16 mars 2026

Il y a eu les municipales


 Le scrutin s'est tenu hier, entre deux bombardements en Iran et la flambée des prix du pétrole. Sur les chaînes de télé en continu, on diffuse à parts égales les délires de Mélenchon et les enfants de Gaza. On détourne les yeux, on ne veut plus voir l'absurdité d'un monde sans dessus dessous. Sans dessous.

 Dans beaucoup trop de villes et de communes, pas de sens du tout pour cette élection : une seule liste. Déni de démocratie. On nous prend pour des cons et ça commence à se voir. On nous donne l'illusion du choix. On fait des scores digne de Staline sans que plus de la moitié des citoyens n'aient eu à bouger le petit doigt. 

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, disait le vieux Corneille.  

 Et à pratiquer la démocratie sans partage, on se retrouve vite dans une ploutocratie. Ou une oligarchie. Dans un monde où un tout petit groupe de personnes, pour des raisons diverses, accapare le pouvoir.

 Le pouvoir est le seul enjeu. En politique, comme dans une classe de 4e. C'est toujours au plus fort - et au plus con - qu'on donne le pouvoir. Les élections de délégués (à part quand le prof est à juste titre un dictateur et qu'il influence le scrutin) sont un modèle : c'est toujours l'élève le plus débile et le plus grande gueule qui gagne. Et ensuite les autres, toute l'année, se plaignent d'un délégué qui ne les représente pas. Ou mal. Ou par le mauvais exemple. C'est dans la nature humaine. On élit un rigolo qui se révèle méchant et manipulateur. Qui obtient le pouvoir par la blague et qui le garde par la force.

Un autre exemple, ou ça ira ? 

Allez, pour la route : un autre exemple. Trump...

 Pas la peine de développer, non ?

 Et là, alors, dans votre ville ça donne quoi ? 

Chez moi, après m'avoir virée, (voir mon billet précédent), et après avoir consciemment opéré un tri sélectif parmi ses adjoints, le maire s'est fait réélire pour la 6e fois, à 73 ans. Il jure ses grands dieux que c'est son dernier mandat  - et qu'il ira jusqu'au bout. 

L'avenir nous le dira. 

En tout cas, il s'est entouré de nouveaux qui ne viendront pas lui apprendre son métier, ça c'est certain. Qui ne viendront pas lui poser trop de problèmes. Qui voteront tout sans faire durer les conseils municipaux trop tard en prenant la parole. Ce sera confortable comme le score de 84% qu'il a fait hier. Une paire de charentaises, une petite tisane. 32% de participation. Ceux qui n'ont rien dit n'ont pas à venir se plaindre. 

Mais parfois les silences en disent long.

Pourtant, la politique locale fait de belles choses : c'est un lieu de pouvoir où l'on peut changer le quotidien, je continue d'y croire.  

Je ne suis pas amère. Je suis déçue. Je pensais faire le job avec sincérité. Je crois aujourd'hui que je le faisais avec naïveté. Et j'ai été trompée. Et je crois que c'est ce qui se passe avec la démocratie, en général. C'est le moins mauvais de système seulement s'il est remis en cause durement en permanence. 

 En France, il n'a pas été remis en cause depuis trop longtemps et on s'est enferré dans l'idée que c'est un système qui fonctionne. Mais ça ne fonctionne plus.  

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