Pour un observateur distrait de la politique nationale, quelle différence existe-t-il vraiment entre Hollande et Montebourg ?
Les
jeunes femmes en fleur noteront que l'un est un bel homme qui ne se
teinte pas les cheveux quand l'autre cherche à masquer un embonpoint
tenace et des cheveux blancs de plus en plus nombreux.
Le
fait de ne pas masquer ses tempes semées de maturité pourra peut-être
inspirer confiance, tandis qu'un léger surpoids bonhomme semblera
confortable et rassurant. Tout est question d'interprétation.
Pour un observateur distrait du monde politique, habitué tout un été aux
lectures de plage, aux mauvaises photos de serviettes et parasols, aux
seaux de glace sur la tête des stars et aux selfies au bord des falaises, la rentrée est rude. Quoi ? On s'engueule, on se démissionne, on fait scission ?
Quoi
? On se fait remarquer, alors que septembre n'a même pas pointé le bout
de son nez glacé ? Il est vrai que l'on a eu le nez glacé tout l'été et
que sans s'y être habitué, on a pas rangé le cache-nez...
Alors
dans une semaine, on aura sans doute un nouveau ministre de l'éducation
et Hamon restera pour toujours le ministre des vacances scolaires.
Montebourg aura du temps pour préparer les primaires de 2017, en nous
faisant croire qu'il est plus de gauche que les autres...et en
peaufinant ses allures de George Clooney de Saône-et-Loire.
Quant à nous, nous avions voulu y croire,
mais l'on se dit que le Sénat va retourner à droite...Que ces quelques
mois à gauche n'étaient finalement qu'une anomalie de l'histoire.
Quant
à nous, observateurs distraits, de plus en plus, de la politique et de
son cirque médiatique, nous allons ruminer encore nos aigreurs, nos
impressions d'amateurisme et notre colère contre ces élus, élus par
nous, qui ne nous méritent pas, ou que, finalement, nous avons bien mérité...
Et la prochaine fois, les réélirons-nous ?
CC
En langage familier d’aujourd’hui, cela s’appelle un foutage de gueule. Rien de moins. Mais comme on est à la radio et sur le service public, on dira qu’avec Peugeot, le monde est plus beau, qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Se donner bonne conscience et sauvegarder les apparences alors que vous vous apprêtez à enfumer tout le monde ?
Leçon numéro 1 : vous préparez un énorme plan de suppressions d’emplois, en affirmant qu’il concerne vos usines dans toute l’Europe, puisque la situation de vos ventes est mauvaise… Un plan européen, donc. Pourtant, 5 000 des 6000 emplois qui disparaîtront concernent un seul pays. En l’occurrence le vôtre, la France. 5 sur 6 000… ça nous fait grosso-modo du 85% pour votre personnel d’un seul pays… A’ part ça, il est européen, votre plan.
Leçon numéro 2 : c’est le coup de génie de vos communicants. Vous claironnez qu’il ne s’agit pas de suppression d’emplois, mais bien de suppressions de postes. La preuve martelez-vous : « il n’y aura ni licenciement sec, ni plan de départ volontaire ». Voilà qui est très rassurant. Le commun des mortels comprendra qu’il s’agit simplement pour vous de ne pas remplacer des départs à la retraite. Ainsi, vous n’apparaitrez pas comme un vilain pas beau patron qui se verrait accuser de mettre des familles sur le carreaux alors que ses actionnaires, membres d’une même famille eux-aussi, accessoirement, empocheront de confortables dividendes… Au contraire. Avec ces soi-disant suppressions de poste, vous faites valider, sans un commentaire de travers, le non-renouvellement des contrats de 2500 « prestataires », prévu par votre plan… Prestataires ? Des ingénieurs et techniciens « loués », à des sociétés spécialisées, pour faire dans vos usines le travail de vrais salariés. Jadis on louait des bras, aujourd’hui on loue des cerveaux. Ils ont la couleur d’un salarié, le bureau d’un salarié, la longévité d’un salarié, près de 20 ans d’ancienneté à votre service pour certains, mais ce ne sont pas des salariés. Bien pratique au moment de mettre fin à leurs contrats. Indolore, inodore, invisible… Enfin, ça dépend de quel côté de la barrière on se trouve.
Leçon numéro 3 : tout en pleurant sur le marché qui se contracte et vos carnets de commandes faméliques, délocalisez vers la Chine (variante, le Brésil) votre activité recherche et développement et créez des emplois dans ce pays. Lequel ne se contentera pas d’élaborer vos produits pour le marché intérieur chinois, voire le marché asiatique au sens large, mais planchera également sur les modèles commercialisés demain… en Europe ! Vous savez ce continent sur lequel vous supprimez des emplois parce qu’on ne vous y achète plus vos voitures !!! En Chine, vous en êtes à projeter l’ouverture d’une quatrième usine. Celle qui produira un prochain modèle haut de gamme, que vous entendez bien produire là-bas, à près de 200 000 exemplaires par an. Hmmm, ça en fait des emplois ! Et dire qu’en 2008, l’état français vous prêtait des milliards d’euros pour vous sauver de la déconfiture !!
Voilà, le tour est joué. Vous pouvez délocaliser tranquille, sans volée de bois vert assenée par le gouvernement et malgré les cris à peine audibles de salariés syndiqués indignés. En prime, vous voilà en bonne voie pour redorer votre image auprès des agences de notation. Ni vu ni connu, j’t’embrouille !
Le Billet d'Audrey Pulvar, France Inter le 16/11/2011







