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25 avril 2025

Le PS, c'est quoi ? Post scriptum ? Et Faure ?


J'ai écouté Bernard Cazeneuve, ce matin, sur France Inter. Et je me suis reconnu dans ce discours de raison. Cet homme à la voix grave et posée a quitté le PS quand celui-ci a rejoint la France Insoumise. 

Il rappelait à raison que lorsque Hollande a quitté le pouvoir, le déficit était peanuts et que les comptes des organismes sociaux étaient presque à l'équilibre. Certes, le COVID est passé par là, mais en 7 ans de macronisme, on voit où on en est. 

Pour revenir à Cazeneuve et à sa fuite du PS, je le comprends. Et je rejoins sur de nombreux points l'analyse de Nicolas sur la question. On doit arrêter de se poser des questions sur l'allégeance ou non à Mélenchon : on sait qu'il est toxique et qu'il fait fuir la plupart des gens de gauche. J'ai fait campagne avec LFI durant les dernières élections législatives, et les militants LFI se faisaient parfois jeter des cailloux dans les villages. J'exagère à peine. 

Et puis surtout, il y a toujours ce hiatus entre la gauche qui gouverne et celle qui n'en prend surtout pas le risque...

On doit aussi se mettre au travail. Parce que comme l'écrit très bien Nicolas : on ne sait pas ce que pense le PS. On ne sait même plus du tout ce que c'est que le PS. (Post Scriptum : Faure, pour la plupart des gens, c'est une marque de machines à laver...) 

Et pendant ce temps, la France insoumise propose un programme, un vrai. On peut être d'accord ou pas, on peut se plaindre de Mélenchon, mais on ne peut pas leur enlever ça : ils bossent, ils proposent des idées, sur des sujets de notre époque, correspondant à notre société. 

Dans son article, Nicolas propose des thèmes de travail : le millefeuille territorial, l'aménagement du territoire (pour les transports en commun...), la gestion des ordures, la santé...Il a raison, ce sont les bons thèmes. Quand on a les pieds dans la politique locale, on le sait. 

De ce que j'en vois, depuis la province, je ne suis pas absolument d'accord avec tout ce que dit Nicolas. Mais ce sont les sujets, les vrais, ceux qui concernent la vie des gens et qui permettent de rappeler pourquoi on paye des impôts : ces infrastructures-là coûtent de l'argent et nous avons le devoir de bien l'utiliser pour que les services soient efficaces. 

C'est ce que j'ai dit, l'autre soir en conseil d'agglomération quand on a dû augmenter un peu les impôts fonciers (c'est toujours trop) : on doit, en contrepartie, proposer des services de qualité. Et par exemple, pour la gestion des poubelles, pour l'instant, soyons honnêtes, c'est pas trop ça !

Pour les transports en commun, autre exemple, je suis d'accord avec Nicolas : l'autre jour, j'ai souris en voyant des militants de gauche prendre le train Belfort Lure Epinal avec guitares, trompettes et banderoles pour défendre cette ligne que la région estime trop coûteuse. Il est question d'argent public. Si j'ai souri, c'est parce que beaucoup de militants sont des copains et que je sais bien qu'ils n'étaient sans doute jamais montés dans ce train avant cette manif. Il y a des tas de bonnes raisons pour garder ce train, oui. Mais est-ce que des bus bien adaptés ne feraient pas aussi bien l'affaire ? Si la région veut l'arrêter, ce n'est sans doute pas sans avoir fait des études : nombre de voyageurs, horaires de pointe, périodes de pointe, coût de l'entretien des voies (le glyphosate sur le ballast...), entretien des michelines et des voitures vieillissantes...

C'est un peu la même question quand on veut fermer un bureau de poste. Tout à coup, on se rend compte que c'est ouvert 7 ou 8 heures par jour pour 5 ou 6 usagers. 

Je ne vais pas reprendre tout l'article de Nicolas, allez le lire et faites-vous votre propre idée. Mais voilà, Cazeneuve, le PS...Et on se retrouve à Lure sans y prendre garde.

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26 septembre 2017

Ni oui, ni non de l'enclos...

Depuis que je suis élue, je me pose en permanence des questions sur la façon de faire de la politique, sur ce que cela signifie. Je tiens ce blog depuis longtemps, bien avant le début de ce mandat, mais j'avais une liberté d'écriture parce que je n'avais pas cette responsabilité.

Depuis, je me pose sans doute trop de questions. C'est vrai, après tout : depuis Sarkozy, on fait de la politique autrement. Les grands élus nous montrent l'exemple et c'est un vrai festival. On ne se gêne plus pour dire "Casse-toi pauvre con !" quand l'envie nous en prend. Et d'autres exemples ont suivi. Traiter les Français de fainéants, quand on est président de la République, au fond...où est le problème ? On constate aussi que ces petites saillies sans grand intérêts et sans contenu politique réel sont les préférées de la presse. Celles qui font vendre du papier et pépier à l'infini le petit oiseau bleu.

Au niveau local, j'ai parfois cru, bien naïvement, que les choses étaient un peu différentes. Qu'on pouvait agir et éviter les polémiques stériles. 

Mais non. 

Aujourd'hui, par exemple, je lis un article d'une demi page dans la presse locale au sujet d'une demi phrase prononcée lors d'un débat du PS. Luc Carvounas qui avait échangé pendant une heure sur la nécessité de refonder le PS, de réunir les forces des volontaires pour construire ensemble ce parti, a fait un trait d'humour :
"On a besoin de toutes les énergies, y compris les brebis égarées. Si elles reviennent, elles iront à l’enclos..."

Une phrase bien anodine. Mais visiblement, quelques anciens du PS passés LREM se sont sentis visés. On a lu que cette phrase rappelait des moments bien sombres de notre histoire, on a lu que ces propos allaient à l'encontre de la laïcité (sic) puisqu'ils évoquaient une parabole biblique, on a lu que ces propos étaient sectaires...

C'est étonnant, que ces élus ex-PS et nouvellement En Marche (ou pas, parce que ce n'est pas le courage politique qui les caractérisent) se sentent visés. Voudraient-ils déjà revenir ? S'ils retournent encore une fois leur veste, il y a des chances pour qu'elle craque de tous côtés, non ?

Ou alors, cette micro tempête dans un verre d'eau n'a t-elle pour but que d'éviter de répondre aux questions sérieuses ? Celles sur la CGS, les APL, les emplois aidés, les baisses de dotation aux collectivités (dans lesquelles ils sont élus sous l'étiquette PS) ? Bref, l'unique but est de ne pas parler de politique.

Quel dommage !

CC
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27 juin 2017

Défendre les dindes et Noël en même temps...

Hier soir, on a cru un instant que la situation s'était enfin éclaircie.

Le premier secrétaire fédéral du Doubs publiait un communiqué de presse qui semblait enfin rendre la situation plus nette : le député fraîchement élu ayant fait un choix en entrant dans le groupe "En Marche" à l'assemblée, il n'était plus membre du PS.


On était soulagé, même si on avait une pensée émue pour tous les militants PS qui avaient tracté pendant la campagne, en pensant soutenir un candidat de gauche et qui se retrouvaient sans doute pour la première fois de leur vie, militant d'un parti de droite. 

Mais voilà. Rien n'est simple en politique. Le député n'accepte pas le fait qu'on ne peut pas être En Marche et PS en même temps. 

Le concept "en même temps" échappe largement aux gens de gauche : peut-on être en même temps pour les travailleurs et contre les acquis sociaux ? Pour la protection de l'environnement et pour les néonicoïdiques ? Pour le mariage pour tous et pour les ministres homophobes ? Pour la protection des retraités modestes et pour la hausse de la CSG ? Pour le CCAS et les politiques sociales locales et pour les baisses de dotations aux collectivités ? 

Solidaires des agneaux le jour de l'Aïd ? Protecteur des dindes et fan de Noël ?

Selon Frédéric Barbier, on peut, visiblement. Car ce matin, dans le journal, surprise !




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8 mars 2017

La gauche en miettes...

C'est assez désespérant de constater que les militants et les sympathisants du PS ont voté pour un candidat et qu'aujourd'hui, l'appareil de ce parti ne joue pas le jeu. On est clairement entrain de rejouer 2007, en pire. Je ne pensais pas, pourtant, que cela pourrait être pire qu'avec Ségolène Royal...

Ce matin, donc, Delanoë a rejoint le mouvement En Marche. Ce n'est pas une surprise totale, puisque l'ancien maire de Paris se qualifiait déjà en 2008 de "socialiste libéral". (Et qu'en ce moment, les ralliements sont aussi des courses à la soupe, une manière de se réserver un petit ministère, au cas où...)

Mais prétendre que c'est pour faire barrage à Marine Le Pen, alors que Macron ne propose pas autre chose qu'un petit compromis entre ce que Sarko et Hollande ont fait durant 10 ans, c'est un peu gros. C'est justement ce que les électeurs de Le Pen rejettent : une casse des services publics, plus de flexibilité pour les entreprises, plus d'Europe libérale...

Et dire que Macron propose quelque chose de sérieux, qu'il a un programme économique crédible, alors qu'il ne propose pas autre chose que ce qui nous maintient dans une crise passagère qui dure depuis plus de trente ans, c'est encore plus incroyable.

Hamon a l'avantage de proposer des choses nouvelles, des idées qui n'ont pas encore été expérimentées. Il met au centre de son programme une analyse de la société, de ses évolutions, des changements profonds que connaît le monde du travail. Les autres sont figés sur un système qui a 50 ans.

CC
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10 décembre 2016

Valls et sa chanson de campagne

Autour de la venue de Valls dans notre région, il y a plusieurs petits buzz : il y a déjà Hervée de Lafond qui a alpagué le candidat (voir mon dernier article). Comme à chaque fois qu'on connaît bien un sujet, on se rend compte des conneries que racontent les journalistes. Tout le monde a dit que la dame est une militante PS. Ce n'est pas le cas du tout, mais vu de loin, c'est un détail.

Il y a un autre buzz, c'est la soi-disant chanson de campagne de Manuel Valls. Le journaliste du Quotidien (la nouvelle émission de Yann Barthès), a ironisé via un tweet, sur le côté un peu ringard du choix de The Final Coutdown du groupe Europe.

Hier matin, dans l'émission d'Augustin Trapenard, sur France Inter, pendant le journal de la culture, on est revenu sur ce choix en parlant de "La chanson de campagne choisie par Manuel Valls".

Là encore, quand on connaît le sujet, on se dit que les médias disent vraiment que des âneries.

Parce que ce n'est pas du tout un choix délibéré : c'est juste la chanson que la section PS locale met toujours, pour tous les meetings. Voilà. Vous savez tout. Maintenant, Valls va peut-être devoir se traîner ce vieux truc qui parle du décompte final avant la fin du monde...

Désolée...

CC
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8 décembre 2016

Grand écart et Valls acrobatique

Valls était à Audincourt, hier. Il a visité une usine, rencontré des syndicalistes. Il est venu parler à des gens simples, des "vrais" gens. C'est le premier message qu'il a voulu faire passer. Après toutes ces prises de paroles sur fond bleu, ça fait chaud au coeur de se retrouver à une simple tribune...a-t-il dit.

Il n'est pas évident d'effacer le soupçon de condescendance qui se dégage de cette entrée en matière. 

Mais l'essentiel du message n'est pas là et le public un peu froid de l'Est de la France venu l'écouter ce mercredi soir attendait de savoir ce que l'homme proposait concrètement. Il y avait peu dans la salle de fans déjà conquis, c'est le moins qu'on puisse dire. Les applaudissements étaient polis mais discrets. Pas d'emportement. Une salle très tendue, pas hostile, mais loin d'être chaleureuse. Tout le monde a en tête le bilan tout frais de l'ex 1er ministre. Le 49.3 est au bord de toutes les lèvres, la loi travail nous gâche encore l'estomac. 

Et c'est là que Valls, tel un Jean-Claude Vandam tout en force et en souplesse, nous livre son grand écart permanent : il faut que la gauche relève la tête, pour faire face à Fillon. Et pour cela, il faut plus d'Etat, plus de services publics. Bien. Il faut aussi que la France reste concurrentielle dans un contexte économique mondialisé. Pour cela, il faut plus de flexibilité, un coût du travail plus bas. Ah. Et puis il faut aussi qu'on sache mieux se protéger, il faut du Made in France. Bon. Et il faut aussi plus d'Europe. Une Europe fermée, avec des frontières. Oui. 

La primaire ne fait que commencer et nous allons attendre les discours des autres candidats. Cependant, au plan local, nous avons bien entendu que Frédéric Barbier était disponible pour soutenir Valls...et plus si affinités ? 

Et pour finir, celle qui fait le buzz aujourd'hui, c'est Hervée de Lafond qui a interpellé vivement l'homme d'Etat, en lui demandant de faire en sorte que la primaire de la gauche soit vraiment ouverte, qu'elle inclue Mélenchon et Macron. Et que c'était à lui d'aller parler avec ces deux dissidents pour que les deux gauches "irréconciliables" puisse faire le poids contre la droite.

Alors que Valls s'est débarrassé de cette belle grande gueule - un peu embarrassante quand même -, par une pirouette "Allez l'engueuler lui, Jean-Luc Mélenchon", elle a terminé par une phrase libératoire : "Non, mais ça vous fait du bien de vous faire engueuler !" C'est ça aussi, de rencontrer des "vrais" gens, non ?

CC


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24 octobre 2016

Campagne gastro

Cette campagne qui commence a trois mois d'avance, comme l'épidémie de la gastro. Et ça nous donne envie de vomir aussi.

A droite, on a Sarko, surtout, qui n'a pas mis à jour son logiciel depuis 2012 : il a les mêmes têtes de Turcs, les mêmes idées caricaturales, les mêmes débats pénibles sur les profs, l'écologie et la sécurité. Il ne s'est même pas rendu compte que l'eau a coulé sous les ponts de la Seine et qu'entre 2012 et notre triste époque, il y a eu des attentats meurtriers, des guerres et des crises économiques. Il devrait prendre conscience que même Anne Roumanoff sur Europe 1 défend les profs, ce qui est quand même une preuve que quelque chose de profond a changé dans la société. Mais il vise un électorat âgé parfois à la mémoire courte et ne vivant pas tout à fait dans le présent, sans doute. Et aussi les ploucs (c'est lui qui le dit).

Pour les autres candidats de la droite, il y a quelques petites choses à retenir, ils ne sont pas tous à mettre au niveau de leur maître étalon. Mais ils sont quand même tous d'accord sur la disparition de l'ISF et sur la suppression de millier d'emplois dans la fonction publique. Pour mémoire : des infirmières, des profs, des policiers. Il est vrai qu'on en n'aura plus besoin une fois que la droite sera au pouvoir...Quant à l'ISF, le pays est en crise, mais ce ne sont pas à ceux qui ont de l'argent qu'on doit en prendre : principe de base, il vaut mieux prendre un peu d'argent à beaucoup de gens que beaucoup d'argent à peu de gens. C'est plus efficace...Bref, c'est la droite.

Mais à gauche, ce n'est guère mieux, soyons honnête : j'ai écouté Cambadélis ce matin sur France Inter, et je me suis bien souvenue pourquoi je n'avais pas ma carte au PS, finalement. C'est utile de faire un rappel, de temps en temps. Vous avez entendu ? En gros, trois quart d'heure à la radio, à une heure de grande écoute et quoi ? Pas un mot sur d'éventuelles mesures à prendre pour que la situation des Français s'améliore. Juste un peu de stratégie politique et la préparation grossière du terrain pour la candidature de Valls, ainsi qu'un lâchage complet du président actuel. Et rien de politique. Mon coeur de gauche n'a pas été flatté et pourtant, je suis pleine de bonne volonté et baignée d'une indulgence presque coupable envers le PS. Vraiment. Parce que le bilan est peut-être à faire avant d'aller plus loin. Et le bilan n'est pas si catastrophique : des choses ont été faites, sur le plan sociétal, économique...Encore faudrait-il savoir communiquer à ce propos. Et les reproches que pourraient porter des électeurs traditionnels de gauche porteraient sans doute sur...la loi travail ? Portée par...Manuel Valls ?

Donc, de la stratégie et même pas tellement maline.

Si on croit que les électeurs traditionnellement à gauche vont aimer, on se trompe. Si par hasard, on pense séduire d'autres électeurs, par exemple, les abstentionnistes, on se trompe encore plus lourdement. La politique, telle qu'on la voit dans les médias ne donne qu'une piètre image d'elle-même. La caricature qu'on en fait, en pire.

CC

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7 mars 2016

Si j'écrivais encore sur mon blog...

« - Imagine, on serait ailleurs…non, parce que ça te fait rêver, ça, toi ? La valse musette, le buffet froid…

- Tais-toi, reprends du rosé pamplemousse…

- Du rosé pamplemousse…Je rêve d’ailleurs, vraiment. À quoi ça rime tout ça ? Tu les as vus, toi, les danseurs. Une soirée pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité…À quoi ça rime, hein ? Et à quoi ça sert, surtout ? Est-ce qu’on se paye de mots ? Un buffet froid pour l’égalité…C’est dégueulasse, soit dit en passant : des tartes aux poireaux décongelées, tout ça pour la liberté ! La liberté des poireaux ! Et dans des assiettes en plastique : c’est pas pour l’écologie, est-ce pour la laïcité ?

 - Arrête, ma grande, tu te fais du mal…Et puis c’est peuple, c’est simple, à la bonne franquette, on se gêne pas entre nous. Tu as des goûts de luxe, ma parole, c’est pas de gauche, ça.

 - Non, dans le fond, ce n’est pas le problème et tu le sais bien. Je m’en fous de boire du côte du Rhône dans des gobelets en papier…ah ! putain, j’ai cassé mon couteau sur la croûte du comté…Ouais, t’as raison, j’ai qu’à le manger avec la croûte. Mais franchement, on a payé 15 Euros, quand même. Pour ce prix-là, chez l’indien en bas de chez moi, je mange dans des vraies assiettes et le digeo est compris…

- C’est pour la bonne cause…Tiens, écoute, ils ont fait une chanson ! Une chorale, c'est sympa...

- Sérieusement ? La laïcité va en ressortir grandie ! Non, mais vraiment : est-ce qu’on a avancé sur les valeurs républicaines, là ? Même pas un discours politique digne. Même pas trois mots avec du fond, quelque chose de solide…sur…Je sais pas, moi, sur la radicalisation d’une certaine jeunesse, sur le manque de spiritualité de nos sociétés modernes, sur la montée des populismes ou sur la guerre au Moyen-Orient…

- Mais les gens ne sont pas là pour se prendre la tête…

- Redonne-moi un peu de blanc ! C’est pas de l’Aloxe Corton, mais il est pas dégueu, surtout après le côte du Rhône…On ne se prend pas la tête. Je vais te dire, moi, c’est le problème de notre société, ça : on ne se prend pas la tête. En fait, on ne se sert pas du tout de notre tête. On se laisse guider par nos yeux : ce qui fait le plus de show prend le dessus. On a assez vu de migrants, on a assez vu de crève la dalle derrière des barbelés, on a assez vu de gamins morts sur des plages. Passons à autre chose. Tiens, si on faisait un débat à la con pour savoir si ça vaut le coup de supprimer la nationalité au terroriste qui vient de se faire exploser façon puzzle. Et puis quand on en aura marre, on fera un ballon d’essai sur une loi qui décide de faire travailler les apprentis de moins de 16 ans 12 heures par jour. On verra si on a la nostalgie des romans de Zola.

 - T’exagères…Le code du travail, c’est un vieux truc, c’est bien de le secouer un peu. On a fait une motion à la section...Mais franchement, on ne va pas refaire le monde ce soir…

- Non ! Surtout qu’il n’y a plus de vin blanc. Je vais en rechercher une…Et comme ça, j’en profiterai pour serrer la pince à deux trois anciens de chez Peugeot…On a de la chance d’avoir autant de retraités au PS. Avec l’âge, les ouvriers sont moins contestataires, surtout quand le pinard est compris dans le prix…et que le buffet était pas terrible, il faut bien se rattraper sur quelque chose...

- Franchement, tu y vas fort ! Les camarades sont formidables…Bon, je reconnais que les effectifs mériteraient un coup de jeune ! Mais…

- Mais oui, ils sont super sympas, je sais bien, je les aime bien ! Mais il faut bien que les jeunes payent leur retraite, alors c’est plus le moment de faire la fine bouche sur les conditions de travail…Les beaux principes, ça va bien pour la jeunesse, justement…on a le sens des réalités, quand on vieillit…C’est peut-être bien pour ça que personne ne prend plus sa carte…Et les quelques jeunes du MJS, t’as vu leur tête : pas sexy, hein…

- Oh, tu peux parler ! T’as vu ta tête, toi ?

- J’ai pas ma carte, moi, môssieur !

- Ah ben justement, alors, t’es bien placée pour critiquer !

- Si jamais ça t’intéresse de savoir pourquoi je ne la prends pas…Alors que les choses soient claires : j’ai bien conscience qu’il faut une machine de guerre pour les élections et que les partis sont là essentiellement pour ça. Mais ils devraient aussi être force de proposition, ils devraient être le lieu des idées, des débats, des avancées sociales, à gauche. Et à la place de ça, qu’est-ce qu’on a ? Le spectacle affligeant des égos, la quête vaine de la lumière des projecteurs, la course à l’échalote…Les gens en ont marre. Les politiques disent en permanence, à chaque drame, à chaque élection qu’ils ont compris, qu’ils ont entendu, qu’ils vont changer. Et le lendemain, ils recommencent : ils font des congrès pour se planter des couteaux dans le dos, ils se traitent de frondeurs ou de godillots et se réjouissent que leurs camarades d’en face soient odieusement traînés dans la boue pour des affaires de justice lamentables. Tu ne crois pas qu’ils feraient mieux de se mettre autour d’une table pour travailler, pour trouver de vraies solutions pour endiguer la crise, comme on le fait localement, sur le terrain : tu le sais, on bosse, ici, on investit, on se bat pour l'emploi local, pour le commerce, pour le BTP, on fait ce qu'on peut...Et en récompense, on nous coupe presque les vivres. Pendant ce temps-là, tout ce qui vient d'en haut semble serrer la ceinture chaque fois un peu plus...Alors que tu le sais toi, que la situation est grave : tu le vois au quotidien, tu es prof, tu les vois, ces enfants avec leurs joggings miteux, été comme hiver, avec leur triste mine de mal nourris et leurs dents pourries. Tu le sais bien que la bouffe du Lidl, ça ne fait rien de bon pour leur santé, mais qu’avec deux parents au chômage et trois ou quatre enfants à nourrir, c’est la seule solution…

- Arrête ton misérabilisme…
- Vraiment ! Tu ne vois pas la réalité en face, là ! Tu te mens !
- Pfff…Mon verre est vide…
- Tiens ! Bois un coup…
- On va danser ? »
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23 janvier 2016

Et la santé, surtout !

La cérémonie des voeux du PS, ce n'est pas vraiment l'endroit où l'on parle de politique. Ce n'est pas le lieu où les décisions se prennent, en tout cas. Mais c'est quand même une sorte de baromètre politique.

Des chaises sont installées, mais pas assez. Coup classique : il ne faut pas qu'il y ait de chaises vides. On en remet. Elles sont prises d'assaut par des militants : la force vive du PS. Moyenne d'âge, 80 ans. Au bas mot. Un cortège de cannes, de sonotones, de nuques blanchies, de crânes chenus, de vieillards cacochymes. Une annexe de la maison de retraite.

Le slogan du parti, en ce jour de voeux, c'est : "Et la santé, surtout !"

L'année sera bonne. Pour certains, elle sera peut-être courte.

Devant la scène, les chefs sont là. Pour commencer, il y a le secrétaire du PS local, le député, le sénateur et un homme étonnamment très jeune. Il a un jeans. C'est le secrétaire du PSJ. Le secrétaire prend la parole en premier. Les cris fusent de la salle : "On n'entend rien !" On pousse les enceintes à fond.

Petit bilan de 2015 : on l'a échappé belle, le FN est aux portes, mais on a bien résisté ici. On a entendu le message. Débat sur la déchéance de nationalité : le secrétaire est contre, mais pour le débat serein.

On passe la parole au petit jeune tellement fashion avec sa petite chemise à carreaux ajustée. Il est content d'être là. Il parle revenu universel et légalisation du cannabis. Des sujets qui parlent vraiment à l'audience. Lui aussi est contre la déchéance, mais pour le débat et il respecte ceux qui sont pour.

On passe le relais au sénateur. Tiens, il s'est rendu compte qu'il n'y avait pas de femmes sur scène. Il trouve quelques élues dans la salle pour qu'elles viennent faire un peu de décoration devant le public. C'est toujours plus agréable à regarder. Ouf ! On aurait pu croire que la politique est un milieu machiste ! Son discours est intéressant : résolument de gauche, politique. Les riches, les pauvres, la mise à mal de la théorie du ruissellement. Il parle aussi des entreprises locales, du travail mené pour qu'elles restent ici, pour qu'elles embauchent. La lutte contre le chômage, cela doit être concret. Déchéance de la nationalité : il est pour. Il faut tout faire pour lutter contre le terrorisme...Il est pour un débat dans le calme.

Le député, enfin, ferme la marche. Il revient sur la déchéance de nationalité plus longuement. Il est pour. C'est une mesure qui s'adresse à 40 ou 50 personnes en France. Il est pour qu'on ouvre le débat, donc sur la modification de la Constitution pour 40 ou 50 personnes.

2 partout, la balle au centre...

Je crois que plus personne n'écoute. Ventre affamé n'a pas d'oreilles. Et on vient de mettre sur la table du comté et des saucisses de Montbéliard.

Autour d'un verre, on revient sur tout ça :
"Tu penses vraiment que des terroristes qui tueraient père et mère en ont quelque chose à faire d'un passeport français ?" 
"Moi, au premier tour, je ne vote plus pour le PS. Au deuxième, oui, on ne peut pas faire autrement. Mais franchement, aujourd'hui, on ne vote plus POUR un parti. On vote contre les autres..." 
"Et franchement, Valls, il est de gauche ? Et Macron ??? Non ! Ce sont juste des mecs qui n'ont jamais travaillé..." 
"Les entrepreneurs ont une vie plus dure que les salariés ? J'aimerais bien le voir à la chaîne un jour ou deux, le Macron..." 
"Et pendant ce temps-là, le FN et Sarko se refont une virginité...Dire que la Le Pen se dit même féministe...Franchement, c'est de la récupération..."

"Et la santé, surtout..."

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17 mai 2012

Pourquoi faut-il absolument gagner les législatives ?

Oh ! le démago ! 


Baisser les salaires des ministres de 30% !!! Mais quelle rigolade ! Comment pourrait-on respecter des ministres qui gagnent un salaire de misère !


Et faire une charte de déontologie !!!! Mais quelle rigolade ! Faire en sorte que les ministres respectent le code de la route ! Comme si les ministres pouvaient se permettre d'être en retard à leur rendez-vous très importants ! Démagogie !

C'est maintenant, ou pas ?
Non, ne vous en faites pas. J'essaie juste de me mettre dans la peau des blogueurs de droite, pris de anti-hollandisme primaire.

Il n'empêche qu'il faut une certaine dose de mauvaise foi pour ne pas apprécier ces petits gestes de bon sens.

Malgré tout, il semblerait insupportable que des ministres de droite, choisis par Jean-François Copé, aient à respecter cette charte en étant payés si peu !

C'est pourquoi il faudra penser à voter à gauche aux prochaines législatives !

CQFD !

CC


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9 mai 2012

Que dire ? Qu'il faut une majorité parlementaire à gauche.

Je n'ai pas le talent de certains pour donner envie de lire des BD sur l'écologie.

Je n'ai pas le talent d'autres pour donner envie de manger, même en plein milieu de l'après-midi, un velouté de céleri et sa brunoise de carottes.

Je crois que je ne suis bonne qu'à parler de politique.

La reconversion du blogueur politique, c'est pas maintenant.

D'ailleurs, il y a encore les législatives à avaler. C'est comme la mer à boire et la belle-mère à avaler, vous savez. C'est ce qu'on dit du mariage. Je crois que là, on peut dire que la présidentielle, ce n'était pas la mer à boire, mais les législatives à avaler.

Elles seront plus difficiles dans bien des cas. On devra ferrailler avec le FN dans bien des cas, on va devoir lutter contre cette tendance française à la cohabitation et donc à l'immobilisme. Pour que François Hollande puisse faire quelque chose, il lui faudra une majorité parlementaire. Sinon, on aura un truc bâtard, ingouvernable, un président pot de fleur, une assemblée sans cesse retoquée par les sénateurs et rien ne bougera en 5 ans. On n'a pas besoin de ça. Et surtout, on n'a pas viré Sarkozy par la porte pour le voir rentrer par la fenêtre...

Au fait, moi, je soutiendrai Pierre Moscovici, dans la 4ème circonscription du Doubs.
* Elooooody soutiendra Aude Bristot à Montgeron.
* Jegoun soutiendra à distance Loïc Cauret pour la circonscription de Loudéac.
* Louis Lepioufle quant à lui s'engage aux côtés de Nicole Castioni pour la 6ème circonscription des Français de l'étranger (Suisse - Liechtenstein) 
* Et vous? Qui soutenez-vous?

CC
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28 janvier 2012

Dépenses et investissement


On reproche à la gauche de vouloir faire des dépenses.


Tout d'abord, ces dépenses sont chiffrées et financées.

Ensuite, je ne sais pas trop comment on peut imaginer faire tourner une entreprise sans investir. Il me semble que c'est évident : l'UMP nous propose la rigueur, la plus grande rigueur. De moins en moins de pouvoir d'achat, de moins en moins d'aides pour les plus démunis, de moins en moins de remboursements de médicaments, de plus en plus de TVA...

Comment peut-on faire tenir un pays sans investir ? 

Imaginez une entreprise florissante : elle fabrique des voitures. Les voitures se vendent bien. Le patron se dit qu'on va continuer comme ça, puisque ça marche. Il décide de distribuer les bénéfices aux actionnaires. Les machines s'usent, les ingénieurs s'encroutent et sans réinvestissement des bénéfices, les voitures qui sortent des chaînes sont de moins en moins performantes. Elles ne plaisent plus aux clients et l'entreprise coule.

Certes, la plupart des entreprises cotées en bourse ont l'air de fonctionner comme cela. Mais pour continuer d'être performantes, elles délocalisent.

On ne peut pas délocaliser la France. Donc, il faut investir...

CC
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23 novembre 2011

EELV vs PS : CQFD

Le Figaro se fait des choux gras de ces désastreuses négociations entre les Verts et le PS. 

(Au passage, pour négocier, il faut avoir des choses à proposer. Par exemple, mettons : vous achetez un tapis. Vous décidez de négocier : vous êtes client, vous avez de l'argent, le vendeur est là pour essayer de vous prendre le plus d'argent alors que vous allez essayer d'en économiser : il y a un rapport de force, chaque partie a quelque chose à donner et quelque chose à perdre. Dans les négociations entre le PS et EELV, le PS a des sièges à donner s'il le veut bien, mais EELV n'a rien à donner et bien peu à perdre...Sauf les idées, sauf l'honneur.)

J'aime bien Eva Joly, je la trouve droite et pleine de convictions, une femme de caractère. Mais j'ai l'impression que la pauvre s'est fait entuber dans un jeu de politique politicienne qui la dépasse. Elle est jeune, en politique. Elle apprend à ses dépens...

Mais revenons au Figaro qui se réjouit de tout ça. Le Figaro fait toujours le jeu de l'UMP.

Donc, les Verts font le jeu de l'UMP. 

CQFD.

CC
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18 octobre 2011

Elections : bilan contre programme

Cette année, c'est le petit Kevin qui a été élu délégué de classe. Kevin, c'est un gamin sympa. Le petit rondouillard avec des lunettes, fort en maths, gentil avec les filles et qui se met devant en classe.

Contre lui, se présentait le délégué de l'année dernière. Dylan. Lui, c'est un petit nerveux, colérique, qui s'énerve quand il n'a plus d'encre dans son stylo. L'année dernière, aux conseils de classe, il a défendu ses copains, notamment Johan, un gamin insupportable, indéfendable, qui en plus de ne pas travailler se bagarrait avec tout le monde dans la cour. Un petit péteux avec du gel dans les cheveux. Au conseil de classe, par contre, il a dit du mal des filles : "Elles bavardent tout le temps", il a cassé du sucre sur le prof de SVT qui était absent : "Il n'a pas le droit de nous mettre des interros sur les poissons : on n'est pas des pêcheurs". A un camarade qui lui demandait l'heure, il a rétorqué : "Casse toi, pov'con". En conseil de discipline, il a affirmé que cette insulte n'en était plus une depuis que le président s'en servait. Il a été exclu 8 jours et s'en est vanté dans tout le collège.

Cette année, donc, il n'a pas été réélu. Pourtant, il a fait campagne : il a dit du mal de Kevin. Il a critiqué son surpoids, il a déclaré qu'être gentil avec les filles étaient un signe de faiblesse et que les notes de la classe allaient s'en ressentir durement.

Il a défendu son bilan : en effet, l'année dernière, alors qu'il était délégué, il n'y a eu qu'un seul redoublement. C'était bien la preuve qu'il était un très bon délégué.

Mais cette année, c'est Kevin qui est passé !

Son bilan, ce n'est pas une perle. Mais une pearl...
Bilan de 5 années de présidence Sarkozy et maj prés UMP dans de lannoy (chezlouise)

CC
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16 octobre 2011

Fin d'une campagne, début d'une autre

Et cette fois-ci, on ne va pas se battre contre des Mickey. On va avoir des Copé, mitraillette au poing, des Morano revolver, des Boutin, bible en main...On va avoir le Parrain Sarkozy...

Quels vont être les éléments de langages ? Copé nous en a donné un aperçu ce soir, sur France 2 :

1) "Les primaires étaient injustes, anticonstitutionnelles, elles ont monopolisé l'espace médiatique. Laissez-nous parler !" 

2) "Vous êtes désunis. Entre Valls et Montebourg allez donc faire une synthèse." (Au passage, Valls va devoir subir des appels du pieds bien lourds...)

3) "Vos propositions sont folles, irréalisables : les retraites, les emplois dans l'enseignement, la démondialisation...Autant de propositions avec lesquelles Valls n'est pas d'accord." (Hum, Valls...Alors ? C'est agréable de se faire draguer par Copé ?)

Alors voilà ce qu'on peut répondre à ça :

1) "On vous écoute. Vous avez travaillé un peu sur un projet ? Oui, on sait, vous avez un bilan à défendre. Mais ça risque d'énerver les quelques personnes qui soutiennent encore vaguement Sarkozy..."

2) "Hollande a été choisi parce que c'est un homme de synthèse. En plus, la base de tous les projets de tous les candidats est la même. C'est la grande force de la gauche, l'union. Pour une fois..."

3) "Les propositions sont des propositions de gauche. Normal que ça vous chiffonne : on va devoir revoir les impôts de vos copains les riches. On va devoir partager un peu mieux les richesses. Et quand on voit comment la gauche gère les régions, les départements et les villes, on se fait un peu moins de souci qu'avec la droite..."

Hollande devrait y arriver. A vrai dire, je pense qu'une mouche morte pourrait battre Sarkozy, tellement plus personne ne peut le voir. Mais là, ce soir, je suis optimiste, ce qui n'est pas le cas tous les jours...

CC
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15 octobre 2011

Coeur et raison : Aubry et Hollande

Je sais bien que dimanche soir, j'ai dit que je voterai pour Aubry, demain. Mais voilà. La campagne a fait des ravages. Ou alors elle a été efficace pour l'un, désastreuse pour l'autre. Je ne sais pas.

Faisons le point : je ne suis pas une hooligan. Aucun de ces deux candidats n'est le mien. J'ai voté avec le cœur, dimanche dernier. Et mon cœur s'est brisé.

En vrai, mon cœur va bien. Il continue de battre pour des causes perdues : par exemple, il me chuchote à l'oreille "Martine est une femme : tu es féministe. Une femme présidente, tu aimerais ça, hein ?". Il me glisse aussi des choses comme ça : "C'est une femme de gauche, elle a mis en place les 35 heures, tout de même. C'est important, non ?"...

A l'inverse, mon coeur me dit : "Hollande, tu l'as vu, en meeting, le mois dernier...Il est mou, il ne t'a pas convaincue." Et puis : "Cite-moi une mesure importante portée par Hollande ? Tu rames, hein..."

Oui.

Pendant ce temps, ma raison me parle aussi. Je sais : on est beaucoup dans ma tête.

Ma raison me dit : "Visiblement, Martine Aubry ne passera pas. Ou alors avec une toute petite majorité qui ne lui permettra pas le rassemblement." Il y a aussi la fin de la campagne d'Aubry, qui me chiffonne la raison : "Elle n'a pas gardé son sang-froid. La gauche molle, elle aurait pu le dire une fois. Mais le répéter à l'envi, c'est idiot. C'est une erreur de jugement. On ne fait pas une campagne au sein de son propre parti comme on ferait une campagne contre un vrai adversaire. Elle ne donne pas une bonne image du PS. La droite adore dire que c'est la zizanie à gauche...Et elle a beau jeu de dire aujourd'hui qu'il faut se calmer. C'est la goutte d'eau..."

Dans tout ça, point de politique, soyons franc, rien que des arguments portant sur la personnalité des impétrants.

Alors tentons une synthèse. Je ne pouvais rien attendre de ceux qui n'ont pas fait la campagne de Ségolène Royal en 2007. Je ne pouvais rien espérer de celle qui a triché à Reims. Je ne croyais pas vraiment au président mou du PS mou des années 2000.

Mais aujourd'hui, nous parlons de la campagne de la présidentielle de 2012. Nous avons un homme qui s'est déclaré très tôt candidat. Qui a envie, visiblement, d'y aller. L'envie c'est important. On a un homme qui est suivi par tous les candidats de la primaire.

De l'autre côté, on a une femme qui a mis du temps à se déclarer. Qui n'avait pas forcément une grande envie. Et qui est aujourd'hui lâchée par tout le parti. Le rassemblement, pourtant, c'est quelque chose de capital, au vu de ce qui s'est passé en 2007.

On ne peut pas refaire l'histoire, mais on peut éviter de refaire les mêmes erreurs. Alors je crois que demain...je ferai des compromis et je serai raisonnable. Hollande est l'homme du compromis et c'est mieux que rien. C'est mieux que Sarkozy.

:)

CC 
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13 octobre 2011

Pile ou face : les deux faces de la même pièce

Tiens, au fait, elle a adopté la coupe d'Anne Sinclair, Martine Aubry, non ?
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue. 

Je vous explique.

Durant ma carrière de citoyenne, je crois n'avoir jamais voté pour le gagnant. Je me suis toujours plantée. Heureusement que je ne joue pas au loto.

Ce n'est pas tout à fait vrai. J'ai voté pour Chirac. Mais à contrecœur (gros). Cela ne compte pas.

Dimanche dernier, rebelote, je n'ai pas voté du tout pour le gagnant. Et pourtant, il n'y avait que des gens du PS et c'est bien là que je voulais voir un gagnant.

Je vous ai affirmé, dans le feu de la déception, dimanche soir, que je voterai pour Aubry dimanche prochain. Alors voilà : j'ai peur de ne pas voter pour le gagnant, encore un coup. Ce n'est pas pour la cagnotte d'Euromillions, mais pour une fois, ce serait cool que je gagne un peu, aussi.

Et en même temps, si je change de pouliche, j'ai peur de lui porter la poisse ! Non, c'est vrai, c'est peut-être à cause de moi que toutes ces élections passées sont perdues par ceux que je choisis, non ?

Le dilemne est énorme. Je crois que finalement, je vais suivre Montebourg et ne donner mon avis à personne. A part à l'urne qui recevra mon bulletin...Mais ça risque de me peser sur la conscience...

Tout ça pour dire que globalement, pour moi (et pour Montebourg), les deux candidats sont "les deux faces de la même pièce"...

Mon seul regret, c'est le manque de confiance que les électeurs français continuent d'affirmer envers les femmes...


CC
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9 octobre 2011

Primaire : vivement le deuxième tour


Soir d'élection. Pas vraiment de suspens : c'est le PS qui gagne.

On se réjouit que 2 millions de personnes soient venues, un dimanche où il ne faisait pas si mauvais, pour mettre un bulletin dans l'urne. C'est une bonne nouvelle pour la démocratie. Surtout que tout était parfaitement organisé. Bravo.

Comme je l'avais écrit, j'ai voté Ségolène. Par fidélité et par conviction. J'aime bien la tonalité qu'elle apporte en politique, la démocratie participative (dont cette primaire est une belle illustration), j'aime bien ses idées qui sont d'ailleurs reprises à droite et à gauche, ce qui en prouve la valeur. J'aime bien aussi le fait que ce soit une femme, forte, féminine, fière.

C'était en désespoir de cause. Comme toujours, elle a été lâchée par les médias et par le reste de son parti.

Mais pas d'aigreur, pas de déception outre mesure : c'est de la politique et je ne suis pas le genre hooligan.

Donc, la gauche devra encore choisir la semaine prochaine entre Hollande et Aubry.

Une déception plus vive, finalement, c'est que Montebourg ne soit pas au deuxième tour. Il aurait été un élément tirant vers la gauche un parti qui a tendance à s'égarer vers le centre. Il aurait aussi été le représentant d'une nouvelle génération politique.

Il fait un très beau score. Il ne faudra pas l'oublier : quand Valls, réputé plus à droite, ou du moins, social-démocrate, tendance réalisme économique, école de Chicago, fait un score proche de 0%, Montebourg est le troisième homme de cette élection, en prônant la démondialisation.

La semaine prochaine, donc, nous aurons un choix entre deux caciques du PS. Deux vieux de la vieille. Deux qui étaient déjà là en 1981. On aura le choix entre un homme et une femme. Et ça c'est plutôt un joli coup. On aura le choix entre un homme qui aurait plutôt tendance à rechercher le centre, un homme en qui Valls met sa confiance et un femme qui tirerait plutôt vers la gauche incarnée par Montebourg.

Rien n'est gagné, même si Hollande remporte le suffrage des sondages et des médias. Si les voix de Montebourg se reportent sur Aubry, alors, elle peut gagner.

Je ne suis convaincue ni par l'une, ni par l'autre. Mais je voterai encore selon mes convictions à gauche et pour une femme.

Et advienne que pourra, bien sûr, car au final, on fera le jeu de la gauche, pour mettre Sarko K.O.

CC
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7 octobre 2011

Une information capitale avant la primaire...

C'est Ségolène Royal (et son équipe) qui nous fait passer cette petite indication, qui n'échappe pas aux commentateurs politiques de la Sarkozie...Mais cela ne fait pas de mal de se rafraîchir la mémoire :







Quelle est l'objectivité des sondeurs pour le choix du candidat de la gauche qui affrontera la droite sarkozyste en 2012 ?

BVA = Vincent Bolloré (actionnaire majoritaire), ami de Nicolas Sarkozy.

CSA = Vincent Bolloré (actionnaire à 100%).

TNS Sofres = Martin Sorrell, patron très libéral, proche de Nicolas Sarkozy.

Ipsos = Didier Truchot et Jean-Marc Lech, de notoriété publique, proches de Nicolas Sarkozy.

Ifop = Laurence Parisot, présidente du Medef.

OpinionWay = Hugues Cazenave, ancien UMP et d’Occident, proche de Nicolas Sarkozy.

Chaque année, l’Élysée et le gouvernement commandent, pour plusieurs millions d’euros et sans aucune transparence, une multitude de sondages à ces instituts qui vivent donc largement de ces commandes publiques et de leurs liens privilégiés avec le pouvoir sarkozyste.

Voilà. Je vous rappelle que dans deux jours, tout le monde pourra voter : il suffit d'être inscrit sur une liste électorale. Il suffit d'un euro, pour financer l'opération, il suffit de signer une déclaration d'adhésion aux valeurs de gauche. Tout est expliqué là. (C'est utile de le rappeler : ce matin en salle des profs, certains collègues n'étaient pas au courant.)

Pour moi, dimanche, ce sera Ségolène Royal. Parce qu'elle fait preuve de constance et de détermination depuis 2007, parce qu'elle a des idées innovantes et pertinentes, parce qu'elle a effectué beaucoup de travail, tant dans sa région que dans son attitude personnelle, dans la campagne, parce qu'elle est très en pointe dans le domaine de l'écologie, parce qu'elle a de l'audace, de la personnalité et parce que c'est une femme. Mes amis bobo, ma famille de centre gauche, mes collègues me disent que je suis folle. Mais c'est une candidate populaire.

Pas choisie par les médias et les sondages. Mais peut-être par les gens.

Et puis après, advienne que pourra. Et on soutiendra de toute façon la gauche, contre Sarkozy.

CC
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3 octobre 2011

Les primaires, ma mère, le gras et moi

Les lobbies de l'huile feront-ils le même cirque que Coca ?
Ce soir, ma mère, au téléphone, m'a demandé ce que je pensais des primaires. Lors d'un repas de famille, ce weekend, les échanges avaient été vifs entre ségolénistes, Montébourgeois (Mélanchoniste) et Vallseurs.

Ma famille est plutôt intéressée par la politique, c'est un fait. Mais c'est aussi un bon signe que ma mère s'y intéresse autant : à deux égards. Premièrement, les primaires sont un droit supplémentaire, un moment de démocratie, qui permet aux gens de s'exprimer et les gens ressentent le besoin de s'exprimer...Deuxièmement, cela montre la très forte volonté de mettre Sarkozy à la porte.

Le PS, même dans son imperfection, est un parti qui offre aujourd'hui cet espoir : changer de cap, changer d'idéologie dominante, rétablir un peu de démocratie et de politique sociale.

On se dit : "Même si c'est unetelle, qui ne me revient pas vraiment, ou machin, qui est un peu mou, ça sera toujours mieux que Sarko." Et on se dit aussi : "Autant que je puisse donner mon avis tout de suite, pour pouvoir peser ensuite sur le candidat, pour pouvoir ensuite lui demander des comptes, quand il sera élu."

Et puis il y a les affaires, aussi, qui empoisonnent la vie politique. L'envie de voter pour quelqu'un d'un peu moins malhonnête, peut-être, que l'équipe de mafiosi en place, c'est un moteur important.

Et puis il y a les idées absurdes qui viennent pesées directement sur le quotidien. Ma mère, par exemple, ce soir, revenait sur cette décision de taxer le gras. Mes parents sont agriculteurs : cette mesure touchera aussi le lait et le fromage ? Est-ce que c'est bien malin de pénaliser une profession déjà bien touchée par la crise ? Et qui mange le plus de gras ? Les pauvres (as-tu déjà essayé de faire un régime sans gras : les produits 0% alourdissent bien la note de ton caddie). En gros - si je puis dire - on taxe encore les pauvres. Normal : ils sont plus nombreux.

Pourtant, José Manuel Barroso évoque une taxe Tobin qui, même "light" - si je puis dire - et ne portant que sur les transactions "flash" des banques pourrait rapporter 55 milliards d'Euros. Pourquoi préfère-t-on taxer le gras, alors ? Au lieu de taxer les gros traders ?

Parce que les politiques sont les amis des financiers et que la lutte des classes s'impose.

CC
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