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29 juillet 2025

Loi Duplomb : nos députés sont-ils des ânes ?

Gloire à nos maraîchers locaux et bio ! 

La loi Duplomb fait couler tellement d’encre…Difficile d’en parler en disant quelque chose de neuf. Bien que les “pour” et les “contre” s’en remettent au “bon sens” pour défendre leur point de vue, le débat s’enlise. Pourtant, il a le mérite de permettre de parler un peu sérieusement d’agriculture. 

Les “pour” mettent en avant le fait que les autres pays bombardent leurs productions de pesticides, ce qui leur permet d’inonder le marché de produits bon marché, ce qui fait du tort aux agriculteurs français. C’est injuste et il n’y a pas de raison qu’on ne se batte pas avec les mêmes armes que les autres. C'est une évidence : si les autres s'empoisonnent, pas de raison qu'on ne fasse pas pareil ! 

Les “contre” mettent en avant le principe de précaution : même s’il y a querelle chez les scientifiques, dans le fond, même les plus “pour” savent bien que ce qui tuent les petites bêtes a de grandes chances de faire du mal au plus grosses : c’est-à-dire aux agriculteurs qui sèment des pesticides sur leurs cultures et à nous, les consommateurs, qui les mangeons. 

De mon côté, vous vous en doutez, je suis “contre” cette loi, qui est un retour en arrière, tel qu’on le vit déjà pour le bio depuis quelques années. On nivelle par le bas au nom de la rentabilité, mais surtout au nom de la paresse intellectuelle.  

Pourtant, comme tout le monde, dès que j’en ai les moyens, j’ai plutôt tendance à donner des produits bio à mes neveux et nièce, à mes amis et à moi-même. C'est peut-être parce que mon père est mort d'un lymphome au cerveau, maladie dont le lien avec les pesticides est officiel, mais je crois fermement que ce qu'on ne met pas dans la terre et sur les végétaux, toutes les cochonneries que les animaux n'ingèrent pas, ne se retrouve pas dans notre assiette. Il y a déjà assez à faire avec la pollution de l'air, de l'eau et de tout ce qui nous entoure, pour ne pas en rajouter.

Continuons de parler vraiment d’agriculture, plutôt que de nous enfermer dans des polémiques stériles. 

Si je dis que c’est par paresse intellectuelle que les députés ont voté cette loi Duplomb, c’est parce que la tâche pour changer la situation, en matière d’agriculture, est lourde. 

Les agriculteurs sont aujourd’hui 4 fois moins nombreux qu’il y a 40 ans. Ce n’est pas la peine de remonter aux années 30 pour comprendre le problème. Mais on peut aussi se rendre compte grâce à ce chiffre : il y avait 10 millions d’agriculteurs en 1945, il y en a moins d’1 million aujourd’hui. Entre temps la population française est passée d’environ 40 millions à près de 70 millions. 

Vous le voyez, le problème ? 

Si vous ajoutez à cela que certains “gros” agriculteurs (c’est à dire possédant des exploitations de plusieurs centaines d’hectares), s’amusent à planter des maïs qui ne servent à nourrir ni les êtres humains, ni les animaux (mais les voitures, en éthanol, ou les fabricants de “plastique” bio, pour faire des barquettes pour mettre de la junk food dedans), vous ajoutez une donnée implacable : il n’y a pas assez d’agriculteurs pour nourrir les gens. 

Les députés, donc, au lieu de faire une loi permettant de produire plus à l’hectare, feraient mieux de se creuser un peu la tête pour permettre l’installation de plus de vrais agriculteurs : des agriculteurs permettant une vraie politique alimentaire saine et locale. 

Plus d’agriculteurs respectueux de la terre, plus d’agriculteurs produisant de vrais produits consommables et approvisionnant une vraie filière directe du producteur au consommateur. 

Au lieu de cela, on encourage l’agro-industrie, la grande distribution, les installations gigantesques nécessitant des prêts bancaires qui prennent à la gorge les agriculteurs, toujours plus prisonniers de ce système. Je pourrais en faire des romans, évidemment. 

Mais quand je lis les âneries des députés qui ont voté pour, je me dis qu’il est difficile d’instruire des ânes. C’est mon côté paysan, ça. Et puis aussitôt ai-je pensé cela, aussitôt je me trouve très dure envers les ânes…

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29 août 2015

Dystopie

Est-ce que ça va, pour vous ?

Evidemment, on pourrait convenir ensemble que ça ne va pas mal : la fin d'été en pente douce, cet été qui a été magnifique, d'ailleurs : chaud, beau...Un peu sec, mais il n'y a presque plus d'agriculteurs pour s'en plaindre. On les a entendu un peu les agriculteurs, cet été, non ? Ah oui...Ils se plaignaient de ne plus pouvoir vendre cher leurs porcs aux hormones élevés en batteries...Ils se sont plaint aux politiques, même s'ils devraient être payés un peu plus par ceux qui leur achètent leur marchandise plutôt qu'à ceux qui les soutiennent déjà énormément.

Sinon, ça va, non ? C'est vrai, on n'a pas eu tellement à migrer de chez nous, comme en 40, par ici. On est plutôt bien, même si on râle tout le temps. On a du porc pas cher dans les supermarchés et si on se renseigne bien, on peut manger des produits périmés sans problème.


Pour le moment, on va se concentrer sur les routes chargées en ce dernier week-end des vacances et sur la rentrée, la mode des cartables à roulettes (ou pas) et sur la douloureuse question de la disparition progressive du bronzage au mois de septembre.

Les migrants morts dans les camions, c'est loin. Si loin...


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25 octobre 2013

Pour être heureux...

On est content d'apprendre, grâce au Nouvel Obs que les professionnels les plus heureux sont les agriculteurs, infirmières et enseignants. C'est bizarre. 

Comme le monde est entrain de sombrer, que rien ne va plus, puisqu’il est entendu que chaque nouvelle génération est mutante, comme il va de soi que la dernière est encore pire que la précédente, puisqu’elle est née, non pas avec une cuillère en argent dans la bouche, mais branchée sur la 3G, la fibre optique, la TNT et youporn, alors, il ne nous reste pas d’autres alternatives : il faut désespérer de la race humaine dans son ensemble.

Pourtant, le Nouvel Obs nous dit que les professions à forte valeur de partage et de solidarité rende les gens heureux...

Mais le pessimisme a gagné : peu importe le soleil, la beauté du monde, peu nous chaut les progrès de la sciences, le fait qu’on vive plus vieux et en meilleure santé. On déprime par habitude, on fait la gueule consciencieusement.

Je déteste cette morosité ambiante. J’ai le sentiment personnel d’aller bien, de vivre dans une société qui n’a rien à envier à celle des années soixante. Je sais ce que je dois, si l’on doit faire les comptes, à cette période, en terme de libertés. J’ai la chance d’avoir incroyablement plus de confort et de facilités par rapport à mes parents.

Ils étaient agriculteurs (donc, heureux), passaient leurs journées à faire un travail éreintant, au premier sens du terme. Ils étaient heureux, malgré tout, ils allaient de l’avant, ils cherchaient sans cesse des solutions pour que leur vie soit douce : travailler 365 jours par an, c’est impossible, incompatible avec une vie épanouie ? Très bien, cherchons des associés, faisons un GAEC, organisons-nous, en CUMA, regroupons les troupeaux, les terres, les emmerdes, les factures. L’agriculture traditionnelle ne paye pas très bien ? Cherchons autre chose, faisons du bio. Oui, au début des années 90, c’était un sacré pari. Mais aujourd’hui, la tonne de lait est bien mieux payé que si on avait cédé aux sirènes de Danone. Il faut savoir aller de l’avant. C’est ce que m’a appris mon père.

Malgré l'enquête du Nouvel Obs, ces derniers temps, on voit souvent des reportages sur les agriculteurs qui se suicident. C’est une profession qui souffre d’un trop grand individualisme. Mon père a lutté contre ça, toute sa vie. Il a réussi à faire un GAEC avec 9 associés, ce qui permet d’aménager un temps de travail correct, avec des week-end et des vacances, ce qui est essentiel pour ne pas être coupé de la société, pour envisager sereinement une vie de couple avec des enfants, par exemple. Je sais que ce n’est pas aussi simple dans toutes les régions : en Savoie, il reste peu d’agriculteur, alors c’est plus simple de se mettre d’accord, il y a de la place pour tout le monde. Dans d’autres coins, il y a encore du monde et les voisins attendent avec impatience que celui d’à côté lâche l’affaire pour racheter fissa du terrain. Cela ne crée pas les mêmes liens, forcément. Et pourtant...il serait tellement plus sain de s’unir, pour avoir plus de terrain, plus d’animaux, pour s’organiser, pour pouvoir créer ses propres filières de transformation, ses propres réseaux de commercialisation pour éviter les grandes surfaces et les multinationales...

Pour être heureux...

CC
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3 octobre 2012

Une nouvelle qui aurait fait plaisir à mon père

Peut-être que l'essentiel est ailleurs, mais voilà tout de même une bonne nouvelle qui aurait fait plaisir à mon père.

Le bio se porte bien et bientôt, la production française pourrait atteindre les 20% de la production agricole globale. C'est une des batailles nombreuses que mon père a menées, pour plusieurs raison. Tout d'abord le bien être des agriculteurs. Alors qu'il a été emporté, il y a quelques jours par, notamment, un lymphome cérébral qu'on nomme aussi "le cancer des paysans", il savait bien qu'au début de sa carrière, il avait bouffé des saletés. Du round-up, des pesticides, sans masque, sans aucune protection, parce qu'on pensait que ce n'était pas dangereux : on disait que c'était le progrès. Mais ce sont des poisons organiques, qui se fixent sur les plus petites de nos cellules...

S'il a voulu, à partir du début des années 90, passer à l'agriculture biologique, c'est aussi pour mieux gagner sa vie. Même s'il a quand même fini avec une retraite de misère que la MSA n'aura pas eu à payer bien longtemps, il a réussi à mieux valoriser le lait, notamment...C'est ce qu'il expliquait quand il était passé à la télé :


GAEC de Crène par CyCee
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3 mars 2012

Sarkothon : 40 hectares pour le président

Il n'est pas aux 35h et il travaille beaucoup. Mais en plus de cette grande injustice, il n'a même pas 40 hectares, le pôvre.

Peut-on décemment rester là, sans rien faire ? Peut-on se permettre d'avoir un président qui n'a même pas 40 hectares ? Ok ! Ok ! Ok !



On ne sait pas bien ce qu'il en ferait de ses 40 hectares ? Est-ce qu'il les bêcherait ? Est-ce qu'il les planterait ? Est-ce qu'il les arroserait ? On ne peut pas imaginer qu'il les cultiverait. La culture, ce n'est pas son fort.

Il faut faire un Sarkothon. Donnons-lui 40 hectares et qu'on en parle plus. En échange, on donnera son salaire au couple d'agriculteurs qu'il a agressé.

Au bout de 5 ans, ce président continue de m'étonner, de me désoler.

CC
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25 février 2012

Au Salon International de l'Agriculture.

Mes parents y vont chaque année et il n'est pas rare que je m'y rende aussi. 

C'est un bain de foule, c'est un mélange rare d'urbains et de ruraux. Un échange qui n'a quasiment jamais lieu autre part. 

Ce qui fait le lien, pour moi, c'est ma mère. Elle est née à Paris et y a vécu les 25 premières années de sa vie. Et puis elle s'est mariée en Savoie, avec mon père, agriculteur.

Elle me raconte parfois qu'elle y allait, étant enfant, avec son père. Avant même d'arriver à la Porte de Versailles, les paysans, dans le métro, avec leurs mains puissantes de travailleurs, savaient se faire remarquer, parce qu'ils étaient les seuls à sourire et à parler, dans ce triste transport en commun.

Le salon, c'était un moment joyeux : des vaches, des agneaux, des poules, la campagne à la ville. Les odeurs, les saveurs, l'entrecôte du Limousin, les noix de coco des îles...Le tout dans une bonne ambiance, entre les chants traditionnels de chaque région et l'accordéon qui réunit tout le monde.

Aujourd'hui, c'est encore un peu cela. Avec en plus, les stands de MacDo et de Nestlé qui bouffent le paysage, qui bouffent les paysans.

Ce qu'il faut retenir, pourtant, c'est ce mélange : les citadins qui viennent faire voir des animaux à leur bambins, des agriculteurs fiers de présenter leurs productions à ces gens de la ville. Les points communs qu'ils peuvent se découvrir à cette occasion, le même amour du travail bien fait, des bonnes choses, c'est là que se trouve l'enrichissement. La rencontre.

Évidemment, c'est à côté de cela que l'on passe quand on vient visiter le salon à 7h00 du matin avec uniquement des gens identiques à soi-même...Comme si on avait des choses à se reprocher. Et pourtant...

CC

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18 février 2012

Sarkozy : président de la République de la Malbouffe ?

Il va vomir, là, non ?
Sarkozy n'est pas un homme du terroir. Il déteste l'agriculture et tout ce qui en est issu et ça se voit. En plus de l'esclandre ridicule que personne n'a oublié, au salon de l'agriculture, on se souvient de cet homme grimaçant quand il est obligé de manger un bout de fromage, une tranche de saucisson ou de tremper les lèvres dans un verre de vin.

Malgré cela, il n'est aucune bonne raison pour avoir autant démolit l'agriculture en 5 ans. La France tenait la première place en Europe, et la troisième dans le monde. L’Allemagne nous a doublé.

Les agriculteurs se sentent floués et délaissés. Pourtant, ils étaient traditionnellement porté vers l'UMP et faisaient confiance à la droite. Et pourtant, Sarkozy laisse la ruralité dans un état de crise et de délabrement incroyable.

On attend pourtant d'un président qu'il donne une ligne directrice forte pour ce secteur important lié à celui de l'agro-alimentaire, de tout premier plan.

J'aime beaucoup ce que je lis dans le programme de François Hollande, à ce sujet :

"Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural. J’assurerai la protection de notre économie maritime et redonnerai à la pêche les moyens de sa modernisation. Je ferai de notre pays le leader européen des énergies marines renouvelables."

Il me semble évident qu'il faut favoriser l'agriculture respectueuse de la santé et de l'environnement et qu'il faut mettre en place des coopératives dans des schémas de proximité, pour retrouver le chemin direct du producteur au consommateur. Pour cela, il va falloir développer la filière agricole : mettre en avant ces métiers auprès de jeunes, favoriser leur installation, booster les circuits de distributions...

Les lobbies de l'agro-alimentaire n'iront pas dans ce sens et ce ne sera pas forcément facile. Pourtant, il me semble que ce soit la seule façon de s'en sortir. Vous savez que la France n'a qu'une autonomie alimentaire très limitée, avec 2% d'agriculteurs parmi nous : nous ne pourrions vivre qu'une vingtaine de jours, en cas de paralysie du pays...Inquiétant, non ?

Hier soir, j'ai eu l'occasion de voir le film "La République de la Malbouffe.", avec Xavier Denamur, agitateur touche-à-tout passionnant. Le propos de son film est simple : le passage à 5,5% de la TVA dans la restauration n'a été qu'un cadeau aux grosses entreprises comme Louvre Hôtel, MacDo ou Quick. Un cadeau comme le paquet fiscal tant décrié. Sauf que c'est passé inaperçu sous couvert de "Les prix vont baisser." Dans les faits, les prix n'ont pas baissé, mais l'Etat  a perdu 3 milliards de revenus, qui sont allés presque exclusivement dans la poche des grands groupes qui nous vendent de la bouffe de merde...

Alors voilà 3 milliards que la gauche pourra trouver facilement pour financer une autre vision de l'agriculture, non ?

Le film est passionnant et je vous le conseille : en ce moment, il est offert avec le nouveau numéro de Rue89, en kiosque. N'hésitez pas !

CC

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18 mars 2011

Deux livres...

Deux livres qui me paraissent intéressants. Pas encore lus (même pas encore achetés...) mais ce que j'en ai lu ou entendu m'a donné envie.

Le premier, c'est Le Livre noir de l'agriculture, d'Isabelle Saporta.


L'Agriculture Noire par Saporta 1 [ITW] Onpc... par peanutsie


Le second, c'est Voyages en France d'Eric Dupin.

Pas sûr que ces deux livres soient d'un enthousiasme et d'un optimisme fous. Mais ils me semblent dresser un portrait de la France rurale assez juste.

Entre FNSEA, mal bouffe, sentiment d'un monde qui va trop vite, d'une mondialisation qui nous dépasse...

Sortir un peu du parisianisme, aussi.

CC
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17 août 2010

Agriculture : quelques liens et une vidéo

Un blog intéressant sur le monde rural.

Sophie Poux, que Sarkozy a oublié de visiter, le discourtois...

Il y a des solutions alternatives à la crise du lait : (Papa inside)

GAEC de Crène
envoyé par CyCee. - L'info internationale vidéo.


CC
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13 août 2010

Pas de jeu de mots lait.


Y'a pas que les pis, dans la vie, y'a les carottes aussi.

Que dire de plus que Nicolas ? Même ses jeux de mots sont meilleurs que les miens et de loin.

Le lait et l'agriculture, il m'arrive d'en parler, parce que mon frère est agriculteur et avant lui, mon père et mon grand-père l'étaient.

J'ai l'impression de rabâcher.

Cependant, je dois dire que la meilleure solution pour les agriculteurs, ce serait de revenir à des cultures diversifiées, extensives, autonomes, en coopératives de production et de distribution. Il faut que les agriculteurs soient autosuffisants et qu'ils créent des commerces de proximité pour alimenter les gens de leur région. Pour cela, il faut qu'ils soient plus nombreux, qu'ils s'organisent en un véritable réseau dans lequel ils pourraient s'entraider et commercialiser leurs produits ensemble pour proposer à la clientèle une offre diversifiée.

Cela existe déjà. Par exemple, près de chez mes parents, il y a Côté Ferme. Cela ressemble à une supérette alimentaire : il y a des fruits, des légumes, de la viande, du fromage, du pain, des confitures, du miel, des jus de fruits, des œufs, des poissons...Bref, à peu près tout ce dont on a besoin pour cuisiner...

C'est de la qualité et c'est à un prix raisonnable.

C'est intéressant pour le producteur qui évite des intermédiaires, qui échange directement avec sa clientèle en vendant lui-même ses produits et c'est bien pour le client qui sait ce qu'il mange et qui profite de vrais produits frais exempts d'un bilan carbone désastreux, puisqu'ils sont produits près de chez lui.

Évidemment, pour avoir cette démarche, il faut privilégier l'alimentation dans son budget. Savoir ce qu'on mange a un prix. Certes, un poisson pané congelé de chez Fondusse est moins cher. Pourtant, il est dégueulasse et on ne sait même pas s'il y a vraiment du poisson dedans.

"Depuis 1960, la part des dépenses consacrée à l’alimentation à domicile dans le budget de consommation des ménages a baissé de moitié, passant de 25 % à 12 % en 2006." (Donnée INSEE)

Et le budget console vidéo-ordinateur-téléphone portable a augmenté de 600 %. (Donnée fantaisiste, sans doute en deçà de la réalité.)

CC
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10 mai 2010

Solutions locales pour un désordre global


Un chiffre : dans le monde, nous avons 20 jours d'autonomie alimentaire.

Il suffit d'un couille dans le potage, d'un petit problème énergétique, d'une micro guerre qui bloquerait tout, d'un volcan islandais dont les fumées s'éterniseraient un peu dans le ciel, pour qu'on n'ait plus rien à bouffer.

Comme ça, on dirait un bouquin de Barjavel, de la bonne vieille science-fiction, mais c'est pourtant la réalité : le monde est à flux tendu pour la nourriture.


En France, les deux grandes guerres ont tué les paysans et les ont "tertiairisés".




En France, on a fait le choix de faire fabriquer plus à moins de paysans, grâce à des produits chimiques qu'on avait sur les bras.

On avait un problème avec l'agriculture : elle n'achetait rien à l'industrie. Alors, petit à petit, on a formé les jeunes cultivateurs à deux idées essentielles :

- La terre ne peut pas produire seule. Il faut la fertiliser pour qu'elle donne. Sans cela, c'est juste une matière morte.

- Les graines sont une marchandise.


Deux idées qui ne vont pas de soi, puisque depuis la nuit des temps, les paysans fertilisaient la terre avec le fumier de leurs bêtes, c'est à dire avec une matière vivante...Et depuis toujours et dans tous les pays du monde, les femmes étaient les gardiennes des graines : elles les sélectionnaient, elles en faisaient la diversité et les transmettaient avec les savoirs qu'il fallait pour s'en servir.

C'est le propos du film "Solutions locales pour un désordre global".

C'est un film passionnant, parce qu'il permet de replacer dans une perspective historique et mondiale un problème dont on ne veut surtout pas parler. Imaginez la panique, si les 20 millions de Parisien se rendaient compte qu'ils n'ont que quelques jours d'autonomie alimentaire...

Alors, oui, il est évident que les financiers et l'industrie a pris le pouvoir grâce au contrôle de la terre et à la mainmise sur les graines...Mais n'a-t-elle pas gagné une autre bataille ? Celle sur les esprits...

Je n'ai sous la main qu'un panel tout petit d'une centaine d'exemplaires d'enfants. Une génération étonnante. Lorsqu'il nous arrive de faire des sorties à pieds, nous traversons un espace de verdure, un parc de centre ville. Rien de bien étonnant. Eh bien croyez-moi si vous voulez, mais la moindre bête les effraie, les étonne, provoque des regroupement. La moindre limace, le moindre hanneton, provoque les cris des filles et les bravades des garçons...

L'être humain s'est éloigné de la nature. Je crains d'ailleurs que cela ne concerne pas que la toute jeune génération : voilà quelque temps que ceux qui vivent en ville ne voit plus que des poissons panés et congelés, que des steaks hachés en guise de vache, que des salades en sachet, feuilles mélangées, variétés impossible à identifier...A quoi ressemble des épinard ? Comment vide-t-on une poule ? Comment pèle-t-on un lapin ?...

Mes élèves, je le vérifie souvent, ne savent pas faire le lien entre la vache et le steak...

L'homme s'est éloigné de la nature et c'est la plus grande victoire de l'industrie : la maîtrise de la nourriture des hommes est une arme tellement puissante...

Ce film propose des solutions locales : AMAP, culture bio et respectueuse de la terre, échange gratuit des graines...

Il faut surtout que nous réhabilitions le beau métier qui consiste à nourrir les hommes et que la France arrête de faire disparaître des dizaines de milliers de paysans par an. Il faut que les jeunes retrouvent le chemin de la nature et qu'on réapprenne à vivre avec, qu'on sorte de la mythologie dans laquelle on l'enferme : non, la nature n'est pas une carte postale pour les vacances, ce n'est pas quelque chose qu'on peut mettre en bouteille ou en parc nationaux...

Et ça, ce n'est pas gagné...

En tout cas, je vous conseille vivement ce film qui permet de se poser la question suivante : de quoi ai-je vraiment besoin pour vivre ? D'un iphone ou de blé ? Du vrai blé, hein...! Celui pour faire du pain !

CC
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29 avril 2010

Du grain à moudre

Que pourrais-je écrire aujourd'hui ?

Quand on laisse l'actualité s'accumuler un peu, c'est toujours comme ça. On a l'impression d'un vieux tas de feuilles mortes au pied de sa porte. On ne sait pas comment s'y prendre pour s'en débarrasser : ça colle quand il pleut et ça s'infiltre partout...

Il y a les agriculteurs, ceux qui sont riches d'habitude et qui sont un peu moins riches aujourd'hui, parce c'est la crise...Et il y a Marc Dufumier qui en parle très bien. Il dit ce que mon père met en oeuvre depuis 20 ans. J'adore !

Il y a le robinet des allocations familiales qu'on veut couper aux "familles démissionnaires", aussi.

Je pourrais vous parler de quelques élèves à moi : ceux qui ne viennent jamais. J'en ai quelques uns en troisième, cette année.

Notamment un, qui n'est venu que 5 ou 6 fois cette année, dont une fois pour un devoir commun de français. Forcément, il n'a pas eu une bonne note. Le reste du temps, il cherche des stages. On ne sait pas trop s'il en trouve. Il a 16 ans révolu, il n'est plus soumis à l'obligation scolaire. Il est gentil, quand il est là. Mais il ne comprend rien. Pourquoi est-il dans une classe de 3ème ? C'est là, le problème.

Il y a une fille aussi. Elle n'a pas encore 16 ans, elle. Mais elle attend patiemment son anniversaire. Elle alterne entre la sieste en cours, les passages multiples à l'infirmerie, quand elle est là. Le reste du temps, son père lui fait des autorisations d'absence. Elle ne comprend pas grand chose non plus à ce qu'on apprend en classe. Mais où aurait-elle pu aller, sinon au collège ? Elle n'avait pas tout à fait le niveau pour aller en SEGPA, en 6ème. On nourrissait encore quelques espoirs. Et puis, elle est passé tant bien que mal d'une classe à l'autre, sans jamais avoir la motivation pour faire un dossier pour une solution alternative. On ne sait pas ce qu'elle deviendra à la fin de l'année. Elle fera sans doute un CAP par défaut et les absences continueront jusqu'à ses 16 ans.

Je précise que ni l'un ni l'autre ne s'appelle Mohamed ou Samia...Ce sont plutôt des Kevin et des Kévina...Mais ça ne signifie pas grand chose, c'est juste pour préciser...

En ce qui concerne ce dossier, il faudrait prendre le temps de lire cette étude.

Ces infos intéressantes, fouillées, je les ai trouvées grâce à ce nouveau site : http://www.politiconet.info/

Je vous le conseille vraiment ! C'est une idée de Marc Vasseur, soutenu par une belle équipe : Ronald, Seb, Vogelsong et Juan...

(Pas beaucoup de nanas, quand même ! Olympe ne vous a pas mis la Halde aux fesses ?)

:)

CC
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6 mars 2010

Délocalisation de l'agriculture ?

Nicolas Sarkozy n'y connait rien en vache. Néanmoins, ce matin, il a cru bon de se lever avant l'heure pour célébrer cette fameuse France qui se lève tôt pour les traire.

Il s'est entretenu avec la FNSEA, le syndicat de droite des agriculteurs détenteurs de gros tracteurs dans les plaines riches où les maïs se ramassent à la pelle, ainsi que les grosses subventions de l'Europe.

Rappelons que les maïs, c'est une des aberrations de l'agriculture française, puisque ça demande beaucoup d'eau et que c'est souvent planté à des endroits où, justement, il n'y en a pas beaucoup - sauf dans les nappes phréatiques, préalablement souillées par les éleveurs intensifs de porcs, qui ont besoin, eux aussi, d'eau, qu'ils ont préalablement souillée grâce aux engrais qu'ils mettent sur le maïs, utile pour engraisser les porcs...On n'en sort pas.

Mais ça rapporte, puisqu'il y a des subventions européennes.

Comme pour tout, donc, Sarkozy a pratiqué une politique de classe : il a flatté les plus riches, ceux qui peuvent se payer des gros 4x4 et des rolex, comme lui...

Pas une seconde de réflexion sur une potentielle agriculture paysanne, possiblement créatrice d'emploi et de ressources, et surtout plus respectueuse de l'environnement.

Pendant ce temps-là, on détruit des emplois dans cette profession sinistrée qui ne vaut rien aux élections...Pendant ce temps-là, on détruit jusqu'à la formation pour ces métiers...

D'ailleurs, c'est là que le combat rejoint aussi celui de l'éducation nationale et du service public. C'est le ministère de l'agriculture qui gère les lycées agricoles et qui est entrain de les détruire dans le silence radio le plus assourdissant.

Ce qui fait d'ailleurs penser qu'on est doucement entrain de délocaliser l'agriculture, comme on fait pour l'industrie. Les produits de base ne seront bientôt plus du tout fabriqués en France.

C'est bien pour ça que Sarkozy s'en fiche comme de sa première paire de talonnettes.

CC
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5 mars 2010

Sarko inefficace et pollueur

Hallucinant : non seulement Sarkozy se rend au salon de l'agriculture le jour de la fermeture, alors que les paysans sont sur le départ ou déjà partis, mais en plus, il multiplie les déplacements dans les régions, pour faire campagne auprès de ses candidats aux régionales.

Faisons le bilan (carbone) : il aurait pu se rendre au salon de l'agriculture vraiment, sérieusement, il aurait constaté que toutes les régions françaises y sont représentées (pavillon 3 et 7, voir plan ici.) Avec un peu d'astuce et de bon sens, il aurait pu se faire accompagner de ses candidats, se faire prendre en photo avec Joyandet devant une belle vache Montbéliarde, par exemple...

Tout cela, à deux pas de chez lui, à la Porte de Versailles.

Mais non, au lieu de ça, il préfère déplacer sa garde et tout le tintouin en province. Il viendra donc se balader le 9 mars, à 5 jours du premier tour, dans le Haut-Doubs. Pour la 6ème fois depuis qu'il est président.

Il nous en veut ou bien il cherche à s'acheter un chalet en montagne, près de la frontière suisse ?

C'est en tout cas contradictoire et vain : l'effet escompté, celui d'une aide à la liste UMP aux régionales, a des chances de tomber à plat. Le président devrait savoir se situer au dessus de son parti...Et surtout quand on a une côte de popularité aussi minable, on s'abstient de soutenir qui que ce soit. Sauf si on veut définitivement le couler, bien sûr !

La droite a t-elle peur de gagner ?

CC
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1 mars 2010

Pas de Salon de l'Agriculture sur France2

Pour le journal de 20h sur France 2, le salon de l'agriculture n'est pas une information qui compte aujourd'hui.

Certes, il y a la tempête, l'actualité est dramatique, d'autant que le Président est allé faire de l'hélico au dessus de tout ça pour déclarer : "Que d'eau ! Que d'eau !"...(Et encore, il n'a vu que le dessus...)

Ce qu'on peut légitimement demander, c'est si France2 joue le jeu du président. Le président décide de survoler l'actualité et de négliger le salon de l'agriculture...Soit.

France2 n'a donc pas parlé de la manifestation des producteurs de lait : ils ont enterré la profession, pourtant, à grand renfort de cercueil et de curés déguisé : ça avait de la gueule et c'était important.

Agriculteur, pourtant, c'était un métier d'avenir : quoi de plus beau que de nourrir les hommes et entretenir la terre, pour la faire prospérer. Et puis le grand capital s'en est mêlé et tout a foiré. On a voulu en faire toujours plus avec toujours moins de terre arable et toujours plus d'emploi de service en ville...Ah...Rentrer dans son HLM, pour manger du poulet aux hormones...

Les agriculteurs, sans s'en apercevoir, sont devenus des prolos comme les autres...Des prol' et terres...

Sarko les méprise et la télé le suit, donc.

C'est toute une profession qui se sent bafouée.

CC
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15 décembre 2009

Le conseil du soir de tata CC

Vous mangez quoi, vous ?

De la viande, des œufs, des yaourts, du fromage, des légumes, des fruits ? Vous faites des gâteaux avec de la farine, vous mettez du lait dans votre café ou dans votre clafoutis ?

Moi, oui.

Quand on fait nos courses dans notre supermarché préféré ou sur le marché, où c'est meilleur et moins cher, on ne se demande pas forcément d'où viennent tous ces produits.

Comme disent parfois les paysans, les gens de la ville pensent souvent que le lait, ça vient de la brique.

En fait, ça vient des vaches. On nous dit que les vaches, c'est moche, parce que ça pète. En attendant, ce n'était pas mieux avant, qu'on se le dise. Avant, il fallait se débrouiller pour vivre de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Un peu plus fatigant que de pousser un chariot dans les allées bien éclairées et sonorisées agréablement à grands coups de starac...

Cependant, les agriculteurs - tout comme les femmes, les ouvriers, les chômeurs, les traders (joke) - sont les premières victimes de la crise.

Leur revenu a baissé cette année de 32%. Autant vous dire que ça ne doit plus faire grand chose.

Nous ne parlons pas des gros céréaliers qui sans doute auront à revendre un pneu de leur 4x4 pour pouvoir faire dignement leurs cadeaux de Noël, mais de tous les producteurs laitiers ou, de manière générale, des producteurs de produits de base, à faible valeur ajoutée, souvent exploités par les grosses boîtes du CAC40, comme Danone, pour ne citer que celle-ci.

La prochaine fois que vous achèterez un yaourt à prix fou - dans quel sens faut-il le comprendre, le prix fou de chez Carouf ? - , pensez-y à deux fois...

Achetez directement aux producteurs : ce sera meilleur, moins cher pour vous, plus intéressant pour l'agriculteur et votre taxe carbone baissera, puisque vous serez plus près du lieu de production...

C'était le conseil du soir de tata CC...

CC
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30 octobre 2009

Là où Sarkozy Jura...

(Sans internet, mais pas pour autant sans révoltes qui me poussent à écrire des conneries, voilà ce que j'avais pondu le 27 octobre.)

On dirait que ça le gêne de marcher dans la boue.

Il a de la chance, pourtant, aujourd’hui, Monsieur le Président : il fait beau et la terre est sèche, dans le Jura.

A vrai dire, pour cette visite, il ne se mouille pas beaucoup : il va donc visiter une ferme jurassienne qui fabrique du Comté. Alors qu’en Bretagne, on fabrique des yaourts danone et du gruyère râpé entremont, alors que dans le centre de la France, on ferme deux exploitations laitières par jour et qu’on ne compte pas les suicides, contrairement à chez France Télécom…

Dans le Jura, on vend la tonne de lait environ le double d’ailleurs, grâce à un produit de qualité, à une agriculture extensive et respectueuse de l’environnement, grâce à un strict cahier des charges de fabrication du fromage qui permet de limiter la casse.

C’est bien d’aller voir ce qui fonctionne. A la rigueur, on se demande même pourquoi l’Etat est obligé quand même de dépenser autant en sécurité pour ce déplacement présidentiel, dans ces conditions-là.

Ce ne sont pas les Jurassiens qui ont été les plus virulents, ces derniers temps. Ce ne sont pas non plus les agriculteurs de Savoie ou de Haute-Savoie, qui font du Beaufort ou du Reblochon, ce ne sont pas non plus les producteurs de Roquefort.

Donc, ce soir, aux infos, on dira sans doute que la visite du président aux agriculteurs s’est faite dans un climat apaisé, que le président à lui seul a réglé la crise laitière, qu’il a tenu un discours serein devant une assemblée conquise et que tout va bien.

Ben voyons. Avec un service de sécurité pareil dans un endroit où il n’y a pas de problème, forcément, il ne s’engage pas à des débordements digne d’une troisième mitan OM-PSG, faut pas déconner…

CC
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20 mai 2009

Ma culture, c'est aussi l'agriculture

Je défends une agriculture paysanne, avec des agriculteurs capable d'organiser seuls la chaîne qui va de la production au consommateur...J'aime les marchés et les coopératives de vente. C'est aussi un gage de proximité. L'environnement, en plus des producteurs et des consommateurs, seront gagnants...

Ce qui m'inquiète, je dois dire, c'est une civilisation où l'on maltraite le besoin fondamental que constitue l'alimentation : il est devenu tellement naturel de n'avoir qu'à tendre la main pour attraper des choses emballées et posées sur des rayons, pour manger, qu'on ne pense pas à ce qu'il y a en amont : de la terre (arable), des matières premières, des savoir-faire de culture, de récolte, de transformation...

Une société qui renonce à connaître ce qui se passe avant son assiette prend des risques sur sa santé et sur son environnement...

Mais tout ça dépasse le problème du lait...C'est même un peu philosophique ! On pourra même me rétorquer qu'au contraire, c'est un bien, puisque nous ne sommes plus dans une société de subsistance...

Pour le lait, finalement, c'est surtout une histoire de libéralisme. A l'époque de mon grand-père, lui aussi agriculteur, les coopératives ont été organisées : production, transformation, ventes et gestion par les producteurs eux-mêmes : donc, contrôle sur la chaîne de A à Z. Et puis l'appât du gain a fait que beaucoup de ces coops ont été vendues à des grands groupes comme danone, pour ne citer que lui...qui font toutes les merdes qu'on trouve maintenant dans les supermarchés à des prix épouvantables...

Mon père s'est battu toute sa vie pour conserver les coopératives laitières...La ferme où mon frère travaille livre toujours son lait à une coopérative, heureusement, et il y a donc maintenant une filière bio qui fait des tommes de Savoie formidables !

CC
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19 mai 2009

Le lait tourne au vinaigre...

Un peu de café, deux cuillers de nesquik et une tombée de lait...

Un délice...J'appelle ça un chocafélé...

Le lait, c'est du bio, parce que je me dis que certes, même la neige tout en haut des montagnes de l'Himalaya est polluée, mais quand même un peu moins que le centre ville de Mexico...

Ce lait, même bio, n'a pas tout à fait le même goût que le lait que je buvais, enfant, lorsqu'il était encore tout tiède, tout juste sorti des pis d'une vache de mon père...

Mon père est agriculteur bio. C'est aussi pour ça que je suis plus encline à acheter du lait bio.

En ce moment, les producteurs de lait sont en colère. Les producteurs de lait bio, un peu moins, je crois...Mais il faut dire qu'il y a de quoi être en colère...

C'est qu'une vache, il faut l'entretenir...Une vache ça mange et ça boit drôlement...Et une vache, ça produit environ une quarantaine de litres de lait par jour... (pour les vaches bio en tout cas)

Pour les agriculteurs qui ont choisi de vivre uniquement de cette production, une baisse du prix de vente de leur lait de 30%, c'est une baisse de revenu de 30%.

Imaginez donc un agriculteur qui arrive habituellement à s'en tirer avec un SMIC net par mois, soit 1 037,53 EUR. A cause de cette crise laitière, il perd en ce moment 311,259 EUR sur son salaire.

Tout à coup tout devient très difficile.

On en parle aujourd'hui dans la presse, parce que les agriculteurs sont en colère. Mais le problème n'est pas nouveau. Il y a même eu des actions de même type que celles des "Conti" ou autres ouvriers de l'industrie...Mais on en parle moins, parce que ce dont on ne parle pas n'existe pas et que parler d'agriculture pendant la campagne électorale des Européennes, c'est embarrassant, sans doute...

Ca nous obligerait peut-être à parler de la PAC, ce qui ne serait pas forcément une bonne chose pour la tête de liste UMP (aussi ministre de l'agriculture, jusqu'à nouvel ordre) Michel Barnier.

Cela est étonnant, mais il a plutôt favorisé les petits producteurs, l'agriculture de montagne (en bon savoyard qu'il est resté) au détriment des gros céréaliers ou des gros producteurs...Ce qui n'est pas une bonne idée quand on veut se faire élire en Ile-de-France !

Courageux de sa part...Mais il ne vaut mieux pas en parler.

On s'est un peu éloignés de mon délicieux chocafélé...

A la lecture de mon article, on peut se dire : "Chouette, le lait a baisser de 30%, je vais pouvoir faire des oeufs à la neige, des flancs, des purées, des chocafélés...moins chers..."

Eh ben non...

Pour nous, le prix est le même.D'ailleurs, le prix avait énormément augmenté, ces derniers temps à cause, nous avait-on expliqué, d'une pénurie...

Mais comme pour le pétrole ou le gaz, ce n'est pas parce que c'est moins cher à la bourse que c'est moins cher pour nos bourses !

D'ailleurs, je l'écrivais déjà il y a 5 mois...

CC
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