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8 janvier 2014

Inverser la courbe du décrochage scolaire

Parfois, mes élèves, je les accrocherais bien au portemanteau. Mais il arrive qu'ils décrochent. Pas leur téléphone en classe, sinon, je leur prends pour le revendre sur le bon coin.

Le décrochage scolaire - un peu de sérieux, tout de même - c'est un vrai problème de notre système scolaire. En fait, moi, personnellement, je pense que c'est parce que l'école n'est pas du tout adaptée à tous les enfants. C'est normal : tout le monde n'est pas fait pour manier l'allitération et l'oxymoron, non !

Vincent Peillon s'est attaqué à ce problème du décrochage. Il pense comme moi : "L’une des causes du décrochage, c’est un système éducatif qui est parfois violent à l’égard d’un certain nombre d’enfants."

Cette année, donc, les chiffres sont favorables : 20 000 élèves ont été "raccrochés", contre 9000 en 2012. C'est bien, on ne peut que s'en réjouir. Il faut que les élèves sortent avec une formation même minimum, surtout professionnelle. Il faut donc que le collège unique ne soit plus une fatalité. Mais c'est un autre débat, sans doute, pas d'actualité.

Mais si on veut dépasser l'objectif des 25 000 l'année prochaine et diviser leur nombre par deux avant la fin du quinquennat, il va falloir du lourd ! Et si vous voyiez comme mes 3e sont heureux d'aller en stage la semaine prochaine...

CC


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15 décembre 2013

Encore un succès du gouvernement !

En ce moment, je n'ai pas le temps d'écrire ici. J'ai eu des journées chargées, entre conseils de classe, réunions parents professeurs, préparation de changement d'établissement, travail en commun avec des collègues, conseil d'administration et cours, copie et tout le tintouin habituel qui fait de mon métier de fainéant un si beau métier.

Malgré tout cela, je tiens à saluer l'excellente initiative du gouvernement qui va permettre la "création de 4 000 postes au sein des collèges permettra aux équipes éducatives de travailler différemment pour mieux accompagner tous les élèves dans leur scolarité."



Ainsi dans un collège comme le mien, c'est à dire, "dans les établissements les plus difficiles sur le plan social et scolaire qui seront déterminés dans le cadre de la réflexion sur l’éducation prioritaire, du temps sera dégagé pour le suivi des élèves et le travail en équipe dans le collège et dans le réseau d’éducation prioritaire. Ainsi, les heures d’enseignement seront pondérées, chaque heure équivalant à 1,1 heure."

En gros, je devrais avoir l'année prochaine, environ deux heures de cours devant élèves en moins, pour mieux préparer le travail avec mes collègues, ce qui était depuis la création des réseaux Ambition Réussite (aujourd'hui réseaux ECLAIR) une vraie demande.

Encore un succès du gouvernement !

(Vous en aviez pas entendu parler ? C'est que vous ne lisez pas les bons journaux !)

CC
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27 février 2013

L'école et mes vacances !

Vous savez quoi, je suis en vacances ! Encore !!!!!
Pour répondre à Juan, très égoïstement moi aussi, j'ai réagi aux propos de Peillon : quand on te supprime 2 semaines de vacances, comment tu réagis, toi ?

Évidemment, je pense à l'organisation des familles, mais comme Nicolas, je tiens à rappeler que l'école n'a pas pour but de nourrir, de loger et d'occuper les enfants pendant que leurs parents travaillent. L'école ne devrait pas être une garderie, c'est un lieu où l'on apprend des choses bien définies dans les programmes. Mais tu notes le conditionnel, dans ma phrase précédente : l'école est une garderie...

Alors, observons le problème :

- D'un côté, on nous dit qu'avec 144 jours travaillés, l'école française est la plus fainéante d'Europe et qu'on ne peut pas apprendre plus en moins de temps. Ce qui s'entend parfaitement.

- Par ailleurs, on nous dit aussi qu'il fut un temps où les vacances d'été durait deux mois et demi. Et que le niveau n'était pas plus mauvais, voire bien meilleur (ce qui se discute)...

On ne sait plus que penser. 

Personnellement, je travaille 4 jours et demi par semaine. Je fais 18 ou 19 ou 20 heures devant les élèves, selon les années. J'en fait autant à la maison, voire plus, ça dépend. Et je passe souvent mes soirées au collège, en CA, conseils de discipline, réunions pédagogiques, concertations...

Ma vraie crainte, face à cette réduction de deux semaines de mes vacances, c'est que ce soit du bénévolat, qu'on me demande. Je rappelle qu'un enseignant est (mal) payé 10 mois, répartis sur 12. Depuis quelques années, ces deux mois, qui ne sont pas des congés payés, sont déjà "rognés" aux deux bouts : nous finissons le 5 juillet, cette année et l'année dernière, nous avons repris le 31 août. On ne dit rien, parce qu'on est gentils. Parce qu'on nous fait bien sentir notre statut de privilégiés, aussi, dans les médias et dans la société. Mais si on doit bosser un demi mois de plus, j'espère bien qu'on aura un demi salaire de plus par an. Ce ne serait pas trop demander. (mais je ne vois pas comment on va trouver tous ces sous...)

Ce que je crains, c'est qu'on nous dise que nos journées seront plus courtes. Celles des élèves, peut-être, mais les nôtres, non. C'est d'ailleurs aussi le problème des rythmes scolaires. Et en plus, il y a des chances pour que les journées des élèves ne soient pas plus courtes. Tout simplement, parce que l'école est une garderie. Même si elle ne devrait pas l'être. On en revient au problème de départ. 

Et vous savez quel est ce problème ? A quelques jours de la journée de la femme, il faut oser le dire : le problème, c'est que les bonnes femmes travaillent ! Tous les problèmes viennent de là !

Alors pour résoudre quelques problèmes d'envergure, dans notre belle société, il serait urgent d'organiser de vraies solutions de garderie, performante et à grande échelle. Cela créerait des emplois, en plus !

CC
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3 janvier 2013

Les voeux du ministre


Les vœux de Vincent Peillon pour l'année 2013... par Education_nationale

J’étais tranquillement installée devant mon ordinateur, entrain de répondre aux notifications facebook de tous mes amis me souhaitant une bonne année, tout en cherchant vaguement à faire un cours original sur la guerre de Troie, quand je reçus un mail de l’Éducation Nationale.

«Comment ça ? Un mail de l’Éducation Nationale pendant les vacances !», m’écriai-je alors, entre ironie et indignation : alors que tout le monde pense que les profs ne font rien pendant leurs interminables vacances et que le rectorat n’est même pas capable de laisser le serveur allumé pour que je puisse rentrer mes notes dans Pronote, ma surprise était grande !

Le mail contenait un lien vers les voeux du ministre : cette année, ce n’était pas une lettre interminable que personne ou presque ne prend la peine de lire en entier. C’était une vidéo. Nous sommes passé à l’ère numérique ! C’est dans la loi d’orientation, bien sûr, mais là, c’est concret : le ministre s’adresse d’ailleurs aux personnels de l’éducation, mais aussi aux parents et aux élèves. Ce format court et ludique est tout à fait pédagogique. Devra-t-on diffuser cela dans nos classes ? Pourquoi pas, après tout !

Ce qu’il dit aux élèves est enthousiasmant, d’ailleurs : «c’est une école qui vous aime, qui veut vous tendre la main, qui veut vous permettre de réussir...»

Son discours est apaisant et positif. Ce qui nous change des chiffres que nous avions l’habitude d’entendre. L’année dernière, les vœux de Luc Chatel étaient adressés à la presse, la vidéo durait près d’une demi-heure et elle était remplie de pourcentages, de taux de réussite, de statistiques et de perspectives chiffrée. Aux professeurs, il disait en conclusion qu’ils faisaient « le métier le plus difficile, mais aussi le plus beau ». Une formule toute faite pour ne rien dire.

Peillon remercie les enseignants pour «leur dévouement, leur culture, leur attachement à une «certaine idée de la France». Il précise qu’on a connu des années difficiles «qui sont désormais terminées.» J’aimerais le croire. En tout cas, les difficultés sont reconnues et on nous remercie. Et ça, c’est énorme, parce que la reconnaissance, dans ce métier, il faut souvent la chercher longtemps...

Enfin, il s’adresse aussi aux parents. J’aime bien cette vision de l’école qui se fait en partenariat avec les élèves, les enseignants et les parents.

Les vœux, c’est rien, c’est une formalité, c’est même un peu chiant. Mais Peillon s’en sort bien, c’est le moins qu’on puisse dire...

CC
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3 septembre 2012

C'était la rentrée

Pour l'instant, il n'y a pas tellement de nouveautés, pour cette rentrée 2012. Les professeurs sont toujours exploités pour pas cher, ils courent toujours d'un établissement à l'autre sans pouvoir faire correctement leur travail : par exemple, demain, un des professeurs principaux de 6ème ne pourra pas être là toute la journée pour accueillir sa classe comme il se doit, parce qu'il devra être dans son autre établissement l'après-midi. Idéal.

On a toujours autant de missions qui semblent sortir complétement du rôle de l'école : l'ASSR, le BSR, le brevet de secourisme, le PDMF, le B2i...Et tout ces sigles barbares qui nous éloignent chaque jour de l'essentiel : savoir lire, écrire et compter correctement.

Malgré tout cela, quelque chose a changé et pas des moindres : la manière dont notre ministre et notre président nous parlent. Du respect et de la bienveillance. Cela n'a l'air de rien, mais croyez-moi, après dix ans de mépris et de dénigrement, ça fait du bien.

Une chose aussi : l'impression qu'on nous a écouté. Ce matin, Vincent Peillon a dit une chose qui m'est allée droit au cœur : "Les enseignants ne réclament pas plus d'argent, si on les écoute bien. Ce qu'ils veulent, c'est plus de temps pour travailler ensemble, pour se concerter." Et c'est vrai. C'est ce que JE demande, depuis que je suis dans l'enseignement : du temps pour travailler en équipe, pour mettre en place des stratégie commune, pour élaborer une action éducative logique, cohérente...

C'est le coeur du problème et c'est la première fois que j'entends un ministre le dire. Il va maintenant falloir faire ce qu'il faut.

D'ailleurs, pour en revenir à mon collègue qui sera partagé entre deux rentrées, demain, je suis sûre qu'il serait d'accord avec moi...

CC
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