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11 octobre 2026

Chroniquons l'election - semaine 4, épisode 13

 L'actu de la présidentielle a tourné en boucle autour de la mobilisation lycéenne. À ce sujet, j'ai à peu près dit tout ce que je voulais dire la semaine dernière.  


L'actu française, pourtant, ne devrait pas nous faire perdre de vue l'actu mondiale. (Parce que sinon, j'ai aussi la grippe, mais on s'en fout...)

: Un président de la République, c'est aussi le super VRP de la France à l'international. Dit comme ça, ça fait peur. On a vu Macron, cette semaine, sur un porte-avion, en train de regarder s'envoler très haut dans le ciel ce qu'on a de mieux en terme d'arme nucléaire. Heureusement, la tête de l'ogive était vide. Est-ce que la tête de Macron était vide ? C'est son dos qu'on voit sur la vidéo officielle, les mains croisées derrière. Et on ne voit pas sa tête. 

Est-ce que Macron a été à la hauteur de la situation internationale durant ces 10 ans passée à la tête de la France ? 

On se souvient surtout des moments gênants, peut-être : la rencontre avec Poutine, au bout de cette table immense...Les dizaines de poignées de mains de "kikalaplusgrosse"....poignée de main avec Trump. Un tarmac qui rimait avec claque...Un accent anglais un peu plus convaincant que celui de Hollande, mais pas top. Les lunettes de Top Gun et les moqueries des autres pays. 

Je ne suis pas forcément objective. Ce sont des détails, peut-être. Sur le fond, Macron, selon moi n'a pas été à la hauteur de la France et de son Histoire. Comment par exemple aurait-il dû se positionner sur le conflit Israëlo-Palestinien ? C'est une vraie question que je ne cesse de me poser. Pourquoi n'a-t-il pas dénoncé plus clairement et plus fort le génocide en cours ? 

Mais si l'on se projette, pour les 5 ans à venir...

Quel candidat serait vraiment prêt à être l'image de la France dans le monde de fou que nous habitons ?

Nous venons d'apprendre que Glucksmann serait le candidat de la gauche. Ce ne sera donc pas lui qui sera élu. 

Concentrons-nous sur ceux à qui les sondages donnent quelques chances : Marine Le Pen, Mélenchon. Retailleau, Edouard Philippe. Les chances sont plus minces pour certains que pour d'autres. 

Il n'empêche que les deux premiers sont extrêmement clivant en ce qui concerne l'international.  

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19 septembre 2026

Chroniquons l'élection, semaine 2, épisode 9 - La guerre ?


Tout à l'heure, j'ai traversé le parc avec mon chien. Le soleil était encore haut dans le ciel, l'air était chaud, un héron chassait, planté au milieu de la rivière. Je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup d'eau. Que la sécheresse était inquiétante. Pourtant, il y avait comme un air d'insouciance, de légèreté. Les portes du musée étaient grandes ouvertes et même si la conférence prévue pour les journées du patrimoine avait été annulée, il y avait comme un esprit de culture et d'art qui flottait doucement dans l'air doux de la fin d'après-midi.

Sur un banc, des dames faisaient un petit pique-nique. C'est mon chien qui a repéré en premier le roquefort et la rosette, la baguette de pain. Il s'est approché dangereusement et je me suis rendue compte que les dames parlaient ukrainien. En 2022, quand la guerre a commencé, on a accueilli beaucoup d'Ukrainiens, dans mon coin. Je me souviens qu'alors, elles ne voulaient pas rester longtemps. C'était en majorité des femmes, avec des enfants. Elles prévoyaient de rentrer très vite au pays. Elles croyaient à une victoire rapide. 

Et puis elles sont toujours là et elles font des pique-niques sur les bancs. 

Ce soir, j'ai savouré le fait que nous sommes dans un pays en paix. Je me suis assise sur le petit ponton, tout au bout du parc, avec le chien et j'ai repensé à Macron. Hier, il nous a refait le coup de la guerre. Pendant le Covid, vous vous souvenez, il nous avait déjà fait le coup. "Nous sommes en guerre" 

C'était un peu ridicule, surtout avec le recul : on se battait contre un virus. 

Aujourd'hui, c'est d'une "guerre hybride" qu'on nous parle. La Russie, sans l'avouer, nous enverrait des sortes de petits attentats, des attaques qui ne disent pas leur nom. Peut-être que le déraillement du train Rouen-Caen, c'est eux. Peut-être que les survols de lieux stratégiques par des drones, c'est Poutine aussi. Peut-être que tel ou tel incendie...

Rien n'est sûr. Poutine dément. On ne sait rien. Mais une rhétorique de la peur se met en place. 

Quel rapport avec les chroniques sur la présidentielle que je suis censée faire ici, me direz-vous ? 

Peut-être que c'est une sorte de campagne électorale hybride qui se met en place, subrepticement...Peut-être que Macron va nous faire le coup de l'état de guerre...Peut-être qu'il en profitera pour reporter l'élection...Peut-être qu'il en profitera pour jouer la montre et garder encore un peu son trône...

En attendant, savourons les fins d'après-midi dans les parcs, les petits pique-niques sur les bancs avec des copines. Nous sommes en paix...

Bon week-end.  

 

 

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26 mars 2025

Hitler à une bar-mitsva...


Vous avez des souvenirs de vos cours de 3e, en histoire ? Moi oui. Il faut dire que je révise un peu chaque année avec mes élèves qui passent le brevet. Ce qui est fou, c’est qu’on apprend toujours les mêmes choses que quand j’avais 14 ans : la première guerre mondiale, les crises économiques, la montée des extrémismes, les totalitarismes, la deuxième guerre mondiale, les grands équilibres du monde depuis 1945…La guerre froide, l’URSS ennemie jurée des Etats-Unis, le partage du monde entre les gentils démocrates et les méchants partout ailleurs. Ou, si vous avez eu une prof d’histoire un peu communiste sur les bords, le contraire. Je schématise, évidemment, je ne suis même pas prof d’histoire. 

Aujourd’hui, quand je vois Trump être si copain avec Poutine, j’avoue, je ne comprends plus rien. C’est le choc. Quoi ? Les impérialistes buveurs de Coca qui nous lavent le cerveau avec leur musique rock, leurs jeans et leurs films d’Hollywood, copains avec les communistes ? Les communistes, des gens sérieux, les inventeurs géniaux des merveilleux kolkozes, gloire de l’agriculture pour tous et inlassables défenseurs du prolétariat ? (Oui, j’ai eu une prof d’histoire communiste en 3e, j’avoue)...Mais comment comprendre ça, au delà de la caricature ? Oui, bien sûr, Poutine et Trump sont compatibles sur le fond, sur le mascunilisme, l’autoritarisme et les saintes valeurs réac. Aucun doute là-dessus, finalement, ce n’est pas surprenant. 

Mais vous avez regardé les infos, aujourd’hui ? Il y a pire : il y a Bardella en Israël. Cela ne vous donne pas une petite impression de Tintin au Congo à vous ? À minima…Le loup dans la bergerie, l’éléphant dans le magasin de porcelaine, tonton Hitler à une bar-mitsva avec une kalashnikov pour offrir au petit ? 

Sérieusement, comment un tel retournement de situation est-il possible ? Et comment une chatte pourrait y retrouver ses petits ? C’est un retournement des valeurs inédits. J’aimais bien le monde quand il y avait quelques idéologies un peu précises, finalement…

Finalement, on a été largement conditionné par quelques années de macronisme ou l’équivalent, durant lesquelles on nous a inculqué la fin des idéologies…Et maintenant, on n’y comprend plus rien…

 

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25 mars 2025

Guerre ou pas ?


Est-ce que, vraiment, Poutine pourrait nous faire la guerre ? C’est une question qu’on m’a posée, comme ça, dans la rue, alors que je promenais mon chien. Les gens savent que je suis élue, alors ils me posent des questions, à brûle-pourpoint. C’est une question que mes élèves m’ont posée aussi. Aux élèves, j’ai répondu, tu crois vraiment que c’est le moment, là, entre l’étude de l’anaphore et de l’oxymore ? Revenons à nos moutons. Mais au Monsieur dans la rue, j’ai bafouillé quelque chose du genre “Oui, alors si on considère qu’il fait la guerre à l’Ukraine depuis trois ans, sans franc succès, et avec déjà plus de 100 000 soldats qui y sont passés, paix à leur âme, je ne sais pas bien s’il est capable de venir nous reprendre l’Alsace et la Lorraine, en effet…” En disant cela, bien entendu, je savais bien que je taillais à la hache et que je ne saisissais pas l’entièreté des nuances qui font le charme des relations internationales…Mais mon chien tirait sur sa laisse et ne semblait pas très intéressé par la conversation. 

J’ai pris congé du Monsieur en me promettant toutefois d’y réfléchir plus avant. 

Alors est-ce que, vraiment, Poutine pourrait nous faire la guerre ? Nous allons bientôt recevoir un petit manuel de survie en période de crise, paraît-il. Et la fabrication de lingots d’or en Suisse ne s’est jamais aussi bien portée. Ce ne sont pas des signes très optimistes. 

Pour autant, doit-on vraiment craindre des bombardements, des pénuries, des couvre-feux, des drones, des risques nucléaires ou bactériologiques ? Ce que la télé nous envoie depuis Gaza ou depuis Kiev ? Les souvenirs de guerre transmis par nos aïeux ? L’occupation allemande, les tickets de rationnement, les départs pour le front de ceux qui ont fait l’Algérie ? Nous avons sans doute une idée assez vague de ce que pourrait être une vraie guerre. Encore moins une 3e guerre mondiale. 

Pourtant, Trump s’acoquinant avec Poutine, on ne sait plus trop que penser. 

Tout cela m’évoque la pièce de Giraudoux La Guerre de Troie n’aura pas lieu. Personne ne veut de la guerre, à commencer par l’auteur. Et puis, comme avait prédit Cassandre, celle qui dit la vérité, mais qu’on ne croit pas, la guerre à lieu quand même. Les mécanismes du tragique se mettent en place. La Machine Infernale. D’ailleurs, je préfère cette pièce de Jean Cocteau. C’est l’histoire d’Oedipe, dans celle-ci. Même époque : les années 30. On assiste, impuissants, à la mise en place implacable des éléments de la tragédie. L’escalade vers le désastre. Et on peut bien s’agiter dans tous les sens, le couperet tombe. 

Cela ne nous avance guère, ces pièces d’avant-guerre. 

Mais si l’on extrapole, Trump est peut-être un peu Priam et Poutine est sans doute assez proche d’Agamemnon. Un vieux roi un peu dépassé d’un côté, manipulé par son entourage, sûr de ses richesses et de sa puissance, et de l’autre, un roi avide de conquêtes, de terres, de puissance. Depuis que l’homme est homme, la guerre est son activité préférée. Avec le foot et dire du mal de ses voisins, ce qui revient à la guerre. 

Alors oui, la montée vers la guerre n’est pas impossible. 

Ce qui va se passer, c’est déjà une guerre dans les pays limitrophes de la Russie. Le grand rêve de Poutine, c’est de refaire l’empire de l’URSS. Il aura des alliés, des gars aussi nationalistes et réacs que lui. Trump l’aidera en échange de quelques mines, de quelques accords un peu bancals. Sûr de sa puissance, il dira que si les choses se passent bien, si les conflits ne durent pas longtemps, c’est grâce à l’Amérique great again. Il aura peut-être même un prix Nobel. 

Mais est-ce que l’Europe entrera dans la danse ? C’est la question. 

Macron aimerait bien. Vu qu’il n’est pas parvenu, en deux mandats, à entrer dans l’Histoire, la guerre pourrait bien être sa gloire. Il nous avait déjà fait le coup du temps du Covid. “Nous sommes en guerre.” Il adore ça. Vous avez vu comme il s’agite depuis quelque temps ? La France bouclier européen, réarmement, budget de la défense en hausse (alors qu’il n’y a plus de sous), Europe de la défense…Mais si l’on y regarde de plus près, cela est à horizon 2030, 2035. Alors la guerre, oui, peut-être, mais pas tout de suite. 

Enfin, je dis ça, je n’en sais rien. Suis-je Cassandre ? L’avenir le dira. Mais je le jure, je n’ai jamais rencontré Apollon.

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