Affichage des articles dont le libellé est économie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est économie. Afficher tous les articles

10 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 5, économie


Je sors d’une longue journée de cours avec mes collégiens. 

J’ai deux quatrièmes dont une qui se nomme Victor Hugo. C'est un beau nom, pour une classe de 4e. 

Je commence donc l’année avec des textes de cet auteur que j’affectionne particulièrement, et qui me permet d’aborder des thèmes centraux de l’année de quatrième avec mes élèves, notamment "Vivre en société, confrontation de valeurs..." Ce sont les termes exacts du programme officiel.

Cet après-midi, nous avons étudié le texte "Melancholia", issu des Contemplations

Vous l’avez sans doute étudié vous aussi quand vous étiez au collège : 

"Mais où vont tous ses enfants n’ont pas un seul ne rit..." 

C’est un texte qui s’indigne du travail des enfants. Ce fléau, en France, n’existe plus. Mes élèves en sont loin et ils ne comprennent pas toujours, mais je leur fais découvrir que cela existe encore ailleurs dans le monde et puis à travers les mots puissant de Victor Hugo, ils comprennent bien plus, souvent. 

Pour préparer cette chronique, j’ai coutume de jeter un œil ou une des grands journaux et en ouvrant Le Monde, ce soir, je lis que la France est en plein décrochage et que cette fois-ci, l’économie française perd de sa résilience. Ce n'est pas une surprise : c’est un constat que nous faisons tous. Tout augmente hormis les salaires, nous nous appauvrissons, le chômage augmente, et pour de trop nombreux français, plus de 10 millions c'est une vie en-dessous du seuil de pauvreté qui s'impose, malgré souvent, un travail, voir plusieurs.

Depuis que je suis née, à vrai dire, j'entends parler de la crise. C’est une situation qui ne fait qu'empirer 'et les politiques qui ont été menée depuis des années n’ont fait qu’aggraver les choses. 

Malgré cela, une chose me frappe : alors que on se plaint d’une économie en berne, les plus riches, eux continuent de s’engraisser

C’est alors que je relis ce poème, mais Melancholia de Victor Hugo, et que je repense, aux remarques nombreuses, nourries, intelligentes de mes élèves à propos de ce vers :  

"Le travail (…)  

Qui produit la richesse en créant la misère..."

 

Les Contemplations (1856) – Livre III – Melancholia (extrait) – Victor HUGO

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?

Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?

Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?

Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;

Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement

Dans la même prison le même mouvement.

Accroupis sous les dents d'une machine sombre,

Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,

Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,

Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.

Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.

Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.

Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.

Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !

Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,

« Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »

Ô servitude infâme imposée à l'enfant !

Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant

Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,

La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,

Et qui ferait — c'est là son fruit le plus certain —

D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !

Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,

Qui produit la richesse en créant la misère,

Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !

Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? »

Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,

Une âme à la machine et la retire à l'homme !

Que ce travail, haï des mères, soit maudit !

Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,

Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !

Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,

Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux,

Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

8 août 2014

Qui m'a volé "L'économie pour les nuls" ?

Le mois d'août est le mois de la torpeur par excellence. Du moins, les 15 premiers jours. Alors que le monde brûle - il brûle tout le temps - on décide de faire une pause, d'aller brûler sa peau sous les sunlights d'un lieu dépaysant. L'actu se ralentit tellement, qu'il me semble de bon ton de faire le point.

Alors, cette situation économique ? Hein ?

Eh bien ce n'est pas terrible, mais ça pourrait être pire.

En effet, certaines personnes ont encore du travail et les prix vont baisser grâce à la déflation qui nous guette. Ceux qui ont encore du travail pourront donc acheter plus de choses.

Cependant, la déflation (la baisse des prix, donc) n'est pas bien vue par les économistes, puisqu'ils craignent que sous prétexte que les prix baissent, les gens se mettent à ne plus acheter. Pourquoi ? Parce que les gens vont se mettre à penser que les prix peuvent encore plus baisser et qu'il faut attendre avant d'acheter. Moins ils achètent, moins il faut fabriquer, donc le chômage augmente et les gens achètent encore moins...C'est un cercle vicieux...

Cependant, il faut bien manger tous les jours...Mais les économistes, ça ne mangent pas.

Bref, je ne comprends rien à l'économie, mais quand c'est les soldes, moi, j'achète plus...Un truc de fille...

Arrêtons de raconter n'importe quoi. C'est la crise et ça fait 40 ans que ça dure. Mais c'est de pire en pire.

On finira bien par toucher le fond...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

30 juillet 2014

La bise, Pierrot

On a beau dire ce qu'on veut, on a beau penser ce qu'on peut, c'est toujours mieux d'avoir un commissaire européen aux affaires économiques français plutôt qu'allemand.

On a beau dire ce qu'on veut, on a beau penser ce qu'on peut, je préfère que ce soit quelqu'un qui habite près de chez moi et à qui je serre la pince de temps en temps. Parfois, même, il me fait la bise, c'est dire...

Sérieusement, je pense qu'il n'est pas mauvais pour les intérêts français (et locaux, pour ma part) d'avoir quelqu'un de si bien placé à Bruxelles.  Je pense même que c'est une fonction taillée pour lui : il n'est pas le moins cultivé, le moins profond de nos politiques. Succéder à des gens comme Barnier ou Delors n'est pas à la portée de tout le monde et je crois qu'il en a la carrure.

Par ailleurs, je suis allée en reconnaissance dans cette belle ville Belge et la qualité de la bière est excellente. Alors toutes mes félicitations à Pierre Moscovici.

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

18 avril 2014

La pluie et le beau temps

Il a fait beau, en ce début avril : on se serait presque cru en été, certains après-midis. La nature a explosé d'un coup, les forsythias, d'abord, puis les magnolias et les lilas, bien sûr, ainsi que les cerisiers, les pommiers...Tout a fleuri d'un coup. On était heureux et on a ressorti les lunettes de soleil.

Et puis, aujourd'hui, il pleut. 

La boulangère, d'abord, puis les collègues, tous, les uns après les autres et la voisine dans l'ascenseur, évidemment, tout le monde s'est plaint de la pluie...Et puis, en plus, c'est qu'il fait froid, oh ! quelle misère !

Mon père disait qu'il fallait qu'il pleuve 31 jours sur 30 en avril.

La nature a besoin d'eau. Mais, citadin que nous sommes, on s'en fout. On veut les fleurs, les fruits, on veut la verdure et les belles forêts, pour les vacances, mais on ne veut pas la pluie.

C'est un peu pareil pour les économies : on veut les services publics, on veut les hôpitaux modernes et pas chers, on veut nos rues sans les nids de poule, on veut les ronds-points fleuris, les écoles performantes, le viagra et le lexomil gratuits, mais on ne veut pas les impôts.

Et on ne veut surtout pas entendre parler des 50 milliards d'économies...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

3 novembre 2013

Bonnets rouges et rouges bonnets ?

Comme d'habitude, je ne comprends rien. 

J'avais bien vaguement entendu, depuis la retraite de mes vacances, qu'Ayrault avait suspendu l'application de la loi sur l'Ecotaxe votée par la droite.

J'avais compris que faire une pause dans les nouvelles taxes après toutes celles que Sarko nous avait infligés durant 5 ans et les quelques autres ajoutées par le gouvernement actuel pouvait être de bon augure : cela devait faire plaisir aux camionneurs.

Et puis hier ou avant-hier, j'ai entendu que des bretons avaient troqué leurs chapeaux ronds contre des bonnets rouges en protestation contre l'Ecotaxe. Alors, je me suis dit que les informations n'avaient sans doute pas été relayées jusqu'aux contrées reculées du Finistère intérieur...En cas de tempête, parfois, les corbeaux ne peuvent plus ravitailler.

Mais visiblement, même quand les équipes de télé sont arrivées avec des nouvelles fraîches, les protestations contre la taxe de NKM votée par l'ancienne majorité de droite et ajournée par la gauche, continuait. Mais alors quoi ? Ils veulent qu'on la rétablisse, la taxe ?

Je me suis un peu renseignée : en fait, ces braves gens, en toute logique, manifestent contre le gouvernement à cause des fermetures d'usines. Celles qui délocalisent ? Celles que l'écotaxe aurait peut-être forcé à rester ? Et voilà, je ne comprends plus rien, à nouveau.

Et puis j'ai trouvé cet article de rue89 qui explique que les meneurs de cette manif à tendance violente naviguaient en 4x4 et n'avaient pas l'air très menacé par les fermetures d'usines, mais plutôt par l'écotaxe qui les empêcherait de délocaliser pas cher...J'ai compris un peu mieux...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

18 septembre 2013

Délais de paiement et loi de consommation

Il y a parfois de bonnes mesures que le gouvernement met en place et qui sont difficiles à mettre en avant dans les médias. C'est le cas pour ce projet de loi "consommation" qui est en lecture au Sénat en ce moment.

Sachez toutefois que plusieurs amendements concernant les délais de paiement pour les entreprises ont été adoptés : par exemple, lorsqu'une grosse entreprise passe des commandes, il devra payer en respectant des délais fixés à l'avance et qui ne pourront pas varier selon les opportunités.

Bref, tout ce que j'expliquais dans cet article, il y a quelques mois quand Martial Bourquin avait présenté son rapport...

Bravo à lui, c'est du bon travail. Espérons que ça facilite le travail et la trésorerie des PME qui sont les premiers employeurs de France !

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

28 juin 2013

Délais de paiement

Donneurs d'ordre vs sous-traitant.

Imaginez que vous êtes Monsieur Donneur d'ordre et que vous allez faire vos courses dans un supermarché qui s'appelle "Sous Traitant". Vous achetez vos fraises et votre farine, dans le but de faire des tartes que le monde entier s'arrache.

Lorsque vous passez à la caisse, vous regardez la caissière avec un sourire - pas forcément aimable - et vous dites : "Je paierai dans trois mois."

C'est imagé, mais ça permet de comprendre ce qui se passe souvent entre les grosses entreprises et les PME qui sont leurs sous-traitants.

C'est le problème des délais de paiement.

Replaçons cela dans son contexte : "La France compte 3,2 millions de PME, soit 99,9% des entreprises (chiffres 2010). Elles représentent 52% de l'emploi salarié. Elles réalisent 38% du chiffre d'affaires, 49% de la valeur ajoutée et 43% de l'investissement."

Les PME sont donc une belle part de notre économie et les délais de paiement des grosses entreprises, leurs donneurs d'ordre, les mettent parfois en danger.

Une législation existe, mais elle est floue et difficile à appliquer, car elle nécessite qu'une alerte soit donnée par les sous-traitants en cas de non respect des délais. Difficile, pour une petite boîte, d'engager des procédures contre la boîte qui a le droit de vie et de mort sur elle. Pour résumer.

Alors le sénateur Martial Bourquin a été chargé d'une mission par le premier ministre, pour moderniser cela. Après un petit tour des pratiques européennes en la matière, il se rend vite compte que c'est un problème de manque de rigueur : à chaque fois que le législateur a mis son nez dans ces histoires de paiement, les choses se sont améliorées : c'est ce qui se passa en 2002, sous Jospin...mais le naturel revient au galop et les liens entre donneurs d'ordre et sous-traitant se détériorent...et cela est dommageable pour l'emploi.

Il faut donc une intervention plus ferme et plus systématique des commissaires aux comptes et de la DGCCRF.

Rendez-vous compte : alors qu'on estime que les retards dans les délais de paiement occasionnent une perte de trésorerie de 10 milliards pour les PME, seulement 10 alertes ont été données depuis 2008. L'intervention et la médiation de l’État sont donc indispensables. Il faut aussi mettre en place des contrats très précis dans chaque filière industrielles, tel que cela se pratique en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Et il va sans dire que pour être un bon médiateur, l'Etat doit aussi montrer l'exemple, en étant un donneur d'ordre qui paie dans les temps : pour l'instant, le délai est de 22 jours, mais Pierre Moscovici a annoncé que ce délai pourrait passer à moins de 20 jours.

Le rapport de Martial Bourquin formule 17 propositions concrètes et ce soir, il les présentait avec Pierre Moscovici et Pierre Pelouzet qui est justement le médiateur des relations inter-entreprises, au coeur du problème...

Voilà un bon exemple du travail du gouvernement au service de l'emploi. Dommage que la médiatisation ne suive pas et qu'on ait parfois l'impression que le gouvernement ne fait rien...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

3 avril 2013

Cahuzac enquêtait sur le terrain...

La véritable mauvaise foi, en ce qui concerne le dossier Cahuzac, consisterait à déclarer, indigné :
"Putain, mais dans quel monde on vit ! Le seul mec au gouvernement qui connaît bien son dossier, qui a l'expérience de terrain, qui assure, quoi...qu'est-ce qu'on fait ? On le vire ! Non, mais on rêve, là !"

LOL, évidemment...

En vrai, je suis comme Gérard Filoche, à propos de cette histoire : en colère. Pas surprise : depuis que je suis en mesure de comprendre un peu la politique, je sais bien que ce sont des hommes comme les autres, qu'il y en a des honnêtes et d'autres non. Mais en colère, parce que le type qu'on place justement sur le dossier de la lutte contre la fraude fiscale est un fraudeur lui-même. Parce que dans le même temps, ce type est venu nous pleurer des sous pour faire le budget. Parce qu'il nous a dit qu'il fallait faire des efforts. Et parce que c'est justement ce genre de discours qui fait dire aux extrêmes "Tous pourris !", ce qui est faux, ce qui nuit à la démocratie.

Un peu comme si je demandais à mes élèves de ne pas sortir leur portable durant les cours et que je passais mon temps à m'amuser avec le mien. Comment oserai-je affirmer mon autorité, ensuite ? Et comment ne pas nuire à l'image de tous les collègues ?

Il faut aujourd'hui que le gouvernement soit non seulement exemplaire, mais qu'en plus, il se mette vraiment au travail pour lutter contre la fraude fiscale. Les Etats-Unis l'ont fait. Ils ont posé des règles très strictes à la Suisse : une banque qui ne communique pas le nom de ses clients Américains au fisc américain ne pourra plus exercer sur le territoire des USA. La France est suffisamment importante sur le marché mondial pour faire pareil.

Il faut aussi que les contrôleurs fiscaux soient plus nombreux. C'est une économie de bout de chandelles de réduire les effectifs de cette administration quand les fraudes se chiffrent en milliards.

Bref...On avait quand même un ministre qui connaissait bien les rouages du système. Il va falloir le remplacer rapidement par un qui soit honnête et travailleur.

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

22 février 2013

Le coup de la dette et le coût du travail

Je trouve le billet de Seb Musset tellement brillant que je ne vois rien à rajouter. 

Sauf que le coup de la dette, c'est déjà celui qui avait été fait aux pays pauvres, précédemment : l'Afrique, l'Amérique du Sud l'avait testé pour nous. Un coup d'essai, aujourd'hui transformé pour nous...

Et pour le coût du travail, aussi, il serait bon de se dire qu'il n'y a pas de profit sans travail. Et que par conséquent, le travail n'est pas un coût...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

29 décembre 2012

Sagesse : lol !

C'est une bonne nouvelle. L'année qui vient ne sera pas, pour moi et pour tous les millionnaires, celle où l'on paiera plus d'impôts.

J'ai le même conseiller fiscal que Mamie Liliane : je ne paye que 6 % d'impôt sur mes revenus.

Je touche 2 millions par an. Si la loi qui a été retoquée par les Sages avait été votée, j'aurais dû payer 750 000 Euros d'impôts en plus. Putain ! 10 Porsche Cayenne. Bon, c'est vrai que mes garages sont pleins, mais quand même !

Pas de doute, avec mon conseiller fiscal, on aurait trouvé des solutions : on aurait fait des dons pour les autistes et on aurait eu un abattement de 66%, par exemple...C'est beau de faire des dons, c'est humain : il n'y a pas que l'argent, dans la vie.

Sinon, pour dire si la France est un pays sage, il n'y a qu'à regarder un peu derrière nous : en 2000, par exemple, on payait bien plus d'impôts qu'aujourd'hui. On se demande même pourquoi les stars se barrent...

Les Sages sont vieux, ils sont de droite et ils sont gentils avec moi. C'est un peu mes papas Noël. Pour le réveillon, je pourrais trinquer à la santé des pauvres...Je leur enverrai une petite carte de vœux. Et je ferai un don aux Restos du Cœur, c'est défiscalisé à 75%. Tiens, 75% ! Lol !

CC



Rendez-vous sur Hellocoton !

7 décembre 2012

Marqueurs de gauche...

Quand on est dans l'opposition, on tape, on tape, on tape. C'est normal.

Quand on est dans la majorité, on cherche les bonnes nouvelles à mettre en avant. C'est normal.

Aujourd'hui, j'ai lu que le déficit de la France avait reculé de 4,8 milliards en un an. Je suis heureuse. Tiens, je vais mettre ça sur le dos des 6 mois de Sarko, tiens, juste pour pas faire fayote de gouvernement.

Donc, grâce à l'action des 6 derniers mois de Sarkozy, le déficit de la France a reculé. Hollande a bien pris le relai, ne gâchons pas notre plaisir, il ne faut pas exagérer quand même.

Cependant, on peut légitimement se demander si l'argent est bien utilisé à des causes de gauche...Pourquoi Dexia plutôt que Florange ?

Tiens, c'est une expression, qui m'interpelle, en ce moment, dans les commentaires politiques : "marqueur de gauche" (vs "marqueur de droite", bien sûr...)

Alors est-ce que sauver la banque d'affaire Dexia est un "marqueur de gauche" ? Cette banque qui a ruiné des dizaines de petites communes en leur faisant des prêts indexés sur le Franc suisse (non mais quelle connerie, quand même...) vaut-elle les 2,585 milliards d'Euros qu'on lui prête, vraiment ?

Sauver des emplois à Florange, tout en donnant un coup de boost à une industrie de qualité qui fabrique de l'acier de pointe que nous achètent les Allemands pour leurs berline de luxe, est-ce que cela n'aurait pas été un beau "marqueur de gauche" ?

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

13 juillet 2012

Y'a des questions que j'me pose

- Franchement, est-ce que fabriquer des voitures est un métier d'avenir ?

- Mais pourquoi donc Toyota délocalise du Japon pour venir s'installer en France ?

- Quel avantage peut bien trouver Peugeot à donner son fric à des actionnaires qui achètent plutôt des Porsche Cayenne, plutôt qu'à des ouvriers qui achètent plutôt des 206 ?




CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

4 juillet 2012

Il était une fois un pot.

Il était une fois un village heureux, niché dans une contrée lointaine. Ce petit bourg et ses habitants étaient bénis des Dieux. Les cultures des uns étaient suffisantes pour nourrir tout le monde, les artisans étaient suffisamment habiles pour fabriquer tout ce qu'il fallait à chacun et nul n'avait encore pensé à échanger tout cela avec de l'argent.

Un jour funeste, pourtant, un marchand venu d'ailleurs brisa l'harmonie à tout jamais. Le ver était dans le fruit, puisqu'il suffit de peu pour tout changer : le marchand observa un peu la petite communauté et remarqua Joe. Joe était fils de cultivateur. Il n'avait jamais été passionné par le métier de son père. Il n'avait jamais été passionné par rien, d'ailleurs. Il n'avait pas appris de métier et se laissait porter par la vie, entre sieste et bons petits repas préparés par sa maman.

Le marchand alla lui parler : il lui expliqua son métier, il lui expliqua l'argent. Il lui montra des pièces, il lui dit que ces petits objets ronds permettaient d'obtenir tout ce qu'on voulait. Il lui donna les bases du métier de commerçant : "Il suffit d'acheter quelque chose au prix le plus bas possible et de revendre au prix le plus haut possible."

Joe comprenait vite :
"- Mais ici, personne ne possède de l'argent !, s'exclama-t-il.
- Il suffira que tu leur en prêtes...Je vais te prêter une somme importante et tu seras ma succursale...
- Ta...quoi ?
- Laisse tomber, je t'expliquerai !"

C'est ainsi que le petit village sortit définitivement du Paradis, pour rentrer dans l'enfer des banques.

Les habitants les plus fainéants, guidés par l'individu le plus fainéant d'entre eux, se mirent à vouloir emprunter de l'argent, pour éviter de travailler. Les artisans les plus cupides, guidés par celui qui n'y connaissait rien en artisanat, se mirent à vendre leurs productions contre de l'argent, pour pouvoir acheter les très chères pommes de terre des paysans les plus malhonnêtes, guidés par le plus malhonnête des banquiers.

Certains s'enrichirent très vite. Ils remboursèrent leurs dettes, ils firent bâtir, ils eurent alors le désir de régner sur leurs contemporains. Certains, plus faibles d'esprits, moins doués pour comprendre les rouages du nouveau système se ruinèrent très vite. On rachetait leur terre en faisant miroiter quelques pièces, on les expropriait. L'argent n'aime pas les faibles.

Dans cette société, on n'avait pas encore eu l'idée de passer un contrat social. On n'avait pas encore établi des règles permettant à chacun de bien vivre l'avènement de l'argent. On n'avait pas encore inventé les impôts. Le bien commun n'existait pas et les pauvres étaient destinés à rester toujours pauvres, toujours ignorants du système, toujours humiliés par les riches.

La situation empira, forcément : les plus pauvres inventèrent le vol et le crime pour s'en sortir. Les riches se vengeaient et on était au bord de la guerre civile.

— Si vous êtes aussi finauds que des élèves de troisième, vous aurez noté qu'il s'agit d'un conte. Les contes, souvent, se terminent bien, car il se trouve toujours un héros pour sauver les meubles... —

Le héros, c'est Joe. C'est notre seul personnage et il faut parfois guérir le mal par le mal.

Joe savait compter. C'était là son seul talent.

A la vue du désastre qu'il avait engendré, il eut des remords. Il voulut réparer. Alors il imagina une société plus équilibrée : il fallait créer un pot commun pour subvenir aux besoins des plus faibles. Les plus riches contribueraient en proportion de leurs revenus. Grâce à cet argent, on éduquerait les pauvres qui pourraient alors devenir riches. Il y aurait donc plus de gens pour mettre de l'argent dans le pot commun.

C'était l'invention de l'impôt bien sûr.

Et même si les riches tentent toujours de payer moins, l'impôt est toujours aujourd'hui le seul salut d'une société paisible. Joe ne se maria pas : il était homosexuel et le héros qui devait faire passer la loi du mariage pour tous n'était pas encore passé à l'action. Il n'eut pas d'enfants non plus. Mais il vécut heureux, en inventant la première bulle financière en spéculant sur les manches de pioches.

Mais ceci est une autre histoire.

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

28 juin 2012

Dans le mur

C'est l'argument de la droite. De Copé à Morano, en passant par Baroin, on entend cet argument étrange : "Avec Hollande, on va dans le mur."

Ce n'est pas comme si on allait pas dans le mur avant. Ce n'est pas comme si on avait pas eu 5 ans de casse des services publics, les seuls amènes de nous protéger un peu des effets de la crise. Non !

On prétend aussi que Hollande ne s'entend pas avec Merkel. Il faut dire que Merkel dit des choses étranges : "Tant que je serai vivante, il n'y aura pas d'eurobonds."

Les eurobonds, c'est le truc qui permet de mutualiser la dette entre tous les pays. Le truc, c'est que la dette est déjà mutualisée depuis longtemps. O16O l'explique très bien ici. On est dans un système qui mutualise systématiquement les pertes et qui privatise les gains. C'est un fait.

Après, forcément, on peut râler. On peut vouloir de l'austérité et on peut penser qu'il n'y a pas d'autres alternatives. C'est un peu comme si vous aviez une plante avec des feuilles qui pendent et que pour espérer la sauver, vous ne lui donniez surtout pas d'eau...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

19 juin 2012

Que faire ? Blogueuse d'économie ?

C'est proche de la politique, me direz-vous, mais il y a une catégorie spécifique dans le classement ebuzzing. Les gens qui tiennent ces blogs sont très sérieux.

J'ai étudié la question : 

- Il faut être un homme. Bon...ça part mal.
- Il faut comprendre les chiffres, la bourse, les indices comme le CAC ou le Dow Jones. Je suis nulle en maths.
- Il faut croire que c'est la crise. Cet après-midi, j'ai regardé les chiffres de la bourse pour me rendre compte.

Si la crise ressemble à ça, alors qu'est-ce que ça doit être le reste du temps...

- A la rigueur, on peut être alter-mondialiste, on peut vouloir la fin des banques et le retour au troc. C'est une option. Mais j'ai un prêt sur 20 ans à la banque. Je suis coincée.
- Dans l'autre sens, on peut être ultra libéral. On peut vouloir la fin des Etats, (sauf pour ce qui coûte cher et qui ne rapporte rien, comme la santé des pauvres ou l'éducation des pauvres, il ne faut pas déconner), la fin des impôts et la main invisible du marché régnant sur le monde comme la main gantée du méchant d'inspecteur Gadget sur son chat. Mais je suis fonctionnaire. 

 Ce n'est pas pour moi...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

12 mars 2012

Les trentenaires et l'assistanat

Repas de famille, entre les frères et sœurs, beaux-frères, belles-sœurs, tous trentenaires.

Tous ont réussi à peu près à se caser professionnellement, au terme, soit de longues études, soit de concessions énormes, quant aux horaires et aux conditions de travail.

On ne devrait pas, mais on se met à parler de politique. Et au bout de quelques secondes, ce qui ressort, c'est que la gauche, c'est l'assistanat : on donne du fric à des cons qui en profitent et qui ne veulent pas bosser, c'est dégueulasse...

J'ai beau tenter d'expliquer qu'il n'y a pas de travail et que les formations de Pôle Emploi ne mènent à rien, je sens bien que je ne fais pas mouche. Je suis meilleure à l'écrit qu'à l'oral...Quelle professeur lamentable je fais...

Pourtant, ils sont nombreux les exemples de ces femmes (plus touchées par le chômage), qui perdent leur emploi ou qui n'en retrouvent pas après une grossesse. Par exemple, quelqu'un avec un BTS commerce/gestion, qui a enchaîné des petits CDD, pendant des années. Que se passe-t-il lorsque le dernier contrat à durée déterminée ne se renouvelle pas ? On va lui proposer, à Pôle Emploi, des jobs ne correspondant pas vraiment à sa formation initiale : par exemple, dans la grande distribution, pour mettre en rayon, pour le SMIC et souvent, même pas à temps plein, ou à 80% pour faire le ménage en service hospitalier, à 20km de chez elle...

Il y a des chances pour que la personne, si en plus, elle est mère de famille et pieds et poings liés par un prêt immobilier à rembourser, réfléchisse à deux fois avant d'accepter un boulot mal payé, avec des horaires variables et décalés, qui va l'obliger à engager une nounou pour ses enfants et lui occasionner des frais de transports. Il lui sera en effet plus "rentable" de "profiter" du chômage, voir du RSA, si elle en est bénéficiaire.

C'est finalement quelque chose qui pend au nez de tous ceux qui n'ont pas la chance d'être fonctionnaire...Privilège des privilèges, je sais...

Mais ce n'est sans doute pas les aides sociales qu'il faut remettre en cause dans ces cas nombreux, car vivre avec quelques centaines d'Euros par mois est loin d'être satisfaisant. C'est bien le manque d'emploi et la rémunération sous-évaluée du travail qui posent problème.  La balle est dans le camps des patrons...

Il y a de quoi avoir le blues.

CC


Rendez-vous sur Hellocoton !

28 février 2012

Un million d'Euros par an : l'espoir fou !

Montage réalisé entièrement avec des perles en plastique.
Mis à part en gagnant au loto (donc, en étant non imposable), je ne vois pas tellement comment je pourrais un jour accéder à ce revenu mirobolant. Un million d'Euros par an.

Au-delà, François Hollande a proposé hier soir de taxer à 75%.

Et il se trouve des gens, sur twitter ou ailleurs, pour dire que c'est de la folie, qu'on spolie les riches, qu'on va les faire fuir.

Ces gens réagissent comme s'ils étaient concernés au premier chef. Tout à coup, j'ai l'impression d'être numériquement entourée de riches gagnant plus d'un million d'Euros par an. Il est vrai que quand on est un vrai riche, pas un parvenu, on ne fait pas étalage de ses revenus. On n'en parle surtout pas.

Cela rejoint le débat lancé par Dedalus dans un billet où il se demande pourquoi les gens votent contre leur intérêt : pourquoi est-ce que ceux qui gagnent le moins votent pour celui qui instaure la TVA sociale, qui brise les services publics, qui propose de prendre au très pauvres pour donner des miettes aux un peu moins pauvres, tout en faisant des cadeaux fiscaux énormes aux très riches ?

C'est une bonne question.

Nicolas répond de son côté qu'on ne peut guère faire le bonheur des gens contre leur gré.

Didier Goux trouve que c'est impudique de parler de ses revenus en public, bien entendu, puisque lui, c'est un vrai bourgeois, pas un parvenu. Lui qui met des maisons en vente sur son blog en précisant que les pauvres peuvent s'abstenir.

Pour ma part, je pense qu'on ne peut pas retirer l'espoir fou que tout le monde peut avoir, même les plus raisonnables d'entre nous : pouvoir un jour gagner autant...

C'est vrai : si un jour je gagne autant et que l’État m'en prend 75%, alors que j'ai galéré durant tout le reste de ma vie, je serais dégoûtée. C'est peut-être pour ce motif irrationnel que dans un mouvement irréfléchi, j'ai tendance à être contre.

Pourquoi y-a-t-il jamais eu autant de gens dans les bars pmu, les casinos et dans les maisons de la presse pour acheter des tickets de loterie ?

Et pourtant, en y réfléchissant un peu, si l’État me prend 75% de ce qui est au-delà du premier million, il me restera encore beaucoup trop pour finir mes jours, non ? Et puis ça me permettra de payer un peu mon dû à la société, moi l'ancienne boursière, bénéficiaire des APL, de la sécu, moi qui utilise toutes les infrastructures que l’État entretien grâce aux impôts. Moi qui suis fonctionnaire et donc, payée par les impôts...

Vivement que je puisse payer 75% d'impôts, tiens ! (Mais ce n'est pas demain la veille !)

CC


Rendez-vous sur Hellocoton !

18 février 2012

Sarkozy : président de la République de la Malbouffe ?

Il va vomir, là, non ?
Sarkozy n'est pas un homme du terroir. Il déteste l'agriculture et tout ce qui en est issu et ça se voit. En plus de l'esclandre ridicule que personne n'a oublié, au salon de l'agriculture, on se souvient de cet homme grimaçant quand il est obligé de manger un bout de fromage, une tranche de saucisson ou de tremper les lèvres dans un verre de vin.

Malgré cela, il n'est aucune bonne raison pour avoir autant démolit l'agriculture en 5 ans. La France tenait la première place en Europe, et la troisième dans le monde. L’Allemagne nous a doublé.

Les agriculteurs se sentent floués et délaissés. Pourtant, ils étaient traditionnellement porté vers l'UMP et faisaient confiance à la droite. Et pourtant, Sarkozy laisse la ruralité dans un état de crise et de délabrement incroyable.

On attend pourtant d'un président qu'il donne une ligne directrice forte pour ce secteur important lié à celui de l'agro-alimentaire, de tout premier plan.

J'aime beaucoup ce que je lis dans le programme de François Hollande, à ce sujet :

"Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural. J’assurerai la protection de notre économie maritime et redonnerai à la pêche les moyens de sa modernisation. Je ferai de notre pays le leader européen des énergies marines renouvelables."

Il me semble évident qu'il faut favoriser l'agriculture respectueuse de la santé et de l'environnement et qu'il faut mettre en place des coopératives dans des schémas de proximité, pour retrouver le chemin direct du producteur au consommateur. Pour cela, il va falloir développer la filière agricole : mettre en avant ces métiers auprès de jeunes, favoriser leur installation, booster les circuits de distributions...

Les lobbies de l'agro-alimentaire n'iront pas dans ce sens et ce ne sera pas forcément facile. Pourtant, il me semble que ce soit la seule façon de s'en sortir. Vous savez que la France n'a qu'une autonomie alimentaire très limitée, avec 2% d'agriculteurs parmi nous : nous ne pourrions vivre qu'une vingtaine de jours, en cas de paralysie du pays...Inquiétant, non ?

Hier soir, j'ai eu l'occasion de voir le film "La République de la Malbouffe.", avec Xavier Denamur, agitateur touche-à-tout passionnant. Le propos de son film est simple : le passage à 5,5% de la TVA dans la restauration n'a été qu'un cadeau aux grosses entreprises comme Louvre Hôtel, MacDo ou Quick. Un cadeau comme le paquet fiscal tant décrié. Sauf que c'est passé inaperçu sous couvert de "Les prix vont baisser." Dans les faits, les prix n'ont pas baissé, mais l'Etat  a perdu 3 milliards de revenus, qui sont allés presque exclusivement dans la poche des grands groupes qui nous vendent de la bouffe de merde...

Alors voilà 3 milliards que la gauche pourra trouver facilement pour financer une autre vision de l'agriculture, non ?

Le film est passionnant et je vous le conseille : en ce moment, il est offert avec le nouveau numéro de Rue89, en kiosque. N'hésitez pas !

CC

Rendez-vous sur Hellocoton !

28 janvier 2012

Dépenses et investissement


On reproche à la gauche de vouloir faire des dépenses.


Tout d'abord, ces dépenses sont chiffrées et financées.

Ensuite, je ne sais pas trop comment on peut imaginer faire tourner une entreprise sans investir. Il me semble que c'est évident : l'UMP nous propose la rigueur, la plus grande rigueur. De moins en moins de pouvoir d'achat, de moins en moins d'aides pour les plus démunis, de moins en moins de remboursements de médicaments, de plus en plus de TVA...

Comment peut-on faire tenir un pays sans investir ? 

Imaginez une entreprise florissante : elle fabrique des voitures. Les voitures se vendent bien. Le patron se dit qu'on va continuer comme ça, puisque ça marche. Il décide de distribuer les bénéfices aux actionnaires. Les machines s'usent, les ingénieurs s'encroutent et sans réinvestissement des bénéfices, les voitures qui sortent des chaînes sont de moins en moins performantes. Elles ne plaisent plus aux clients et l'entreprise coule.

Certes, la plupart des entreprises cotées en bourse ont l'air de fonctionner comme cela. Mais pour continuer d'être performantes, elles délocalisent.

On ne peut pas délocaliser la France. Donc, il faut investir...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

19 janvier 2012

Et la désindustrialisation ?

Martial Bourquin : "Notre triple A, c'est l'humain."
Hier soir, j'étais aux voeux de ma ville. C'était une belle soirée, avec un petit verre, quelques petits fours et un beau discours de mon sénateur-maire. Son discours porta essentiellement sur la désindustrialisation de la France : il rappela que la France n'a pas à rougir devant l'Allemagne. Le coût du travail y est moins élevé. Il rappela qu'il n'est pas enviable, cependant, qu'on en vienne à un coût du travail égal à celui de la Chine : la preuve en est que l'Allemagne réussit mieux que nous, en période de crise, avec un coût du travail plus élevé que le nôtre. Implacable.

C'est un discours qui porte, ici : nous vivons à côté du plus grand site industriel de France, Sochaux.

Hier soir, en rentrant, nous avons constaté avec bonheur qu'Arte diffusait un joli film de Kervern et Delépine : Louise-Michel. Drôle de coïncidence : c'est une histoire de désindustrialisation. Des ouvrières, dans le Nord de la France, découvrent un matin que leur usine a été vidée, délocalisée subitement. Elles décident de mettre en commun leur prime de licenciement (2000 Euros pour 20 ans de travail), pour engager un tueur à gage qui éliminera le patron. Au fil du film, on découvre que le patron n'est jamais le patron...Le vrai responsable de tout cela se cache dans un paradis fiscal où il achète et il vend sans jamais se soucier d'autre chose que des bénéfices obtenus ainsi.

Ce matin, à la radio, j'ai entendu la colère de ces ouvrières de Lejaby. Drôle de coïncidence. Cette fois-ci, ce n'est pas seulement un discours. Ce n'est pas juste un film. C'est la réalité. Des femmes travaillant depuis 30 ans dans une usine se font virer sans ménagement, sans espoir de retrouver du travail.

Et pendant ce temps, Sarkozy faisait semblant de faire un sommet social à l'Elysée. Il me fait penser à ce patron du film qui ne comprend que les chiffres et ne se soucie pas des êtres humains. 

Pourtant, comme le disait Martial Bourquin hier soir, notre triple A devrait reposer sur l'être humain...Sinon, à quoi bon ?

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !