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18 mars 2026

C'est fini, c'est la vie


Dans un coin de ma mémoire, resteront accrochées ces 12 années passées

Ces milliers de réunions, de débats, de commissions et de papiers, 

Ces poignées de mains, ces "pourquoi-je-suis-là", 

Ces "je-ne-comprends-pas" et ces "mais-casse-toi-de-là",

Et ces salades, beaucoup de salades, 

Des navets aussi et des choux, trop choux. 

C'est toute une vie, 12 ans d'interminable retour au monument, 

Aux morts pour la patrie, aux discours et aux cérémonies,  

C'est toute une vie, mais c'est fini, c'est définitivement fini, 

Et c'est tant pis. Tout ce que j'ai appris restera là, dans un coin de ma mémoire, 

Pour moi, pour personne, pour le ciel et pour les fleurs de magnolia, 

Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas pour qui, mais la vie sans ça, 

Ce sera joli aussi, sans bleu blanc rouge, sans invective, sans parti pris, 

Sans les voisins qui me demandent à moi, comme si je savais, 

Pour les poubelles, pour les nids-de-poule et pour les lampadaires, 

Pour les plaques d'égout qui tapent et les motos qui font du bruit, 

Pour les "c'est-sale" et les "que-fait-la-mairie", pour les "y'a du respect qui s'perd". 

C'est fini, la litanie des vœux, des représentations, des signatures et des inaugurations, 

C'est fini les astreintes, les morts en pleine nuit, les incendies, les accidents, 

C'est fini les contraintes, les soirs et week-end, les cellules de crise, 

La vie se poursuit sans les polémiques vaines 

Avec les journalistes, 

Avec l'opposition, 

Avec les extrêmes,

Avec l'ennemi d'aujourd'hui, qui est souvent l'ami d'hier, 

Et parfois, le contraire, 

Avec "les méchants c'est eux et nous on est les gentils". 

C'est fini. 

Merci. 

 

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16 mars 2026

Il y a eu les municipales


 Le scrutin s'est tenu hier, entre deux bombardements en Iran et la flambée des prix du pétrole. Sur les chaînes de télé en continu, on diffuse à parts égales les délires de Mélenchon et les enfants de Gaza. On détourne les yeux, on ne veut plus voir l'absurdité d'un monde sans dessus dessous. Sans dessous.

 Dans beaucoup trop de villes et de communes, pas de sens du tout pour cette élection : une seule liste. Déni de démocratie. On nous prend pour des cons et ça commence à se voir. On nous donne l'illusion du choix. On fait des scores digne de Staline sans que plus de la moitié des citoyens n'aient eu à bouger le petit doigt. 

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, disait le vieux Corneille.  

 Et à pratiquer la démocratie sans partage, on se retrouve vite dans une ploutocratie. Ou une oligarchie. Dans un monde où un tout petit groupe de personnes, pour des raisons diverses, accapare le pouvoir.

 Le pouvoir est le seul enjeu. En politique, comme dans une classe de 4e. C'est toujours au plus fort - et au plus con - qu'on donne le pouvoir. Les élections de délégués (à part quand le prof est à juste titre un dictateur et qu'il influence le scrutin) sont un modèle : c'est toujours l'élève le plus débile et le plus grande gueule qui gagne. Et ensuite les autres, toute l'année, se plaignent d'un délégué qui ne les représente pas. Ou mal. Ou par le mauvais exemple. C'est dans la nature humaine. On élit un rigolo qui se révèle méchant et manipulateur. Qui obtient le pouvoir par la blague et qui le garde par la force.

Un autre exemple, ou ça ira ? 

Allez, pour la route : un autre exemple. Trump...

 Pas la peine de développer, non ?

 Et là, alors, dans votre ville ça donne quoi ? 

Chez moi, après m'avoir virée, (voir mon billet précédent), et après avoir consciemment opéré un tri sélectif parmi ses adjoints, le maire s'est fait réélire pour la 6e fois, à 73 ans. Il jure ses grands dieux que c'est son dernier mandat  - et qu'il ira jusqu'au bout. 

L'avenir nous le dira. 

En tout cas, il s'est entouré de nouveaux qui ne viendront pas lui apprendre son métier, ça c'est certain. Qui ne viendront pas lui poser trop de problèmes. Qui voteront tout sans faire durer les conseils municipaux trop tard en prenant la parole. Ce sera confortable comme le score de 84% qu'il a fait hier. Une paire de charentaises, une petite tisane. 32% de participation. Ceux qui n'ont rien dit n'ont pas à venir se plaindre. 

Mais parfois les silences en disent long.

Pourtant, la politique locale fait de belles choses : c'est un lieu de pouvoir où l'on peut changer le quotidien, je continue d'y croire.  

Je ne suis pas amère. Je suis déçue. Je pensais faire le job avec sincérité. Je crois aujourd'hui que je le faisais avec naïveté. Et j'ai été trompée. Et je crois que c'est ce qui se passe avec la démocratie, en général. C'est le moins mauvais de système seulement s'il est remis en cause durement en permanence. 

 En France, il n'a pas été remis en cause depuis trop longtemps et on s'est enferré dans l'idée que c'est un système qui fonctionne. Mais ça ne fonctionne plus.  

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1 mars 2026

Message à caractère informatif


 Les plus attentifs à la politique locale l’ont déjà remarqué, et j’ai déjà reçu des messages étonnés de quelques-uns : non, je ne suis pas sur la liste électorale de Martial Bourquin pour les prochaines élections municipales. 

Ce n’est pas mon choix. Mais en politique comme en amour, il faut un désir partagé pour construire ensemble. Il semble que cette condition n’est plus acquise pour Martial Bourquin. 

Au-delà de la déception que je ressens, je veux par ce message, exprimer quelques sentiments au sujet des 12 ans passés au conseil municipal, puisque le dernier a été annulé et que je n'ai pas pu le faire de vive voix. 

Je veux exprimer des remerciements pour l’expérience riche, variée, pour l’enrichissement personnel, intellectuel que cela m’a permis. Ce n’est pas un enrichissement matériel : je me suis engagée pleinement, ne comptant pas mes heures et mon investissement. Je termine ce soir ma dernière semaine d’astreinte, d’ailleurs et lorsqu’on est élu, c’est bien 24h sur 24, sans compter. Mais les rencontres, les apprentissages n’ont pas de prix. 

Je veux aussi souligner qu’en 12 ans, avec une équipe qui était alors soudée et extrêmement compétente, nous avons fait avancer Audincourt, nous avons fait de cette cité ouvrière, bigarrée, pleine de vie, une ville solidaire, plus belle, plus verte, plus connectée au monde, plus vivante. 

En tant qu’adjointe à la communication, j’ai contribué à l’installation d’un engagement sincère et direct avec la population, avec une page Facebook qui n’avait que 240 abonnés en 2014, et qui en a aujourd’hui plus de 14 000. Durant ces mandats, nous avons aussi modernisé l’Audinfo et le site de la ville. C’est un travail constant, régulier qui a permis cela et il faudra le poursuivre. 

J’en remercie vivement les services, qui ont su innover, progresser, proposer et qui ont maintenu cette exigence de qualité. 

En tant qu’adjointe à l’environnement, j’ai participé à une véritable transformation de la ville : le centre-ville est méconnaissable pour quelqu’un qui ne serait pas venu depuis plus de 12 ans. Les espaces verts conçus de manière plus durable, l’ouverture sur le Doubs, les 1000 arbres que nous avons plantés en ville, ces 6 dernières années et notamment les arbres fruitiers, la forêt que nous avons continué de protéger et de régénérer, les tonnes de CO2 que nous avons économisées en isolant les bâtiments publics, Laëtitia et Florent, les maraîchers que nous avons installés sur un terrain communal, le tiers-lieu que nous avons imaginé, les parkings que nous avons désimperméabilisés, la place du marché, celle de la mairie...le marché bio et local, la Campagne à la ville qui fait toujours plus la promotion du bio et de l’agriculture paysanne…Tous ces projets et ceux que j’oublie, sont autant de sujets de fierté pour notre ville…Et j’ai eu le grand honneur d’y participer. 

Merci, là encore, à l’équipe merveilleuse des travailleuses et des travailleurs de la mairie d’Audincourt. 

Merci à mes collègues élus, ceux qui continuent, ceux qui arrêtent, de leur plein gré ou pas. Merci surtout à ceux qui pensent, comme Gandhi, qu’"on peut briller sans éteindre la flamme des autres". 

Merci aux habitants d’Audincourt, surtout, avant tout. Rien n’a été plus agréable pour moi de vous rencontrer, de répondre à vos questions, d’écouter vos remarques, de vous marier, de partager avec vous les mauvais moments comme les bons.

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4 septembre 2025

Le RN lâche les chiens...Et c'est sale !


Aucun doute possible : l'annonce de la date des prochaines élections municipales met le petit monde local en ébullition.  

Les noms et les listes ne sont pas encore connus, mais sur les réseaux sociaux, des flots de haine se déversent dans les commentaires sous le moindre article traitant de sécurité, sur les réseaux sociaux, sur les sites de la presse quotidienne. 

L'extrême droite, ce n'est pas un scoop, est très organisée, sur les réseaux sociaux. Cela fait des années, croyez-moi ! Je suis blogueuse depuis 2004, je sais de quoi je parle. 

L'extrême droite, sur les réseaux sociaux, c'est une poignée de trolls qui attise les foules, qui provoque, qui donne le ton. Les trolls, ce sont des comptes souvent anonymes, créés pour seulement commenter, sans rien publier. Souvent, ils n'habitent pas le secteur, souvent, ils sont bien plus politisés qu'ils veulent le faire croire. Et ils attisent la haine. Ils viennent avec des idées à l'emporte-pièce, fausses, inspirées par leur candidat RN. 

Prenons un exemple récent. Ce matin, suite à un fait divers sordide comme il s'en passe partout, le maire de ma ville a fait un communiqué de presse exprimant à la fois ses valeurs et sa détermination, ainsi que les actions mises en place pour éviter l'escalade de la violence. Il détaille notamment ses demandes de police nationale, en lien avec le plan contre les narcotrafics. 

La députée RN du secteur a supposé dans un post sur Facebook que la police municipale n'était pas suffisante, qu'elle n'était pas là quand on a besoin d'elle, qu'elle n'était pas assez formée et armée pour faire face aux délinquants. 

Soyons clair : si elle est élue dans une ville prochainement, elle découvrira que ce n'est évidemment pas à la police municipale de s'occuper du narcotrafic...Et si elle ne le sait pas déjà, il serait préférable de ne pas voter pour elle. 

Elle demande aussi où sont les caméras. Nous sommes une ville très équipée en caméras. Elle devrait le savoir : les vidéos permettent très régulièrement d'élucider les crimes et délits qui ont lieu sur la commune. Mais il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. 

En tout cas, avec un petit post sur son mur facebook, la députée a réussi à ameuter ses chiens de garde qui sont venus déverser leur fiel sur la communication d'un site d'informations locales qui ne modère pas ses commentaires. C'est la haine qui s'exprime. Des flots de commentaires dignes de CNews. Racisme, haine de la gauche, des médias, remise en question des faits. Tout est opinion, et au nom d'une liberté d'expression qui n'a de liberté que de dire n'importe quoi, on remet en question tout ce qui pourrait être rationnel. 

La ville est dénigrée, aussi. Et là, c'est assez surprenant. Quand on veut diriger un endroit, se faire élire quelque part, c'est surprenant de crier sur tous les toits que cet endroit est épouvantable, laid, sale, insécure, dangereux, mal famé. 

Mais passons sur la stratégie stupide. 

Ce qu'il faut retenir, c'est que la campagne, dans le camp adverse, est lancée. Elle sera abjecte. Pendant ce temps, l'équipe en place travaille et continue de faire le boulot pour lequel elle a été élue. De l'avis de beaucoup, depuis 5 ans, la ville s'est métamorphosée : elle est plus belle, plus verte, plus ombragée. Elle est dynamique, vivante, solidaire. Elle ne fait que grandir : de nouvelles familles viennent s'y installer, y construire leur maison et leur vie. Tout le monde le dit : le commerce se porte mieux ici qu'à Montbéliard. De nouveaux logements adaptés au vieillissement de la population sortent de terre...

Alors oui, il y a des difficultés, oui, il y a des problèmes, au jour le jour. C'est le lot de toutes les villes. Lors de la dernière réunion publique, le commissaire de police nous apprenait que 50 % de la population s'est drogué, se drogue ou se droguera un jour. 50% de la population. C'est un chiffre qui doit nous alerter : parce que s'il y a autant de consommateurs, c'est une évidence, il y a beaucoup de vendeurs. Imaginez, si vous avez déjà travaillé dans un supermarché, pensez une seconde qu'il faut plus de réapprovisionnement en drogue qu'en serviettes hygiéniques. C'est vertigineux, non ?  

Non, la gauche ne fait pas preuve d'angélisme. Les effectifs de la police municipale ont triplé, ces dernières années. Le système de caméra coûte des centaines de milliers d'euros. Nous travaillons en permanence en étroite collaboration avec le préfet, avec la police nationale et avec la justice pour être efficaces sur le terrain. Et on l'est souvent. Ne vous laissez pas avoir par les discours tout faits des trolls à la solde des partis d'extrême droite. Ils ne connaissent pas notre ville, n'y vivent pas et n'ont pour but que de créer la peur. 

Dernière chose : si vous me suivez sur les réseaux, vous savez que j'ai un chien. J'ai l'occasion de le promener partout dans la ville, aussi bien tôt le matin que tard le soir. Je constate parfois qu'il y a des ordures, des SDF, des jeunes bourrés. Oui, c'est la vie, c'est pas nouveau. Je le signale : à la ville, pour qu'on nettoie les ordures, aux services sociaux pour trouver des solutions pour les personnes à la rue, à la police quand il y a trouble à l'ordre public. Faites pareil ! 

En tout cas, ce sera ma conclusion, jamais je me sens en insécurité. Et vous le savez : mon chien est tout petit... 

 

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31 juillet 2025

Commenter sans penser n'est que ruine de l'âme


Un élu local s'est fait agresser hier dans une rue de Montbéliard. Une agression violente qui a conduit l'adjoint au maire de la ville à l'hôpital. C'est choquant, inadmissible, et je lui souhaite un bon rétablissement. 

Si je reviens sur ce moment douloureux, aujourd'hui, sur ce blog, c'est parce que dès que la nouvelle est apparue sur les réseaux sociaux hier soir, les commentaires ont afflué et se sont révélés, sans surprise, haineux et violents. Hier soir, on ne savait rien ou presque sur cette agression. Les médias ont pourtant pris la peine de préciser que l'agresseur était d'origine afghane. 

Dès lors, haro sur l'étranger...Tous dans le même panier...à salade et remettons-le dans l'avion. 

Évidemment, les commentaires sur les réseaux sociaux, il vaut mieux éviter de les lire, surtout à propos de faits divers. Les remarques racistes ont afflué, reprises et amplifiées par certains élus. Et c'est indigne. La violence, malheureusement, n'a pas d'origine raciale et n'en déplaise aux oiseaux de malheur, elle n'est pas pire aujourd'hui qu'autrefois.

Deuxième chose frappante (sans mauvais jeu de mots), les remarques mettant en avant que c'est un élu qu'on avait agressé, ont abondé aussi, or, aujourd'hui, la victime a précisé que ce statut était ignoré de son agresseur. 

Il est toujours extrêmement dangereux de commenter avant de savoir de quoi il retourne exactement, parce que les commentaires à chaud font toujours des généralités. Il s'agit toujours de dire des banalités, de tirer des conclusions toutes faites. 

A force de pratiquer les réseaux sociaux, nous devrions le savoir, collectivement. Cependant, on tombe toujours dans le panneau. Pour ceux qui commentent de manière impulsive, j'entends !

Parce que pour les professionnels de la profession, le but est tout autre : faire du buzz, faire passer des idées, faire gonfler encore et toujours la peur de l'autre, la haine, les idées reçues.

Et cela ne sert personne...enfin, sauf les fachos... 

 

 

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25 avril 2025

Le PS, c'est quoi ? Post scriptum ? Et Faure ?


J'ai écouté Bernard Cazeneuve, ce matin, sur France Inter. Et je me suis reconnu dans ce discours de raison. Cet homme à la voix grave et posée a quitté le PS quand celui-ci a rejoint la France Insoumise. 

Il rappelait à raison que lorsque Hollande a quitté le pouvoir, le déficit était peanuts et que les comptes des organismes sociaux étaient presque à l'équilibre. Certes, le COVID est passé par là, mais en 7 ans de macronisme, on voit où on en est. 

Pour revenir à Cazeneuve et à sa fuite du PS, je le comprends. Et je rejoins sur de nombreux points l'analyse de Nicolas sur la question. On doit arrêter de se poser des questions sur l'allégeance ou non à Mélenchon : on sait qu'il est toxique et qu'il fait fuir la plupart des gens de gauche. J'ai fait campagne avec LFI durant les dernières élections législatives, et les militants LFI se faisaient parfois jeter des cailloux dans les villages. J'exagère à peine. 

Et puis surtout, il y a toujours ce hiatus entre la gauche qui gouverne et celle qui n'en prend surtout pas le risque...

On doit aussi se mettre au travail. Parce que comme l'écrit très bien Nicolas : on ne sait pas ce que pense le PS. On ne sait même plus du tout ce que c'est que le PS. (Post Scriptum : Faure, pour la plupart des gens, c'est une marque de machines à laver...) 

Et pendant ce temps, la France insoumise propose un programme, un vrai. On peut être d'accord ou pas, on peut se plaindre de Mélenchon, mais on ne peut pas leur enlever ça : ils bossent, ils proposent des idées, sur des sujets de notre époque, correspondant à notre société. 

Dans son article, Nicolas propose des thèmes de travail : le millefeuille territorial, l'aménagement du territoire (pour les transports en commun...), la gestion des ordures, la santé...Il a raison, ce sont les bons thèmes. Quand on a les pieds dans la politique locale, on le sait. 

De ce que j'en vois, depuis la province, je ne suis pas absolument d'accord avec tout ce que dit Nicolas. Mais ce sont les sujets, les vrais, ceux qui concernent la vie des gens et qui permettent de rappeler pourquoi on paye des impôts : ces infrastructures-là coûtent de l'argent et nous avons le devoir de bien l'utiliser pour que les services soient efficaces. 

C'est ce que j'ai dit, l'autre soir en conseil d'agglomération quand on a dû augmenter un peu les impôts fonciers (c'est toujours trop) : on doit, en contrepartie, proposer des services de qualité. Et par exemple, pour la gestion des poubelles, pour l'instant, soyons honnêtes, c'est pas trop ça !

Pour les transports en commun, autre exemple, je suis d'accord avec Nicolas : l'autre jour, j'ai souris en voyant des militants de gauche prendre le train Belfort Lure Epinal avec guitares, trompettes et banderoles pour défendre cette ligne que la région estime trop coûteuse. Il est question d'argent public. Si j'ai souri, c'est parce que beaucoup de militants sont des copains et que je sais bien qu'ils n'étaient sans doute jamais montés dans ce train avant cette manif. Il y a des tas de bonnes raisons pour garder ce train, oui. Mais est-ce que des bus bien adaptés ne feraient pas aussi bien l'affaire ? Si la région veut l'arrêter, ce n'est sans doute pas sans avoir fait des études : nombre de voyageurs, horaires de pointe, périodes de pointe, coût de l'entretien des voies (le glyphosate sur le ballast...), entretien des michelines et des voitures vieillissantes...

C'est un peu la même question quand on veut fermer un bureau de poste. Tout à coup, on se rend compte que c'est ouvert 7 ou 8 heures par jour pour 5 ou 6 usagers. 

Je ne vais pas reprendre tout l'article de Nicolas, allez le lire et faites-vous votre propre idée. Mais voilà, Cazeneuve, le PS...Et on se retrouve à Lure sans y prendre garde.

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16 avril 2025

Splendeurs et misères de la vie politique locale


C'est une aventure permanente, la vie d'élue locale. 

Hier, par exemple, je participais à l'inauguration d'un salon dédié aux jeunes et aux moins jeunes, consacré à la prévention : prévention contre les maladies en tout genre, contre les conduites à risque, prévention contre l'inévitable dégénérescences de nos cellules. Un salon dédié à notre chère sécurité sociale, en quelque sorte, vantant les vertus du sport et de la modération pour les apéros. De salut public. 

Hier soir, j'enchaînais avec la remise d'un label pour les petits joueurs de foot de ma ville. Là encore, bel esprit, tolérance, respect, plaisir, convivialité, vivre-ensemble. Les gamins étaient fiers, dans leur survêtement plein de logos des sponsors locaux, les dirigeants de la ville pointaient du doigt la bonne volonté de ville, mais le manque d'investissement du gouvernement pour le sport local. Tellement vrai...Mais tellement beau, aussi, de voir les parents, les bénévoles, les entraîneurs, tous mobilisés pour l'éducation par le sport, éducation populaire s'il en est. 

C'est la noblesse d'un engagement local. Mardi dernier, on avait aussi une réunion publique, je vous en avais parlé...ou encore, jeudi, une inauguration de centre social. 

Et aujourd'hui...Misère...j'ai reçu un mail de Bruno Retailleau. 

Voilà des vicissitudes dont je me passerais bien. 

En tant qu'élue locale, je suis ciblée par sa campagne pour se faire élire président des Républicains. Je ne suis clairement pas la cible, pourtant...

La prose est surprenante : elle parvient, sans que cela ait l'air d'un oxymore, à mettre côte à côte "autorité" et "liberté". Autorité avant liberté, quand même. La lettre pourrait bien sûr être co-signée par un membre du RN. Tout y passe : la pensée unique de la gauche, son politiquement correct et les reniements de la droite pour plaire à ces mous du genou. On parle de fierté d'être Français, de renouer avec le peuple de droite, d'offrir une maison commune à toute la droite. 

Et c'est quand même, et surtout, du blabla sans but et sans idée. 

Je ne sais pas à qui cela s'adresse, mais je me serai bien passée de trouver cela dans ma boîte mail d'élue de gauche dans une ville de gauche...



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10 avril 2025

Saint-Exupéry




Les hasards de la vie politique locale, ce sont des petits moments d’émotion volée. 


Ce matin, il y avait un préfet, un ruban à couper, il y avait les habitants du quartier et les travailleurs du centre social. Il y avait des petits fours et un coup à boire. C’était l’inauguration du Centre Social. 

Les enfants, des maternels, tout petits, tout mignons, ont touché notre coeur, en chantant, en interprétant Le Petit Prince, délicatement, tendrement. C’était un moment de grâce. 

Ce conte, de Saint-Exupéry, est un condensé de fables, de petites leçons métaphoriques et délicates. Qui sont ces personnages étranges, le géomètre, le roi sans sujet, l’allumeur de réverbère ? Je sais qu’en maternelle, on est loin d’accéder au contenu philosophique de ce livre. 

J’ai pensé à Elisabeth Borne qui voulait, l’autre jour, que les maternels pensent déjà à leur orientation professionnelle. Et je me suis dit qu’à cet âge là, il n’y a que la poésie qui devrait avoir le droit de cité dans ces petites têtes. 

Souvent, je le lis avec mes 6e au collège. J’ai parfois la surprise d’entendre des sanglots étouffés quand le Petit Prince demande au serpent de le ramener chez lui. Je les vois s’interroger. 

Quand je relis ce livre aujourd’hui, je lis encore une autre histoire. 

La symbolique est forte, pour un Centre Social dans un quartier prioritaire, de se nommer Saint-Exupéry. À travers l’histoire du Petit prince, on donne aux enfants qui viendront ici, le droit au rêve, à l’imagination et à l’art, à l’épanouissement, à l’amitié. Le droit à la différence, au voyage, à l’altruisme. A l’engagement, aussi. 

C’était un moment de grâce, cette inauguration, au milieu de ce monde tellement éloigné des valeurs portées par ce grand navigateur, ce résistant, cet artiste, cet aventurier de Saint-Ex. Dans un monde où l’on érige les frontières en barrières douanières infranchissables, où l’on veut exclure, ostraciser, où l’on rejette l’autre, qu’on veut exiler l’OQTF à l’autre bout du monde, un peu de paix, un regard naïf posé sur les choses par un enfant venu d’une autre planète, c’est salutaire.

Et puis un centre social, "c'est véritablement utile, puisque c'est joli". Surtout celui là, surtout après cette belle restauration. 
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8 avril 2025

Ma ville


Ma ville sent les hydrocarbures, 

Elle est parcourue chaque jour

Par des milliers de voitures.

Ce soir, nous avions une réunion publique, 

Animée, passionnée. 

Les gens, cette ville qui sent les hydrocarbures, 

Ils l'aiment d'amour. 

Pourtant, ils ont des mots durs : 

Les gens roulent trop vite, partout, il y a des ordures. 

Les gens sont dégueulasses, 

Mais moi, je ramasse. 

Le bruit des motos, les oreilles qu'on nous casse, 


Les dealeurs, au coin des rues, les chiens de la casse...

Mais si tout le monde y met du sien, 

Si l'on se tend la main, 

Si, aux jeunes, on apprend ce qui est bien, 

Alors, tout ira mieux, demain. 

Moi aussi, j'aime ma ville. 

Chaque jour, je la sillonne, 

À pied, 

En voiture, 

Avec mon chien. 

J'aime son architecture 

Diverse, 

Bigarrée,

Inégale. 


J'aime ses trottoirs usés, 

Ses commerces à l'ancienne, 

Ses arbres tordus. 

J'aime surtout les gens qui y vivent, 

Qui disent quand ça ne va pas, 

Qui disent ce en quoi ils croient et pourquoi, 

Pour rien au monde, 

Ils changeraient d'endroit. 

Je viens d'ailleurs, pourtant, moi. 

Mais je comprends qu'on aime cette cité industrieuse, 

Traversée par les usines de briques et par le Doubs. 

Du rouge, du bleu et le vert de l'espoir. 

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3 avril 2025

Marine ou pas, ce n'est pas le débat ?


Un petit billet pour répondre à Nicolas, qui sous mon billet d'avant-hier, disait que le mal était fait auprès des gens, à propos du RN.

Je ne suis pas sûre que les gens aient vraiment envie de prendre pour une victime quelqu'un qui a passé des années à piquer dans la caisse. Des sondages montrent plutôt le contraire. Par contre, une certaine catégorie de la population est attirée par une sorte de "trumpisation" de la société, c'est un fait.

Nous aurons un test, grandeur nature, a priori - si notre président ne juge pas approprié de nous déclarer en état de guerre - pour les élections municipales, dans un an. 

La politique locale ne se soucie pas tellement des affaires internationales. La guerre à Gaza, celle en Ukraine, les relations entre Trump et Poutine, cela n’aura pas beaucoup d’impact sur les résultats. 

Par contre, la politique nationale, la situation de la France, la crise économique que nous traversons, cela en aura. Ce qui aura de l’importance, aussi, ce sont les valeurs portées par le temps. Ce que je veux dire par là, c’est que le monde dans lequel nous vivons influera sur le scrutin. Le monde de CNews, de Pascal Praud et de Trump. Le monde dans lequel les gens regardent les chaînes d’info sur leurs immenses télé 10 heures par jour. Le monde anxiogène où le moindre fait divers prend des proportions folles, juste parce qu’il est répété 10 fois par jour.

C'est l'année prochaine, aux municipales, que nous verrons si la condamnation de Marine Le Pen a un impact ou pas. De l'eau va encore passer sous les ponts. Mais je crois que la politique s'attache assez provisoirement aux personnes, pour finalement en revenir aux idées. Et qu'un Bardella vaut bien une Le Pen. 

Les idées facho avancent inexorablement. Par fainéantise, par manque de conscience politique, par la tendance naturelle de l'homme à s'attacher plus au bruit des motos sous ses fenêtres qu'aux analyses sociologiques pointues. Nous nous attachons bien plus, c'est normal, au pouvoir d'achat en berne, au manque de médecins dans les campagnes, au sentiment d'injustice quand un petit délinquant de quartier sort de prison...C'est humain, mais c'est aussi l'échec des politiques depuis des années. C'est un mal profond. Nous nous soucions assez peu du climat, finalement, parce que les conséquences sont plus lointaines que celles causée par l'imbécile qui terrifie les braves gens dans la rue, là en bas de chez toi. Et nous n'avons que faire des droits de douanes imposés par Trump, même s'ils auront peut-être un impact direct sur le prix du sucre, du café ou du chocolat que nous trouvons de plus en cher quand on fait nos courses. 

Avec une collègue encore plus politisée que moi, ce midi, en terrasse, nous nous étonnions du peu de retentissement de la grève d'aujourd'hui, dans l'éducation nationale. Et elle me disait que pour en avoir parlé en salle des profs, elle constatait que certains collègues avaient du mal à faire le lien entre la politique nationale et notre situation dans l'établissement. C'est un peu pareil pour tout, je crois. Et le succès des politiques populistes vient de là...


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26 septembre 2017

Ni oui, ni non de l'enclos...

Depuis que je suis élue, je me pose en permanence des questions sur la façon de faire de la politique, sur ce que cela signifie. Je tiens ce blog depuis longtemps, bien avant le début de ce mandat, mais j'avais une liberté d'écriture parce que je n'avais pas cette responsabilité.

Depuis, je me pose sans doute trop de questions. C'est vrai, après tout : depuis Sarkozy, on fait de la politique autrement. Les grands élus nous montrent l'exemple et c'est un vrai festival. On ne se gêne plus pour dire "Casse-toi pauvre con !" quand l'envie nous en prend. Et d'autres exemples ont suivi. Traiter les Français de fainéants, quand on est président de la République, au fond...où est le problème ? On constate aussi que ces petites saillies sans grand intérêts et sans contenu politique réel sont les préférées de la presse. Celles qui font vendre du papier et pépier à l'infini le petit oiseau bleu.

Au niveau local, j'ai parfois cru, bien naïvement, que les choses étaient un peu différentes. Qu'on pouvait agir et éviter les polémiques stériles. 

Mais non. 

Aujourd'hui, par exemple, je lis un article d'une demi page dans la presse locale au sujet d'une demi phrase prononcée lors d'un débat du PS. Luc Carvounas qui avait échangé pendant une heure sur la nécessité de refonder le PS, de réunir les forces des volontaires pour construire ensemble ce parti, a fait un trait d'humour :
"On a besoin de toutes les énergies, y compris les brebis égarées. Si elles reviennent, elles iront à l’enclos..."

Une phrase bien anodine. Mais visiblement, quelques anciens du PS passés LREM se sont sentis visés. On a lu que cette phrase rappelait des moments bien sombres de notre histoire, on a lu que ces propos allaient à l'encontre de la laïcité (sic) puisqu'ils évoquaient une parabole biblique, on a lu que ces propos étaient sectaires...

C'est étonnant, que ces élus ex-PS et nouvellement En Marche (ou pas, parce que ce n'est pas le courage politique qui les caractérisent) se sentent visés. Voudraient-ils déjà revenir ? S'ils retournent encore une fois leur veste, il y a des chances pour qu'elle craque de tous côtés, non ?

Ou alors, cette micro tempête dans un verre d'eau n'a t-elle pour but que d'éviter de répondre aux questions sérieuses ? Celles sur la CGS, les APL, les emplois aidés, les baisses de dotation aux collectivités (dans lesquelles ils sont élus sous l'étiquette PS) ? Bref, l'unique but est de ne pas parler de politique.

Quel dommage !

CC
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