3 septembre 2015

Humanité nue

Source : Rathon, Crayon d'humeur
Qui suis-je, ici, dans le petit confort de ma vie occidentale, pour chercher les mots, pour poser les mots sur ces horreurs que l'on laisse faire ?

Qu'il faut du courage, à ces femmes et à ces hommes, à ces enfants pour se lancer à corps perdus sur les mers pour échapper à la guerre, ces femmes et ces hommes qu'aujourd'hui, il nous semble découvrir comme nos semblables parce que la photo d'un enfant, un petit semblable à nos petits, un enfant d'humain, vient nous frapper en plein coeur...

En 2011, déjà, j'écrivais que l'on croyait découvrir, à la suite des révolutions du Magreb, le problème des réfugiés sur les côtes de Lampedusa. Mais ce n'était déjà pas nouveau...J'évoquais un livre de 2007 qui parlait de ces destins en fuite, ces vies en transit, à la recherche d'un Eldorado...

Et je citais ces paroles de Juliette, qui nous permettent de ne pas oublier que derrière les statistiques et les idéologies politiques, il y a des êtres humains : 

Ce que j'oublierai, c'est ma vie entière
La rue sous la pluie, le quartier désert
La maison qui dort, mon père et ma mère
Et les gens autour, noyés de misère
En partant d'ici, pour quel paradis ou pour quel enfer...
J'oublierai mon nom, j'oublierai ma ville
J'oublierai même que je pars pour l'exil

Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée
Au fond de la poche un peu d'argent pour
Un ticket de train, aller sans retour
Aller sans retour

J'oublierai cette heure où je crois mourir
Tous autour de moi se forcent à sourire
L'ami qui plaisante, celui qui soupire
J'oublierai que je ne sais pas mentir
Au bout du couloir
J'oublierai de croire
Que je vais revenir
J'oublierai même si ce n'est pas facile
D'oublier la porte qui donne sur l'exil

Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée
Au fond de sa poche un peu d'argent pour
Un ticket de train, aller sans retour
Aller sans retour

Ce que j'oublierais, si j'étais l'un d'eux
Mais cette chanson n'est qu'un triste jeu
Et quand je les vois passer dans nos rues
Etranges étrangers, humanité nue
Quoi qu'ils aient fuit
La faim, le fusil
Quoi qu'ils aient vendu
Je ne pense qu'à ce bout de couloir
Une valise posée en guise de mémoire... 
Juliette, Aller sans retour, Bijoux et Babioles, 2008.
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