8 mai 2010

Comparaisons hasardeuses

Dans une classe, quand ça se passe mal, quand les élèves commencent à déraper, on menace parfois de poser une interro, de faire une punition collective.

Ma petite expérience m'a montré que si l'on veut se faire des ennemis pour le reste de l'année, il n'y a pas de meilleure solution : dans toute la classe, il n'y a pas que des perturbateurs. Il y a forcément des innocents.

Punir collectivement, c'est forcément punir injustement : en général, les élèves sérieux, ceux qui sont les premiers gênés par les cancres, vous en veulent à mort...

Je connais un pays où ça se passe mal. Quelque chose a dérapé, l'économie est cassé, on parle de faillite, même si l'on n'a pas encore hypothéqué le Parthénon...

Dans ce pays, on a décidé d'appliquer la punition collective : rigueur, gel des salaires, augmentation des taxes.

Est-ce qu'on n'aurait pas oublié d'identifier les vrais perturbateurs, histoire de les punir, eux et eux seuls ?

Une autre erreur de débutant, quand on est prof : dire aux élèves qu'ils sont moins bons, moins sages, moins en avance que la classe d'à côté. En général, c'est l'émeute : "Tous les profs nous disent ça, mais on s'en fout des autres et d'ailleurs, qu'est-ce qui nous prouve que vous ne dites pas la même chose à l'autre classe ? Et puis on avance à notre rythme...Et si ça se trouve, c'est vous qui allez moins vite, qui êtes moins bonne, qui ne vous faites pas respecter pareil..."

Je connais un pays où, depuis quelques jours, on nous bassine sur le mode : "Attention, vous avez vu, ce qui se passe en Grèce ? Ben ça va finir par être pareil en France ! Alors autant commencer le plan de rigueur tout de suite !"

Ben voyons...Comparaison n'est pas raison...

CC
Rendez-vous sur Hellocoton !

6 commentaires:

  1. zyva, menace d'orienter la France en 4ème techno si elle fait pas d'efforts, comme t'es partie!

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Suzanne,
    Manque de bol, la quatrième techno a disparu depuis longtemps...

    :)

    RépondreSupprimer
  3. CC: il y toujours des classes de 4ème en lycée professionnel, en lycée agricole, en maison familiale... même si le nom a changé, qu'on lui a filé d'autres initiales différentes. Il y a toujours des élèves orientés en fin de 5ème.

    RépondreSupprimer
  4. Oui, bien sûr, je sais...Mais très très peu de places...Il y a ensuite la DP6 en 3ème, mais à mon avis, c'est beaucoup trop marginal...

    RépondreSupprimer
  5. Voici ce qui a été décidé lundi 10 mai 2010 :

    - 1- Première étape : les Etats d'Europe du sud doivent emprunter sur les marchés internationaux des centaines de milliards d'euros.

    - 2- Deuxième étape : les banques privées achètent ces obligations des Etats d'Europe du sud. C'est le marché primaire. Pour pouvoir acheter ces obligations, les banques privées empruntent à la Banque Centrale Européenne à un taux très faible : les banques privées empruntent à 1 %.

    - 3- Troisième étape : la Banque Centrale Européenne va racheter aux banques privées ces obligations des Etats d'Europe du sud. C'est le marché secondaire.

    - 4- Bilan de l'opération :

    - Les banques privées vont gagner des milliards d'euros.

    - La Banque Centrale Européenne va devenir une gigantesque fosse à merde.

    - Dans le bilan de la Banque Centrale Européenne, les obligations pourries des Etats d'Europe du sud seront stockées pendant des années.

    - Les CONtribuables paieront la facture.

    - CONtribuables, préparez vos chéquiers.

    Résultat des banques privées à la Bourse de Paris aujourd'hui :

    Sur le front des valeurs, parmi les plus fortes hausses du CAC 40, on trouve:
    SOCIETE GENERALE (+ 21.91 % à 39.95 euros )
    AXA (+ 20.09 % à 14.195 euros )
    BNP PARIBAS (+ 19.03 % à 52.29 euros )
    CREDIT AGRICOLE (+ 16.72 % à 10.575 euros )
    DEXIA (+ 16.36 % à 3.84 euros )

    http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=766c1120aed119efa5506609de5043fe

    RépondreSupprimer
  6. L’analogie avec une classe est pertinente en diable. On peut difficilement souscrire à la punition collective. Je ne crois pas l’avoir jamais fait, en tant qu’enseignant. Pour autant, dans l’atmosphère délétère d’une situation inextricable (mesquinerie de type insulte, chapardage d’effet personnel, climat de sédition ou que sais-je), d’aucuns ont pu s’y résoudre et je peux les comprendre. Quant à se référer à une autre réalité, et cette fois je quitte le domaine de la classe, que l’on ne nous dise pas : Vous travaillerez jusqu’à soixante-sept ans, voyez les Allemands (ou d’autres dans d’autres pays, je ne sais au juste). Ou alors qu’on n’oublie pas que le salaire moyen desdits Allemands est, et a toujours été, plus conséquent que le nôtre. En fait si les autres « sont assez cons » on n’est pas obligés de l’être aussi (je parle de bosser jusqu’à soixante-sept ans).

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés pour les billets de plus de deux jours.