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28 mai 2011

Abandonner l'utopie ?

J'ai publié avant hier, comme de nombreux blogueurs, une lettre appelant à l'unité de la gauche.

Cette lettre génère quelques réactions, dans le petit monde du web.

On souligne, par exemple, que c'est une idée pleine de bons sentiments mais complétement utopique.

Évidemment : quand on voit déjà le bordel qui règne au PS, on peut toujours rêver que ceux-là s'entendent aussi avec d'autres partis.

La haine fait partie de la politique. Et pas seulement dans le clivage gauche droite.

Il paraît qu'Aubry déteste Hollande, qu'Hollande n'en pense pas moins et que tout le monde est d'accord pour détester Royal. Sans compter qu'avant, Mélenchon était plutôt pote avec tout ce petit monde mais qu'il fait aujourd'hui cavalier seul. Tout en se faisant des ennemis auprès de ses propres alliés, au PC.

Alors, évidemment, cela paraît difficile de parvenir à l'unité.

Mais c'est avant tout parce que nous parlons de personnalités et pas de programme.

Il paraît d'ailleurs que cet après-midi, le programme du PS a été adopté à l'unanimité.

C'est un bon début. Maintenant, il va falloir communiquer là-dessus.

Mais revenons à cet appel d'unité de la gauche.

Ce qui me semble important, en politique, bien plus que les petites haines personnelles, c'est le rêve. L'utopie. Ce qu'on cherche, en politique, c'est aussi cela. En tout cas, moi.

Et en ce moment, c'est râpé. Personne ne fait rêver les gens. Personne ne propose une société dans laquelle on a envie de vivre. On nous parle de rigueur, de crise, de gestion de budget serré...

On ne nous parle de travailler plus. On nous parle de serrer la ceinture, de faire des efforts. Quand est-ce qu'on pourrait avoir envie de cette société-là ?

Alors, je crois que cet appel, c'est une sorte d'utopie : voir les politiques se mettre d'accord sur l'essentiel. Sur une société qui ne nous fasse plus honte. Une société qui protège, qui est juste et généreuse.

La lettre parle de valeurs communes : "écologie, services publics, société solidaire, emploi pour tous, fiscalité redistributive, laïcité, régulation de la finance, éducation, innovation, recherche, et bien sûr, l’ambition d’une France forte, généreuse et influente sur la scène mondiale."

Cette lettre, je pense, est salutaire. Elle réintroduit la fraternité qui est au fronton de nos mairies, dans la vie politique. Cette "fraternité" est-elle un truc de "bisounours" ? Cette fraternité n'a-t-elle pas disparu depuis 2007 ?

Et le cynisme l'a-t-il remplacée à tout jamais ?

CC
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