Anastasie...
Francois Béranger TANGO DE L ENNUI par N99
Il fut un temps où l'indignation était un moteur : ça faisait même vendre des livres.
Il fut un temps où les jeunes descendaient dans la rue pour protester contre un parti politique susceptible de les priver de liberté.
Il fut un temps où les gens ne votaient pas pour les politiques qui fraudaient, qui avaient des soucis avec la justice.
Aujourd'hui, tout le monde s'en fout : le Front National en tête d'une élection ? OSEF. Les Balkany ? Réélus. Ranafout'. Dans trois jours, on ne parlera plus de Copé. L'actu sera passée, les chaînes d'info continue auront les résultats de Roland-Garros à diffuser.
On fait n'importe quoi, de toute façon : on réélit un maire PS en mars, au premier tour, contre trois autres listes dont une bien à droite, à 56% des voix. Deux mois plus tard, on met le FN en tête de 23 liste avec 33% des voix. Tout va bien. La cohérence n'est pas une obligation, on est bien libre de faire ce qu'on veut. C'est ce qui s'est passé dans ma ville.
Je ne suis pas forcément la plus vindicative, la plus expansive, la plus démonstrative. C'est le moins qu'on puisse dire. Mais ce niveau d'apathie, d'anesthésie, ce coma profond me désespèrent.
Aujourd'hui, c'était la première journée nationale de commémoration de la Résistance. Rien à voir avec le composant électronique.
CC
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27 mai 2014
9 janvier 2011
Qui a le droit de franchir le point Godwin ?
Cette après-midi, j'ai regardé le film "Walter, retour en résistance", de Gilles Perret.
Il s'agit d'un documentaire à propos de la résistance, du conseil national de résistance et de la politique actuelle.
Le propos est simple : au sortir de la guerre, le CNR avait suffisamment de pouvoir pour imposer des mesures sociales aux grands patrons, qui pour beaucoup avaient été des collabos officiels...C'est à ce moment-là qu'on a mis en place la sécurité sociale, le système des retraites par répartition, les allocations, la liberté de la presse...La France était alors ruinée mais on a quand même trouvé l'argent nécessaire pour mettre tout ça en place.
Aujourd'hui, alors que le PIB de la France n'a jamais été si énorme, on nous fait croire que nous avons plus assez de fric pour faire tourner les mêmes systèmes de solidarité.
Y'a comme baleine sous gravillon.
Les quelques résistants qui sont interviewés, Walter Bassan, John Berger, Stéphane Hessel et Constant Paisant, qui ont été déportés, ont subi des tortures, ont vu mourir des copains à peine majeurs, comme eux, parlent de fascisme, de barbarie, d'une idéologie foireuse qui s'installe, rampante, au sein de notre société. Ce qui fit, dans les années 30, le lit du fascisme...
Lorsque vous et moi, aujourd'hui, sur internet ou ailleurs, nous osons ce parallèle, par exemple, quand un homme se jette par la fenêtre pour échapper à une expulsion, quand on sépare des familles, quand on "reconduit à la frontière", nous avons vite fait de gagner un point Godwin.
Et lorsqu'on évoque un retour en arrière, quand on casse le service public et qu'on se demande si le patronat ne souhaiterait pas qu'on revienne fissa au XIXème siècle, nous ne restons pas longtemps sans recevoir un point Godwin...
Cependant, lorsque ces octogénaires nous mettent en garde, est-ce seulement un délire de vieillard ? Ils sont pourtant incroyablement lucides, quand ils s'expriment.
Et comment ne pas voir le cynisme d'un Sarkozy sur le plateau des Glières entre les deux tours des présidentielles ? Comment ne pas sentir sa manipulation intéressée, lorsqu'un an plus tard, dans ce lieu de recueillement, il n'écoute pas celui qui lui explique qu'une plaque à ses pieds commémore un charnier, et qu'il détourne la conversation pour évoquer la robe rose de madame et la ravissante cascade là-bas au loin ?
Et comment interpréter l'embarras de Bernard Accoyer mis devant les contradictions du politique venant de faire un discours poignant sur la mémoire, sur la résistance et sur la France éternelle, quand on lui demande ce qui va advenir des décisions du CNR ?
Pourtant...L'Allemagne dépérissait de pauvreté quand le fascisme a commencé à avoir du succès. Aujourd'hui, les banlieues françaises dépérissent de pauvreté et les idées les plus extrêmes, religieuses ou autres, prennent leur envol...
Il nous faudrait un peu d'amour et de fraternité...
Le film confronte aussi Walter Bassan, ancien déporté à Dachau, qui s'est engagé en résistance "avec inconscience", comme il le dit, à l'adolescence, à des ado d'aujourd'hui. Des lycéens de Haute-Savoie. Tout à fait caractéristiques de leur génération, ils disent qu'en 2007, ils auraient sans doute voté "comme tout le monde", pour Sarkozy...Avec inconscience...A la différence de Walter, pour qui ce n'était pas faire comme tout le monde que de rentrer en résistance...C'était même très minoritaire, dans une France pétainiste...
Non seulement ces jeunes manquent de conscience politique, ce qu'on peut leur pardonner, mais font preuve d'un conformisme et d'un manque de rébellion qui ne va pas avec leur âge. C'est inquiétant...et c'est tout à fait différent des ados de banlieue que j'ai dans mes classes : ils font preuve d'un rejet de la société qu'on leur propose, pour certains, à travers l'Islam, notamment, en prenant le voile comme d'autres se faisaient tatouer au temps oublié du punk...
On devrait sans doute écouter ces vieux résistants...
CC
envoyé par lavaka. - L'info internationale vidéo.
Il s'agit d'un documentaire à propos de la résistance, du conseil national de résistance et de la politique actuelle.
Le propos est simple : au sortir de la guerre, le CNR avait suffisamment de pouvoir pour imposer des mesures sociales aux grands patrons, qui pour beaucoup avaient été des collabos officiels...C'est à ce moment-là qu'on a mis en place la sécurité sociale, le système des retraites par répartition, les allocations, la liberté de la presse...La France était alors ruinée mais on a quand même trouvé l'argent nécessaire pour mettre tout ça en place.
Aujourd'hui, alors que le PIB de la France n'a jamais été si énorme, on nous fait croire que nous avons plus assez de fric pour faire tourner les mêmes systèmes de solidarité.
Y'a comme baleine sous gravillon.
Les quelques résistants qui sont interviewés, Walter Bassan, John Berger, Stéphane Hessel et Constant Paisant, qui ont été déportés, ont subi des tortures, ont vu mourir des copains à peine majeurs, comme eux, parlent de fascisme, de barbarie, d'une idéologie foireuse qui s'installe, rampante, au sein de notre société. Ce qui fit, dans les années 30, le lit du fascisme...
Lorsque vous et moi, aujourd'hui, sur internet ou ailleurs, nous osons ce parallèle, par exemple, quand un homme se jette par la fenêtre pour échapper à une expulsion, quand on sépare des familles, quand on "reconduit à la frontière", nous avons vite fait de gagner un point Godwin.
Et lorsqu'on évoque un retour en arrière, quand on casse le service public et qu'on se demande si le patronat ne souhaiterait pas qu'on revienne fissa au XIXème siècle, nous ne restons pas longtemps sans recevoir un point Godwin...
Cependant, lorsque ces octogénaires nous mettent en garde, est-ce seulement un délire de vieillard ? Ils sont pourtant incroyablement lucides, quand ils s'expriment.
Et comment ne pas voir le cynisme d'un Sarkozy sur le plateau des Glières entre les deux tours des présidentielles ? Comment ne pas sentir sa manipulation intéressée, lorsqu'un an plus tard, dans ce lieu de recueillement, il n'écoute pas celui qui lui explique qu'une plaque à ses pieds commémore un charnier, et qu'il détourne la conversation pour évoquer la robe rose de madame et la ravissante cascade là-bas au loin ?
Et comment interpréter l'embarras de Bernard Accoyer mis devant les contradictions du politique venant de faire un discours poignant sur la mémoire, sur la résistance et sur la France éternelle, quand on lui demande ce qui va advenir des décisions du CNR ?
Pourtant...L'Allemagne dépérissait de pauvreté quand le fascisme a commencé à avoir du succès. Aujourd'hui, les banlieues françaises dépérissent de pauvreté et les idées les plus extrêmes, religieuses ou autres, prennent leur envol...
Il nous faudrait un peu d'amour et de fraternité...
Le film confronte aussi Walter Bassan, ancien déporté à Dachau, qui s'est engagé en résistance "avec inconscience", comme il le dit, à l'adolescence, à des ado d'aujourd'hui. Des lycéens de Haute-Savoie. Tout à fait caractéristiques de leur génération, ils disent qu'en 2007, ils auraient sans doute voté "comme tout le monde", pour Sarkozy...Avec inconscience...A la différence de Walter, pour qui ce n'était pas faire comme tout le monde que de rentrer en résistance...C'était même très minoritaire, dans une France pétainiste...
Non seulement ces jeunes manquent de conscience politique, ce qu'on peut leur pardonner, mais font preuve d'un conformisme et d'un manque de rébellion qui ne va pas avec leur âge. C'est inquiétant...et c'est tout à fait différent des ados de banlieue que j'ai dans mes classes : ils font preuve d'un rejet de la société qu'on leur propose, pour certains, à travers l'Islam, notamment, en prenant le voile comme d'autres se faisaient tatouer au temps oublié du punk...
On devrait sans doute écouter ces vieux résistants...
CC

4 juillet 2010
L'été s'ra chaud
Oh ! Comme il est lourd le climat. Comme pour le temps, c'est à l'orage. A la limite du malaise...
Les affaires, les embrouilles, les petits arrangements entre amis, les privilèges un peu trop voyant s'accumulent.
Heureusement, l'été arrive, les vacances, la plage...Tout ça fera redescendre la température, la tension dans l'air sera moins palpable. Comme un coup d'air frais, comme l'haleine du président...
Mais pourtant, le 14 juillet, c'était bien en été, en 1789, non ? Cette année, les salariés de Peugeot pourront travailler, durant ce jour férié, d'ailleurs.
CC
Les affaires, les embrouilles, les petits arrangements entre amis, les privilèges un peu trop voyant s'accumulent.
Heureusement, l'été arrive, les vacances, la plage...Tout ça fera redescendre la température, la tension dans l'air sera moins palpable. Comme un coup d'air frais, comme l'haleine du président...
Mais pourtant, le 14 juillet, c'était bien en été, en 1789, non ? Cette année, les salariés de Peugeot pourront travailler, durant ce jour férié, d'ailleurs.
CC

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18 mai 2010
Gronde, révolte !
Plus fort !
Dépêches de l'Education du Mardi 18 mai 2010En avez-vous entendu parler ?
Foix: 250 lycéens manifestent sur les vacances et le "manque de moyens"
Environ 250 lycéens ariégeois ont manifesté mardi matin à Foix pour dénoncer notamment "le manque d'information sur les projets de réforme des vacances scolaires" et contre "le manque de moyens enseignants" dans les lycées, a constaté un correspondant de l'AFP.
Des lycéens de Lavelanet et Pamiers s'étaient joints à ceux de Foix pour organiser cette manifestation qui s'est déroulée, sans apparition des syndicats de lycéens FIDL ou UNL, derrière une seule banderole intitulée "Révolte".
Une délégation devait être reçue à la préfecture de l'Ariège.
Le 10 mai, des manifestations spontanées s'étaient déroulées dans plusieurs villes de France après des échanges par SMS et sur Facebook faisant état d'un projet de réduction des vacances scolaires d'été. Ils étaient notamment 400 à défiler à Evreux et une centaine à Cahors.
Le ministre de l'Education, Luc Chatel, doit installer en juin une "conférence nationale" sur la question des rythmes scolaires, qui inclura la question des vacances. Aucune décision n'est pour l'instant arrêtée.
L'Institut Montaigne, d'inspiration libérale, a cependant proposé dans un récent rapport de réduire les congés estivaux d'au moins deux semaines et de réduire le nombre des heures de classe quotidiennes.
Une information n'existe pas, si elle n'est pas diffusée. Si l'on n'en parle pas à la télé. Et en plus, "aujourd'hui, en France, quand il y a une grève, personne s'en aperçoit...".
Tenez, aujourd'hui, par contre, on a parlé d'une grève. Celle des infirmiers-anesthésistes. Je ne sais pas si vous avez vu les images, au JT, ce soir. Je les ai trouvées extrêmement violentes...Les CRS ont arraché les manifestants des voies, les ont traînés sur plusieurs mètres, sans ménagement...
J'ai adoré le commentaire du journaliste à la fin...Il parlait des passagers de la SNCF qui étaient en souffrance.
En souffrance...
Ce que le reportage de France 2 ne dit pas, c'est que le mouvement dure depuis plusieurs semaines, qu'il concerne la formation de cette profession et que les professionnels de santé ne sont pas réputés pour faire grève pour rien...
Il faudrait quand même que la révolte gronde plus fort...Nous sommes tellement anesthésiés...
CC

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7 décembre 2009
Ecoutez : ça gronde...
A Athènes, on commémore les événements de l'année dernière. Vous vous souvenez, l'année dernière ? Les jeunes Grecs étaient descendus dans la rue pour remettre en cause ce système économique capable de se payer une crise sur le dos des petites gens.
Ce système économique qui prenait des bonus extravagants pendant que, même en ayant fait 5ans d'études après le bac, on se retrouve sans rien à bouffer...
Les étudiants grecs avaient eu le courage de crier ce que le monde entier avait alors sur cœur...Ils avaient eu la faveur des médias pendant quelques jours, ils avaient fait durer le mouvement pendant un mois et puis, entre violence et disparition de l'espace médiatique, on avait cru que tout allait mieux maintenant.
Mais rien ne va mieux...
Ce week-end, c'était les Italiens qui étaient dans la rue massivement pour protester contre ceux qui nous dirigent. Là-bas c'est un dénommé Berlusconi. Mais dans le fond, il est juste parfaitement le symptôme de ce même capitalisme : l'homme est puissant et intouchable par la justice, bronzé, lifté et bien nourri. Il organise des parties fines avec de très jeunes et jolies jeunes filles. Pendant ce temps, on est à la recherche d'un emploi.
"Merci de patienter, un conseiller "pôle emploi" va répondre à votre demande."
La patience a des limites.
Sur facebook, un groupe NO SARKOZY DAY vient d'être créé, à l'image de ce qui s'est passé en Italie. Ce sont les blogueurs qui ont lancé l'idée, là-bas...Qui sait si nous arriveront à fomenter le même mouvement en France...? Je ne crois pas que les blogueurs soient réellement "influents".
Mais si quelques médias en vue reprennent tout ça...
CC
Ce système économique qui prenait des bonus extravagants pendant que, même en ayant fait 5ans d'études après le bac, on se retrouve sans rien à bouffer...
Les étudiants grecs avaient eu le courage de crier ce que le monde entier avait alors sur cœur...Ils avaient eu la faveur des médias pendant quelques jours, ils avaient fait durer le mouvement pendant un mois et puis, entre violence et disparition de l'espace médiatique, on avait cru que tout allait mieux maintenant.
Mais rien ne va mieux...
Ce week-end, c'était les Italiens qui étaient dans la rue massivement pour protester contre ceux qui nous dirigent. Là-bas c'est un dénommé Berlusconi. Mais dans le fond, il est juste parfaitement le symptôme de ce même capitalisme : l'homme est puissant et intouchable par la justice, bronzé, lifté et bien nourri. Il organise des parties fines avec de très jeunes et jolies jeunes filles. Pendant ce temps, on est à la recherche d'un emploi.
"Merci de patienter, un conseiller "pôle emploi" va répondre à votre demande."
La patience a des limites.
Sur facebook, un groupe NO SARKOZY DAY vient d'être créé, à l'image de ce qui s'est passé en Italie. Ce sont les blogueurs qui ont lancé l'idée, là-bas...Qui sait si nous arriveront à fomenter le même mouvement en France...? Je ne crois pas que les blogueurs soient réellement "influents".
Mais si quelques médias en vue reprennent tout ça...
CC

30 novembre 2009
Retour en résistance ?
Alors voilà. Plus de 50 000 chômeurs de plus. Beaucoup plus, à la vérité...Mais qu'importe...
C'est étrange comme ces infos passent désormais presque inaperçues.
Alors voilà. On ne compte plus les suicides chez France Télécom, ou chez Renault...On les compte encore moins dans certaines boîtes moins médiatiques.
Alors voilà. Les Restos du coeur ouvrent à nouveau leurs portes aujourd'hui, pour accueillir encore plus de monde que l'année dernière.
On nous parle d'un monde de progrès, on nous fait croire que c'était pire avant, mais on broie doucement les êtres humains au profit de l'argent et des bénéfices de quelques uns.
On me conseille aujourd'hui un film qui nous rappelle que ce qu'on s'applique à détruire aujourd'hui a été construit avec peine autrefois...
Il est sans doute temps de faire un retour en résistance...
C'est étrange comme ces infos passent désormais presque inaperçues.
Alors voilà. On ne compte plus les suicides chez France Télécom, ou chez Renault...On les compte encore moins dans certaines boîtes moins médiatiques.
Alors voilà. Les Restos du coeur ouvrent à nouveau leurs portes aujourd'hui, pour accueillir encore plus de monde que l'année dernière.
On nous parle d'un monde de progrès, on nous fait croire que c'était pire avant, mais on broie doucement les êtres humains au profit de l'argent et des bénéfices de quelques uns.
On me conseille aujourd'hui un film qui nous rappelle que ce qu'on s'applique à détruire aujourd'hui a été construit avec peine autrefois...
Il est sans doute temps de faire un retour en résistance...

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