14 septembre 2013
Ni les braqueurs, ni les tireurs
Alors, pour que ce soit bien clair, il est évident que je ne cautionne pas le braqueur, qui aurait mieux fait d'aller honnêtement pointer à Pôle Emploi.
Et je peux comprendre qu'un commerçant probe soit énervé de se voir braqué, qu'il soit choqué, effrayé.
Mais de là à prendre une arme (illégalement, semble-t-il, en plus, puisqu'il n'avait pas de permis), et de courir après un type pour lui tirer dessus alors qu'il est hors de danger, il y a un monde.
En dehors du fait que le bijoutier aurait pu prendre sa femme dans ses bras, téléphoner à la police et à son assurance ou encore boire un petit coup de poire pour se remettre de ses émotions, j'ai l'impression que ceux qui soutiennent le commerçant se laissent un peu trop conduire par leur cerveau reptilien et oublient qu'on a une justice, en France et que la vengeance personnelle n'a pas sa place dans une société civilisée.
Si tout le monde se met à flinguer dans tous les sens pour se faire justice, alors...Alors moi aussi, quand des gamins braillent sous ma fenêtre à 11 heures du soir, je vais prendre mon pétard. Quand un connard me fera une queue de poisson, je jouerai au tir aux pigeons dans son pare-brise...On n'est pas sorti de l'auberge...
Surtout que le climat actuel est déjà bien tendu et qu'on a pas tellement besoin que les médias viennent en rajouter des tonnes sur le thème de la peur et de la violence, comme toujours avant des élections...Eh oui ! En 2014, on a les municipales...
CC

15 décembre 2012
Des flingues pour les collégiens...
| Aéroport de Las Vegas...Bel accueil ! |
Cet élève était en colère et menaçait de tuer tout le monde.
C'est même passé dans le journal et à la radio.
Heureusement, ma mère n'a pas entendu cela.
Ce matin, nous apprenions qu'aux USA, un jeune homme avait flingué des gamins dans une école.
Ce matin, je me suis dit qu'on avait la chance d'être dans un pays où l'accès aux armes n'est pas tout simple...
CC

25 novembre 2012
Ces 313 qui ne sont pas des salopes
Ce manifeste, je le sais, est une aide précieuse pour de nombreuses femmes violées à qui on a dit "Tais-toi !"...

15 mai 2011
DSK : je n'ai pas envie d'en parler
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| Signez, ça peut pas faire de mal... |
Très sympa, très affaibli à cause de son régime Dukan, pas du tout agressif.
Ségolène Royal aussi, ferait une belle présidente.
On ne sait pas grand chose sur ses frasques amoureuses...
Montebourg n'est pas mal non plus.
Il a une femme belle et jeune qui le satisfait sans doute...
Bref, n'importe qui fera l'affaire. Il faudra bien...
Dans le fond, à un an de la présidentielle, on a le temps de voir.
(Et je pense surtout, ce soir, à la femme de chambre qui a passé un sale quart d'heure, bien traumatisant et qui a ensuite dû aller raconter ça aux flics. Et maintenant, une bonne partie du monde entier met en doute ses propos, comme à peu près à chaque fois qu'une femme vient se plaindre pour viol. Parce que dans le fond, elle l'avait sûrement bien un peu cherché...Ou pas.)
CC

6 mai 2010
Violences, marronniers, phallus et Sarkozy
Aujourd'hui, le président a parlé des violences scolaires.
Il n'y connait pas grand chose, en la matière. Il a pourtant un fils en âge d'être au collège...Mais il a l'air gentil et bien éduqué. En plus il a une bonne bouille...A moi, il me fait penser à un animateur télé de mon enfance...Bref...
Il a donc égrené des mesures sécuritaires, une fois de plus.
Oui, parce que trois ans, c'est long : il arrive toujours un temps où l'on se répète, où l'on rabâche, où l'on radote. Et ce temps est venu...
Il serait assez instructif de faire de le décompte du nombre de fois où il nous a parlé de "portails électroniques" et de caméras de surveillance pour les lycées...
Je n'ai pas le temps, ce soir. Mais à la louche, je dirais qu'il en a déjà parlé au mois 5 ou 6 fois. L'idée est une sorte de marronnier, désormais - comme d'autres sujets. Et là, ça tombe bien, les marronniers sont en fleurs. Ils tendent leurs belles grappes coniques vers l'azur, ç'en est presque érotique.
C'est déjà pas mal, si le président nous fait penser aux arbres qui pointent leurs fières fleurs comme des phallus vers le ciel...
CC

8 avril 2010
Apprendre à éviter les couteaux...

Forcément, je pourrais facilement m'offusquer des dernières déclarations de Luc Chatel.
Vous pensez bien : des formations pour que les professeurs apprennent à gérer les situations de crise, par exemple...Ce sera quoi ? Genre cours de karaté, de self-défense ? Travail sur les réflexes histoire de savoir éviter les couteaux, comme au cirque ?
Cerise sur le gâteau : ce ne seront que les "nouveaux" enseignants qui seront formés à cela. Les "vieux", plus il en crèvera, mieux ce sera pour les économies de l'État.
Autre exemple : les "élèves particulièrement perturbateurs pourront être sortis de la classe" et "placés dans des structures adaptées, aussi longtemps que nécessaire", a affirmé Luc Chatel.
C'est déjà un peu le cas. Mais les "structures adaptées", qu'est-ce que c'est, au juste ? Les classes-relais ? Elles sont rapidement pleines et en aucun cas, on peut y laisser les élèves "aussi longtemps que nécessaire"...Ou alors les internats éducatifs ? il y en a très peu et les places y sont chères.
Autre morceau de bravoure : les "parents qui n'assument pas leurs responsabilités" pourront voir leurs allocations familiales suspendues, a ajouté le ministre, en souhaitant que cette mesure -déjà possible- soit "plus facilement effective".
Bonne idée : on punit les parents. On les infantilise, on les culpabilise. On ferait mieux de les aider. Mais ce serait trop cher. D'ailleurs, la première idée est bien meilleure, puisqu'elle permet de faire des économies.
En enfin, le truc le plus rigolo, le "Code de la vie scolaire" qui sera diffusé dans tous les collèges et lycées à la rentrée prochaine. Les règlements intérieurs pourront imposer aux élèves de se ranger avant d'entrer en cours, de se lever en présence d'un adulte, de lever le doigt pour demander la parole, de vouvoyer le professeur, etc.
Les règlements intérieurs, et ceux qui les ont écrits, ont déjà pensé à tout ça depuis belle lurette. Oui, les élèves doivent se ranger, oui, ils doivent lever la main pour prendre la parole, oui, ils vouvoient les profs...
C'est une bonne idée de faire croire aux gens qui sont assez prompt à critiquer les profs sans qu'on les y pousse, que ceux-là sont des babas qui laissent tout faire aux élèves...
Inévitablement, le péquin lambda qui aura entendu qu'il faut désormais que les élèves voussoient leurs enseignants pensera : "Mais comment, ils se laissent tutoyer ? Et ils se plaignent que ça ne va pas ? Ah, de mon temps, ça ne se passait pas comme ça et blablabla..."
Alors non. Je ne me plaindrai pas. Je ne dirai rien. Je laisserai juste échapper un rire ironique et désabusé.
Et je reviendrai quand même sur le pire. Plus tard...
CC

22 février 2010
Jour de rentrée
Et aujourd'hui, pourtant, la tension était déjà palpable, l'alerte incendie a déjà été déclenchée par des élèves, peut-être même par des 6èmes, selon les premières estimations, les 3èmes prenaient déjà tout sur le ton de la rébellion, déjà lassés de tout ce qu'on pouvait leur proposer.
Et pourtant, ce n'est que le début d'une période de 6 semaines. Il va falloir s'accrocher.
Mauvaise journée...
(Quelques articles qui permettent de prendre du recul sur tout ça, ailleurs que chez moi. J'ai la tête dans le guidon, ce n'est pas bon pour la réflexion. Le Privilégié, Juan, Gauche de Combat. J'ajoute après coup Thierry D. Lui aussi décrit son vécu...
CC

18 février 2010
Violences scolaires
Certes, tout ça resterait peut-être au rang des faits divers, en temps normal, mais là, les médias s'intéressent : les élections approchent et comme par hasard, c'est toujours une période où la violence augmente...dans les journaux.
Mais il n'y a pas que ça. Les mouvement dans l'académie de Créteil le prouve : les profs expriment un gros ras-le-bol.
La violence a changé de visage et elle est aussi plus courante et totalement banalisée : les "happy slapping" ou les jeux sadiques qui consistent à massacrer des élèves pour rien, comme les "petit pont" ou "jeu de la boule" se multiplient, par exemple. Il y a aussi une violence plus quotidienne qui consiste à se taper dessus "pour rigoler". C'est ce qu'ils me répondent, mes collégiens quand je leur prends leur carnet pour les sanctionner : "Mais Madame, c'est pour rigoler !"...
Le problème, c'est qu'il devient impossible de sanctionner ces petites violences au jour le jour. Dès qu'on a le dos tourné, ils se sautent dessus...
Il manque du personnel, dans les établissements. Ce n'est rien de le dire : cela fait des années qu’on supprime des postes de surveillants. Dans mon collège, pendant la récréation, tout le monde est réquisitionné pour surveiller les couloirs, parce qu’il n’y a qu’un ou deux surveillants pour deux cours de récré et tous les couloirs. Même les personnels d’entretien sont obligés de surveiller. Ce n’est pas leur métier et ce n’est pas une solution. Les élèves, d’ailleurs leur manquent souvent de respect, ce qui ajoute au désordre.
Les quelques surveillants qui sont là sont trop précaires pour être efficaces : employés à mi-temps, payés une misère, pas sûrs d’être repris l’année suivante, faisant des études en même temps, très jeunes, ils n’ont pas forcément la carrure professionnelle pour être à la hauteur de la situation.
Pour ajouter au tableau de l'horreur, pourtant assez réaliste, la tendance à l'économie de bouts de chandelles pousse à faire des établissements de plus en plus gros. Une seule administration pour un établissement au lieu de deux, un seul CDI, moins de profs, des classes plus grosses, l'Éducation Nationale a tout à y gagner.
Mais ainsi, réduit progressivement la qualité de l’accueil. Les élèves sont anonymes parmi la foule, à un âge, l’adolescence où ils ont besoin d’être chouchoutés...La violence est alors un moyen de se faire remarquer
Et puis, dans un grand établissement, les allées et venues sont moins contrôlables, surtout avec moins de personnels. Il est aussi plus aisé de rentrer, depuis l’extérieur. On l’a vu lors des dernières affaires : les agresseurs venaient de l’extérieur...
Les profs ne sont plus crédibles, alors je crois que les parents vont devoir se battre à leur tour. On a trop souvent l’impression que les enseignants se battent pour eux et pour leurs acquis : c’est faux. La majeure partie des enseignants qui font grève le font par conviction : ils ne perdent pas des journées de salaire pour le plaisir. Souvent d’ailleurs, ils sont parents et sont les premiers effarés de ces nouvelles conditions d’enseignement.
Tous les parents ont de quoi être inquiets de cette montée de la violence : leurs enfants sont-ils vraiment en sécurité à l’école ?
Le programme du gouvernement consiste à faire des économies à tout prix, en veillant à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On réduit les crédits de fonctionnement aux écoles, les moyens humains, mais le nombre d’élèves ne diminue pas, lui : la natalité se porte bien. Les familles ne réagissent pas à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement parce qu’elle est progressive, parce que les enfants évoluent de l’école au collège et que les profs font le maximum pour que ça ne craque pas tout à fait. D’ailleurs, cette diminution se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.
C'est la fameuse métaphore de la grenouille. Et c'est pareil pour beaucoup de choses : tenez, les retraites...
Mais si l'on n'est pas encore tout à fait cuit, il est temps de donner le coup de patte qui nous sauvera...
CC

15 février 2010
La violence est-elle notre seul espoir ?
En fait, cette espérance est celle de voir enfin les parents se réveiller et prendre en main l'avenir de leurs enfants. Les parents sont évidemment plus écoutés que les profs. Les profs ne font que râler tout le temps, ce ne sont que des révolutionnaires de profession. Personne n'écoute plus leurs revendications éternelles et on s'est habitué depuis longtemps à leurs grèves périodiques et inutiles qui tombent toujours les jours où il fait beau.
Les parents, cela fait une belle masse de votant. Les profs ne sont qu'un petit million et qui, en majorité, votent à gauche par atavisme. Inutile de les chouchouter.
Alors j'apprécie l'initiative de ce parent soucieux de l'éducation de sa fille, qui a décidé de saisir le tribunal contre Luc Châtel pour rupture de la continuité d'enseignement public : les profs non remplacés et la gestion pourrie du personnel de l'éducation nationale commencent à se voir.
Si l'on espère voir changer les choses, il va falloir proposer quelque chose. Et là, c'est délicat.
J.P. Briggheli s'essaye à l'exercice. J.P. Brighelli enseigne à des post-bac dans des classes préparatoires et se penche de tout là-haut pour donner son point de vue sur les collèges de banlieue : en rouge dans son texte, je me permets quelques remarques, moi qui ne suis que sa modeste collègue de ZEP...
- les téléphones portables peuvent servir à enregistrer / diffuser des scènes de violence et de provocation ? Interdisons les portables dans l’enceinte des établissements. En cas d’infraction, confisquons-les, avec obligation aux élèves de se faire accompagner de leurs parents pour les récupérer. C’est déjà le cas dans un certain nombre d’établissements : ce qui est possible là ne le serait pas ailleurs ? Allons donc !
> Les parents sont rassurés par les téléphones portables. Si les parents veulent que leurs bambins aient des téléphones portables, ce ne sont pas quelques profs rétrogrades qui les en empêcheront. Même la menace du cancer et de la tumeur au cerveau n'y change rien...Alors les profs...Et puis les parents sont tout puissants, ce sont eux les électeurs de poids, les payeurs, les consommateurs, les clients.
- Les élèves doivent présenter un carnet de correspondance ou une carte à l’entrée des établissements — et l’entrée doit leur être refusée s’ils ne l’ont pas. Dans le même ordre d’idées, des adultes (concierges, surveillant, et surtout personnels de direction) doivent chaque matin être à l’entrée des élèves — ne serait-ce que pour leur faire comprendre qu’ils entrent dans un autre système qui a ses règles et ses pontifes;
> C'est en effet ce qui se passe dans mon collège. Les chefs sont à la grille et ils s'en grillent une, tranquilles. Bel exemple, pour la jeunesse. Un des problèmes de l'éducation, ce sont aussi les chefs d'établissement. Ils ont une pression énorme sur les épaules, de la part du rectorat. On peut comprendre cela. Cependant, comme plus personne ne veut faire ce métier plein de responsabilités, de tâches administratives pénibles et le rôle d'éternel punching-ball, alors, on recrute un peu n'importe qui...- nous manquons de surveillants ? Embauchons-en — à ceci près que ce ne sont pas des étudiants surmenés et à temps partiel qu’il faut utiliser, ni des « grands frères » dont l’activité principale consistera à imposer l’observance de tel ou tel précepte aux petits. Non ce sont des adultes, des vrais adultes, qu’il faut mettre en face des enfants. Pas des copains. Nous avons pléthore de quinquagénaires en recherche (désespérée, parfois) d’emploi ? Recrutons-les prioritairement, ils seront bien plus à l’aise, face aux jeunes, que… des jeunes;
> Pourquoi pas...Je verrais bien quelques-uns de ces donneurs de leçons qui pullulent sur les forums et dans les commentaires dès qu'on parle d'éducation. On rirait un peu...- un élève perturbe gravement un cours ? C’est à l’administration à le prendre en charge — pour le bien collectif. Un élève perturbe gravement un établissement ? Non seulement il faut le virer, mais ne pas le réinscrire dans un établissement qu’il contaminera tout aussitôt : il faut recréer d’urgence des structures adaptées;
> Mais ça y est ! Un internat d'excellence est ouvert depuis septembre...Un seul pour toute la France, c'est un peu juste, mais on va se pousser...Sinon, Jean-Paul, vous vous rendez compte de ce que vous proposez ? Vous savez combien ça coûte ? Franchement, ce n'est pas raisonnable ! Oui, bien sûr c'était une promesse de Nicolas Sarkozy, mais les promesses, voyons !!! Vous savez bien que ça n'engage que ceux qui les croient...- des petits morveux crânent en classe parce qu’ils savent que leurs parents interviendront ? Interdisons à nouveau aux parents d’entrer dans les établissements scolaires. Fermons-leur les conseils de classe, de discipline et d’administration (franchement, en quoi y sont-ils compétents ?). Après tout, les parents entrent-ils dans les hôpitaux pour suggérer aux médecins les soins que réclame leur progéniture ?
>La société hait tellement les profs, déjà...Est-ce la peine d'en rajouter une couche ? Je sais combien c'est difficile de se sentir juger dans son travail par des gens qui croient savoir, mais qui ignorent tout de la profession. Cependant, je reste convaincue qu'on peut faire du bon travail, en collaboration avec les parents. C'est sans doute parce que je suis dans un quartier difficile : le contact avec les parents y est plus aisé et plus respectueux, en général.- Si nécessaire, indexons le comportement des voyous sur les prestations sociales dont bénéficient leurs parents. Le facteur économique étant déterminant en dernière instance;
> D'accord seulement si le système est capable de proposer une solution concrète aux parents : c'est injuste de couper les vivres aux parents sous prétexte que leurs enfants se conduisent mal. S'ils se conduisent mal, c'est aussi parce qu'ils ne sont pas bien dans le système éducatif. (Voir le point suivant)- il peut arriver qu’un élève se dissipe (un joli euphémisme, tiens !) parce qu’il a l’impression de ne rien avoir à faire dans un cursus généraliste de longue durée. Eh bien, consentons une fois pour toutes à repenser le collège unique, qui nous fait entretenir des dizaines de milliers de pauvres gosses mal à l’aise dans un enseignement général inadapté — et qui fourniront le gros du bataillon de 140 000 gamins qui sortent du système scolaire fin troisième sans rien dans la tête, ni dans les mains;
>Absolument d'accord. Mais encore une fois : est-ce bien raisonnable ? Sait-on le prix que ça coûte ?- c’est tout l’établissement qui est gangrené par la violence, parce qu’un utopiste fou a pensé intelligent de construire un ghetto scolaire à l’intérieur d’un ghetto social ? Ce n’est certes pas en le repeignant qu’on améliorera la situation. Puisqu’il est financièrement pas plus onéreux de le reconstruire (ailleurs, si possible) que de le réhabiliter, n’hésitons pas — construisons-le ailleurs, et dispersons les mauvais sujets. Et réaménageons l’espace intérieur – une estrade, parfois, cela suffit à faire la différence, tant il est vrai que l’enseignement est un art du spectacle;
> Et contrôlons la carte scolaire avec assez d'autorité pour que de vrais mélanges sociaux se fassent. Pour l'estrade, par contre, c'est le meilleur moyen pour se casser la figure...- trop d’enfants ont un rapport déficient à la langue, parce que leur environnement familial n’a pas eu accès lui-même à la langue et à la culture de l’école — c’est-à-dire celles de la bourgeoisie ? Construisons vraiment ces « internats d’excellence » dont parlait jadis un certain candidat à la présidence dont je crois bien qu’il s’appelait Sarkozy. Inutile de nous bercer d’illusions : face au poids familial, face aux contraintes environnementales, l’école ne peut pas tout;
Et de façon générale, instaurons la tolérance zéro.
> La langue est au cœur du problème : rétablissons des horaires de français dignes de ce nom. Non, l'école ne peut pas tout. Surtout l'école telle qu'elle est conçue actuellement.
> Cette formule ne signifie pas grand chose, en vérité, mis à part reprendre un slogan sarkozyste qui ne signifie pas grand chose non plus, on le constate chaque jour.
Quand on est confronté à des cas de misère sociale, quand on est face à des élèves de 6èmes sales et mal nourris, quand on reçoit des élèves qui ne savent pas écrire et qui ne comprennent rien au monde qui les entoure, on ne peut pas, humainement, être intolérant.
CC

13 février 2010
Parents, si vous saviez...
Consigne dans les IUFM : vous n'êtes pas prof, certes, mais ne le dites pas aux parents, vous pourriez avoir des problèmes.
Tu m'étonnes, John...Il vaut mieux que les parents ne sachent pas.
C'est d'ailleurs tout un plan : on baisse la qualité progressivement, tout en veillant à ne pas éveiller les soupçons, par exemple, en ne faisant pas toutes les réformes en même temps pour que des mouvements de contestations concertés ne puissent pas être lancés.
Les parents, s'ils se rendaient compte à quel point on est entrain de baisser la qualité de l'enseignement de leurs enfants, se révolteraient peut-être.
A moins qu'ils aient eux aussi accepté l'idée que l'école est une bonne garderie...Et que s'ils veulent un meilleur service, c'est à eux de se le payer. Acamerdia est là pour ça...
Cependant, le manque de moyen a tendance à se voir beaucoup, en ce moment : les violences à l'école font de plus en plus les gros titres des journaux. Jeux du petit pont, happy slapping, coups de poignard et j'en passe, font la joie des cours de récré, semble-t-il.
Les élections régionales qui approchent y sont sans doute pour quelque chose. Les régions ont en charge la gestion des collèges et des lycées, alors, pour la droite, minoritaire presque partout, trouve là un moyen facile de faire campagne sur la sécurité qui serait de leur côté, puisque la gauche ne fait rien pour ça.
Cependant, il ne fait pas oublier que les régions gèrent les infrastructures : les bâtiments, l'entretien, les personnels d'entretien...mais pas l'enseignement, ni l'encadrement des élèves.
Les régions ne sont pour rien dans les postes de surveillants supprimés, ni pour les profs non remplacés : c'est bien l'Etat, via le ministère de l'Education Nationale qui s'occupe de ça.
Attention à ne pas confondre le pompier avec le pyromane, dans cette histoire...
CC

9 janvier 2010
Au Kremlin-Bicêtre, pourtant, tout est calme, normalement
Tout est calme, le lycée n'est pas classé parmi les plus violents. C'est un lycée normal dans une banlieue à deux pas de Paris, dans un quartier où il fait bon vivre.
C'est pourtant là qu'hier un jeune s'est jeté sur un élève et l'a poignardé. Aujourd'hui, ce garçon est mort de la suite de ses blessures.
La violence "banalisée" est au coeur du débat.
C'est en tout cas ce que Luc Châtel a déclaré :
"Ce qui s'est passé hier, ce n'est pas un affrontement entre bandes, une affaire de racket, c'est une affaire absolument terrible de banalisation d'une violence quotidienne, c'est un différend entre deux jeunes de 18 ans qui, il y a quelques années, aurait tourné en une petite bagarre à la récréation et là s'est terminé par un coup de couteau et un mort"
Hormis le fait qu'il s'agit d'un cas particulier et qu'il est hasardeux d'en tirer des généralités faciles, hormis le calendrier qui a placé ce fait divers tragique à quelques mois des élections régionales -et oui, parler de violence et d'insécurité, à la veille des élections, c'est toujours profitable à la droite*-, il faut quand même rappeler que la droite est au pouvoir depuis des années, que Sarko était au ministère de l'intérieur avant d'être président et que quelques ministres de l'éducation issus de l'UMP se sont succédés au gouvernement depuis pas mal de temps.
Avant de se lamenter sur la déplorable situation de l'école et sur la violence qui fait florès, il faut absolument rappeler que c'est bien la droite qui met en place depuis une petite décennie une réduction des postes d'encadrement, des surveillants jusqu'aux profs.
Si j'étais un criminel en mal de vengeance, il est évident que c'est au milieu d'une cour de récréation que je frapperais : dans un grand lycée, même s'il y a trois ou quatre pions de service, ils ne peuvent pas être dans les couloirs, dans les différents endroits stratégiques, les toilettes, le bureau qui gère les absences, et tous les coins et recoins de la cour.
Et puis le sous-entendu vicieux qui court sous les paroles de Luc Châtel, c'est évidemment le prof "bashing", ni plus ni moins. Les profs commencent à avoir l'habitude...
Mais...Parents d'élèves, posez-vous les bonnes questions : êtes-vous sûrs que vos enfants sont en sécurité à l'école ? Et savez-vous à qui vous devez cette insécurité ?
Désolée...
*A propos des pics de violence qui surviennent étrangement à la veille des élections, je vous conseille de regarder, si vous en avez l'occasion, les rétrospectives du Zapping qui a vingt ans cette année, sur Canal +. C'est édifiant.
CC

13 décembre 2009
La violence appelle la violence...
C'est malheureux de voir ce vieil homme, la figure ensanglantée, les lèvres rougies, comme outrageusement maquillées, les pommettes tuméfiées.
En même temps, il ne faudrait pas se laisser trop attendrir. Ce type, à l'arrogance vulgaire, n'a pas que des amis en Italie. Il y a quelques jours, un NO BERLUSCONI DAY était organisé, remportant un fort succès.
L'homme truste les médias depuis plusieurs années, multiplie les déclarations racistes qui font sans doute la honte de beaucoup d'Italiens plus réfléchis que lui, accumule les affaires judiciaires dont il arrive toujours plus ou moins à s'en tirer...Il est soupçonné d'aimer les très jeunes filles, d'organiser des parties fines...Bref, il mélange les vices et les défauts, mais parvient toujours à se faire réélire.
Il est le parangon de ces hommes d'États qui se croient tout permis et qui se conduisent en porc.
Aujourd'hui, il se prend une mandale dans la tronche.
Rien d'étonnant.
En France, quand Sarkozy se déplace, il est bardé de gardes du corps et éloigne tout ce qui pourrait le gêner à des kilomètres à la ronde. Comment penser que Berlusconi ne fait pas la même chose en Italie ?
Un jour, pourtant, quelqu'un arrive à se faufiler.
La violence de la société appelle la violence.
Je me faisais déjà la réflexion ce matin, en écoutant des histoires d'agression, qui à Lille, qui dans le métro parisien. Certes, il s'agit sans doute de personnes déséquilibrées ou droguées...Mais je me demande combien de temps et combien de vexation, combien de chômage, de RSA ou de jours dans la rue il faut pour devenir fou. Pour tirer sur des passants ou pour agresser un homme politique.
La violence de la société appelle la violence...
CC



