait, il paraît que c'est parce que le chômage va atteindre les 10 %. Ah bon ? On n'y était pas encore aux 10 % ? Malgré toutes les radiations de Pôle Emploi ? 10 % ? En fait, ça fait longtemps qu'il y a beaucoup plus de chômage que ça...
Et c'est aussi parce que la croissance n'atteindra pas 1%. Ah bon ? On avait encore plus de 1 % de croissance ? Avec les salaires qui stagnent, les files qui s'allongent aux Restos du Cœur ? Le Made in France qui n'existe plus ? Cela fait longtemps qu'on a la croissance d'un nain anémique, en fait.
C'est pas cool, quand même, de nous annoncer toutes ces mauvaises nouvelles à la veille de Noël...On voudrait plomber encore un peu la croissance, qu'on ne s'y prendrait pas autrement...
Il y a des chances, pourtant, pour que cette date ne veuille pas dire grand chose, pour 2011.
Ce triple AAA, il y a moins de cinq ans, personne n'en avait jamais entendu parler. On ne savait même pas qu'il existait des "agences de notation". On ne savait pas que la France avait un dossier de surendettement et qu'elle était proche de manger la chemise.
On pensait encore qu'on avait un patrimoine inestimable. On pensait qu'on avait une démographie plutôt positive, un système social correct, on se disait qu'on avait les entreprises du CAC 40 qui étaient plutôt florissantes.
Certains pensaient même que Sarkozy était le type dynamique qui allait mener notre pays comme une grande entreprise pour le faire prospérer. Travailler plus pour gagner plus, ça avait de la gueule.
Et puis en un rien de temps, tout s'est cassé la gueule. Si vite que ce n'est pas crédible, en fait. C'est pour ça que je crois que la note AA voir A, à la place de AAA, ne changera pas grand chose. C'est une note en toc, ça ne signifie rien. Soyons optimistes.
La docimologie, c'est la science de la note. Quand on est professeur, normalement, on se pose la question de l'évaluation. On se demande si nos notes sont justes. On doit prendre plusieurs choses en compte : on doit évaluer des connaissances que les élèves ont apprises, des compétences que les élèves ont acquises. On doit s'assurer que les élèves savent sur quoi ils vont être évaluer. On doit fixer des objectifs précis et s'y tenir.
Par exemple, si on apprend le passé simple, en sixième, qu'on travaille sur les terminaisons régulières de ce temps, dans les deux premiers groupes, on doit s'en tenir à cela dans l'évaluation : le passé simple pour les verbes réguliers des deux premiers groupes. Si on évalue sur les verbes irréguliers ou sur les verbes du troisième groupe, alors, on aura des mauvaises notes et la note ne signifiera rien.
On doit prendre en compte, aussi, dans la note, la psychologie de l'élève, l'ensemble des élèves et même les données sociologiques propre à l'établissement dans lequel on enseigne. On ne note pas de la même façon à Louis Legrand et dans le 93, on ne note pas pareil un primo-arrivant et un élève qui fait du golf le weekend avec son papa chef d'une entreprise du CAC 40.
Mais en fait, M. Standard and Poors est un professeur épouvantable. On ne sait pas ce qu'il note, avec quel critère, avec quel objectif. On ne sait pas s'il note les pays en fonction de leurs différences de surface, de démographie, de hauteur du PIB, ou s'il les note sur des bases identiques.
Ce matin, je me suis réveillée au son de la douce voix d'Audrey Pulvar.
Elle était là, à côté de mon oreille, tout près de mon oreiller. Arnaud, ne m'en veux, j'aime me réveiller avec Audrey.
Ce matin, elle parlait d'un sujet qui m'importe. Celui que Sarkozy a délicatement évité hier... Les licenciements chez Peugeot. Ils vont probablement toucher en masse le Pays de Montbéliard, où je vis. Les parents, les frères et sœurs de mes élèves vont sans doute être touchés. Ça réveille...
Hier, quand j'ai appris cela, ma réaction a été vive. Je me souviens des millions d'Euros que l’État français a bien voulu prêter à ces grandes boîtes, à des taux préférentiels, alors que l’État s'endettait à taux variable auprès des banques privées. Je me suis demandé comment on avait pu se faire entuber comme ça : filer du pognon alors que ces boîtes auraient pu en emprunter à la banque comme tout le monde, sans aucune contrepartie en matière d'emploi, ça me semble irréaliste. Par exemple, c'est comme si je donnais des bonnes notes à mes élèves sans leur demander d'apprendre leurs leçons...
En langage familier d’aujourd’hui, cela s’appelle un
foutage de gueule. Rien de moins. Mais
comme on est à la radio et sur le service public, on dira qu’avec Peugeot, le
monde est plus beau, qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Se donner bonne conscience et sauvegarder les
apparences alors que vous vous apprêtez à
enfumer tout le monde ? Leçon numéro 1 : vous préparez un énorme plan de suppressions d’emplois, en affirmant
qu’il concerne vos usines dans toute l’Europe, puisque la situation de
vos ventes est mauvaise… Un plan européen, donc. Pourtant, 5 000 des 6000
emplois qui disparaîtront concernent un seul pays. En l’occurrence le vôtre, la
France. 5 sur 6 000… ça nous
fait grosso-modo du 85% pour votre personnel d’un seul pays… A’ part ça, il est
européen, votre plan. Leçon numéro 2 : c’est le coup de génie de vos communicants. Vous claironnez
qu’il ne s’agit pas de suppression d’emplois, mais bien de suppressions de
postes. La preuve martelez-vous : « il n’y aura ni licenciement
sec, ni plan de départ volontaire ».
Voilà qui est très rassurant. Le commun des mortels comprendra qu’il s’agit
simplement pour vous de ne pas remplacer des départs à la retraite. Ainsi, vous
n’apparaitrez pas comme un vilain pas beau patron qui se verrait accuser de
mettre des familles sur le carreaux alors que ses actionnaires, membres d’une
même famille eux-aussi, accessoirement, empocheront de confortables dividendes…
Au contraire. Avec ces soi-disant suppressions de poste, vous faites valider,
sans un commentaire de travers, le non-renouvellement des contrats de 2500
« prestataires », prévu par votre plan… Prestataires ? Des
ingénieurs et techniciens « loués »,
à des sociétés spécialisées, pour faire dans vos usines le travail de
vrais salariés. Jadis on louait des bras, aujourd’hui on loue des cerveaux. Ils
ont la couleur d’un salarié, le bureau d’un salarié, la longévité d’un salarié,
près de 20 ans d’ancienneté à votre service pour certains, mais ce ne sont pas
des salariés. Bien pratique au moment de mettre fin à leurs contrats.
Indolore, inodore, invisible… Enfin, ça dépend de quel côté de la barrière on
se trouve. Leçon numéro 3 : tout en pleurant sur le marché qui se contracte et vos carnets
de commandes faméliques, délocalisez vers la Chine (variante, le Brésil) votre
activité recherche et développement et créez des emplois dans ce pays.
Lequel ne se contentera pas d’élaborer vos produits pour le marché intérieur
chinois, voire le marché asiatique au sens large, mais planchera également sur
les modèles commercialisés demain… en Europe ! Vous savez ce continent sur
lequel vous supprimez des emplois parce qu’on ne vous y achète plus vos
voitures !!! En Chine, vous en êtes à projeter l’ouverture d’une quatrième
usine. Celle qui produira un prochain
modèle haut de gamme, que vous entendez
bien produire là-bas, à près de 200 000 exemplaires par an. Hmmm, ça en
fait des emplois ! Et dire qu’en 2008, l’état français vous prêtait des
milliards d’euros pour vous sauver de la déconfiture !!
Voilà, le tour est joué. Vous pouvez délocaliser tranquille, sans
volée de bois vert assenée par le gouvernement et malgré les cris à peine
audibles de salariés syndiqués indignés. En prime, vous voilà en bonne voie
pour redorer votre image auprès des agences de notation. Ni vu ni connu, j’t’embrouille !
Le Billet d'Audrey Pulvar, France Inter le 16/11/2011
En ce jour du 5ème
anniversaire de la mort de Milton Friedman, des blogueurs ont adressé à
des personnes connues pour leur engagement néolibéral une lettre visant à
clarifier leur position. Là voici :
« Madame, Monsieur,
Vous vous
définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan
économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne
verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une
simple question.
Nous, blogueurs et
citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une bonne trentaine
d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme
économique – ou néolibéralisme si vous préférez – va être rien moins
qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles
comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous
assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile
où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique,
finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans
exceptions profitera…
Disons le net : nous sommes sceptiques.
Non pas que nous
mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre
sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre
sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à
force :
Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?
Parce que dans un
pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté
et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où
malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de
personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des
conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les
bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus
en dépit du bon sens.
Comme toujours,
vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on
a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut
clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez
pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme
n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus
s’enrichir au détriment de tous les autres.
Notre question sera
donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour
la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général
vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux
que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?
Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées. »
Cette humble
bafouille a été adressée par mail à tout un tas de journalistes et éditorialistes réputés néolibéraux.
Nous attendons bien évidemment les réponses avec une certaine curiosité gourmande.
Comme s'il n'y avait rien d'autre. Ou plutôt comme si tout le reste n'était que la conséquence de ce fait premier.
Est-ce la poule ou l'oeuf ? Est-ce la crise qui est la cause de la désindustrialisation, du chômage, de la précarité et de la misère qui grandit pour une part importante de la population ? Ou est-ce le contraire ?
Ou est-ce que parler de la crise est un bon moyen pour ne plus parler du reste ? Avez-vous remarquez que si l'on dit "chômage, pauvreté, misère", on nous répond "dette, dette, dette"? La dette est celle des États qui ont emprunté de l'argent, tant et plus et à taux variables, aux banques, après s'être interdit d'utiliser leur planche à billets. La crise est due aux entreprises avides d'actionnariat qui ont délocalisé pour faire plus de bénéfices sans avoir à les redistribuer aux travailleurs. La crise n'est pas celle de ceux qui ont voté non au référendum de 2005.
Il serait bon aussi de se demander à qui profite la crise. La crise, c'est le moment, en bourse, où il faut acheter : les prix sont au plus bas. La crise profite à ceux qui peuvent acheter.
Et ce n'est pas vous et moi qui avons le pouvoir d'achat pour acheter, non ?
Au Panthéon, il y a même un trou dans le plafond (Joke !)
J'entendais tout à l'heure la réaction de Mme Parisot, à propos de la démission forcée de Berlusconi en Italie. Elle disait en substance que c'est une bonne chose pour la démocratie.
Alors, évidemment, je ne suis pas mécontente que Berlusconi démissionne. C'est un président vulgaire, égoïste, profiteur...Il a fait beaucoup de mal à l'Italie. De mon petit point de vue de touriste Française, j'ai pu constater, cet été, par exemple, que la culture et l'éducation n'était pas du tout sa priorité et que les lieux, les monuments, les trésors de cette belle culture était entrain de pourrir sur place par la faute de son gouvernement. L'exemple de Pompéi est frappant.
Cependant, la démission forcée de Berlusconi m'interroge. Elle intervient au moment où le Marché, cette entité froide et cruelle, a mis la pression sur l'Italie. Le Marché rentre donc en ingérence dans les affaires politiques d'un pays, obligeant un élu à démissionner. Parce que malgré tous les reproches qu'on peut faire à Berlusconi, il a été élu par le peuple...C'est bien là le principe de la démocratie, non ?
Le peuple aurait pu manifester, descendre dans la rue pour demander sa démission. Je suis sûre qu'on lui aurait opposé une fin de non recevoir. Aujourd'hui, il suffit que le Marché claque des doigts pour que le président du conseil italien s'en aille.
Et le pire, c'est que l'ogre du Marché n'est pas heureux et qu'il passe le taux des emprunts passe à 7%. Pour punir qui ?
Au Marché de Brives et d'ailleurs, ce n'est plus aux agents de la maréchaussée qu'il faudrait couper les choses. Mais en ont-ils, les traders et autres banksters ?
J'avoue. Pire que la loi de Robien, pire que les spéculateurs de tous poils, j'ai plombé le marché locatif parisien. J'en ai conscience et je bats ma coulpe.
Il nous fallait donc un logement pour trois personnes et pour deux nuits. Si possible, il nous fallait un endroit où l'on pouvait travailler ensemble aussi. Et dans des tarifs accessibles pour des miséreux de l'éducation nationale.
Pour un hôtel pas cher de l'autre côté du périf, on ne peut pas compter moins de 65 ou 70 Euros par personne et par nuitée. Sans compter les petits déj'...En gros 400 Euros au total pour les deux nuits, pour trois. Et dans des chambres séparées, ce qui n'était pas pratique pour travailler.
Nous avons donc cherché autre chose. Sans trop de difficulté, nous avons trouvé des offres de location d'appartement. Et là, c'est bingo : un appartement avec trois couchages, une petite cuisine, une télé, une box pour le wifi, le ménage, le linge de toilette, les draps...Pour deux nuits, dans le 5ème arrondissement...Dites un prix...
193 Euros. Il y avait une cafetière et même du café, on a acheté des croissants. On avait tout ce qu'il fallait pour se faire à manger, en achetant des choses au carrouf du coin de la rue.
C'est un tarif défiant toute concurrence, pour le touriste.
Mettons-nous maintenant deux secondes dans la peau du parisien locataire. Deux nuits = 193 Euros. Un mois comportant 30 nuits, ça te met le prix du F2 à 2900 Euros par mois.
C'est une escroquerie énorme. A moins de vouloir un Paris uniquement habité par des touristes qui ne consomment même pas dans les restos, on ne comprend pas comment une pratique comme celle-là a pu être autorisée et comment elle a pu se répandre autant en deux ans.
Car c'était bien, pour deux nuits...Mais cet appart, en province, où on a su raison garder, pour l'instant, ce F2 n'oserait pas se louer à plus de 300 Euros par mois à un étudiant...
Le spécialiste de la question, c'est Seb Musset, merci pour ce pearltree.
Sérieux, si on devait hypothéquer...je ne sais pas, le Panthéon, par exemple. Il paraît que le Parthénon n'a pas suffit à nourrir l'ogre du capitalisme. Le Panthéon ne suffira pas non plus, j'en ai peur.
Ce matin, j'entendais des nouvelles de Dexia à la radio. Le journaliste se voulait rassurant : oui, pour les particuliers belges ayant leurs économies dans cette banque, ça craint un peu, même si l'Etat Belge et l'Europe renfloueront les caisses, sans doute. Et sans contrepartie, juste pour le plaisir de donner de l'argent public à une banque privée qui fait n'importe quoi avec...
La banque est donc pourrie par les actifs toxiques. C'est à dire qu'elle a joué avec des actions complétement nazes, qui planquaient des emprunts de gens qui ne pouvaient pas rembourser, par exemple. La bourse, c'est comme le casino : on joue et on perd. Tout le temps. The house always wins.
Mais en France, il n'y a pas de comptes de particuliers chez Dexia.
Chez nous, c'est seulement une banque qui prête aux collectivités locales. Publiques. A nos communes, à nos communautés d'agglomérations, à nos départements ?
Bref, à tout ce qui gère notre argent. L'argent public. Celui de nos impôts.
La Grèce aux prises d'un serpent maléfique : l'économie libérale...
Quand je pense à la Grèce, je pense à Socrate, à Platon, à Aristote. Je pense à la République, à ce Vème siècle avant J.C, tellement riche, à Athènes et puis aux colonnes, aux statues, aux temples. Et à la mythologie. Ces histoires tellement fortes qu'elles brillent toujours dans les yeux et dans l'imaginaire de mes élèves du XXIe siècle quand je leur raconte.
La Grèce, je n'y suis jamais allée. Mais je la rêve et je l'idéalise. Avec l’Égypte, avec Rome, avec les temples Incas, les palais indiens, les estampes japonaises, la grande littérature et la grande musique, la Grèce est un des trésors de l'humanité. Une des merveilles du monde. Lepatrimoine.
Aujourd'hui, on nous raconte que la Grèce est en faillite. Ce pays riche d'une fortune inestimable est en faillite.
C'est tout simplement impossible. Imaginez le prix de l'hypothèque sur le Parthénon, sur la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, sur le Groupe du Laocoon, sur Spartes et sur Delphes, sur les œuvres d'Homère, sur les découvertes de Ptolémée ou d'Hippocrate...
Les jeunes d'aujourd'hui ont un vrai problème avec l'emploi.
En avoir ou pas, bénéficier du RSA ou pas, galérer ou pas.
Heureusement, la TNT est là : avec la TF6, 6 candidats (c'est un peu moins que les 300 000 emplois jeunes du PS) auront le droit de s'étriper, de s'entretuer en direct live devant des caméras pour obtenir le Saint Graal du jeune à la recherche de boulot : un stage.
Le fond du fond de la téléréalité. Si Warhol promettait un quart d'heure de gloire par personne, notre société promet à un heureux élu un job non rémunéré...Et c'est censé te faire rêver, toi qui zappes devant ton poste...
Tout ça pour illustrer le débat sur le chômage...En ce moment, c'est tendance, Pôle Emploi...
Triste monde...Il sera bientôt là, le jeu de téléréalité dans lequel tu gagneras ton panier de la ménagère...
Je ne saurais mieux vous conseiller qu'une petite visite sur le site de Génération Précaire...
Demain, si vous avez des sous, vous pouvez aller les chercher pour les mettre sous votre oreiller.
Vous en aurez besoin, de toute façon, assez rapidement, pour acheter vos cadeaux de Noël.
Demain, on verra peut-être des scènes étonnantes aux guichets des nobles institutions bancaires :
"- Rendez-moi mon argent !
- Mais quel argent ?
- Mon fric, mon flouze, mon pèze !
- Mais Monsieur, si l'on déduit l'argent que vous nous devez pour les 20 ans qui viennent, à cause de votre prêt immobilier, plus l'argent du prêt à la consommation que vous avez contracté pour votre voiture, celui des cadeaux de Noël et le petit là, pour l'iPhone...
- Oui, mais, enfin, j'ai eu ma paye, le 28 novembre...
- Attendez, je finis mon calcul : il faut aussi ajouter les agios du mois dernier et les frais de gestion de votre compte...Sans compter l'interdit bancaire qui vous guette si jamais vos prélèvements automatiques passent alors que vous avez retiré vos sous...Enfin, NOS sous..."
Notre vie leur appartient. Triste constat, mais il faut s'appeler Cantona pour pouvoir retirer des sous à la banque.
Ou alors, vivre autrement. Allez, on s'y met tous, on vit autrement et après, on la fait, cette révolution ! Promis !
Je n'ai jamais donné un sou à la Bourse (directement, je veux dire...). Pas même un centime.
Je n'ai jamais spéculé. Je n'ai même pas d'assurance vie.
Je n'ai jamais été dans le rouge sur mon compte. Je me suis toujours débrouillée pour être une bonne élève.
J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour assurer à peu près ma tranquillité financière : des études, financées à coup de jobs d'été et de cours particuliers, un concours de fonctionnaire. Mes parents m'ont soutenue, m'ont poussée : il vaut mieux être fonctionnaire qu'agriculteur.
En plus, prof, c'est un beau métier. J'ai de la chance.
Pourtant, on vient me parler de rigueur, de se serrer la ceinture. Comme s'il fallait que je paye, que je sois punie pour une faute que j'aurais commise.
Pour l'Irlande, c'est pire : ils ont été les bons élèves du libéralisme. Ils ont tout fait dans les règles de l'art du capitalisme. Ils ont attiré des jeunes cadres dynamiques prêts à être broyés par le système, de toute l'Europe.
Et puis maintenant que la "bulle" irlandaise a explosé, il faut que les Irlandais passent à la caisse. Au programme, super rigueur : le FMI a sorti son fouet et ses bottes de cuir.
Les Irlandais sont punis, eux aussi.
Heureusement que les peuples ne sont pas des enfants : devant tant d'injustice, les enfants se révoltent. Les adultes courbent un peu plus l'échine...
Nous n'avons pas pris la Bastille, cause qu'elle était déjà prise depuis quelque temps.
En Espagne, ils ont pris le soleil, aussi, cette semaine. De très grosses manifestations, des grèves vraiment respectables : jusqu'à 100% dans l'automobile, les syndicats parlent de 80%. Pourtant, le gouvernement annonce que la mobilisation était modérée.
Alors, ici, en France, même si 71% de la population, selon un sondage récent, soutient le mouvement, c'est peanuts. C'est moins que modéré, en tout cas.
Il y a tellement de choses énormes, incohérentes, absurdes, dans cette réforme, qu'il apparaît pourtant à tout le monde qu'elle est idéologique, qu'elle est injuste et dangereuse.
Par exemple, on supprime les droits spéciaux à la retraitepour les femmes qui ont eu trois enfants.
C'est logique. C'est une injustice, un droit spécial. C'est un privilège, et les privilèges, c'est le Mal.
Pourtant, pour les retraites par répartition, c'est un bien que les femmes fassent des enfants. C'est une force pour un pays, un taux de natalité en hausse.
Alors ? Chercherait-on à tuer les retraites par répartition qu'on ne ferait pas autrement.
Allons tous en chœur cotiser pour une assurance retraite...Chez le frère d'un certain président, par exemple...Zéro tracas...
Et voilà ! Y'en a déjà plus, des milliards...Les bourses et les banques ont déjà tout mangé. De véritables ogresses...
Gros "#fail" comme on dit sur l'Internet...Une belle faillite, quoi, ce plan de relance...
Du coup, il en faudrait encore un peu...
On pourrait baisser les revenus des fonctionnaires dans tous les pays de la zone Euro. Le Smic pour tous ces salauds de fainéants, ce serait bien suffisant. On pourrait augmenter les taxes, supprimer les jours de congés, supprimer les remboursements de médicaments et de frais médicaux...
On pourrait faire tout ça, pour nourrir la Bête...
Il faut du flouze, de la fraîche, du blé, de la caillasse, de l'oseille...
Tout de suite.
Prenons exemple sur la Grèce, sur l'Espagne, bradons les capitaux, utilisons les PIB pour faire tourner la machine à spéculer, parions sur le vide, sur les énergies non renouvelable, sur les technologies du futur, même sur celles qui n'existent pas encore, sur ce que les gens n'auront plus les moyens de se payer.
Jouons à fond la carte de l'absurdité, qui a laissé mourir ceux qui payent : ils peuvent crever, mais avant, il faut qu'ils aient tout donné, tout craché, jusqu'aux dernier centimes...C'est encore mieux s'ils crèvent en ayant endetté leurs enfants sur plusieurs générations.
Soyons riches d'autre chose que d'argent, pour les faire chier...
Aujourd'hui, ils les ont pris, ils ont fait mumuse avec.
Demain, il n'y aura presque plus rien - il suffit d'une erreur ou deux, on n'est pas à 2 ou 3 zéros près - et après-demain, ils viendront pleurer encore des millions...