Affichage des articles dont le libellé est bah. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bah. Afficher tous les articles

8 mai 2025

Un 8 mai pas comme les autres


 C'est le 80e anniversaire de la fin de la 2e Guerre Mondiale. Ce n'est pas anodin, 80 ans. Tout d'abord, parce que c'est la limite de la mémoire vivante. Très vite, ceux qui avaient 10 ou 15 ans lors des événements vont s'éteindre. Nous entendons, en ce moment, les derniers témoignages des derniers rescapés des camps, des derniers soldats, des derniers résistants. Ils sont précieux. Ils nous disent combien cette guerre fut terrible, combien le nazisme était cruel, combien l'horreur de l'extermination de masse de 6 millions de Juifs, de déportés politiques, d'homosexuels, de roms, de personnes handicapées fut épouvantable...Les témoins disparaissent, l'horreur reste et le souvenir doit se perpétuer. 

Nous passons un moment solennel, chaque année, au monument aux morts, pour cela. Pour que le souvenir se perpétue. 

80 ans, c'est symbolique. C'est le temps d'une vie. Et nous avons eu la chance de vivre ces années en paix, ici, en Europe. Quand les troupes alliées ont débarqué, quand elles ont libéré, ville après ville le pays, quand les jeeps américaines où s'agrippaient soldats et Français en liesse, où les drapeaux français, américains, canadiens ou anglais se mêlaient en une farandole colorée, la France a retrouvé la paix. Nous avons mis les photos de la libération d'Audincourt, le long du Doubs. C'est un mélange de joie et de souffrance qui se lit sur les visages. La souffrance de ces années de guerre, de privation, de mort. La joie d'être enfin libéré du joug de l'ennemi. 


80 ans...C'est long. De si longs moments de paix sont très rares, dans l'Histoire. Un moment suspendu durant lequel, on n'a pas demandé aux jeunes de notre pays d'aller se sacrifier pour leur pays. Mesurons notre chance. 

Aujourd'hui, nous le savons, le monde vacille. Cette paix et ce consensus qui nous ont permis de vivre en paix, sont remis en cause. Nous avons la chance de vivre dans un monde où le nazisme est condamné, où l'antisémitisme, le racisme, l'homophobie, toutes les formes de xénophobies ne sont pas des opinions mais des délits. Nous avons la chance de vivre dans un pays démocratique où les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité sont respectées. Nous avons la chance de vivre dans un pays où la solidarité, héritée du conseil national de la résistance, à l'issue de la guerre, permet à chacun d'accéder à la sécurité sociale, à une protection à chaque moment de la vie. 

80 ans...Nous vivons pourtant des temps troublés. L'ordre du monde hérité de la Seconde Guerre mondiale est remis en cause par l'impérialisme et le protectionnisme des deux pays qui furent pourtant alliés pour combattre le nazisme en 1945. Les USA, Donald Trump, décident de se replier sur eux. De ne plus participer à la défense du monde libre. C'est un choc. C'est une remise en cause fondamentale de l'équilibre que nous connaissions. La Russie de Poutine attaque ses pays voisins, l'Ukraine, bien sûr, mais il menace toute cette région aux frontières de l'Europe. Les prises de parole erratiques et réactionnaires du président des Etats-Unis, s'inscrivent dans un air du temps qui essaime dans le monde entier : Netanyahou se sent pousser des ailes et poursuit le génocide à Gaza. Le peuple palestinien est sous les bombardements incessants de ce criminel de guerre, reconnu comme tel par la Cour Pénale Internationale. Et non content de regarder ailleurs, Trump s'imagine en train de boire des cocktails sur les ruines encore fumantes, dans une Riviera reconstruite sur les cadavres encore chauds des enfants, des hommes et des femmes morts sous les bombes. L'indignité semble n'avoir plus de limite. 

Partout, les nationalismes, les idées d'extrême-droite refont surface. Partout, la bête immonde renaît. On le sait : elle ne meurt pas. Elle dort, seulement, et il ne faut pas grand chose pour la réveiller. Elle se réveille lorsque nous oublions l'amour et la fraternité, quand nous perdons le goût de vivre ensemble, de nous aider, de nous aimer, nous, frères humains. Nous avons le devoir, 80 ans après la fin de ce long hiver, de ces 5 ans de la guerre la plus abjecte qui fut, de nous souvenir et de ne jamais permettre que cela recommence. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

16 avril 2025

Splendeurs et misères de la vie politique locale


C'est une aventure permanente, la vie d'élue locale. 

Hier, par exemple, je participais à l'inauguration d'un salon dédié aux jeunes et aux moins jeunes, consacré à la prévention : prévention contre les maladies en tout genre, contre les conduites à risque, prévention contre l'inévitable dégénérescences de nos cellules. Un salon dédié à notre chère sécurité sociale, en quelque sorte, vantant les vertus du sport et de la modération pour les apéros. De salut public. 

Hier soir, j'enchaînais avec la remise d'un label pour les petits joueurs de foot de ma ville. Là encore, bel esprit, tolérance, respect, plaisir, convivialité, vivre-ensemble. Les gamins étaient fiers, dans leur survêtement plein de logos des sponsors locaux, les dirigeants de la ville pointaient du doigt la bonne volonté de ville, mais le manque d'investissement du gouvernement pour le sport local. Tellement vrai...Mais tellement beau, aussi, de voir les parents, les bénévoles, les entraîneurs, tous mobilisés pour l'éducation par le sport, éducation populaire s'il en est. 

C'est la noblesse d'un engagement local. Mardi dernier, on avait aussi une réunion publique, je vous en avais parlé...ou encore, jeudi, une inauguration de centre social. 

Et aujourd'hui...Misère...j'ai reçu un mail de Bruno Retailleau. 

Voilà des vicissitudes dont je me passerais bien. 

En tant qu'élue locale, je suis ciblée par sa campagne pour se faire élire président des Républicains. Je ne suis clairement pas la cible, pourtant...

La prose est surprenante : elle parvient, sans que cela ait l'air d'un oxymore, à mettre côte à côte "autorité" et "liberté". Autorité avant liberté, quand même. La lettre pourrait bien sûr être co-signée par un membre du RN. Tout y passe : la pensée unique de la gauche, son politiquement correct et les reniements de la droite pour plaire à ces mous du genou. On parle de fierté d'être Français, de renouer avec le peuple de droite, d'offrir une maison commune à toute la droite. 

Et c'est quand même, et surtout, du blabla sans but et sans idée. 

Je ne sais pas à qui cela s'adresse, mais je me serai bien passée de trouver cela dans ma boîte mail d'élue de gauche dans une ville de gauche...



Rendez-vous sur Hellocoton !

10 avril 2025

Saint-Exupéry




Les hasards de la vie politique locale, ce sont des petits moments d’émotion volée. 


Ce matin, il y avait un préfet, un ruban à couper, il y avait les habitants du quartier et les travailleurs du centre social. Il y avait des petits fours et un coup à boire. C’était l’inauguration du Centre Social. 

Les enfants, des maternels, tout petits, tout mignons, ont touché notre coeur, en chantant, en interprétant Le Petit Prince, délicatement, tendrement. C’était un moment de grâce. 

Ce conte, de Saint-Exupéry, est un condensé de fables, de petites leçons métaphoriques et délicates. Qui sont ces personnages étranges, le géomètre, le roi sans sujet, l’allumeur de réverbère ? Je sais qu’en maternelle, on est loin d’accéder au contenu philosophique de ce livre. 

J’ai pensé à Elisabeth Borne qui voulait, l’autre jour, que les maternels pensent déjà à leur orientation professionnelle. Et je me suis dit qu’à cet âge là, il n’y a que la poésie qui devrait avoir le droit de cité dans ces petites têtes. 

Souvent, je le lis avec mes 6e au collège. J’ai parfois la surprise d’entendre des sanglots étouffés quand le Petit Prince demande au serpent de le ramener chez lui. Je les vois s’interroger. 

Quand je relis ce livre aujourd’hui, je lis encore une autre histoire. 

La symbolique est forte, pour un Centre Social dans un quartier prioritaire, de se nommer Saint-Exupéry. À travers l’histoire du Petit prince, on donne aux enfants qui viendront ici, le droit au rêve, à l’imagination et à l’art, à l’épanouissement, à l’amitié. Le droit à la différence, au voyage, à l’altruisme. A l’engagement, aussi. 

C’était un moment de grâce, cette inauguration, au milieu de ce monde tellement éloigné des valeurs portées par ce grand navigateur, ce résistant, cet artiste, cet aventurier de Saint-Ex. Dans un monde où l’on érige les frontières en barrières douanières infranchissables, où l’on veut exclure, ostraciser, où l’on rejette l’autre, qu’on veut exiler l’OQTF à l’autre bout du monde, un peu de paix, un regard naïf posé sur les choses par un enfant venu d’une autre planète, c’est salutaire.

Et puis un centre social, "c'est véritablement utile, puisque c'est joli". Surtout celui là, surtout après cette belle restauration. 
Rendez-vous sur Hellocoton !

8 avril 2025

Ma ville


Ma ville sent les hydrocarbures, 

Elle est parcourue chaque jour

Par des milliers de voitures.

Ce soir, nous avions une réunion publique, 

Animée, passionnée. 

Les gens, cette ville qui sent les hydrocarbures, 

Ils l'aiment d'amour. 

Pourtant, ils ont des mots durs : 

Les gens roulent trop vite, partout, il y a des ordures. 

Les gens sont dégueulasses, 

Mais moi, je ramasse. 

Le bruit des motos, les oreilles qu'on nous casse, 


Les dealeurs, au coin des rues, les chiens de la casse...

Mais si tout le monde y met du sien, 

Si l'on se tend la main, 

Si, aux jeunes, on apprend ce qui est bien, 

Alors, tout ira mieux, demain. 

Moi aussi, j'aime ma ville. 

Chaque jour, je la sillonne, 

À pied, 

En voiture, 

Avec mon chien. 

J'aime son architecture 

Diverse, 

Bigarrée,

Inégale. 


J'aime ses trottoirs usés, 

Ses commerces à l'ancienne, 

Ses arbres tordus. 

J'aime surtout les gens qui y vivent, 

Qui disent quand ça ne va pas, 

Qui disent ce en quoi ils croient et pourquoi, 

Pour rien au monde, 

Ils changeraient d'endroit. 

Je viens d'ailleurs, pourtant, moi. 

Mais je comprends qu'on aime cette cité industrieuse, 

Traversée par les usines de briques et par le Doubs. 

Du rouge, du bleu et le vert de l'espoir. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

7 avril 2025

Ça m'énerve


Il y a de quoi être à fleur de peau, en ce moment, non ? 

Ce qui m'énerve, ce qui m'agace, c'est l'impression de perdre complètement tous mes repères. Déjà quand le RN avait soutenu Israël, déjà quand Bardella était allé sur les lieux du massacre du 7 octobre, déjà quand Trump avait déclaré son amour pour Poutine, déjà quand le président du monde libéral avait complètement niqué le système en augmentant les droits de douanes...Déjà...ça m'agaçait. 

Mais alors là, quand Marine Le Pen se met se prendre pour Martin Luther King devant une foule clairsemée, mais bien blanche, tout de même, ça m'énerve, vraiment, ça m'escagace !

Ce n'est pas tant que le premier parti d'extrême droite de France n'a rien à voir avec le combat pour les droits civiques dans les années soixante, aux États Unis...Ce n'est pas tellement que les droits civiques des Noirs américains sont aujourd'hui remis en cause par la politique fasciste de Trump et que le RN serait plutôt du genre à applaudir des deux mains...Ce n'est pas tellement que Marine Le Pen a plutôt plus de points communs avec le Ku klux klan qu'avec Rosa Parks. 

C'est quand même un peu tout ça. 

Mais...c'est surtout que se référer à une grande figure de la lutte des droits quand on vient de se faire condamner pour avoir piquer dans la caisse, il ne faut pas avoir beaucoup de fierté. 


Rendez-vous sur Hellocoton !

3 avril 2025

Marine ou pas, ce n'est pas le débat ?


Un petit billet pour répondre à Nicolas, qui sous mon billet d'avant-hier, disait que le mal était fait auprès des gens, à propos du RN.

Je ne suis pas sûre que les gens aient vraiment envie de prendre pour une victime quelqu'un qui a passé des années à piquer dans la caisse. Des sondages montrent plutôt le contraire. Par contre, une certaine catégorie de la population est attirée par une sorte de "trumpisation" de la société, c'est un fait.

Nous aurons un test, grandeur nature, a priori - si notre président ne juge pas approprié de nous déclarer en état de guerre - pour les élections municipales, dans un an. 

La politique locale ne se soucie pas tellement des affaires internationales. La guerre à Gaza, celle en Ukraine, les relations entre Trump et Poutine, cela n’aura pas beaucoup d’impact sur les résultats. 

Par contre, la politique nationale, la situation de la France, la crise économique que nous traversons, cela en aura. Ce qui aura de l’importance, aussi, ce sont les valeurs portées par le temps. Ce que je veux dire par là, c’est que le monde dans lequel nous vivons influera sur le scrutin. Le monde de CNews, de Pascal Praud et de Trump. Le monde dans lequel les gens regardent les chaînes d’info sur leurs immenses télé 10 heures par jour. Le monde anxiogène où le moindre fait divers prend des proportions folles, juste parce qu’il est répété 10 fois par jour.

C'est l'année prochaine, aux municipales, que nous verrons si la condamnation de Marine Le Pen a un impact ou pas. De l'eau va encore passer sous les ponts. Mais je crois que la politique s'attache assez provisoirement aux personnes, pour finalement en revenir aux idées. Et qu'un Bardella vaut bien une Le Pen. 

Les idées facho avancent inexorablement. Par fainéantise, par manque de conscience politique, par la tendance naturelle de l'homme à s'attacher plus au bruit des motos sous ses fenêtres qu'aux analyses sociologiques pointues. Nous nous attachons bien plus, c'est normal, au pouvoir d'achat en berne, au manque de médecins dans les campagnes, au sentiment d'injustice quand un petit délinquant de quartier sort de prison...C'est humain, mais c'est aussi l'échec des politiques depuis des années. C'est un mal profond. Nous nous soucions assez peu du climat, finalement, parce que les conséquences sont plus lointaines que celles causée par l'imbécile qui terrifie les braves gens dans la rue, là en bas de chez toi. Et nous n'avons que faire des droits de douanes imposés par Trump, même s'ils auront peut-être un impact direct sur le prix du sucre, du café ou du chocolat que nous trouvons de plus en cher quand on fait nos courses. 

Avec une collègue encore plus politisée que moi, ce midi, en terrasse, nous nous étonnions du peu de retentissement de la grève d'aujourd'hui, dans l'éducation nationale. Et elle me disait que pour en avoir parlé en salle des profs, elle constatait que certains collègues avaient du mal à faire le lien entre la politique nationale et notre situation dans l'établissement. C'est un peu pareil pour tout, je crois. Et le succès des politiques populistes vient de là...


Rendez-vous sur Hellocoton !

1 avril 2025

L'inéligibilité, c'est pas le bagne...

 


Heureusement que le jugement de Marine Le Pen n'est pas tombé aujourd'hui, on n'y aurait pas cru. 

Pour le reste, il n'y a rien à en dire : c'est une décision de justice. La remettre en cause, voilà ce qui attaquerait les fondements de notre démocratie. Rappelons la base : la démocratie repose essentiellement sur la séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. Dès que l'on concentre les pouvoirs, dès que le politique flirte avec la justice, l'histoire l'a montré à plusieurs reprises, nous entrons dans autre chose que la démocratie : la dictature, l'autoritarisme, le despotisme. C'est un fait. 

Alors oui, Marine Le Pen a été condamnée. 

Et c'est pas le bout du monde : pour les millions d'argent public détournés, deux ans avec un bracelet, ça va. Et l'inéligibilité, ma foi, la vie est vaste, il faudra l'envisager autrement qu'en se présentant aux élections, dans les 5 ans qui viennent. 

Moi, par exemple, en ce moment, je ne sais pas encore si je me représenterai aux élections. Il faut dire que je traverse une crise de confiance, et que je ne suis pas sûre d'en être digne. Je me pose plus de questions que Madame Le Pen, c'est sûr. Mais il est normal de se les poser, je trouve. C'est assez sain, même si je ne suis pas toujours sûre d'être très saine d'esprit. 

Quand on se présente aux élections, je crois qu'il faut le faire avec une haute idée de ce que cela représente. Il faut aussi avoir en permanence en tête que l'on peut ne pas être élu et que c'est normal. Et que l'on peut être inéligible dans certains cas. Ce sont les règles du jeu. 

Je comprends pourtant que Marine peut l'avoir mauvaise : sa mine fait peine à voir, depuis hier, la mâchoire déformée, le visage crispée. Mais l'avenir de son parti et de ses idées, malheureusement ne sont pas plus morts que lorsque son père est mort. Réalisons ensemble qu'elle passe une sale année. 

Ce qui est un peu plus gênant, à mon avis, c'est qu'elle soit reçue dans les médias, qu'on l'a plaigne, qu'on la soutienne. Qu'on lui offre encore des tribunes. Alors qu'elle est bel et bien coupable. Et pas d'une broutille, pas d'un fait anodin, non. On parle de plus de 4 millions d'Euros par an, pendant 11 ans. Quand on fait de la politique, on peut vite perdre le sens des réalités. Mais il s'agit d'argent public. 

Je ne comprends pas grand chose aux chiffres, j'avoue. Mais on a voté le budget hier soir au conseil municipal. 4 millions d'Euros, c'est considérable : pour comparaison, pour une ville de presque 15 000 habitants, on a voté un budget d'investissement d'un peu plus de 4 millions. Avec ça, on va faire des tas de choses : réaménager des quartiers, mettre des jeux pour enfants, refaire des routes, planter des arbres, améliorer nos pistes cyclables, soutenir les maraîchers de la ville, rénover des bâtiments, les isoler, refaire des toits, des chauffages, aider des commerçants à s'installer, soutenir l'économie locale et le BTP, animer notre ville...Et j'en passe et des meilleurs. L'argent public est fait pour ça, pas pour payer des faux assistants parlementaires ou le majordome du papa de la patronne du parti. 

Quel retournement des valeurs, de faire croire aux gens qu'on veut les priver de démocratie, alors que c'est justement le contraire que cette décision de justice vient sanctionner !




Rendez-vous sur Hellocoton !

26 mars 2025

Hitler à une bar-mitsva...


Vous avez des souvenirs de vos cours de 3e, en histoire ? Moi oui. Il faut dire que je révise un peu chaque année avec mes élèves qui passent le brevet. Ce qui est fou, c’est qu’on apprend toujours les mêmes choses que quand j’avais 14 ans : la première guerre mondiale, les crises économiques, la montée des extrémismes, les totalitarismes, la deuxième guerre mondiale, les grands équilibres du monde depuis 1945…La guerre froide, l’URSS ennemie jurée des Etats-Unis, le partage du monde entre les gentils démocrates et les méchants partout ailleurs. Ou, si vous avez eu une prof d’histoire un peu communiste sur les bords, le contraire. Je schématise, évidemment, je ne suis même pas prof d’histoire. 

Aujourd’hui, quand je vois Trump être si copain avec Poutine, j’avoue, je ne comprends plus rien. C’est le choc. Quoi ? Les impérialistes buveurs de Coca qui nous lavent le cerveau avec leur musique rock, leurs jeans et leurs films d’Hollywood, copains avec les communistes ? Les communistes, des gens sérieux, les inventeurs géniaux des merveilleux kolkozes, gloire de l’agriculture pour tous et inlassables défenseurs du prolétariat ? (Oui, j’ai eu une prof d’histoire communiste en 3e, j’avoue)...Mais comment comprendre ça, au delà de la caricature ? Oui, bien sûr, Poutine et Trump sont compatibles sur le fond, sur le mascunilisme, l’autoritarisme et les saintes valeurs réac. Aucun doute là-dessus, finalement, ce n’est pas surprenant. 

Mais vous avez regardé les infos, aujourd’hui ? Il y a pire : il y a Bardella en Israël. Cela ne vous donne pas une petite impression de Tintin au Congo à vous ? À minima…Le loup dans la bergerie, l’éléphant dans le magasin de porcelaine, tonton Hitler à une bar-mitsva avec une kalashnikov pour offrir au petit ? 

Sérieusement, comment un tel retournement de situation est-il possible ? Et comment une chatte pourrait y retrouver ses petits ? C’est un retournement des valeurs inédits. J’aimais bien le monde quand il y avait quelques idéologies un peu précises, finalement…

Finalement, on a été largement conditionné par quelques années de macronisme ou l’équivalent, durant lesquelles on nous a inculqué la fin des idéologies…Et maintenant, on n’y comprend plus rien…

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

25 mars 2025

Guerre ou pas ?


Est-ce que, vraiment, Poutine pourrait nous faire la guerre ? C’est une question qu’on m’a posée, comme ça, dans la rue, alors que je promenais mon chien. Les gens savent que je suis élue, alors ils me posent des questions, à brûle-pourpoint. C’est une question que mes élèves m’ont posée aussi. Aux élèves, j’ai répondu, tu crois vraiment que c’est le moment, là, entre l’étude de l’anaphore et de l’oxymore ? Revenons à nos moutons. Mais au Monsieur dans la rue, j’ai bafouillé quelque chose du genre “Oui, alors si on considère qu’il fait la guerre à l’Ukraine depuis trois ans, sans franc succès, et avec déjà plus de 100 000 soldats qui y sont passés, paix à leur âme, je ne sais pas bien s’il est capable de venir nous reprendre l’Alsace et la Lorraine, en effet…” En disant cela, bien entendu, je savais bien que je taillais à la hache et que je ne saisissais pas l’entièreté des nuances qui font le charme des relations internationales…Mais mon chien tirait sur sa laisse et ne semblait pas très intéressé par la conversation. 

J’ai pris congé du Monsieur en me promettant toutefois d’y réfléchir plus avant. 

Alors est-ce que, vraiment, Poutine pourrait nous faire la guerre ? Nous allons bientôt recevoir un petit manuel de survie en période de crise, paraît-il. Et la fabrication de lingots d’or en Suisse ne s’est jamais aussi bien portée. Ce ne sont pas des signes très optimistes. 

Pour autant, doit-on vraiment craindre des bombardements, des pénuries, des couvre-feux, des drones, des risques nucléaires ou bactériologiques ? Ce que la télé nous envoie depuis Gaza ou depuis Kiev ? Les souvenirs de guerre transmis par nos aïeux ? L’occupation allemande, les tickets de rationnement, les départs pour le front de ceux qui ont fait l’Algérie ? Nous avons sans doute une idée assez vague de ce que pourrait être une vraie guerre. Encore moins une 3e guerre mondiale. 

Pourtant, Trump s’acoquinant avec Poutine, on ne sait plus trop que penser. 

Tout cela m’évoque la pièce de Giraudoux La Guerre de Troie n’aura pas lieu. Personne ne veut de la guerre, à commencer par l’auteur. Et puis, comme avait prédit Cassandre, celle qui dit la vérité, mais qu’on ne croit pas, la guerre à lieu quand même. Les mécanismes du tragique se mettent en place. La Machine Infernale. D’ailleurs, je préfère cette pièce de Jean Cocteau. C’est l’histoire d’Oedipe, dans celle-ci. Même époque : les années 30. On assiste, impuissants, à la mise en place implacable des éléments de la tragédie. L’escalade vers le désastre. Et on peut bien s’agiter dans tous les sens, le couperet tombe. 

Cela ne nous avance guère, ces pièces d’avant-guerre. 

Mais si l’on extrapole, Trump est peut-être un peu Priam et Poutine est sans doute assez proche d’Agamemnon. Un vieux roi un peu dépassé d’un côté, manipulé par son entourage, sûr de ses richesses et de sa puissance, et de l’autre, un roi avide de conquêtes, de terres, de puissance. Depuis que l’homme est homme, la guerre est son activité préférée. Avec le foot et dire du mal de ses voisins, ce qui revient à la guerre. 

Alors oui, la montée vers la guerre n’est pas impossible. 

Ce qui va se passer, c’est déjà une guerre dans les pays limitrophes de la Russie. Le grand rêve de Poutine, c’est de refaire l’empire de l’URSS. Il aura des alliés, des gars aussi nationalistes et réacs que lui. Trump l’aidera en échange de quelques mines, de quelques accords un peu bancals. Sûr de sa puissance, il dira que si les choses se passent bien, si les conflits ne durent pas longtemps, c’est grâce à l’Amérique great again. Il aura peut-être même un prix Nobel. 

Mais est-ce que l’Europe entrera dans la danse ? C’est la question. 

Macron aimerait bien. Vu qu’il n’est pas parvenu, en deux mandats, à entrer dans l’Histoire, la guerre pourrait bien être sa gloire. Il nous avait déjà fait le coup du temps du Covid. “Nous sommes en guerre.” Il adore ça. Vous avez vu comme il s’agite depuis quelque temps ? La France bouclier européen, réarmement, budget de la défense en hausse (alors qu’il n’y a plus de sous), Europe de la défense…Mais si l’on y regarde de plus près, cela est à horizon 2030, 2035. Alors la guerre, oui, peut-être, mais pas tout de suite. 

Enfin, je dis ça, je n’en sais rien. Suis-je Cassandre ? L’avenir le dira. Mais je le jure, je n’ai jamais rencontré Apollon.

Rendez-vous sur Hellocoton !

19 mars 2025

19 mars : commémoration du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie


Si je devais écrire aujourd’hui à propos de la célébration du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie, il me faudrait d’abord reconnaître que l’Histoire est faite, souvent, de choix contestables, de choix difficiles et que les plaies du passé ont parfois beaucoup de mal à cicatriser. Elles laissent des marques dans la chair, elles laissent des cicatrices qui restent douloureuses.

C’est bien le cas pour cette Guerre d’Algérie dont les douleurs nous parviennent encore. 

Il a fallu du temps, déjà, pour la nommer. Et tout ce que l’on ne parvient pas à nommer clairement ajoute de la confusion au monde. On parla longtemps d’événements avant de vouloir appeler cela une guerre. 

Et puis la date du 19 mars, même si c’est celle que nous choisissons aujourd’hui, est loin de faire l’unanimité. 

Après 8 ans de conflit, pourtant, les accords d’Evian viennent signer la fin de la guerre, après un cessez-le-feu déclaré par le président de la République et approuvé par un référendum où 90% des Français montraient leur volonté d’en finir avec cette guerre odieuse, sanglante, qui emporta tant de jeunes gens, qui provoqua tant de traumatismes dans chaque camp. 

5 Audincourtois périrent là-bas, parmi les plus de 2 millions d’appelés, parmi les près de 30 000 qui moururent. Ne les oublions pas. Pourtant, après ce 19 mars 1962, les armes ne cessèrent pas. Nous ne l’oublions pas non plus. Des massacres, des représailles, des actes de violence terribles eurent encore lieu.  

Quand nous en parlons, aujourd’hui, nous parlons effectivement d’une mémoire encore bien vivante. Cette mémoire, malgré la volonté d’avancer, de laisser derrière nous la culpabilité et la honte, la douleur, nous le constatons, cette mémoire est encore tellement vive qu’elle interfère dans nos relations avec l’Algérie.

Comment pourrait-il en être autrement ? C’est l’histoire de la colonisation. N’oublions pas, comme certains, qu’à partir de 1830, la France impérialiste et colonisatrice s’est installée avec force, avec violence, en Algérie, convaincue de sa supériorité, convaincue de sa puissance. Cette mémoire est tellement polémique encore… 

Il y a quelques jours, un journaliste, appuyé de tous les historiens de cette période, de Benjamin Stora ou de Johann Chapoutot, rappelait qu’en Algérie, c’était des dizaines d’Ouradour-sur-Glane qui avaient été perpétrés. Pour avoir rappelé cette vérité historique, il a été renvoyé de la radio sur laquelle il travaillait.  

Pourtant, pour avancer, il est temps de reconnaître, simplement, que la colonisation fut une horreur et que la guerre qui suivit, un désastre humain. Aujourd’hui, nous vivons une période si troublée, si dangereuse pour notre monde qu’il est nécessaire de savoir reconnaître les erreurs du passé. Non seulement pour ne pas les reproduire, mais aussi pour les prévenir, les voir arriver. 

Ce qui se passe en Ukraine, ce qui se passe aux USA, sachons le reconnaître : il s’agit d’un impérialisme puissant et dévastateur, une volonté de s’imposer partout dans le monde, de se diviser les terres, pour le profit de quelques uns et au mépris de l’humanité. 

Rien ne justifie la pensée qu’il existe des peuples supérieurs qui méritent d’être asservis. 

En ce jour de commémoration, souvenons-nous de cela. 

 Souvenons-nous aussi que l’histoire de l’Algérie et celle de la France sont intimement liées, pour toujours. Les velléités de quelques hommes politiques tentés par des idées xénophobes et prêts à fâcher la France avec ce pays pour défendre des positions populistes sont inacceptables.

Rendez-vous sur Hellocoton !

30 août 2015

PS : les rois du "dress code"

Crédit photo : Le Parisien.
L'idée que les politiques soient en phase avec la population n'est pas si évidente que ça.

Nous avons parfois l'étrange sensation, en France, que les hommes et les femmes politiques se donnent pour devoir d'être au-dessus du peuple, d'être la classe dirigeante, alors qu'elle est élue et représentante du peuple. Peut-on représenter si l'on domine ?

C'est une question compliquée pour un soir d'été.

J'ai assisté à une réunion professionnelle durant laquelle intervenait une ministre, l'année dernière. Quand notre représentante est entrée dans la salle, tout le monde s'est levé comme un seul homme pour l'applaudir. Et même, une sorte de haie d'honneur avait été organisée par l'établissement qui accueillait l'événement.

Un arrière-goût de monarchie, non ?

Aujourd'hui, notre représentant, chef du gouvernement, n'a pas jugé bon de mettre une chemisette, alors qu'il était à la Rochelle et qu'il faisait probablement plus de 30°C. Peut-on réellement représenter les gens quand on manque de bon sens à ce point ? C'est un détail et certains diront que dans le guide des bonnes manières de 1923, il est stipulé que les chemisettes ne sont pas correctes...Malgré tout, les lois somptuaires ont été abolies à la Révolution, non ?

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

29 août 2015

Dystopie

Est-ce que ça va, pour vous ?

Evidemment, on pourrait convenir ensemble que ça ne va pas mal : la fin d'été en pente douce, cet été qui a été magnifique, d'ailleurs : chaud, beau...Un peu sec, mais il n'y a presque plus d'agriculteurs pour s'en plaindre. On les a entendu un peu les agriculteurs, cet été, non ? Ah oui...Ils se plaignaient de ne plus pouvoir vendre cher leurs porcs aux hormones élevés en batteries...Ils se sont plaint aux politiques, même s'ils devraient être payés un peu plus par ceux qui leur achètent leur marchandise plutôt qu'à ceux qui les soutiennent déjà énormément.

Sinon, ça va, non ? C'est vrai, on n'a pas eu tellement à migrer de chez nous, comme en 40, par ici. On est plutôt bien, même si on râle tout le temps. On a du porc pas cher dans les supermarchés et si on se renseigne bien, on peut manger des produits périmés sans problème.


Pour le moment, on va se concentrer sur les routes chargées en ce dernier week-end des vacances et sur la rentrée, la mode des cartables à roulettes (ou pas) et sur la douloureuse question de la disparition progressive du bronzage au mois de septembre.

Les migrants morts dans les camions, c'est loin. Si loin...


Rendez-vous sur Hellocoton !

27 mai 2014

...l'ennui m'anesthésie

Anastasie...


Francois Béranger TANGO DE L ENNUI par N99

Il fut un temps où l'indignation était un moteur : ça faisait même vendre des livres.

Il fut un temps où les jeunes descendaient dans la rue pour protester contre un parti politique susceptible de les priver de liberté.

Il fut un temps où les gens ne votaient pas pour les politiques qui fraudaient, qui avaient des soucis avec la justice.

Aujourd'hui, tout le monde s'en fout : le Front National en tête d'une élection ? OSEF. Les Balkany ? Réélus. Ranafout'. Dans trois jours, on ne parlera plus de Copé. L'actu sera passée, les chaînes d'info continue auront les résultats de Roland-Garros à diffuser.

On fait n'importe quoi, de toute façon : on réélit un maire PS en mars, au premier tour, contre trois autres listes dont une bien à droite, à 56% des voix. Deux mois plus tard, on met le FN en tête de 23 liste avec 33% des voix. Tout va bien. La cohérence n'est pas une obligation, on est bien libre de faire ce qu'on veut. C'est ce qui s'est passé dans ma ville.

Je ne suis pas forcément la plus vindicative, la plus expansive, la plus démonstrative. C'est le moins qu'on puisse dire. Mais ce niveau d'apathie, d'anesthésie, ce coma profond me désespèrent.

Aujourd'hui, c'était la première journée nationale de commémoration de la Résistance. Rien à voir avec le composant électronique.

CC 

Rendez-vous sur Hellocoton !

24 mars 2014

Impressions de campagne

Je ne sais pas ce qui m'angoisse le plus : que Balkany soit réélu malgré ses costumes à rayures, ses gros cigares et accessoirement la batterie de cuisine qu'il traîne...Que l'abstention soit si forte...Même pas la moitié des électeurs se sont déplacés, chez moi...Qu'un dénommé Steeve représente le parti de la préférence française et soit élu au premier tour ou que finalement, la moitié des gens se fichent de tout ça...

Je ne sais pas ce qui m'inquiète le plus...cette démocratie qui fout le camp dans l'indifférence...

Depuis hier soir, je suis élue : lourde responsabilité. Je me suis dit qu'il était facile de dire, facile d'écrire mais qu'il fallait aussi se mettre à faire, pour voir comment se passent les choses, comment on prend une décision, comment on fait un choix qui va influencer la vie quotidienne des gens. 

Je pense beaucoup à mon père, bien sûr, qui a toujours été un homme de terrain, engagé, syndicalement, dans les organismes agricoles, élu à la chambre d'agriculture, dans des coopératives d'éleveurs...C'est un guide et un modèle indépassable.

J'ai la chance de faire partie d'une équipe formidable, avec des femmes et des hommes de convictions, qui ont de l'expérience et qui sont, eux aussi, engagés : dans le milieux associatif, dans l'économie solidaire, syndicalement, politiquement...

Durant la campagne, on a eu l'occasion de constater, en faisant du porte à porte, que les gens n'étaient pas hostiles, qu'ils étaient même plutôt satisfaits de la gestion de la ville. C'est une campagne qui s'est bien passée et nous avons été élus largement contre trois autres listes. Mais alors pourquoi ne pas venir voter ? Pourquoi laisser le choix à d'autres, au risque de perdre ce qui nous plait ?

Cela reste un mystère. Nous sommes peut-être les enfants gâtés de la démocratie, la tête pourrie par les médias qui ne montrent que ce qui ne va pas. Mais en même temps, il y a ceux qui votent pour le pire, en toute connaissance de cause. Pourquoi ? Mystère ? Et puis il y a ceux qui ne répondent pas à la question : on leur demande "Qui voulez-vous pour gérer votre commune ?" et ils répondent : "On ne veut pas de ceux-là pour gérer le pays." Étonnant, non ?

Bref, je suis heureuse que ma ville soit toujours dirigée par cette belle équipe dont je fais maintenant partie mais je suis tout de même très inquiète pour la démocratie...
Rendez-vous sur Hellocoton !

28 janvier 2014

Il était une fois la théorie du lama...

Il était une fois un pays qui ressemblait à tous les pays. Les enfants allaient à l'école et y apprenaient péniblement à lire et à écrire. Dans ce pays, tout allait aussi bien que possible, bien qu'il fasse froid en hiver et chaud en été.

Un jour, une rumeur courut : quelques étranges personnes avaient décidé unilatéralement qu'il fallait absolument qu'on forme les enfants, dès leur plus jeune âge, à aimer les lamas. On dit même que cela était devenu l'objectif numéro un du gouvernement : il fallait que les élèves, dès la maternelle apprennent à désirer des lamas, à penser lamas, à devenir des lamas.

Le complot était terrible : il fallait que les instituteurs suivent des formations sur les lamas, qu'ils se marient eux-même à des lamas, qu'ils fassent des power point sur les lamas aux lycéens et des jeux pédagogiques en peluche pour les plus jeunes, toujours sur le thème du lama...

On parlait de la théorie du lama, partout. On disait "Llama's theory", pour faire genre.

La finalité était évidemment l'anéantissement de la race humaine au profit de l’avènement des lamas.

Heureusement, quelques irréductibles humains veillaient au grain : ils étaient prêts à faire barrage de leur corps pour ne pas qu'on devienne tous des lamas. C'est vrai, ça ! Au nom de dieu, qui nous a créé à son image, on ne pouvait pas se laisser transformer en lama sans rien faire. Il était pourtant évident que si on parlait des lamas aux enfants de trois ans alors ils deviendraient des lamas : c'était inéluctable.

Alors, ces quelques résistants décidèrent d'envoyer des SMS et des mails à tout les parents croyant en un dieu quelconque pour faire valoir des arguments divins : on ne pouvait pas laisser faire ça. Les petits garçons et les petites filles ne pouvaient pas se mettre à cracher !

La preuve que cette rumeur était vraie, bien sûr, c'est que tout le monde disait le contraire : les professeurs niaient, le ministre niait, même le président de la République niait. Et ça, c'était la preuve suprême de la véracité de la chose. Personne ne se demandait vraiment pourquoi on voulait faire ça : c'était peut-être un truc des extra-terrestres, c'était sans doute le diable, c'était juste pour mettre fin à la bonne marche du monde, voilà tout.

Tout dégénéra quand on commença à entendre l'insulte "Sale lama !", quand on vit fleurir les tags "Mort aux lamas !" et, pompon sur le bonnet en alpaga, quand des massacres de lamas furent perpétrés dans les zoos du pays.

Les quelques personnes qui savaient encore lire décidèrent enfin d'aller consulter les programmes de l'éducation nationale : il n'avait jamais été question d'enseigner la "Llama's theory" dans les écoles. Jamais. D'ailleurs, cette théorie n'existait pas.

Mais le mal était fait : guerre civile entre les pro lamas et les anti lamas.

Quand tout explosa, à cause d'un lama ayant trouvé par hasard le bouton rouge de la bombe H, de tous ces idiots, il ne resta rien. Et c'était mieux comme ça.

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

27 novembre 2013

C'est pas Noël...

Je devrais écrire un peu sur ce blog : les statistiques de fréquentation chutent presque autant que les sondages de popularité de Hollande.

Pourtant, Hollande n'est pas si mauvais : quand Chirac en faisant autant (c'est à dire quand on ne le voyait pas dans les médias) il grimpait dans les sondages presque autant que le montant de la retraite chapeau d'un pdg d'une boîte qui licencie. Quand Sarkozy faisait l'inverse, c'est à dire quand on le voyait à la télé matin, midi et soir, il chutait dans les sondages. Je crois que les sondages ne veulent rien dire ou que les Français ne savent pas ce qu'ils veulent.

Bref, l'actualité m'inspire moyennement. J'ai l'impression qu'en ce moment, on trouve chez les politiques les boucs-émissaires qui nous manquaient. Il faut dire que jusque là, il n'y avait que les noirs, les arabes, les roms, les pédés, les gouines, les juifs, les chinois, les vaccins, les vieux, les jeunes, les pesticides, le réchauffement climatique et la neige. Ouf, on a failli manquer.

CC


Rendez-vous sur Hellocoton !

24 septembre 2013

Que se passe-t-il ?

J'ai la tête dans le guidon, la tête dans les copies. Il est 11 heures du soir, j'en sors à peine et j'y ai passé l'après-midi. Les projets, les suivis, les co-interventions, les classes...Le quotidien d'un prof en réseau ECLAIR. Je suis à fond et j'adore ça.

Mais voilà, je n'ai plus le temps d'écrire ici. Ou si peu. Je vais prendre le rythme, sans doute et l'année se passera bien et je reviendrai. Mais pour l'instant, j'ai à peine le temps d'écouter un peu la radio entre 6h30 et 7h30...

J'ai entendu l'histoire du safari qui a mal tourné au Kenya, j'ai vaguement cru comprendre que la France avait des baskets championnes d'Europe grâce aux Desperate Housewives, il me semble que les vendanges avaient augmenté et que les impôts étaient une catastrophe. Bref. J'ai rien compris.

Cependant, je remarque avec plaisir que le gouvernement nous concocte un joli été indien et c'est déjà beaucoup. 

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

17 juillet 2013

Les 6 symptômes de l'extrémisme


L'autre jour, avec une amie (qui a un blog qu'il faut lire !), on discutait d'une connaissance à elle qui vote pour l'extrême droite et qui est un peu adepte des théories du complot en tout genre. Cela, ajouté à quelques observations autour de moi et sur les blogs, me mène à ces conclusions. Quand on est tenté par l'extrême droite, on répond souvent à quelques-uns de ces symptômes.

1. Avoir l'impression que c'était mieux avant. Avant quoi ? On ne sait pas. Avant, il y avait presque le plein emploi, mais les femmes étaient obligées de demander à leur mari pour ouvrir un compte en banque. Ceux qui passaient le bac savaient la liste des départements de France dans l'ordre, mais aucun ne savaient allumer un ordinateur. Avant 10% de la population passait le bac, aujourd'hui, 80%.

2. Avoir l'impression qu'un complot est en cours. Quel complot ? On ne sait pas. Les francs-maçons, les juifs, les islamistes, la NSA, le lobby gay, les vendeurs de fruits et légumes...N'importe qui peut faire l'affaire si tant est qu'il y ait un réseau pour pouvoir dire : ils sont partout et ils veulent dominer le monde. Regarde, ils sont partout : mon psy est juif, mon voisin arabe ne me dit jamais bonjour, Google est Américain, les trois sont gays probablement francs-maçons. En plus, ils nous disent qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour, ce qui est louche.

3. Avoir l'impression de détenir la vérité absolue. Qu'est-ce que la vérité ? On ne sait pas. Mais on se crée un beau système, une belle logique implacable, sauf que ça repose sur des choses indémontrables qui tiennent de la croyance : par exemple, la croyance que les Africains complotent pour prendre l'Europe toute entière ou que les gays veulent que les petites filles se prennent pour des petits garçons et vice versa. Ils voient ensuite le monde à travers cela : la preuve que les Africains veulent remplacer les Européens ? Ils immigrent puis ils commettent des crimes pour tuer tous les Européens, d'ailleurs, la semaine dernière, j'ai vu un arabe qui grillait un feu dans le but de provoquer un accident qui aurait pu tuer des Européens. La preuve que les Roms sont une mafia super riche, en fait ? Ils s'habillent en pauvres pour nous tromper ! La preuve que les gays veulent nous changer de sexe biologique de force ? Le mariage gay, pardi !

4. Penser que les pouvoirs sont communistes. Quels pouvoirs ? Les médias et les politiques, essentiellement. Ils sont de gauche, même Pernaud, même BFM TV. Même Sarkozy. De vils gauchistes. Le communisme, c'est le mal, parce que c'est prendre aux riches pour donner aux pauvres et les riches, c'est toujours moi. Le communisme, c'est les services publics et les fonctionnaires qui sont trop nombreux et qui ne travaillent pas assez pour assurer MON service. Encore une contradiction : on veut plus de services publics, moins d'impôts et moins de fonctionnaires...

5. Penser que ces mêmes pouvoirs nous mentent quand ce qu'ils disent n'entre pas dans notre propre schéma d'idée. Le Préfet déclare que les incidents autour de l'accident de train de Brétigny étaient mineurs. Mais c'est en banlieue parisienne, donc il y a eu des hordes d'arabes qui ont pillé les européens dans le but ultime de les remplacer.

6. Ne pas se rendre compte des contradictions au sein de son propre raisonnement. Oui, on peut être persuadé que les islamistes vont nous remplacer mais avoir des potes arabes. Oui, on peut être gay et être contre l'égalité des droits pour soi-même. Oui, on peut être persuadé que les Juifs dirigent le monde et vouloir être juif, tout en les combattant.

En gros, cela tient de la paranoïa. Enfin, il me semble.

CC

Rendez-vous sur Hellocoton !

25 juin 2013

Aller de l'avant

Je travaille dans un collège où le pessimisme a gagné l'équipe de direction. 

Je travaille en banlieue avec des enfants comme les autres. Sans doute un peu plus pauvres, un peu moins bien nourris et souvent bien moins bien soignés. Mais ce sont des enfants. Ils ont dans leurs yeux la joie, l'espoir, la curiosité, la candeur, les bêtises de leur âge...

Quand je suis en classe avec eux, il faut qu'ils posent dehors leurs soucis, leur mauvaise nuit, la tristesse de leurs parents qui n'arrivent pas à leur offrir mieux. Ensuite, ils sont des enfants comme les autres. Et, avec les collègues, on a envie de faire des choses intéressantes : leur faire découvrir, leur apprendre ce qu'ils ne découvriront pas à l'extérieur du collège. La culture, le monde, la nature, les jeux de mots, les énigmes, les sports, le pays dans lequel ils vivent...

A chaque fois, on nous rétorque que c'est impossible. Que pour ces enfants-là, c'est trop compliqué, trop cher, inaccessible.

J'ai parfois l'impression que la France est gagnée toute entière par ce mal : on n'y croit plus. Tout ce qui pourrait être neuf, innovant, plein d'imagination, de fantaisie est critiqué. La gentillesse est devenue le synonyme de la bêtise, la modernité, celui de la mauvaise qualité. On a décidé que la France était vieille et sans avenir. On ne se sort plus de ce marasme.

Pourtant, dans mon collège, j'ai de belles réussites : des élèves capables de me réciter avec plaisir des choses apprises en début d'année, des enfants heureux d'amener un gâteau fait avec leur maman, des petits qui veulent absolument m'avoir l'année prochaine, qui ont appris des tas de mots, des tas d'histoires, qui ont été passionnés par la mythologie grecque, par les Fables de La Fontaine, par Romulus et Rémus, par Cyrano de Bergerac.

Je suis sûre qu'on peut parier sur un bel avenir, avec ces élèves-là. Mais il faudra aussi leur donner la chance d'espérer, il faudra leur ouvrir des portes, ne pas leur dire à chaque étape de leur vie que ce n'est pas possible, que c'est trop compliqué, qu'on n'y arrivera jamais.

La direction de mon collège a vécu les 30 glorieuses, cette période bénie où tout était simple. Cette période où les demandeurs d'emploi mettaient une annonce dans le journal pour trouver un travail et recevaient 30 réponses dans la semaine. La direction de mon collège est de cette génération de la majorité des hommes politiques de mon pays. Cette génération a tout eu et pense que rien ne sera jamais plus comme avant. Ils ressentent le sentiment de perte, d'échec et ils nous le transmettent.

Mais nous ne devons pas écouter ces discours défaitistes, nous devons aller de l'avant. 

CC


Rendez-vous sur Hellocoton !

16 février 2013

Réclame

Au moment où des papas montent sur des grues pour réclamer le droit de voir leurs enfants (parce que la Justice va contre le droit qu'a chacun d'avoir un papa et une maman, comme dit Frigide)...

...au moment où d'autres malheureux s'immolent par le feu devant Pôle Emploi pour réclamer un boulot, (réduisant ainsi un peu le chômage, finalement, merci à eux...)

...à ce même moment, les magasins de la chaîne Leclerc font des pubs pour réclamer le droit de vendre des médicaments.

On vit une époque étrange. Néanmoins formidable. Sans aucun rapport avec la choucroute.

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !