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13 février 2012

Anniversaire surprise raté

C'est un signe...
C'est l'histoire d'un mec qui fait croire à tout le monde qu'il a un scoop à nous délivrer.

Il est persuadé qu'il fait encore rêver les gens. Il fait le coup du copain qui prépare un anniversaire surprise alors que le principal intéressé a réservé lui-même le resto.

C'est étrange. C'est le président de la République et les journalistes font comme si c'était quand même intéressant.

Les gens de la majorité jouent le jeu. Pour nous, c'est énervant. Vous connaissez cette sensation : vos potes vous préparent un anniversaire surprise. Cela fait trois semaines que vous le savez, parce qu'ils ne sont pas hyper discrets, mais vous faites quand même mine de ne vous douter de rien. Les copains se font des sourires entendus, tout sonne faux et vous avez qu'une seule envie : dire que la plaisanterie a assez duré et que vous participeriez bien à la préparation de la fête !

En tout cas, ils ne sont pas cools, les députés de la majorité : ils ne sont pas venus pour voter la TVA sociale du chef ! Sans doute gonflaient-ils des ballons pour la surprise de jeudi !

Et pendant ce temps, en Grèce, on nous donne un petit aperçu de ce que seront les lendemains de la fête. L'austérité. Il faudra en profiter de ce petit moment de bonheur. Parce qu'après on va en baver.

On en bave déjà, d'ailleurs, puisque ça y est : le premier budget de l'Etat n'est plus l'éducation, désormais, mais le remboursement de la dette. On a commencé à ne plus favoriser l'avenir. On préfère engraisser les banquiers...

CC
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2 novembre 2011

Responsabiliser le peuple grec.

Je ne sais pas si l'on demande l'avis au peuple et je ne sais pas si c'est bien. 

En Grèce, donc, les affaires ont été gérées n'importe comment depuis des années : pour des raisons de politique politicienne, l'impôt n'est pas levé comme il le devrait. L’État a vu sa dette se creuser. Pour le punir, le FMI et toute la communauté des libéraux en goguette, a imposé des plans de rigueur draconiens à un pays dans lequel les jeunes font des études longues mais où il n'y a pas de travail. Les agences de notation, jugeant la rigueur pas assez rigoureuse, ont décidé de baisser la note du pays.

Le pays, qui jusqu'alors pouvait emprunter de l'argent à un taux raisonnable pour résorber un peu ses soucis financiers, se voit désormais obligé d'emprunter de l'argent à des taux prohibitifs dignes des crédits revolving qui sont d'habitude réservés aux particuliers. Il est vrai qu'un emprunt de plusieurs millions d'Euros à plus de 20% d'intérêt, ça donnerait des frissons de plaisir au plus honnête des banquiers.

Voilà la situation de la Grèce : forcée de s'endetter encore et encore pour tenter de s'en sortir. 

Autant dire que le pays peut bien augmenter les impôts (de ceux qui peuvent encore en payer), ça ne suffira pas à renflouer les caisses.

Alors l'Europe, qui voit d'un sale œil ce pays qui ressemble de plus en plus à une verrue purulente au milieu de sa douce figure, et qui craint l'infection générale, décida de passer l'éponge sur une partie de la dette contre encore plus de rigueur.

Jusque là, le peuple grec s'est révolté : "Ceci n'est pas notre dette. Nous ne payerons pas pour votre dette." Voilà en substance ce que disaient les banderoles dans les manifs. Logique : la mauvaise gestion, les spéculations boursières, les jeux politiques, les mauvais choix sur l'industrialisation du pays, le chômage galopant, l’État incapable de lever l'impôt correctement, ce n'est pas la responsabilité du peuple. Le peuple se serre déjà la ceinture, quand il peut se payer une ceinture, parce la vie coûte cher, parce qu'il n'y a pas de travail, parce que les différents plans de rigueur ont progressivement ruiné les aides sociales...

Le peuple, non seulement, n'est pas responsable de cette crise, mais il en paye les pots cassés depuis longtemps. C'est injuste.

Alors, aujourd'hui, le premier ministre veut "responsabiliser son peuple", en faisant un référendum. Le rendre responsable de la crise ? C'est un peu fort, non ? Responsable ? Coupable ? Je pose la question...

CC
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8 mai 2010

Comparaisons hasardeuses

Dans une classe, quand ça se passe mal, quand les élèves commencent à déraper, on menace parfois de poser une interro, de faire une punition collective.

Ma petite expérience m'a montré que si l'on veut se faire des ennemis pour le reste de l'année, il n'y a pas de meilleure solution : dans toute la classe, il n'y a pas que des perturbateurs. Il y a forcément des innocents.

Punir collectivement, c'est forcément punir injustement : en général, les élèves sérieux, ceux qui sont les premiers gênés par les cancres, vous en veulent à mort...

Je connais un pays où ça se passe mal. Quelque chose a dérapé, l'économie est cassé, on parle de faillite, même si l'on n'a pas encore hypothéqué le Parthénon...

Dans ce pays, on a décidé d'appliquer la punition collective : rigueur, gel des salaires, augmentation des taxes.

Est-ce qu'on n'aurait pas oublié d'identifier les vrais perturbateurs, histoire de les punir, eux et eux seuls ?

Une autre erreur de débutant, quand on est prof : dire aux élèves qu'ils sont moins bons, moins sages, moins en avance que la classe d'à côté. En général, c'est l'émeute : "Tous les profs nous disent ça, mais on s'en fout des autres et d'ailleurs, qu'est-ce qui nous prouve que vous ne dites pas la même chose à l'autre classe ? Et puis on avance à notre rythme...Et si ça se trouve, c'est vous qui allez moins vite, qui êtes moins bonne, qui ne vous faites pas respecter pareil..."

Je connais un pays où, depuis quelques jours, on nous bassine sur le mode : "Attention, vous avez vu, ce qui se passe en Grèce ? Ben ça va finir par être pareil en France ! Alors autant commencer le plan de rigueur tout de suite !"

Ben voyons...Comparaison n'est pas raison...

CC
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4 mai 2010

"L’instituteur ne vaudra jamais...le pope ?"

Un enseignant grec est un type exemplaire : grâce à la crise, grâce au plan de rigueur, il gagne environ 1000 Euros par mois.

Forcément, à ce prix-là, c'est un sacerdoce. Surtout dans un pays où les taxes et les prix vont bondir dans les semaines qui viennent...

Du coup, tout comme le prêtre, tout comme le pope, l'enseignant donne sa vie pour enseigner.

Comme Sarkozy l'avait prédit...

Quel visionnaire, ce Sarkozy...

Il est clair qu'on veut nous conduire à de telles extrémités. Même s'il nous semble que c'est tellement absurde...Nous ne sommes que de modeste petits citoyens de base, mais il nous semble que si l'on dévalue les salaires des fonctionnaires, ainsi on les prive de pouvoir d'achat. Si on les prive de pouvoir d'achat, alors, l'économie s'en portera encore plus mal...

Bref...ça rime à quoi tout ça ? Parce qu'il me semble que Le Coucou a trouvé la métaphore qui va bien pour illustrer la situation...

CC
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3 mai 2010

On nous aura à l'usure...Comme la Grèce...

Sarkozy voudrait faire passer l'âge légal de la retraite à 63 ans. Il paraît que c'est parce que la manif du 1er mai était faiblarde.

Il a raison. Qu'il fasse ce qu'il veut : tout le monde s'en fout. On va se mettre à travailler au black, comme en Grèce, pour arrondir les fins de mois et mettre de côté pour la retraite...

Comme en Grèce !

Et puis quand la Grèce aura remboursé le prêt que la France lui fait, avec un taux exceptionnel (ça doit être Cofidis et Cofinoga qui ont fait le dossier), on sera riche, on pourra arrêter de bosser...

Non ?

CC
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5 mars 2010

La Grèce : le pays test, grandeur nature...

Mon pizzaïolo de droite, mi-rigolard, mi-moqueur, me demandait hier si les fonctionnaires étaient considérés comme des ressortissants grecs et si, par conséquent, leurs salaires allaient être gelés.

Ne t'en fais pas, on y viendra. D'ailleurs, le gel des salaires des fonctionnaires, on n'y est pas tout à fait, mais c'est tout comme.

Il adore plaisanter avec moi, mon pizzaïolo. D'abord parce qu'il est de droite et que je suis de gauche et qu'on est jamais d'accord, mais aussi parce qu'il sait qu'on peut quand même discuter et que je reviens quand même lui acheter ses pizzas d'odieux capitaliste !

N'empêche que pour le coup, il ferait bien de s'inquiéter. Parce que la Grèce pourrait bien servir de galop d'essai pour une mise au pas générale des pays européens. Il se pourrait bien qu'on l'utilise pour tester la résistance d'un peuple face aux privations et à la hausse des taxes. Faire des économies sur le dos des pauvres, il n'y a que ça de vrai. D'ailleurs la bête du grand capital adore. Elle se lèche les babines, la monstrueuse...

Jusqu'où un gros fumeur peut-il s'endetter pour s'adonner à son addiction sans prendre son flingue ?

Jusqu'où un retraité peut crever de faim sans se mettre à bouffer ses petits-enfants ?

Jusqu'où on peut essorer des étudiants avant qu'ils se mettent à jeter des cailloux sur les CRS...?

Jusqu'où peut-on punir des gens pour une crise dont ils ne sont aucunement responsables, sans que ça explose ?


Rappelons-nous simplement que nous faisons partie de la même zone euro que la Grèce. Que nous sommes partie prenante du même système financier et des mêmes réflexes. La Grèce est dans cet état-là à cause d'une mauvaise gestion de l'Etat doublée d'une mauvaise notation des agences américaines. Les mêmes agences qui ont causé la crise. Bref, nous sommes dans le même merdier, entourés des mêmes pommes pourries, en phase de décomposition aussi...

Et nous regardons de loin la Grèce se révolter, en pensant vaguement que c'est un chouette pays pour les vacances et que c'est un peu comme tous ces pays du tiers-monde...

Mais ce n'est pas du tout le cas.

CC

Édit : Matthieu n'en pense pas moins et l'explique bien ici.
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