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19 septembre 2026

Chroniquons l'élection, semaine 2, épisode 9 - La guerre ?


Tout à l'heure, j'ai traversé le parc avec mon chien. Le soleil était encore haut dans le ciel, l'air était chaud, un héron chassait, planté au milieu de la rivière. Je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup d'eau. Que la sécheresse était inquiétante. Pourtant, il y avait comme un air d'insouciance, de légèreté. Les portes du musée étaient grandes ouvertes et même si la conférence prévue pour les journées du patrimoine avait été annulée, il y avait comme un esprit de culture et d'art qui flottait doucement dans l'air doux de la fin d'après-midi.

Sur un banc, des dames faisaient un petit pique-nique. C'est mon chien qui a repéré en premier le roquefort et la rosette, la baguette de pain. Il s'est approché dangereusement et je me suis rendue compte que les dames parlaient ukrainien. En 2022, quand la guerre a commencé, on a accueilli beaucoup d'Ukrainiens, dans mon coin. Je me souviens qu'alors, elles ne voulaient pas rester longtemps. C'était en majorité des femmes, avec des enfants. Elles prévoyaient de rentrer très vite au pays. Elles croyaient à une victoire rapide. 

Et puis elles sont toujours là et elles font des pique-niques sur les bancs. 

Ce soir, j'ai savouré le fait que nous sommes dans un pays en paix. Je me suis assise sur le petit ponton, tout au bout du parc, avec le chien et j'ai repensé à Macron. Hier, il nous a refait le coup de la guerre. Pendant le Covid, vous vous souvenez, il nous avait déjà fait le coup. "Nous sommes en guerre" 

C'était un peu ridicule, surtout avec le recul : on se battait contre un virus. 

Aujourd'hui, c'est d'une "guerre hybride" qu'on nous parle. La Russie, sans l'avouer, nous enverrait des sortes de petits attentats, des attaques qui ne disent pas leur nom. Peut-être que le déraillement du train Rouen-Caen, c'est eux. Peut-être que les survols de lieux stratégiques par des drones, c'est Poutine aussi. Peut-être que tel ou tel incendie...

Rien n'est sûr. Poutine dément. On ne sait rien. Mais une rhétorique de la peur se met en place. 

Quel rapport avec les chroniques sur la présidentielle que je suis censée faire ici, me direz-vous ? 

Peut-être que c'est une sorte de campagne électorale hybride qui se met en place, subrepticement...Peut-être que Macron va nous faire le coup de l'état de guerre...Peut-être qu'il en profitera pour reporter l'élection...Peut-être qu'il en profitera pour jouer la montre et garder encore un peu son trône...

En attendant, savourons les fins d'après-midi dans les parcs, les petits pique-niques sur les bancs avec des copines. Nous sommes en paix...

Bon week-end.  

 

 

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25 mars 2025

Guerre ou pas ?


Est-ce que, vraiment, Poutine pourrait nous faire la guerre ? C’est une question qu’on m’a posée, comme ça, dans la rue, alors que je promenais mon chien. Les gens savent que je suis élue, alors ils me posent des questions, à brûle-pourpoint. C’est une question que mes élèves m’ont posée aussi. Aux élèves, j’ai répondu, tu crois vraiment que c’est le moment, là, entre l’étude de l’anaphore et de l’oxymore ? Revenons à nos moutons. Mais au Monsieur dans la rue, j’ai bafouillé quelque chose du genre “Oui, alors si on considère qu’il fait la guerre à l’Ukraine depuis trois ans, sans franc succès, et avec déjà plus de 100 000 soldats qui y sont passés, paix à leur âme, je ne sais pas bien s’il est capable de venir nous reprendre l’Alsace et la Lorraine, en effet…” En disant cela, bien entendu, je savais bien que je taillais à la hache et que je ne saisissais pas l’entièreté des nuances qui font le charme des relations internationales…Mais mon chien tirait sur sa laisse et ne semblait pas très intéressé par la conversation. 

J’ai pris congé du Monsieur en me promettant toutefois d’y réfléchir plus avant. 

Alors est-ce que, vraiment, Poutine pourrait nous faire la guerre ? Nous allons bientôt recevoir un petit manuel de survie en période de crise, paraît-il. Et la fabrication de lingots d’or en Suisse ne s’est jamais aussi bien portée. Ce ne sont pas des signes très optimistes. 

Pour autant, doit-on vraiment craindre des bombardements, des pénuries, des couvre-feux, des drones, des risques nucléaires ou bactériologiques ? Ce que la télé nous envoie depuis Gaza ou depuis Kiev ? Les souvenirs de guerre transmis par nos aïeux ? L’occupation allemande, les tickets de rationnement, les départs pour le front de ceux qui ont fait l’Algérie ? Nous avons sans doute une idée assez vague de ce que pourrait être une vraie guerre. Encore moins une 3e guerre mondiale. 

Pourtant, Trump s’acoquinant avec Poutine, on ne sait plus trop que penser. 

Tout cela m’évoque la pièce de Giraudoux La Guerre de Troie n’aura pas lieu. Personne ne veut de la guerre, à commencer par l’auteur. Et puis, comme avait prédit Cassandre, celle qui dit la vérité, mais qu’on ne croit pas, la guerre à lieu quand même. Les mécanismes du tragique se mettent en place. La Machine Infernale. D’ailleurs, je préfère cette pièce de Jean Cocteau. C’est l’histoire d’Oedipe, dans celle-ci. Même époque : les années 30. On assiste, impuissants, à la mise en place implacable des éléments de la tragédie. L’escalade vers le désastre. Et on peut bien s’agiter dans tous les sens, le couperet tombe. 

Cela ne nous avance guère, ces pièces d’avant-guerre. 

Mais si l’on extrapole, Trump est peut-être un peu Priam et Poutine est sans doute assez proche d’Agamemnon. Un vieux roi un peu dépassé d’un côté, manipulé par son entourage, sûr de ses richesses et de sa puissance, et de l’autre, un roi avide de conquêtes, de terres, de puissance. Depuis que l’homme est homme, la guerre est son activité préférée. Avec le foot et dire du mal de ses voisins, ce qui revient à la guerre. 

Alors oui, la montée vers la guerre n’est pas impossible. 

Ce qui va se passer, c’est déjà une guerre dans les pays limitrophes de la Russie. Le grand rêve de Poutine, c’est de refaire l’empire de l’URSS. Il aura des alliés, des gars aussi nationalistes et réacs que lui. Trump l’aidera en échange de quelques mines, de quelques accords un peu bancals. Sûr de sa puissance, il dira que si les choses se passent bien, si les conflits ne durent pas longtemps, c’est grâce à l’Amérique great again. Il aura peut-être même un prix Nobel. 

Mais est-ce que l’Europe entrera dans la danse ? C’est la question. 

Macron aimerait bien. Vu qu’il n’est pas parvenu, en deux mandats, à entrer dans l’Histoire, la guerre pourrait bien être sa gloire. Il nous avait déjà fait le coup du temps du Covid. “Nous sommes en guerre.” Il adore ça. Vous avez vu comme il s’agite depuis quelque temps ? La France bouclier européen, réarmement, budget de la défense en hausse (alors qu’il n’y a plus de sous), Europe de la défense…Mais si l’on y regarde de plus près, cela est à horizon 2030, 2035. Alors la guerre, oui, peut-être, mais pas tout de suite. 

Enfin, je dis ça, je n’en sais rien. Suis-je Cassandre ? L’avenir le dira. Mais je le jure, je n’ai jamais rencontré Apollon.

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29 juillet 2014

Ne pas parler de la Palestine et d'Israël

Il me paraît évident qu'il est de bon ton de ne rien dire du conflit du Moyen-Orient sur les blogs.

Depuis que je suis née, et ce n'est pas d'hier, on a sans cesse à faire à ce conflit, de manière cyclique et régulière. On peut dire ce qu'on veut, on a une sorte de combat de David et Goliath, avec un petit qui agace un gros qui maintient le petit par la force dans une misère insupportable, tout en se faisant passer pour la victime...Bref, un peu comme quand un grand dans la cour de récré tape sur un petit et vient se plaindre parce que le petit lui met des coups de pieds dans les mollets. Et quand on est prof, on sait bien qu'il est impossible de savoir qui a commencé, pourquoi et comment juger de manière équitable cette situation : oui, le gros n'a pas à taper sur le petit, il doit être puni. Non, le petit ne doit pas donner des coups de pieds dans les mollets de l'autre, même si c'est pour se défendre...Doit-il être pardonné parce qu'il est petit ?

Je sais bien que cette métaphore enfantine est légère pour parler d'un conflit qui fait des morts. Mais l'immaturité, par contre, me semble à peu près semblable à celle des gamins pendant la récré.

Qui suis-je pour en juger ? Il convient donc de ne pas en parler, parce que sur internet, ça dégénère bien vite : le point Godwin est atteint avant même que la discussion commence, évidemment.

Ceci n'est pas un billet de blog qui parle de la Palestine et d'Israël.

CC

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12 novembre 2013

Mère Patrie

Alors que certains blogueurs de droite semblent penser que voter à gauche se résume à penser "Ouh ! là ! là ! La guerre, c'est mal", j'éprouve le besoin de parler de cette malle pleine de photos et de souvenirs que j'ai ouverte le week-end dernier alors que j'étais en Savoie, chez ma mère.

Il y avait là les médailles en toc que mes arrières-grands-pères avaient ramenées de la Grande Guerre, leurs carnets de soldat, les tickets de rationnement utilisés par leurs familles, les quelques cartes postales qui disaient toujours que "Tout va bien" et que les colis envoyés avaient fait du bien au moral. Et puis ensuite, il y avait quelques photos d'après-guerre : ces hommes avaient vieilli trop vite, l'un est devenu alcoolique pour mieux supporter les cauchemars qui le hantaient et l'autre, amaigri et malade, est mort bien trop jeune à cause des gaz respirés dans les tranchées.

Ce sont en effet des histoires terribles : c'est mon grand-père qui s'est retrouvé tout seul avec sa mère, alors qu'il n'avait que 9 ou 10 ans, pour s'occuper de la ferme et trouver à manger. C'est ma grand-mère, effrayée par l'alcool, ayant subi un père violent...

Les commémorations d'aujourd'hui ne sont pas des moments de haine et de revanche. On se souvient des morts, de toutes les histoires familiales que l'on partage. Ce n'est pas si loin de nous. Une de mes arrière-grand-mère est morte en 1986, j'avais déjà 8 ans. Elle était née en 1902, elle n'avait que 12 ans au début de la première guerre.

C'est un moment où l'on fait tous partie de la même famille, au fond. Ne dit-on pas la "Mère Patrie" ?

CC


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4 septembre 2013

Histoire...

C'est en jour de rentrée, ou presque, qu'on apprend que les programmes d'histoire de la classe de troisième sont considérablement allégés pour l'année qui vient. 

Évidemment, puisqu'on considère que les professeurs ne travaillent pas pendant leurs vacances et qu'ils improvisent gaiement leurs cours quand ils sont devant les élèves, cela n'a pas d'importance.

Évidemment, l'intérêt de l'élève, dont on nous rebat les oreilles à longueur de débat sur les rythmes scolaires et dès qu'on parle d'éducation, passe un peu à la trappe : tant pis si les élèves de troisième n'ont pas fait le bon programme. Le jour du brevet, ils se débrouilleront.

En tout cas, aujourd'hui, notre président a illustré joliment le programme en question, en se rendant à Oradour-sur-Glane avec le président allemand. Ce lieu de massacres et d'horreur est aujourd'hui un symbole de paix et de réunification. En même temps, à l'assemblée, on s'interrogeait sur le bienfondé d'aller faire une guerre ailleurs. Tout cela se bouscule et s'entrechoque. Notre monde est fou.

CC
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1 septembre 2013

La vache, Syrie !

La Syrie est connue surtout pour son dictateur au très long cou, son savon d'Alep et le damas, ce tissu tissé de soie et de satin, qui n'a rien n'a voir, depuis le XIIe siècle, avec la capitale du pays. C'est aussi là-bas que les aventures de la Bible se situent, à quelques kilomètres près.

ça c'est à Abu Dhabi. C'est super loin de la Syrie.
Je n'utilise pas de savon d'Alep et soudain, je me demande s'il n'y aurait pas autre chose digne de déclencher une guerre nucléaire dans ce pays aux trésors archéologiques ? Du pétrole ? Hum...Sûrement.

Obama joue à faire un pas en avant et un pas en arrière. Donc, il ne doit pas y avoir énormément de pétrole...(Mais je n'y connais rien.)

Et du coup, Hollande qui avait dit "Ok, let's go !" chante aujourd'hui : "Si tu avances quand je recule, comment veux-tu, comment veux-tu..."

Mais franchement, réfléchissons : sur nos 18 soldats vaillants, il y en a 15 au Mali. Je comprends donc qu'Obama n'ait pas envie d'y aller avec les trois qui restent en plus des siens qui ne sont pas morts en Irak : ça va être un peu juste.

Défendre les pauvres gens d'un autre pays, c'est bien, mais aller au casse-pipe délibérément, c'est juste un peu con. Attendons donc un peu, pour voir. On a bien le temps d'envoyer quelques casques bleus français, après coup, pour faire le ménage quand tout sera fini...

C'était mon avis à la con sur un sujet auquel je ne connais rien et sur lequel je n'ai pas d'avis - et en plus, je ne connais personne qui bosse dans l'armée.

CC


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18 janvier 2013

Lutte contre les hommes préhistoriques ou guerre du feu ?

Non mais j'aime bien l'idée qu'on fasse la guerre pour lutter contre des terroristes islamistes ! J'aime vraiment l'idée qu'on envoie nos soldats à des milliers de km pour qu'ils luttent contre de vilains barbus qui mettent les femmes dans des grands sacs...Mais pourquoi est-ce qu'on lutterait soudain contre les extrémismes religieux si loin de chez nous, alors qu'on ne met même pas de l'ordre dans la laïcité dans notre propre pays ?

On va me dire que ce n'est pas comparable, que ces gens, là-bas, tuent et violent et prennent en otage. Mais pourquoi, en 48h, prendrait-on soudain la défense de ce peuple qui n'est pourtant pas des plus démocratiques depuis bien longtemps ?

On va me dire qu'ici, on a la liberté d'expression, que les religieux ont bien le droit de dire qu'ils sont contre les lois de la République...

On va me dire que je mélange tout.

Il n'empêche que j'ai du mal à croire que la guerre au Mali ne soit que pureté démocratique et qu'il est bien évident que lorsqu'on a une guerre, il faut regarder du côté des énergies : le feu, le pétrole, l'électricité. Areva, juste de l'autre côté de la frontière malienne, au Niger.

Dans l'affaire, Hollande acquiert une nouvelle image, une nouvelle fermeté : l'homme est capable de faire la guerre. Bref, c'est pas un pédé.

CC


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