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27 octobre 2010

Définitivement ?

La réforme des retraites a été votée définitivement à l'Assemblée.

C'est le message officiel relayé par tous les médias.

Définitivement. Voilà quelque chose qui semble éternel, gravé dans le marbre, pour toujours.

Définitif, quoi. Irrémédiable. Quelque chose sur lequel on ne pourra pas revenir.

Espérons que l'usage de ce mot sera aussi absurde que celui de réforme : normalement, une réforme, c'est un changement dans le but d'une amélioration. Il faudrait être fou pour penser que bosser jusqu'à 67 ans constitue une amélioration.

Si les mots n'ont plus de sens, dans cet étrange mandat sarkozyste, alors faisons en sorte de rendre provisoire le texte définitif de réforme qui apporte une régression. Demain, il y a manif.

CC
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30 juin 2010

Faites des gosses, qu'ils disaient...


Article 18 du projet de loi sur les retraites.

Petit recoin de loi, détail de l'histoire : on s'en prend aux femmes, ce n'est pas grave. Juste la moitié de l'humanité. En plus, on s'en prend aux femmes fonctionnaires. C'est encore moins grave.

Depuis 1924 et jusqu'à maintenant, parce qu'on pensait que c'était un bien pour un pays qu'il soit peuplé d'enfants, les fonctionnaires, pères ou mères de trois enfants, et ayant quinze ans de service, pouvaient liquider leur retraite sans avoir à attendre l’âge légal de 60 ans.
Cette avancée sociale, cet acquis, ce beau progrès concerne à peu près 15 000 fonctionnaires chaque année.

Il sera supprimé le 1er janvier 2012. Il faudra donc avoir eu au moins trois enfants le 31 décembre 2011et 15 ans de service à cette date.

Mais en vrai, ce petit bout de loi qui est en passe de passer inaperçu est encore pire.

Dès le 13 juillet qui vient, à la va-vite, le gouvernement diminuera les pensions civiles pour trois enfants. Ainsi, toutes les femmes qui entendaient faire jouer cette clause (elles sont l’immense majorité or, l’Europe y voit une discrimination contre les hommes) ont quelques
jours pour faire valoir leurs droits et débarrasser le plancher en libérant leur poste.

Exemple :
Soit une femme a eu 3 enfants et comptabilise 15 ans de service en 2002 (soit avant la réforme de 2003 introduisant la décote dans la fonction publique), ce sont les règles en vigueur en 2002 qui s’appliquent. Elle peut donc partir en juin 2010 avec une pension incomplète de 23 ans sans décote. Le montant de sa pension sera proportionnel au nombre d’annuités cotisées, divisé par 37,5 (durée de cotisation des fonctionnaires en 2002).

Si cette même femme n’a pas vu passer le dispositif Fillon en cours et si elle ne fait pas sa demande de départ avant le 13 juillet 2010, elle se verra appliquer les règles en vigueur aujourd’hui. Elle pourra toujours partir avant 60 ans mais avec en prime une décote. On peut estimer cette décote à environ 10% en moyenne aujourd’hui. Si cette femme est née en 1962, ce sont les règles applicables à la génération 1962 qui s'appliqueront. Soit un calcul sur 41,25 annuités, avec une décote pour toutes les années manquantes.

Ne vous cassez plus à faire des gosses, mesdames !

Cette arnaque est possible car le projet de loi Fillon/Woerth introduit cette clause de manière rétroactive. Tout est bon à prendre, quand ce n'est pas sur le dos des riches...

C’est clairement un dispositif sexiste destiné à inciter les « mères » à partir avant la fin de l’année 2010.

Femmes au foyer, hommes au boulot...Âge des cavernes...

CC

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18 mai 2010

Gronde, révolte !

(Image : Albert CGT Taylor, Julien MRT, Flickr)

Plus fort !

Dépêches de l'Education du Mardi 18 mai 2010

Foix: 250 lycéens manifestent sur les vacances et le "manque de moyens"


Environ 250 lycéens ariégeois ont manifesté mardi matin à Foix pour dénoncer notamment "le manque d'information sur les projets de réforme des vacances scolaires" et contre "le manque de moyens enseignants" dans les lycées, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des lycéens de Lavelanet et Pamiers s'étaient joints à ceux de Foix pour organiser cette manifestation qui s'est déroulée, sans apparition des syndicats de lycéens FIDL ou UNL, derrière une seule banderole intitulée "Révolte".

Une délégation devait être reçue à la préfecture de l'Ariège.

Le 10 mai, des manifestations spontanées s'étaient déroulées dans plusieurs villes de France après des échanges par SMS et sur Facebook faisant état d'un projet de réduction des vacances scolaires d'été. Ils étaient notamment 400 à défiler à Evreux et une centaine à Cahors.

Le ministre de l'Education, Luc Chatel, doit installer en juin une "conférence nationale" sur la question des rythmes scolaires, qui inclura la question des vacances. Aucune décision n'est pour l'instant arrêtée.

L'Institut Montaigne, d'inspiration libérale, a cependant proposé dans un récent rapport de réduire les congés estivaux d'au moins deux semaines et de réduire le nombre des heures de classe quotidiennes.
En avez-vous entendu parler ?

Une information n'existe pas, si elle n'est pas diffusée. Si l'on n'en parle pas à la télé. Et en plus, "aujourd'hui, en France, quand il y a une grève, personne s'en aperçoit...".

Tenez, aujourd'hui, par contre, on a parlé d'une grève. Celle des infirmiers-anesthésistes. Je ne sais pas si vous avez vu les images, au JT, ce soir. Je les ai trouvées extrêmement violentes...Les CRS ont arraché les manifestants des voies, les ont traînés sur plusieurs mètres, sans ménagement...

J'ai adoré le commentaire du journaliste à la fin...Il parlait des passagers de la SNCF qui étaient en souffrance.

En souffrance...

Ce que le reportage de France 2 ne dit pas, c'est que le mouvement dure depuis plusieurs semaines, qu'il concerne la formation de cette profession et que les professionnels de santé ne sont pas réputés pour faire grève pour rien...

Il faudrait quand même que la révolte gronde plus fort...Nous sommes tellement anesthésiés...

CC
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22 mars 2010

Plan de rigueur en Grèce ? Non, près de chez vous !


Alors voilà, le remaniement est fait. Non, non, rien a changé, tout, tout a continué, eh ! eh !

Xavier Darcos est en disgrâce..."sera prochainement appelé à d’autres responsabilités."

Pendant ce temps-là, Laurel et Hardy...Chevallier et Laspalès...Enfin...Lefebvre et Paillé ont déclaré : "Nous allons remédier à l'inquiétude des Français." Bientôt en spectacle dans toutes les salles des fêtes d'Alsace...

Inquiétude...

Comme le mot est bien choisi...

Nous sommes donc inquiet et il n'y a pas de doute, c'est cela que les Français ont voulu dire en s'abstenant, en votant pour le FHaine et en provoquant une belle vague rose...

En attendant le plan de rigueur, la suite de la casse des services publics, la baisse progressive de tous les maigres acquis sociaux, de toutes les petites protections sociales...En attendant que le chômage grimpe encore et encore, qu'il dépasse les 10% sans compter les centaines de milliers de radiés des listes...

Inquiet, c'est quand le petit dernier a une otite...

Inquiet, c'est quand on est pas sûr s'il fera beau ce week-end...

Ce n'est certainement pas quand on ne sait pas si on va se faire virer, si on ne sait pas comment on va boucler les fins de mois, si on ne sait pas si ses enfants vont pouvoir trouver un job un jour, si on aura droit à une retraite un jour, si elle nous permettra de vivre correctement ou s'il faudra cumuler des petits jobs dégradant et sous payés pour manger...

Le spectre de la Grèce qu'on est entrain de laisser crever sans l'aider, plane sur nos têtes...

En attendant le plan de rigueur du gouvernement.

On avait décidé de laisser passer les élections, rappelez-vous, avant de dire que tout va mal et de lancer les hostilités.

Donc, attendez-vous au pire, pour répondre à vos inquiétudes...

CC
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2 mars 2010

Citations sarkozystes...

Quand j'ai débuté ce blog, après l'élection de Sarko 1er, en 2007, j'avais pris l'habitude de faire des "citations sarkozystes" chaque jour. Des fois je reprenais des citations célèbres collant à la situation, parfois j'inventais une citation fantaisiste. Il m'arrivait aussi de ne faire qu'un copié-collé d'une vraie citation du président.

Aujourd'hui, c'est ce que je vais faire.

Merci à BA, le furieux commentateur, qui nous signale cette perle, si je puis dire...même si pour le coup, c'est plutôt la goutte d'eau qui fait déborder le vase...

Nicolas Sarkozy a dit ces phrases hallucinantes le 29 avril 2009 ( page 8 ) :


"Le problème c’est la réglementation. Pour libérer l’offre il faut déréglementer, élever les coefficients d’occupation des sols et rétablir la continuité du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d’une maison individuelle de s’agrandir, d’ajouter une pièce ou un étage, rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et au risque, utiliser les interstices, les délaissés d’infrastructures…"

Quelle catastrophe, ce président...

Ensuite, c'est aujourd'hui qu'il a déclaré une chose saisissante :

"Soyez fiers d'être fonctionnaire"


et aussi...

"La polémique qu’il y a eu (sur la question de la mobilité des fonctionnaires) est effrayante de mauvaise foi". "Aujourd’hui, quelqu’un dont le poste est supprimé n’a aucune protection. Ce que nous avons mis en place, c’est un système où il y aura trois propositions qui tiennent compte de votre famille, de l’endroit où vous habitez, de vos compétences. C’est beaucoup plus protecteur. Moi, je souhaite davantage de mobilité"
Alors, là, on aura trois postes à choisir. Avant aussi, un fonctionnaire dont le poste était supprimé était reclassé. Mais il n'avait pas d'épée de Damoclès au dessus de la tête...

Remarquez bien que dans la même journée, il a aussi soutenu Valérie Pécresse...Quand on est marchand de tapis, on peut dire n'importe quoi...

CC
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4 février 2010

Démocratie : on nous la fait à l'envers

En ce moment, au sénat, ça discute sec sur la réforme des collectivités. Le sénat, souvent, on raconte que c'est un repère de vieux qui ne servent à rien et qui se font une belle paye en dormant sur les bancs pourtant fort inconfortables de la noble assemblée.

D'ailleurs sénat vient du latin senex qui a donné aussi le mot sénile à la langue française. Tout un programme.

Pourtant, il se pourrait bien qu'en ce moment il faille compter sur eux pour que la démocratie fonctionne.

Certes, ils ne sont pas tellement sur les feux de la rampe, les sénateurs. Et pourtant, ils sont de vrais rebelles.

Donc, en ce moment, ça ferraille dur sur la réforme des collectivités : qui doit financer quoi ? qui décide de quoi ? comment répartit-on les budgets ? etc. Des questions capitales qui ne font pourtant pas les titres des journaux mais dont les réponses vont influer sur notre vie quotidienne.

Le problème, c'est que l'État n'en a que faire, des vieux du sénat : la réforme n'est pas encore votée, mais les préfets ont déjà la consigne de faire des conférences de presse pour en faire la promotion.

Ce n'est qu'un exemple de plus : la démocratie n'est qu'une apparence. On annonce les lois avant même qu'elles soient actées, puis on ne promulgue pas les décrets d'application. Ou alors, on décrète des trucs dans la presse sans que les lois soient passées.

N'importe quoi...

CC
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Tomber dans les pommes, à Dauphine

L'État, jusqu'à maintenant, fixait les prix d'inscription à l'université. C'était modeste, puisque le principe d'égalité des chances était fort. 226€ pour s'inscrire en master, par exemple. Pour certains, c'était déjà beaucoup, surtout si l'on considère qu'un étudiant a aussi besoin de se loger, dans les grandes villes et doit souvent travailler, en plus de ses cours pour subvenir à ses besoins.

L'université de Paris Dauphine, qui est réputé pour ses filières de gestion et d'économie, sait bien compter. Comme cette belle école, fleuron de la France d'en haut, a un statut un peu particulier, elle se permet aujourd'hui d'augmenter ses tarifs, de façon minime...Oh ! Trois fois rien ! Une pacotille : cela coutera maintenant 4000€ pour les étudiants en master...

Cela présage de ce qui risque de se passer avec l'augmentation de l'autonomie des facs...

La sélection par le pouvoir d'achat est en route. Et l'ascenseur social est toujours bloqué dans les étages du dessus...

CC
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17 janvier 2010

Réformes de l'éducation nationale

Voilà un message d'une collègue, Lounaart, qui est clair et documenté à propos de ce dont je vous parlais là.

Il n'est pas dans mon habitude de pratiquer la propagande car je pars du principe que chacun est libre de ses opinions et de ses actes, sans que cela ne me concerne.

Néanmoins, la réforme qui se prépare pour la rentrée 2010 me fait froid dans le dos, et je pense que comme d'habitude l'information est excessivement mal relayée (ou amalgamée à d'autres réformes qui n'ont rien à voir, amalgame qui induit un manque de lisibilité et de clarté) dans nos établissements respectifs, aussi je me permets de me faire l'écho de cela.

Que ceux que cela agace ou qui ne se sentent pas concernés cessent de lire et me pardonnent mon intrusion dans leur sphère privée.

Adoncques...
La réforme du recrutement des enseignants prévoit la mastérisation.
En gros, le master 1 = année de préparation aux concours
le master 2 = année de stage.

Jusque là, seuls les termes semblent changer... mais les changements sont énormes, inacceptables et très dangereux.

Pour les étudiants en master 1, qui n'auront donc pas encore le concours, il est prévu un stage en responsabilité (=ils prennent les classes entièrement en charge) de 108h, c'est-à-dire 18h pendant 6 semaines. C'est à dire 1 mois et demi de plongée complète dans l'enseignement avec un service complet.
Cette immersion est prévue pour février-mars de l'année de master 1, c'est-à-dire exactement au moment où les concours sont prévus dans les discipline, en plein sur les périodes de révision. Au moment où les candidats sont donc particulièrement disponibles *ironie*

Pour les étudiants en master 2, qui auront réussi le concours, l'année de stage prévoit un stage en responsabilité de 12h annuelles, avec une période de formation de 108h. C'est-à-dire 6 semaines de formation, juste de la formation et que de formation (plus de journée bloquée comme nous avons connu jusque là, avec alternance formation/stage) et un stage à 18h toute l'année. C'est à dire un service complet ! les stagiaires sont actuellement à 8h en responsabilité ; les stagiaires plus "vieux" (avant 2007) étaient à 6h.
Ils auront une période de formation de 108h sur 6 semaines, soit très exactement 18h de formation sur 6 semaines. Période pendant laquelle ils laisseront leur classe, pour aller à l'IUFM. Ils seront remplacés par... les étudiants de master 1... comme c'est bien pensé ! *ironie bis*


Tout cela (me) semble donc apocalyptique.
-Pour les étudiants de master 1, parce que je vois mal comment ils peuvent effectuer directement un stage en responsabilité sans être passés par la case "observation", comment ils pourront mener de front 4, 5, 6 classes, voire plus selon les matières.
-Pour les étudiants de master 2, parce qu'en fait d'une entrée en douceur dans le métier, ils vont être confrontés directement à un service complet alors même qu'ils n'auront pour ancienneté que leurs 6 semaines de stage de master 1.
-Pour les TZR, parce que si les masters 2 sont placés en responsabilité 18h, ce sont autant de remplacements à l'année qui vont se trouver réservés pour les stagiaires de Master 2. Les TZR n'auront plus donc que des remplacements courts et moyens (au hasard, ceux des étudiants de master 2 qui craqueront face à la charge de travail *cynisme*).
-Pour les profs d'une manière générale, cela engendre un blocage du mouvement de mutations de l'intra, puisque de nombreux "postes" vont être réservés aux stagiaires. Des postes vont être supprimés et transformés en BMP.
-Pour les élèves, qui verront se succéder X profs dans leur classe, au gré des stages : l'étudiant de master 2, puis celui de master 1, puis retour de celui de master 2 (entre deux, sans doute un TZR ou deux quand l'un ou l'autre étudiant sera en arrêt maladie pour surmenage ou dépression)
-Pour les futurs tuteurs et formateurs.

Voilà donc les faits.
On peut lire tout cela de manière bien plus compliquée sur le site du gouvernement, et au BO.
http://www.education.gouv.fr/cid42647/mene0917847c.html

J'ai détesté mon année d'IUFM (ce n'est un secret pour personne) mais l'avantage était quand même que nous avions du temps pour préparer nos cours, observer nos tuteurs, discuter avec les autres stagiaires.
Je vois mal comment le système va tenir....

Quelques liens à lire pour plus d'infos (je ne suis ni Snes ni Snalc ni syndiquée nulle part, mais c'est le lien le plus complet que j'ai trouvé)
http://www.lille.snes.edu/spip.php?breve3390
http://www.unl-fr.org/index.php?option=com_content&view=article&id=199:la-fcpe-lunl-et-la-fidl-appellent-les-parents-et-les-lyceens-a-se-mobiliser-le-21-janvier-2010-&catid=50:cpreforme&Itemid=68
http://www.lille.snes.edu/spip.php?article1762
http://www.lille.iufm.fr/spip.php?article4465

Bonne réflexion à tous.

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15 janvier 2010

L'arnaque de la réforme de la formation des profs

On le savait bien : la réforme de l'IUFM et de la formation des enseignants, c'était pour faire des économies.

Tant bien que mal, on s'était fait à l'idée que les stagiaires, tout juste munis de leur droit à faire leurs preuves, allaient avoir désormais 12 heures de cours par semaine (contre 6-8 heures à présent) et donc, 6 heures de formation (au lieu de 12 maintenant).

On savait bien que ce serait encore plus difficile qu'avant, que sans doute, les démissions se ferait plus nombreuses, durant cette première année, avant même la titularisation définitive. 12 heures de cours, pour un prof de français au collège, c'est deux ou trois classes. Pour un prof de biologie, c'est six classes. Et pour un prof de musique, 12.

Les premières années, la somme de travail est énorme : les préparations sont un casse-tête, les corrections durent des plombes. Même avec 6 heures de cours, je me souviens que j'emmenais mon travail avec moi, à la maison, jusque au milieu de la nuit...Et la gestion de la classe est un enfer...

On s'était fait à l'idée, même si l'on ne s'en réjouissait pas, forts de constater que de toutes façons, toutes manifestations, toutes grèves se révélaient vaines, le mot d'ordre étant au "prof bashing" et à la réduction d'effectif général.

Mais nous n'avions rien compris.

Ce sera encore pire : les stagiaires donneront en fait 18 heures de cours par semaine.

Comment ? Quoi t-est-ce ? Pourquoi ce changement soudain ?

Simplement, par un petit arrangement : les stagiaires auront bien des sessions de formation, mais regroupées en une seule fois, sur quelques semaines, au mois de janvier ou février. Au final, si l'on "lisse" les heures, à l'année, cela équivaudra bien à 12 heures de cours par semaine, en moyenne...L'arnaque est là.

Les élèves verront leur professeur remplacé, peut-être plusieurs fois par an. Par qui, nous ne savons pas, puisque bien souvent le système de remplacement est saturé et qu'il faut avoir recours à des vacataires, étudiants à bac+3 qui ont encore moins de formation que les stagiaires...

Et puis surtout, les stagiaires commenceront l'année sans avoir de formation du tout. Quand on sait combien le début d'année est délicat et important pour la gestion de la classe... Cela signifie surtout qu'on suppose qu'il est possible d'être prof à temps plein sans être formé pour ça. Nous allons lentement mais sûrement vers une disparition complète de la formation professionnelle.

Ah...Mais suis-je bête, ce n'est que l'application du principe de diminution progressive de la qualité du service public prôné par l'OCDE...

Pour mémoire...

« [...] Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »
Centre de développement de l'OCDE, Cahier de politique économique n°13, OCDE 1996


CC
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