Non...je m'exprime mal. On me le fait remarquer en commentaire et je m'amende. C'est un point de vue de gauche : je ne peux pas être déçue par la droite...Je peux être indignée, agacée, en colère...Mais pas déçue, puisque je n'investis rien de ce côté là.Mais les gauchistes sont des idéalistes, de fervents créateurs d'utopie.
Ils investissent toutes sortes de rêves de société dans la politique. Ils veulent croire que les partis peuvent apporter le bonheur aux gens. Belle idée. Mais on ne peut imposer le bonheur à personne.
Je suis gauchiste, cependant.
Et quand j'entends brailler Martine Aubry qu'il faut "voter utile", je suis déçue.
Cette déception m'étreint régulièrement. Mes valeurs profondes, mon humanisme, ma tolérance, mon ouverture (ouh ! le vilain mot !), souffrent.
Lorsque un maire, lorsque un conseiller général de gauche, me fait le coup de privilégier le centre commercial à l'école, quand on me fait le coup de la démocratie participative pour mieux me planter un couteau dans le dos, je prends cette déception en pleine tronche.
Ce qui ne me rend pas tout à fait cynique, pour autant, car aux prochaines élections, je voudrais y croire encore, je sais bien que je ferai encore campagne pour ces valeurs qui me tiennent tant à cœur. Et surtout que je combattrai les idées de libéralisme économique et d'individualisme que la droite me propose.
Mais il restera toujours comme une brûlure, là où l'épée de la déception aura planté sa lame...
CC

