17 janvier 2012

Luc Chatel recrute ?

Avenir bouché...
Désormais, c'est Luc Chatel qui l'a dit, il faudra postuler pour être professeur.

Jusque là, on avait un concours et ensuite, il y avait un système de mutation, assez complexe, il est vrai, en deux temps : national et académique.

En fait, cette nouveauté va concerner les professeurs travaillant dans un réseau ECLAIR. C'est mon cas.

Je ne sais pas si pour continuer de travailler là, je vais devoir faire un CV et une lettre de motivation. Je ne sais pas.

Cette réformette est bidon. Elle ne sert à rien.

Déjà l'année dernière, elle a été tentée : les professeurs des réseaux ECLAIR devaient être recrutés ainsi. Il n'y a pas eu de postulant. A la différence de cette année, c'était un recrutement académique. Cette année, ce sera national : mais si un poste n'attire pas les gens qui habitent tout près, on se demande bien pourquoi les gens feraient des kilomètres et déménageront pour venir. Pour tenter de remédier au manque d'attrait de ces postes, Chatel promet désormais une petite prime (salaire net par mois : environ un SMIC et prime jusqu'à 2400 Euros par an, au mérite...On la sent venir, l'arnaque, non ?)

C'est bien parce qu'il n'y a eu aucun candidat que cette année j'effectue quelques heures de "professeur référent". Je n'ai pas eu à postuler, on m'a juste collé ça dans mon emploi du temps. Bon, je trouve ça plutôt productif, j'interviens avec des collègues, j'aide les élèves en tutorat ou en tout petits groupes...J'ai l'impression d'être utile.

Mais je ne comprends pas pourquoi il faudrait un recrutement différent pour faire cela.

Enfin, si, je comprends. C'est un test à grande échelle pour supprimer petit à petit le statut de professeur tel qu'il existe en ce moment et pour payer les professeurs au mérite : c'est tentant, pour faire des économies, non ?

Déjà que les plus jeunes n'ont plus de formation, ils n'auront bientôt plus de concours. Puis ils n'auront plus le statut de fonctionnaire. Et avec des contrats individuels et renouvelables (ou pas), les enseignants gagneront en flexibilité. Et en précarité. Certainement pas en salaire...

En attendant, je ne sais pas ce qui va se passer pour moi, l'année prochaine...

CC
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16 commentaires:

  1. Bon, je suis en désaccord avec toi. ;o) Cette réforme n'est pas bidon et elle va va servir. À faire des économies balaises.

    Un prof en contrat précaire ne sera pas payé durant l'été. Il aura déjà eu des congés payés pendant les petites vacances. Toujours ça de pris.

    Pis tu crois qu'on va le payer longtemps pour les heures qu'il ne passera pas devant des élève ?

    Pis tu crois que la prime de précarité va passer le cap de la prochaine présidentielle ?

    Pis tu crois qu'on ne va pas trouver des affamés qui accepteront de bosser dans ces conditions si on ne trouve pas plus de boulot qu'aujourd'hui à Pôle emploi ?

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  2. Je ne connais les conditions financières du recrutement dans ces cas-là. 2400€ par an??? pour tout enseignant?

    Pas sûr que cela attire les foules!!!

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  3. Je suis également en ECLAIR, cette année nous avons quand même recruté quelques enseignants de cette façon, principalement des TZR qui souhaitaient rester dans l'établissement et dont un poste se libérait dans leur discipline : ils en ont fait la demande informelle au Principal, lequel a gelé les postes (enfin en tout cas ils n'apparaissaient pas au mouvement) et les personnes concernées ont demandé le poste et l'ont forcément eu puisque personne d'autre ne l'avait demandé.
    C'est très obscure comme procédure, et même si nous avons été heureux de "garder" ces collègues, la façon de faire ne nous a pas plu...

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  4. Je comprends mieux désormais votre défense des inspecteurs de l'E.N que j'agressais il y a quelques semaines dans un commentaire...
    Oui vous défendez la "nomenklatura" et pas les enseignants, pas les élèves...
    Vous défendez un système politique totalitaire même s'il se pare de belles idées en apparence.
    Votre gauche n'est pas la mienne. Je la combattrai toujours comme la droite .
    La culture ne sera jamais totalitaire.
    "Humanités": Vous souvenez-vous de ce beau mot qui était donné à la culture fondamentale?
    Votre gauche est celle qui a tué la gauche avec son pédagogisme, ces pseudo sciences, son terrorisme intéllectuel: Néo-stalinisme!
    J'espère qu'un gouvernement de gauche aura la force de nettoyer cette horreur idéologique.

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  5. @Nouvel Hermes,
    Êtes-vous sur le terrain ?
    Je ne comprends rien de ce que vous marmonnez. Précisez votre pensée.

    @Petite Noisette : Oui, pour l'instant, les recrutements se font n'importe comment : la preuve, je suis professeur "référent" pour un tiers de mon temps, mais je n'ai pas fait d'entretien d'embauche, ni lettre de motivation, ni entretien. Mais j'ai un CAPES, par contre, et bientôt 10 ans d'expérience dans la même boîte. (Ce n'est pas pour autant que mes patrons me connaissent, mais c'est un autre problème...)

    @Le Journal de Chrys : si on recrute des jeunes qui sortent de la fac, c'est quand même attractif, puisqu'il n'y a rien d'autre sur le marché de l'emploi. Par contre, pour l'argument du "professeur expérimenté", on repassera, en effet...

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  6. @Nouvel Hermès
    Pour attaquer un article, il faut argumenter, répondre aux affirmations de l'article, point par point. Personne ne peut comprendre ton slogan haineux, sans queue ni tête..
    Un conseil, arrête de boire et de regarder TF1 d'abord.

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  7. En fait, on essaie d'appâter avec trois mille euros par an environ des professeurs qui ne viendraient pas d'eux-même dans les lycées "dits difficiles" comme on les appelle pudiquement. Et malgré tout, ils ne viennent pas.
    Faudrait-il leur donner encore plus d'argent ? Combien ? à partir de quel salaire se sentiront-ils motivés pour aller à la rencontre des "publics populaires ?" Il y aura d'autres enseignants, aussi, qui eux n'auront pas de prime ? Les jeunes qui seront normalement nommés, que vont-ils en penser ?
    C'est histoires de salaire de plus en plus attractifs pour aller s'occuper d'élèves dont on s'évertue à démontrer la normalité dès qu'on exprime quelques doutes sur le charme des collèges style "journée de la jupe" ou "entre les murs", vous ne trouvez pas ça profondément hypocrite, immoral et en plus inefficace ? L'enseignant se dira juste qu'il est assez bien payé pour supporter des journées pénibles sans faire d'histoires pour une insulte ou un crachat.
    Tout cela me parait hypocrite et dégueulasse. Et appeler ces établissements "éclair"... ça me fait penser aux Grecs qui donnaient des petits noms gentils aux divinités de la tempête pour les cajoler et rentrer vivants au port.

    Et Hermès ne pourrait-il pas exprimer son opinion et ses critiques sur l'école parce qu'il n'est pas du métier ? Allons bon. C'est déprimant.

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  8. ne pourrait pas, pardon.
    Est-ce que ce serait si terrible que cela, si les lycées recrutaient leurs professeurs ? Je pose juste la question.
    En tout cas, l'enseignement public se détériore d'année en année, et pas que dans les établissements difficiles.

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  9. @La loutre
    Je n'ai ni queue ni tête. Je bois. Je regarde TF1.
    Vive le goulag!

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  10. Un billet chasse l'autre, et je n'ai pas de réponse à mes questions. Elles sont trop bêtes, je ne le mérite pas ?

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  11. Bonjour Suzanne,
    Je n'ai pas pris le temps de répondre, en effet. Désolée.

    Alors allons-y.

    @La loutre : du calme, du calme... :)

    @Suzanne : En ce moment, le système oblige les jeunes enseignants à aller dans ces établissements, avec une compensation d'un peu moins de cent euros par mois (prime ZEP...). Nous n'avons pas le choix. Si l'on change le système en donnant le choix au profs d'y aller ou pas, je pense en effet que quelques euros de plus ne seront pas suffisant et que de toutes façons, ça n'attirera pas des profs expérimentés qui sont généralement installés, avec leur famille, dans des établissements corrects obtenus après de longues années de demandes de mutation. Ce ne sont pas eux qui vont déménager pour quelques euros de plus et du confort en moins.

    Pour Hermès, il est le bienvenu ici, il le sait bien, mais je dois dire que je ne comprends pas de quoi il parle. De quel point de vue il s'exprime. Il est apparemment en désaccord avec moi, donc, j'en déduis qu'il est pour un recrutement des enseignants par les chefs d'établissements. J'émets juste l'idée qu'on peut bien vouloir recruter des enseignants, mais qu'il n'y en a pas pour aller au casse-pipe. Ou peu. Pour prendre un exemple que je connais bien, le mien, je ne serais pas là, si j'en avais le choix. Je demande une mutation chaque année sans l'obtenir. Je fais contre mauvaise fortune bon coeur, j'aime mes élèves, je fais ce que je peux, mais si je pouvais être dans un petit collège de campagne, je m'en porterais mieux...

    Et j'insiste pour que Nouvel Hermès explique un peu mieux son point de vue, il m'intéresse...

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  12. et si je propose de t'embaucher dans mon petit collège de montagne... c'est une boutade.
    Je trouve injuste que ce soit les professeurs débutants qui se retrouvent dans les établissements les plus difficiles. La méritocratie existe à l'EN, le plus méritant, c'est le plus vieux...

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  13. Bonjour @Fred
    Si ton collège de montagne était près de chez moi, je dirais oui tout de suite ! :) En plus, tu vis dans une superbe région !

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  14. Merci !
    Bon, ce que je retire de votre réponse, c'est que vous souhaiteriez quitter la Zep pour aller dans un collège tranquille. Je suppose que vous n'êtes pas la seule, et que si on ne forçait pas les professeurs débutants à y passer quelques années, personne n'irait y enseigner, en tout cas pas pour les primes allouées. Insuffisantes, diront certains. Oui, mais si elle deviennent suffisantes et qu'en plus le chef d'établissement peut recruter ses [dompteurs] professeurs, on voit déjà se dessiner des types d'établissements dans lesquels on hésitera à mettre ses enfants.

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  15. Jeudi 19 janvier 2012 :

    Dordogne : faute d'enseignants, l'inspecteur remplace un instituteur absent à Antonne.

    L'inspecteur de l'Education nationale Guy Vermée a pris une initiative exceptionnelle hier pour pallier l'absence d'un enseignant à l'école d'Antonne. Il a lui-même remplacé ce dernier et assuré la classe pour les 28 élèves de CM1-CM2.

    Une action coup de poing qui vise aussi à dénoncer la situation "inacceptable" dans laquelle il se trouve. "Depuis plusieurs mois, je ne suis plus en mesure de remplacer les enseignants absents", indique-t-il.

    Sa réaction a été saluée par le maire d'Antonne et par le syndicat enseignant SNUipp-FSU.

    Elle intervient en tout cas alors que le recteur d'Académie, Jean-Louis Nembrini, était de passage aujourd'hui sur l'agglo, d'abord à Trélissac, puis à Périgueux.

    Une visite marquée par l'action symbolique d'un collectif d'enseignants, dénommé Tohu-Bahut, qui a manifesté devant Jay-de-Beaufort.

    Ils en ont profité pour délivrer un "triple C" symbolique au recteur et au ministre Luc Chatel, pour dénoncer "la politique de dégradation de l'Education nationale".

    La Dordogne Libre.

    http://dlendirect.blogs.dordognelibre.fr/archive/2012/01/19/faute-d-enseignants-l-inspecteur-remplace-un-instituteur-abs.html

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