Affichage des articles dont le libellé est élections. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est élections. Afficher tous les articles

27 septembre 2026

Chroniquons l'élection, semaine 2, épisode 10

Un petit hommage à Jean-Pierre qui ne fut jamais sénateur !

 Sans mentir et seulement si vous n'êtes pas un grand électeur : dites-moi si vous avez entendu parlé des élections sénatoriales, qui ont eu lieu aujourd'hui...

 Les médias n'en ont pas parlé. Évidemment, il y a le pape, l'Arabie Saoudite, le prix de l'essence, l'Ukraine, le pape, Céline Dion...sans oublier...le pape. 

Et puis le Sénat, soyons honnête, qui s'en soucie ? Qui sait encore ce que c'est et à quoi ça sert ?

Petit rappel...Notre démocratie repose sur ce qu'on nomme le bicamérisme : du latin bi qui veut dire deux et camera qui veut dire chambre. Nous avons donc deux chambres, celle des députés et celle des sénateurs, qui ont pour but de travailler les textes de loi, de les discuter, des les amender et de les voter, après un aller-retour entre les deux chambres. 

Lorsqu'on a pensé ce système, on voulait que la fabrique des lois soit un processus long et sensé. On voulait qu'on ait le temps d'étudier les questions, d'approfondir, de consulter les experts nécessaires aux prises de décisions. On fonctionnait avec des commissions où tous les partis étaient représentés, on faisait des études, on se mettait d'accord pour trouver des consensus pour que les lois soient admises par le plus grand nombre. 

C'était un idéal démocratique. 

Mais aujourd'hui...qu'en est-il ?

On se rend compte que le temps médiatique a largement dépassé le temps politique. Que les décisions se prennent à chaud, sur les plateaux de télé et que peu importe les consensus, puisqu'on a le 49.3 pour trancher. 

Aujourd'hui, on clive, on divise, on caricature. Si vous écoutez n'importe quelle émission matinale, vous reconnaissez le parti de l'invité au bout de deux phrases : les idées sont à l'emporte-pièce, sans nuance. On ne prend pas le temps de penser. On balance des petites phrases pour faire le buzz. 

Le Sénat, dans ces conditions, apparaît comme une relique du passé, un site archéologique poussiéreux, une réunion de dinosaures. On ne voit plus l'intérêt de payer des vieux (Sénat, du latin senex...qui donne aussi le mot sénile, rappelons-le), bedonnants à somnoler sur les bancs de cette antique assemblée. 

Les populos clament "A quoi bon...? Vous voyez combien ça coûte ?"...

Je ne pense pas qu'ils aient raison. Je crois que la démocratie a besoin d'instances démocratiques...Ce n'est pas ce système qui est fou : c'est l'époque qui est folle. C'est le monde dans lequel nous vivons qui décartonne complétement. 

Alors ce soir, observons un peu les résultats des sénatoriales et exigeons de nos élus qu'ils nous fassent honneur, qu'ils travaillent vraiment pour l'intérêt général et qu'ils cessent de voter des lois comme des godillots. 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

9 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 4. Budget


 J'ai surtout appris des choses sur la vanité humaine, en faisant une peu de politique, toute locale qu'elle fut. Mais j'ai aussi retenu quelques grandes idées nécessaires à comprendre le fonctionnement démocratique. 

Par exemple, on comprend très vite, que pour une collectivité, l'acte politique le plus important, c'est le vote du budget. C'est ce qui rend concrètes les idées qu'on défend. On ne fait pas de politique avant cela : quand on fait campagne, on promet, on philosophe, on idéalise. Quand on parle devant des électeurs, on enrobe, on enjolive, on vend. Quand on est en conseil ou en assemblée - municipal, communautaire, départemental, régional, national...- on argumente, on concède, on transige, on assure le service après vente. 

Mais quand on fait le budget et qu'on le vote, là, on fait acte politique. Pas besoin d'être un expert des finances, même pas besoin d'être super bon en maths, en vérité. L'important, c'est de voir les masses, les grands choix, les principaux changements dans deux domaines : 

- Où prend-on l'argent ?

- Où le redistribue-t-on ? 

Par exemple, il n'est nul besoin, en assemblée, en meeting, en campagne...de promettre et de disserter, de jurer ses grands dieux qu'on est pour l'environnement, pour l'écologie, pour le parti des fleurs et des abeilles, si dans le budget, après 4 mois de canicule, on sabre le budget alloué aux rénovations énergétique des écoles en passant de 50 millions à 10 millions. Au passage, c'était déjà pas beaucoup et c'est vraiment ridicule. Mais cela dénote de la vraie motivation du gouvernement pour baisser les émissions de gaz à effet de serre, et à apporter du confort aux écoliers. C'est encore sur les écoles que ça tombe, en plus (voir ma chronique d'hier). 

En ce moment, vous avez remarqué, Lecornu, notre brave premier ministre s'agite fort pour boucler un budget rapidement, histoire que le dernier du mandat de Macron passe avant la fin de son règne. 

Il va donner le "la" de l'année qui vient et le nouveau président sera de toute façon entravé par ce budget pendant les premiers mois de son mandat. C'est donc capital pour Lecornu de le passer très vite. Plus vite que l'année dernière !

Pour le reste, les candidats ne rentrent pas tellement dans les considérations financières durant les campagnes électorales : retenons toutefois que Mélenchon veut "effacer la dette", ce qui semble assez illusoire ou du moins, ce qui remettrait en cause le système complet de financement de la France et qui perturberait sa place dans l'économie mondiale. Les candidats de gauche sont plutôt tous favorable à la taxe Zucman, qui souhaite taxer les fortunes de plus de 100 millions à hauteur de 2% par an. Si vous êtes concernés par cette taxe, chers lecteurs, faites-moi signe pour un resto !

Et à droite, à commencer par le camp de l'actuel président, on promet qu'on va baisser les impôts des grandes entreprises. 

Des choix éminemment politiques, par conséquent. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

6 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 1. Extrême droite


Chroniquons l'élection présidentielle.

Imaginez : vous êtes plutôt démocrate, plutôt de gauche, même, voire de centre gauche ou de droite modérée, à la rigueur. 

Vous avez fait une pause estivale et vous n'avez pas regardé les infos depuis longtemps. 

Vous reprenez aujourd'hui, en vous disant qu'un petit dimanche, début septembre, ça pourrait être sympa...

Et ben...c'est loupé !

Au niveau international : l'Allemagne vote pour mettre un dirigeant d'extrême droite au pouvoir dans une région de l'ex-RDA...Mémoire courte. Un vrai, en plus, pas un rigolo. Fan de Trump et de Poutine, complétement décomplexé, anti-migrants notoire, contre l'audiovisuel public...Bref, de la vraie graine de dictateur, qui déclare sereinement qu'il fera la loi dans son land, au mépris des directives nationales et européennes. Depuis 1945, c'est la première fois qu'un facho arrive au pouvoir en Allemagne. 

Il y a quelques années, quand on en arrivait à parler d'Hitler dans une conversation politique, on sortait le carton rouge, on criait "Point Godwin" et on essayait de retrouver la raison. Oui, mais là...On est quand même un peu obligé de penser à Hitler, non ?

 Au niveau national ? c'est ce sondage qui donne Marine Le Pen gagnante de l'élection présidentielle, quoi qu'il arrive, au premier tour et au deuxième, quelque soit le candidat en face d'elle. 

Nous somme évidemment beaucoup trop loin de l'élection pour prendre ce genre de pronostics au sérieux.

Pourtant, il faut savoir être réaliste. Quand on parle un peu aux gens, on se rend bien compte qu'il est loin le temps où l'on diabolisait la famille Le Pen et l'extrême droite. 

On peut mettre ça sur la mémoire courte des êtres humains. Aussi bien en Allemagne qu'en France...

Et si on regarde au niveau local ? Pour se rassurer ? Eh ben, c'est encore loupé. Cette nuit à Pont-de-Roide, le fort des Roches a été vandalisé à coup de tag néonazis, antisémites et racistes. Symptôme des deux premières infos ou conséquences ? ou vice versa ? 

Je ne sais pas si on va chroniquer longtemps cette élection présidentielle : tout ça donne envie de retourner faire une longue pause médiatique....Mais la peur n'évite pas le danger... 

Rendez-vous sur Hellocoton !

4 septembre 2025

Le RN lâche les chiens...Et c'est sale !


Aucun doute possible : l'annonce de la date des prochaines élections municipales met le petit monde local en ébullition.  

Les noms et les listes ne sont pas encore connus, mais sur les réseaux sociaux, des flots de haine se déversent dans les commentaires sous le moindre article traitant de sécurité, sur les réseaux sociaux, sur les sites de la presse quotidienne. 

L'extrême droite, ce n'est pas un scoop, est très organisée, sur les réseaux sociaux. Cela fait des années, croyez-moi ! Je suis blogueuse depuis 2004, je sais de quoi je parle. 

L'extrême droite, sur les réseaux sociaux, c'est une poignée de trolls qui attise les foules, qui provoque, qui donne le ton. Les trolls, ce sont des comptes souvent anonymes, créés pour seulement commenter, sans rien publier. Souvent, ils n'habitent pas le secteur, souvent, ils sont bien plus politisés qu'ils veulent le faire croire. Et ils attisent la haine. Ils viennent avec des idées à l'emporte-pièce, fausses, inspirées par leur candidat RN. 

Prenons un exemple récent. Ce matin, suite à un fait divers sordide comme il s'en passe partout, le maire de ma ville a fait un communiqué de presse exprimant à la fois ses valeurs et sa détermination, ainsi que les actions mises en place pour éviter l'escalade de la violence. Il détaille notamment ses demandes de police nationale, en lien avec le plan contre les narcotrafics. 

La députée RN du secteur a supposé dans un post sur Facebook que la police municipale n'était pas suffisante, qu'elle n'était pas là quand on a besoin d'elle, qu'elle n'était pas assez formée et armée pour faire face aux délinquants. 

Soyons clair : si elle est élue dans une ville prochainement, elle découvrira que ce n'est évidemment pas à la police municipale de s'occuper du narcotrafic...Et si elle ne le sait pas déjà, il serait préférable de ne pas voter pour elle. 

Elle demande aussi où sont les caméras. Nous sommes une ville très équipée en caméras. Elle devrait le savoir : les vidéos permettent très régulièrement d'élucider les crimes et délits qui ont lieu sur la commune. Mais il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. 

En tout cas, avec un petit post sur son mur facebook, la députée a réussi à ameuter ses chiens de garde qui sont venus déverser leur fiel sur la communication d'un site d'informations locales qui ne modère pas ses commentaires. C'est la haine qui s'exprime. Des flots de commentaires dignes de CNews. Racisme, haine de la gauche, des médias, remise en question des faits. Tout est opinion, et au nom d'une liberté d'expression qui n'a de liberté que de dire n'importe quoi, on remet en question tout ce qui pourrait être rationnel. 

La ville est dénigrée, aussi. Et là, c'est assez surprenant. Quand on veut diriger un endroit, se faire élire quelque part, c'est surprenant de crier sur tous les toits que cet endroit est épouvantable, laid, sale, insécure, dangereux, mal famé. 

Mais passons sur la stratégie stupide. 

Ce qu'il faut retenir, c'est que la campagne, dans le camp adverse, est lancée. Elle sera abjecte. Pendant ce temps, l'équipe en place travaille et continue de faire le boulot pour lequel elle a été élue. De l'avis de beaucoup, depuis 5 ans, la ville s'est métamorphosée : elle est plus belle, plus verte, plus ombragée. Elle est dynamique, vivante, solidaire. Elle ne fait que grandir : de nouvelles familles viennent s'y installer, y construire leur maison et leur vie. Tout le monde le dit : le commerce se porte mieux ici qu'à Montbéliard. De nouveaux logements adaptés au vieillissement de la population sortent de terre...

Alors oui, il y a des difficultés, oui, il y a des problèmes, au jour le jour. C'est le lot de toutes les villes. Lors de la dernière réunion publique, le commissaire de police nous apprenait que 50 % de la population s'est drogué, se drogue ou se droguera un jour. 50% de la population. C'est un chiffre qui doit nous alerter : parce que s'il y a autant de consommateurs, c'est une évidence, il y a beaucoup de vendeurs. Imaginez, si vous avez déjà travaillé dans un supermarché, pensez une seconde qu'il faut plus de réapprovisionnement en drogue qu'en serviettes hygiéniques. C'est vertigineux, non ?  

Non, la gauche ne fait pas preuve d'angélisme. Les effectifs de la police municipale ont triplé, ces dernières années. Le système de caméra coûte des centaines de milliers d'euros. Nous travaillons en permanence en étroite collaboration avec le préfet, avec la police nationale et avec la justice pour être efficaces sur le terrain. Et on l'est souvent. Ne vous laissez pas avoir par les discours tout faits des trolls à la solde des partis d'extrême droite. Ils ne connaissent pas notre ville, n'y vivent pas et n'ont pour but que de créer la peur. 

Dernière chose : si vous me suivez sur les réseaux, vous savez que j'ai un chien. J'ai l'occasion de le promener partout dans la ville, aussi bien tôt le matin que tard le soir. Je constate parfois qu'il y a des ordures, des SDF, des jeunes bourrés. Oui, c'est la vie, c'est pas nouveau. Je le signale : à la ville, pour qu'on nettoie les ordures, aux services sociaux pour trouver des solutions pour les personnes à la rue, à la police quand il y a trouble à l'ordre public. Faites pareil ! 

En tout cas, ce sera ma conclusion, jamais je me sens en insécurité. Et vous le savez : mon chien est tout petit... 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

19 mai 2016

Gilles Finchelstein et la nostalgie du clivage gauche droite

Et vous, dans tout ça ? Cliquez sur l'image... (source)
Parlez avec n'importe quel militant PS, n'importe quel citoyen un peu concerné par la politique de notre pays et vous entendrez que la gauche et la droite, aujourd'hui, on ne sait pas trop ce que ça veut dire : Sarko n'est pas revenu sur les 35h, aujourd'hui, Hollande attaque le code du travail, c'est la gauche qui a ouvert le travail du dimanche, après que la droite avait longuement hésité...Et puis, c'est Sarko qui avait permis des allégements d'impôts pour la classe moyenne, la défiscalisation des heures sup...

Alors on ne sait plus. Et nombreux sont ceux qui ne savent plus comment voter : il y a eu 4 millions d'électeurs qui ont changé d'intention de vote durant les 6 derniers mois avant l'élection présidentielle.

On peut se demander ce qu'est la gauche, ce qu'est la droite, on peut se demander si le reblochon est de droite, plus que le camembert, mais moins que le babibel. On peut avoir une culture de gauche, une culture de droite...Mais il semble que les nouvelles générations, celles d'après 1983 n'ont plus tellement de culture politique et que le clivage gauche droite ne leur parle pas tellement : il faut dire que ces citoyens ont connu l'alternance systématique, la cohabitation et le flou que cela implique.

C'est ce flou qui entraîne la recherche d'autres clivages. Le premier à voir jour, c'est le clivage peuple élite. C'est celui dont s'emparent les extrêmes, à gauche comme à droite. Mélenchon comme Le Pen ne se posent-ils pas en défenseurs du peuple contre l'oligarchie, contre les pourris, contre la gauche et la droite, tous dans le même sac, le fameux UMPS cher au FN...?

C'est bien ce qui peut nous faire regretter le bon vieux clivage gauche droite : celui-ci n'était pas un clivage identitaire, c'était un clivage beaucoup plus libre, basé sur des idées.

Le risque, donc, c'est de voir un piège d'identité se refermer sur nous, au mépris d'une égalité réelle, d'une égalité pas seulement en terme d'imposition, mais une véritable égalité des chances, une égalité à l'école, dans le monde du travail...

C'est cela, et bien plus encore que Gilles Finchelstein développe dans son essai "Piège d'identité. Réflexions (inquiètes) sur la gauche, la droite et la démocratie." Il le fait avec beaucoup de simplicité et une belle plume, ce qui ne gâche rien !

Et il était en conférence à Audincourt le 12 mai, avec le Cercle Jean Jaurès et la Fondation Jean Jaurès.
Rendez-vous sur Hellocoton !

19 mars 2016

Jérôme Fourquet et les fantasmes du vote "arabo-musulman"

Les chiffres me font vite tourner la tête, en général. J'avais peur du statisticien, mais il faut croire que je suis aussi un peu scientifique. A moins que la clarté du conférencier y soit pour beaucoup.

Jeudi soir, Jérôme Fourquet a réussi à décrypter très clairement les dessous des derniers scrutins, au regard d'une thématique qui porte beaucoup de fantasmes : le vote "arabo-musulman". Les guillemets sont nécessaires, puisqu'il est interdit de faire des statistiques ethniques en France et qu'en matière de religion, il faut toujours être prudent. 

La technique utilisée par Jérôme Fourquet, responsable de l'IFOP, pour analyser les résultats des élections est simple : le comptage systématique sur les listes électorales des prénoms d'origine arabe ou musulmane. En retirant les Sarah et quelques autres prénoms, on arrive à un résultat fiable.

Alors ?
- Un petit jeu, pour commencer : classez dans l'ordre croissant ces villes selon le nombre de prénoms arabo-musulmans que l'on trouve sur les listes électorales : Aulnay, Roubaix, Mulhouse, Toulouse, Marseille, Perpignan.
- Pourquoi est-ce qu'on vote plus FN dans les quartiers où il n'y a presque pas de prénoms arabo-musulmans sur les listes électorales ?
- Pourquoi est-ce qu'il y a plus de vote FN quand il y a jusqu'à 16 ou 18 % de prénoms arabo-musulmans, puis que cela diminue ensuite ?
- Et pourquoi les quartiers où il y a le plus d'arabo-musulmans ont voté en très grande majorité pour la gauche aux présidentielles mais beaucoup moins pour les municipales ?
- Dans quelle catégorie sociologique range-t-on les retraités ?
- Que signifie l'expression "le dernier arrivé ferme la porte derrière lui" ? 

J'ai appris des tas de choses, jeudi soir !

- Dans les quartiers limitrophes aux grands ensembles, ont vote plus FN, en rejet de l'immigration voisine, même si l'on y est pas directement confronté. C'est sans doute un peu le même phénomène dans les campagnes...

- 16/18% est le seuil de tolérance pour ceux qui votent FN : ensuite, ils changent de quartier. Ceux qui restent alors ne voient pas d'inconvénient à la présence d'arabo-musulmans autour d'eux.

- Le vote de la présidentielle était surtout guidé par un rejet très fort de Sarkozy qui a bénéficié à Hollande, sans pour autant être un vote d'adhésion au PS. Pour les municipales, sur le terrain, le candidat de droite pouvait être plus satisfaisant que Sarkozy et il y a eu entre temps des déceptions : certes, le mariage pour tous, mais bien plus fortement, les promesses économiques et sociales non tenues.

- Les retraités sont en général classés dans les catégories supérieures, avec les professions libérales, les cadres...

- Quant aux derniers arrivés qui ferment la porte, ce sont ces descendants de l'immigration italienne ou portugaise ou maghrébine de première génération qui votent aujourd'hui pour une politique plus restrictive face à la nouvelle immigration.

Voilà des choses qui vont faire écho à ce que je constate quand je tiens le bureau de vote, les jours d'élection : c'est un quartier populaire qui vote très fortement FN, où vit une population retraitée qui veut fermer la porte derrière elle.

La statistique est une chose. L'action politique en est une autre : mais il est important de comprendre ces mécanismes pour pouvoir agir sur le terrain, pour proposer une politique qui répond aux attentes.

Les livres de Jérôme Fourquet, pour ceux qui aiment les chiffres (mais il y a des gens, derrière ces chiffres), sont éclairants : Karim vote à gauche et son voisin vote FN et L'an prochain à Jérusalem ?

Et la réponse au petit jeu : Toulouse (8,4%), Perpignan (10,7%), Marseille (12,3%), Mulhouse 20,6%), Aulnay (26,2 %), Roubaix (33,3%). Les idées reçues ne sont pas toujours conformes à la réalité, non ?
Rendez-vous sur Hellocoton !

24 mars 2014

Impressions de campagne

Je ne sais pas ce qui m'angoisse le plus : que Balkany soit réélu malgré ses costumes à rayures, ses gros cigares et accessoirement la batterie de cuisine qu'il traîne...Que l'abstention soit si forte...Même pas la moitié des électeurs se sont déplacés, chez moi...Qu'un dénommé Steeve représente le parti de la préférence française et soit élu au premier tour ou que finalement, la moitié des gens se fichent de tout ça...

Je ne sais pas ce qui m'inquiète le plus...cette démocratie qui fout le camp dans l'indifférence...

Depuis hier soir, je suis élue : lourde responsabilité. Je me suis dit qu'il était facile de dire, facile d'écrire mais qu'il fallait aussi se mettre à faire, pour voir comment se passent les choses, comment on prend une décision, comment on fait un choix qui va influencer la vie quotidienne des gens. 

Je pense beaucoup à mon père, bien sûr, qui a toujours été un homme de terrain, engagé, syndicalement, dans les organismes agricoles, élu à la chambre d'agriculture, dans des coopératives d'éleveurs...C'est un guide et un modèle indépassable.

J'ai la chance de faire partie d'une équipe formidable, avec des femmes et des hommes de convictions, qui ont de l'expérience et qui sont, eux aussi, engagés : dans le milieux associatif, dans l'économie solidaire, syndicalement, politiquement...

Durant la campagne, on a eu l'occasion de constater, en faisant du porte à porte, que les gens n'étaient pas hostiles, qu'ils étaient même plutôt satisfaits de la gestion de la ville. C'est une campagne qui s'est bien passée et nous avons été élus largement contre trois autres listes. Mais alors pourquoi ne pas venir voter ? Pourquoi laisser le choix à d'autres, au risque de perdre ce qui nous plait ?

Cela reste un mystère. Nous sommes peut-être les enfants gâtés de la démocratie, la tête pourrie par les médias qui ne montrent que ce qui ne va pas. Mais en même temps, il y a ceux qui votent pour le pire, en toute connaissance de cause. Pourquoi ? Mystère ? Et puis il y a ceux qui ne répondent pas à la question : on leur demande "Qui voulez-vous pour gérer votre commune ?" et ils répondent : "On ne veut pas de ceux-là pour gérer le pays." Étonnant, non ?

Bref, je suis heureuse que ma ville soit toujours dirigée par cette belle équipe dont je fais maintenant partie mais je suis tout de même très inquiète pour la démocratie...
Rendez-vous sur Hellocoton !

27 août 2013

La politique, c'est violent

La politique, c'est violent. C'est souvent l'occasion de querelles de personnes et puis les élections ne sont pas du tout sur le mode de la petite partie de pétanque du dimanche après la sieste.

Il faut savoir affirmer ses idées et jouer des coudes pour faire sa place, même si on est en démocratie. Il faut surtout savoir mettre toutes les chances de son côté pour gagner.

Pour les municipales, par exemple, il va falloir se remettre dans la bataille. Hop ! La bataille. Encore un mot violent.

Lors des dernières municipales, la gauche a gagné beaucoup de villes. Localement, la gauche a toujours gagné, ces dernières années. Les bilans sont à défendre, mais il va falloir tenir compte du contexte global : maintenant que la gauche est à l’Élysée, les choses seront peut-être un peu moins faciles, parce qu'on a l'habitude de dire que les Français aiment l'alternance ou la cohabitation...

Mais ce sera peut-être difficile aussi parce que la gauche est unie, en général, sur le terrain, dans les villes et les villages : elle travaille avec les Verts et le PC pour être plus efficace. Dans ma ville, je n'ai pas à m'en plaindre, bien au contraire. C'est une majorité riche en idées et le travail est fait correctement. Si la gauche se désunit et que le Parti de Gauche continue de taper sur le PS, juste par esprit de contradiction, ce sera peut-être plus difficile.

Le PS a besoin d'avoir des partenaires constructifs à sa gauche, pas d'autres ennemis en plus de ceux qui font déjà foison à droite.

Je crois que le PC commence d'ailleurs à en avoir marre du FDG, non ? Et puis quel pourrait être, objectivement, l'intérêt pour le parti de Mélenchon de faire cavalier seul ? Sauf à se planter seul en provocant aussi le crash du reste de la gauche ?

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

17 juin 2012

Et maintenant, au boulot !

Urne à moitié vide, isoloirs complément déserts, plus de café.
Certes, il y a de la pédagogie à faire. Cette après-midi, je me suis ennuyée : bien peu d'électeurs ont compris que l'élection des députés était plus importante que celle du président de la République, semble-t-il.

L'abstention, c'est une chose. Après tout, les gens font ce qu'ils veulent avec leurs droits. Même si l'on ne vient pas à la démocratie, ce n'est pas la démocratie qui viendra à nous. Ce qui m'inquiète, aussi, c'est que je ne devais être au bureau de vote que de 13h à 15h et que faute de monde, j'ai fait tout l'après-midi et le dépouillement. Le manque d'enthousiasme gagne donc aussi les volontaires habituels pour cette tâche citoyenne.

Il faut du monde, pour que la démocratie fonctionne.

En tout cas, ce soir, il semble que la gauche l'emporte largement, suffisamment, même, pour se passer des Verts, du Front de Gauche et des Communistes. Bonne nouvelle. 

Maintenant, il va falloir se mettre au travail, car il n'y a plus aucune excuse pour ne pas tenir ce qui a été promis. Nous tâcherons d'avoir l'œil !

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

27 décembre 2011

Inscrivez-vous

Pas sur Facebook ! Pas au concours de Miss Poitou, pas au jeu concours d'Auchan pour gagner un filet garni ! Pas non plus à PopStar. Inscrivez-vous sur les listes électorales : il vous suffit de faire un passage à la mairie, avec une pièce d'identité et un justificatif de domicile, de remplir un formulaire et voilà. Vous pourrez voter aux deux prochaines élections importantes de 2012 : les présidentielles et les législatives.


Sur facebook, je like, dans la vie, je vote. par TousHollande

Pour une fois qu'on vous demande votre avis, donnez-le !

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

22 mars 2011

On nous refait le coup du FN

Martial Bourquin interviewé dans Marianne le 19/03
C'est reparti pour le scénario de la mort : le FN est de retour et on flippe sa race.

C'est fou, on en oublierait presque la crise, la 3ème guerre mondiale en Libye et le nuage nucléaire qui va tomber sur nos tronches déjà bien amochées par Tchernobyl.

Le FN, ça fait peur à moi, à nous, aux journalistes ou aux petits intellos qui se montent le bourrichon devant internet. En 2002, ça avait fait peur aussi aux mêmes. Ils avaient réussi à nous monter suffisamment la tête pour qu'on aille voter comme un seul homme pour le grand couillon de Chirac.

Cette fois-ci, le coup de la psychose à coup de bruit de bottes, de peste brune ou je ne sais pas quoi légèrement nauséabond, ça ne marchera pas.

Les gens n'ont plus peur du FN. A part les journalistes.

Le FN, si on réfléchit un peu, les seules fois où il a fait ses preuves, c'était dans des villes du sud et ça a été un désastre, niveau gestion et ça a battu des records niveau corruption et népotisme. Plutôt pire que les autres partis...En tout cas, pas mieux...

En plus, ces maigres expériences laissent un doute suffisant pour que l'électorat puisse espérer trouver du sang neuf dans les rangs de l'extrême droite.

Ensuite, tout le monde le rabâche, la fille est moins borgne que le père, elle est plus consensuelle, elle axe sa com' sur le social, ce terrain que la gauche devrait occuper, plutôt que d'enfiler des perles. Elle ne parle plus de camps de concentration : le public jeune n'a pas envie de se retrouver dans un cours d'histoire et elle a bien compris que personne ne peut se permettre de rire avec ça.

Enfin, Sarkozy, en décomplexant la droite, en ouvrant la boîte de Pandore sur les thèmes porteurs de l'Islam, de l'immigration ou les Rroms, a complétement décomplexé tout le monde sur le sujet. Il est de moins en moins rare d'entendre sa boulangère déclamer de l'insulte raciste au mètre, comme si les arabes payaient moins cher la baguette de tradition française. D'ailleurs, la boulangère, elle vote, elle. Pas question qu'elle s'abstienne.

Personne pour dire simplement que depuis toujours, pauvreté rime avec criminalité parce qu'il faut bien manger. Et qu'à choisir entre un commerce bien rémunéré au pied de son immeuble où il n'y a plus d'ilotier pour cause de budget du ministère de l'intérieur en légère baisse et un job de déménageur en intérim à 80 bornes de chez soi, le choix est vite fait.

Bref, s'il y a bien quelques justesses dans le constat du FN, les solutions proposées sont plutôt fantaisistes : mettre des étrangers nés en France dans des bateaux pour les mener vers des pays où ils n'ont jamais mis les pieds que pour les vacances d'été, ça ne pourra pas régler le problème du chômage. D'autant que ces jeunes qu'on pourrait mettre dans des bateaux sont probablement au chômage eux-mêmes...L'argument "ces arabes qui piquent le boulot des français" ne tient pas tellement...

Il est temps que la gauche s'empare concrètement du problème de l'emploi. C'est le nerfs de la guerre. Il y a des gens qui bossent sur le sujet, au PS. Espérons qu'ils soient entendus. (Voir l'image en plus grand, en cliquant dessus.)

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

21 mars 2011

Des élections ? Où ça ?

J'ai regardé mollement les résultats du premier tour des cantonales sur internet. Je ne suis pas concernée au premier plan, puisque je ne votais et qu'on ne votait pas non plus dans mon canton d'origine, en Savoie. On votait juste à côté...



Hier, il faisait un temps magnifique. On est allé se balader en forêt, avec un chien gambadant à nos côtés et je crois qu'on a pris un petit coup de soleil sur le nez. Et puis le soir, on a fait taire le blues du dimanche soir dans la petite pizzéria d'en bas.

C'était le plan pour éviter la soirée électorale à la télé. D'ailleurs, il y avait les Experts sur TF1.

Il y avait des moutons, hier, aussi...
TF1, voilà une chaîne qui a le sens des priorités : c'est vrai, une série qui met en avant les travers les plus odieux des êtres humains, ça fait toujours un peu flipper les téléspectateurs. Des assassinats, des viols, des séquestrations perpétrés par des latinos (leurs arabes de là-bas) ça fait flipper pépé mémé devant la télé. La peur est la meilleure conseillère pour le vote de droite.

Je raconte n'importe quoi : les gens qui regardent TF1 ne vont pas voter. Si, à la rigueur, ils pouvaient le faire par SMS, je ne dis pas. Bon, pour les plus âgés d'entre eux, le médecin conseille parfois une petite promenade digestive, alors, on pousse jusqu'au bureau de vote, c'est l'occasion. Surtout s'il fait beau. Mais les jeunes font du sport avec leur wii devant leur télé...

Et d'ailleurs, ces élections ? Quelles élections ??? L'enveloppe kraft qu'on a pas ouvert, là, qu'on a laissé traîner sur le meuble de l'entrée, c'était ça ??? Ah ? Mais on ne savait pas. D'ailleurs, personne n'en a parlé sur TF1. Dans Carré VIIIP, rien, dans Les Douze Coups de midi, rien...Pas mieux sur M6. Non, il n'y avait pas d'élection. On le saurait.

Et à Paris, alors, ça a donné quoi, ces "soi-disant" élections ? Y'avait pas d'élections à Paris ? Eh ben ! Alors ! Tu vois bien qu'il n'y avait pas d'élection ! 

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

19 mars 2011

Canton n'a que l'amour

Mon canton d'origine...
Il faut voter, pour certains d'entre vous, demain.

Pas moi, pas cette fois. C'est la spécificité des cantons : tout le monde ne vote pas en même temps.




(Eh oui ! Je suis une blogueuse de gauche qui manque de crédibilité car je fais des billets pour des livres que je n'ai pas lus et pour des élections pour lesquelles je ne vote pas. Je fais ce que je veux.)

A quoi ça sert, les cantons, au juste ?

En milieu rural, on s'en rend peut-être plus compte qu'en ville : le canton est une véritable entité, une identité, même, pour les gens vivant dans les petites communes. C'est au chef lieu de canton qu'on se retrouve, c'est souvent le plus gros bourg, celui où on trouve les services comme la gendarmerie, le centre des impôts, le collège, l'office de tourisme...C'est là aussi que s'installent les banques et les commerces un peu plus importants. C'est là que se tiennent les fêtes ou les foires...

Cela, c'est l'expérience du canton que j'ai depuis que je suis petite.

Maintenant, je vis dans une plus grande ville. Mon expérience personnelle de professeur me permet de dire que le canton a une importance dans la gestion des collèges : les moyens techniques, les ordinateurs, les dictionnaires, les tables, les chaises, les travaux de peinture ou d'entretien, bref, tout ce qui permet aux élèves d'avoir un cadre de travail correct, c'est le boulot du canton.

Il y a aussi les routes, très important, surtout à la sortie de l'hiver, et puis les logements sociaux. Problématique qui est la 4ème préoccupation des Français...

Il me semble que c'est notamment pour cela qu'il ne faut pas négliger d'aller voter demain, en vérifiant bien sûr le programme de chacun : il est préférable que les candidats (ou les candidates) parlent réellement du terrain. Que ce ne soit pas de vagues programmes tapant sur Sarko ou reprenant le programme national.

Le canton, c'est une des administrations qui a un peu de pouvoir et qui est le plus proche de vous. Ne l'oubliez pas...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

14 mars 2010

Que c'est beau, la vie !

A voté ! Mairie de gauche, beaucoup de monde et de bonne humeur.

Pas de petit vieux avant moi pour mettre ostensiblement un bulletin d'extrême droite dans l'urne avant mon billet rose...

Taux de participation à midi ? Je ne sais pas. Mais là, les bureaux de vote dans l'école juste en face du marché, forcément, gros taux. Surtout au bistrot du marché...

Manque quand même un rayon de soleil pour qu'on se croit un peu au printemps...Mais c'est beau, la vie...


ISABELLE AUBRET - C'EST BEAU LA VIE
envoyé par jolysable. - Regardez d'autres vidéos de musique.

(Une pensée spéciale pour Louisette et Christian...Et pour Isabelle.)


CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

10 mars 2010

Qu'allez-vous faire le soir des élections ?

C'est Christophe qui me le demande...

Les soirs d'élections ne sont pas des soirs comme les autres.

J'habite dans une ville où les bureaux de votes ferment à 20h. J'attendrais peut-être le dépouillement...J'aime bien les dépouillements. J'aime bien voir la tête des gens qui assistent au dépouillement, surtout.

Dans ma ville, a priori, ce sera la gauche en tête. Je suis dans une ville rose foncée. Et je crois bien que la venue de Sarkozy dans le coin n'aura fait que renforcer cette belle couleur.

Ce qui est sûr, c'est que je téléphonerai dès 18h à mon père, comme toujours, pour connaître les résultats dans mon village savoyard. C'est une indication qui n'a pas beaucoup de valeur, mais qui m'intéresse : je suis souvent surprise...en bien ou en mal.

Sinon, je crois que je twitterai. Je n'aurais pas le droit de regarder les résultats à la télé, ça c'est clair. J'ai déjà le pouvoir sur la souris, alors je ne l'ai pas sur la télécommande. Et ce n'est pas plus mal !

Allez, je taggue mon amie Noée. Elle avait commenté mon billet de 2007, à ce propos...Et puis Edelihan. Il poste aujourd'hui une interview indispensable : un professeur explique clairement ce que sera la réforme du lycée et surtout quelles en seront les conséquences.

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

10 mai 2009

Retraite : la promesse de trop

Mon grand-père, qui est paysan et qui a une toute petite retraite, mais qui n'a pas voté pour Sarkozy, n'a pas cru à cette promesse. Pas plus qu'aux autres. Mon grand-père dit toujours que les promesses, ça n'engage que ceux qui les croient.

Le problème, c'est que beaucoup de vieux n'ont pas la sagesse de mon grand-père. Et ils sont tombés dans le panneau : ils ont voté pour Sarko.



Deux ans plus tard, on attend toujours.

Alors, il serait bon, qu'une bonne fois pour toutes, les vieux arrêtent de croire Sarkozy. Mais surtout qu'ils arrêtent de voter pour lui...

(au fait, le 7 juin, on a des élections)

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !