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27 septembre 2026

Chroniquons l'élection, semaine 2, épisode 10

Un petit hommage à Jean-Pierre qui ne fut jamais sénateur !

 Sans mentir et seulement si vous n'êtes pas un grand électeur : dites-moi si vous avez entendu parlé des élections sénatoriales, qui ont eu lieu aujourd'hui...

 Les médias n'en ont pas parlé. Évidemment, il y a le pape, l'Arabie Saoudite, le prix de l'essence, l'Ukraine, le pape, Céline Dion...sans oublier...le pape. 

Et puis le Sénat, soyons honnête, qui s'en soucie ? Qui sait encore ce que c'est et à quoi ça sert ?

Petit rappel...Notre démocratie repose sur ce qu'on nomme le bicamérisme : du latin bi qui veut dire deux et camera qui veut dire chambre. Nous avons donc deux chambres, celle des députés et celle des sénateurs, qui ont pour but de travailler les textes de loi, de les discuter, des les amender et de les voter, après un aller-retour entre les deux chambres. 

Lorsqu'on a pensé ce système, on voulait que la fabrique des lois soit un processus long et sensé. On voulait qu'on ait le temps d'étudier les questions, d'approfondir, de consulter les experts nécessaires aux prises de décisions. On fonctionnait avec des commissions où tous les partis étaient représentés, on faisait des études, on se mettait d'accord pour trouver des consensus pour que les lois soient admises par le plus grand nombre. 

C'était un idéal démocratique. 

Mais aujourd'hui...qu'en est-il ?

On se rend compte que le temps médiatique a largement dépassé le temps politique. Que les décisions se prennent à chaud, sur les plateaux de télé et que peu importe les consensus, puisqu'on a le 49.3 pour trancher. 

Aujourd'hui, on clive, on divise, on caricature. Si vous écoutez n'importe quelle émission matinale, vous reconnaissez le parti de l'invité au bout de deux phrases : les idées sont à l'emporte-pièce, sans nuance. On ne prend pas le temps de penser. On balance des petites phrases pour faire le buzz. 

Le Sénat, dans ces conditions, apparaît comme une relique du passé, un site archéologique poussiéreux, une réunion de dinosaures. On ne voit plus l'intérêt de payer des vieux (Sénat, du latin senex...qui donne aussi le mot sénile, rappelons-le), bedonnants à somnoler sur les bancs de cette antique assemblée. 

Les populos clament "A quoi bon...? Vous voyez combien ça coûte ?"...

Je ne pense pas qu'ils aient raison. Je crois que la démocratie a besoin d'instances démocratiques...Ce n'est pas ce système qui est fou : c'est l'époque qui est folle. C'est le monde dans lequel nous vivons qui décartonne complétement. 

Alors ce soir, observons un peu les résultats des sénatoriales et exigeons de nos élus qu'ils nous fassent honneur, qu'ils travaillent vraiment pour l'intérêt général et qu'ils cessent de voter des lois comme des godillots. 

 

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19 juin 2014

Politique locale

Quand on n'est pas encarté, on s'attend à s'entendre dire qu'on est naïf. Je m'attends donc à l'entendre, en écrivant ce qui va suivre. Je tiens à souligner d'emblée, cependant que cette naïveté, qu'on va me reprocher, est celle de beaucoup d'électeurs et que la démocratie repose en très grande partie sur les électeurs.

En ce moment, les élections sénatoriales se préparent. A gauche, il y avait deux candidats : Claude Jeannerot et Martial Bourquin. Il y a eu une élection, comme prévue par les statuts du PS et c'est Martial Bourquin qui a été choisi.

Jusque là tout allait bien. 

Mais forcément, depuis, il y a des contestations : à l'intérieur du PS, parmi ceux qui ont voté ou qui aurait dû voter, il y des plaintes et des "murmures politiques" qui font les choux gras des journaux et des réseaux sociaux.

Il est bon de préciser qu'entre les deux candidats, il y en a un qui a été récemment élu par 57% des électeurs de sa commune, au premier tour, dans le contexte que l'on connaît et contre 3 autres listes. Claude Jeannerot, avec tout le respect que je lui dois, notamment pour son grand âge, a fait de beaux mandats et est sans doute bien vu par les Grands Électeurs. Mais à l'heure où les Français regardent la politique avec de la méfiance, pour ne pas dire de la défiance, il serait bon de respecter leur choix et de faire preuve de transparence, de simplicité et d'humilité. Bref, quand des élections sont gagnées, c'est le jeu de la démocratie...Il est bon d'en respecter l'issue.

Surtout quand le PS perd 10% de ses adhérents en deux ans, que le taux d'abstention explose et que l'extrême droite bat tous les records...

Quand on n'est pas encarté, donc, on regarde ça avec beaucoup de naïveté, mais cela ne nous empêche pas de penser que c'est un spectacle lamentable.
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9 juin 2011

Enquête sur la désindustrialisation

Hier soir, j'étais à la présentation de la mission sur la désindustrialisation, avec Martial Bourquin, le sénateur qui a présidé la commission qui s'est chargé de ce rapport. J'en ai déjà parlé il y a quelques temps. J'ai fait un Live Tweet (le mot tweet est entré dans le dictionnaire hier !)...Voilà un petit résumé...

L'introduction par Martial Bourquin présente la commission : même si le sénateur socialiste a été l'initiateur, le groupe de travail est majoritairement à droite. Les idées reçues sur le sujet étaient, dès le début, celle du productivisme. L'idée qu'il faut réduire les coûts du travail pour gagner en productivité. C'est par un voyage en Allemagne que l'on va voir que les choses ne sont pas si simples. C'est un voyage dans les landers allemands qui va être éclairant. Ce qu'il faut souligner, aussi, c'est que parler de désindustrialisation, c'est désespérant. Il ne faudrait pas oublier de vouloir la réindustrialisation et c'est pour cela que ce rapport est bon : il propose des choses concrètes.

La soirée s'est poursuivie avec la projection d'un reportage de la chaîne Public Sénat. C'est intéressant, si vous avez quelques minutes...




Il faut revenir sur quelques chiffres et sur quelques idées phares : 30 % du PIB allemand vient de l'industrie. Seulement 16 % en France. Pourtant, le coût du travail est identique. Les Allemands ont misé sur la qualité. Comme cette entreprise de textile du Nord qui a su ne pas délocaliser, en faisant de la qualité et aussi en réduisant les coûts au sein de l'administration, pour se concentrer sur la production...Les beaux exemples existent.

Un constat s'impose aussi : la réindustrialisation coûte cher. Et depuis les années 70, le patronat a choisi de faire disparaître les industrie, en France, au profit des services. Cette stratégie est durement remise en cause depuis la crise. Le contre exemple flagrant, c'est l'Irlande...Il faut donc, dans un premier temps, sauver ce qui est encore "sauvable" et arrêter de voir partir les belles entreprises de notre territoire. L'idée d'aller faire moins cher ailleurs est un échec. Premièrement, c'est jamais assez : par exemple, le textile a d'abord délocalisé au Magreb avant d'aller encore moins cher en Asie. C'est un jeu sans fin. Ensuite, la France a un potentiel de recherche et d'investissement plus fort (pour l'instant) que les pays émergents. Il faut donc en profiter pour jouer la carte de l'innovation et de la qualité.

Les priorités, pour sauver notre industrie, selon Martial Bourquin, c'est une campagne de communication, à grande échelle, pour redorer le blason du secteur. Faire de celui-ci une cause nationale, c'est le premier pas vers une prise de conscience collective. Il faut aussi que cela passe par l'éducation nationale. Il faut que les formations soient mieux adaptées et mieux concertées entre le monde du travail et l'école. Je suis prof et je ne peux qu'approuver.

Enfin, il faut pratiquer un protectionnisme "light" qui permettra de faire valoir nos productions (protéger les brevets, exiger les mêmes conditions sociales et environnementales pour les importations ou imposer des taxes sociales ou "carbone" pour les pays importateurs qui ne respecteraient pas nos règles du jeu.

Bref, c'était une soirée passionnante. Je veux croire que ce travail fera partie intégrante du programme du PS, l'année prochaine. Et surtout que la candidate ou le candidat saura le défendre aussi bien que Martial Bourquin l'a fait hier soir.

Je voulais parler aussi d'un sujet abordé en question, mais je crois que je reviendrai dessus plus tard. La soirée a été trop riche pour ne faire qu'un seul billet...

CC
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4 février 2010

Démocratie : on nous la fait à l'envers

En ce moment, au sénat, ça discute sec sur la réforme des collectivités. Le sénat, souvent, on raconte que c'est un repère de vieux qui ne servent à rien et qui se font une belle paye en dormant sur les bancs pourtant fort inconfortables de la noble assemblée.

D'ailleurs sénat vient du latin senex qui a donné aussi le mot sénile à la langue française. Tout un programme.

Pourtant, il se pourrait bien qu'en ce moment il faille compter sur eux pour que la démocratie fonctionne.

Certes, ils ne sont pas tellement sur les feux de la rampe, les sénateurs. Et pourtant, ils sont de vrais rebelles.

Donc, en ce moment, ça ferraille dur sur la réforme des collectivités : qui doit financer quoi ? qui décide de quoi ? comment répartit-on les budgets ? etc. Des questions capitales qui ne font pourtant pas les titres des journaux mais dont les réponses vont influer sur notre vie quotidienne.

Le problème, c'est que l'État n'en a que faire, des vieux du sénat : la réforme n'est pas encore votée, mais les préfets ont déjà la consigne de faire des conférences de presse pour en faire la promotion.

Ce n'est qu'un exemple de plus : la démocratie n'est qu'une apparence. On annonce les lois avant même qu'elles soient actées, puis on ne promulgue pas les décrets d'application. Ou alors, on décrète des trucs dans la presse sans que les lois soient passées.

N'importe quoi...

CC
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