« - Maintenant, il nous faut un symbole pour notre nouvelle communauté »,
déclara Ben. Après un instant de réflexion, il dessina au tableau un
vague entourée d'un cercle.
« - Ce sera notre logo. La vague évoque le changement. Elle représente un
mouvement, une direction. A partir de maintenant, notre communauté,
notre mouvement s'appellera la Vague. » Il marqua une pause et observa
ses élèves au garde-à-vous qui buvaient ses paroles.
« - Et voilà notre
salut. » Il courba la main droit en forme de vague et frappa son épaule
gauche avant de relever la main.
« - Tout le monde fait le salut. »
La classe obtempéra. Certains se frappèrent l'épaule droite au lieu de
l'épaule gauche. D'autres oublièrent complètement de se frapper une
épaule.
« - Encore », ordonna-t-il, donnant l'exemple.
Il les fit recommencer jusqu'à ce que tout le monde y arrive.
La Vague, Todd Strasser. (Roman (1981) inspiré d'une expérience menée dans un lycée de Palo Alto en Californie en 1967)
30 décembre 2013
28 décembre 2013
Quenelles avariées, sauce qui tua
Résumons : un type fait un sketch dans lequel il dit que pour le journaliste Patrick Cohen, il faudrait remettre les chambres à gaz en état de marche. Dans une chanson qu'il entonne avec son public sur scène, il fait clairement le lien entre les Juifs, l'argent, le pouvoir, et la Shoah.
Bon.
Il y en a qui trouve ça drôle.
Moi pas. Et j'ai même tendance à penser que moralement, on ne peut pas rire avec la Shoah. J'ai en tête les images terribles de la libération des camps, les témoignages terribles qui nous sont parvenus, l'inhumanité de tout ça. On ne peut pas plus rire avec les esclaves empilés dans les cales des bateaux, avec les Hutus et les Tutsi se massacrant à la machette ou les charniers de l'ex-Yougoslavie. Tout simplement parce que ça donne envie de gerber, pas de se marrer.
Mais la morale est loin. Les spectacles font des entrées, rapportent de l'argent. Alors...vox populi, vox dei...
Les exécutions en place publique attiraient des spectateurs, eux aussi. La cruauté fait recette.
Pour moi, il est bien évident que le signe de ralliement de ce comique pas drôle est un signe antisémite : ça va avec tout le reste. Un antisémite bien banal, bien ringard, hérité des siècles précédents : celui qui consiste à dire que les Juifs dirigent le monde, complotent et n'aiment que l'argent.
Cela ne vaut même pas les octets que je viens de dépenser pour l'écrire. Et ça ne vaut sûrement pas la peine qu'on le monte en mayonnaise dans les médias...Mais la machine est lancée. C'est dans les vieux pots qu'on fait les soupes à la quenelle qui puent.
CC
Bon.
Il y en a qui trouve ça drôle.
Moi pas. Et j'ai même tendance à penser que moralement, on ne peut pas rire avec la Shoah. J'ai en tête les images terribles de la libération des camps, les témoignages terribles qui nous sont parvenus, l'inhumanité de tout ça. On ne peut pas plus rire avec les esclaves empilés dans les cales des bateaux, avec les Hutus et les Tutsi se massacrant à la machette ou les charniers de l'ex-Yougoslavie. Tout simplement parce que ça donne envie de gerber, pas de se marrer.
Mais la morale est loin. Les spectacles font des entrées, rapportent de l'argent. Alors...vox populi, vox dei...
Les exécutions en place publique attiraient des spectateurs, eux aussi. La cruauté fait recette.
Pour moi, il est bien évident que le signe de ralliement de ce comique pas drôle est un signe antisémite : ça va avec tout le reste. Un antisémite bien banal, bien ringard, hérité des siècles précédents : celui qui consiste à dire que les Juifs dirigent le monde, complotent et n'aiment que l'argent.
Cela ne vaut même pas les octets que je viens de dépenser pour l'écrire. Et ça ne vaut sûrement pas la peine qu'on le monte en mayonnaise dans les médias...Mais la machine est lancée. C'est dans les vieux pots qu'on fait les soupes à la quenelle qui puent.
CC

27 décembre 2013
Hollande est-il le seul responsable du chômage ?
Je pose la question idiote du jour. Ne me remerciez pas.
Le Hollande bashing est à son comble aujourd'hui, bien sûr, et vu qu'il était déjà très fort hier, nous ne sommes pas du tout sur une inversion de la courbe.
Aujourd'hui, dans le Dauphiné Libéré, j'ai lu qu'il y avait 450 emplois de sauvés en Maurienne.
Aujourd'hui dans La Charente libre, j'ai lu que la librairie Chapitre d'Angoulême était reprise par son ancien directeur. 25 salariés.
Aujourd'hui, sur France 3 Nord-Est, j'ai vu que la librairie Chapitre de Nancy était reprise par Gallimard. 62 salariés.
L'autre jour sur le Monde, je lisais qu'un Thaïlandais allait reprendre une usine fermée en 2009. 80 à 100 emplois recréés.
Évidemment, c'est une goutte d'eau. Et ce ne sont pas des emplois créés, seulement des emplois sauvés.
Cependant, le gouvernement, avec des salariés courageux, se battent pour qu'il y ait des reprises quand des grands groupes font tout pour casser l'emploi au profit des actionnaires.
Il serait bon de ne pas voir tout en noir, tout le temps...Cette sorte de dépression chronique, cette neurasthénie collective nous plombe...
CC
Le Hollande bashing est à son comble aujourd'hui, bien sûr, et vu qu'il était déjà très fort hier, nous ne sommes pas du tout sur une inversion de la courbe.
Aujourd'hui, dans le Dauphiné Libéré, j'ai lu qu'il y avait 450 emplois de sauvés en Maurienne.
Aujourd'hui dans La Charente libre, j'ai lu que la librairie Chapitre d'Angoulême était reprise par son ancien directeur. 25 salariés.
Aujourd'hui, sur France 3 Nord-Est, j'ai vu que la librairie Chapitre de Nancy était reprise par Gallimard. 62 salariés.
L'autre jour sur le Monde, je lisais qu'un Thaïlandais allait reprendre une usine fermée en 2009. 80 à 100 emplois recréés.
Évidemment, c'est une goutte d'eau. Et ce ne sont pas des emplois créés, seulement des emplois sauvés.
Cependant, le gouvernement, avec des salariés courageux, se battent pour qu'il y ait des reprises quand des grands groupes font tout pour casser l'emploi au profit des actionnaires.
Il serait bon de ne pas voir tout en noir, tout le temps...Cette sorte de dépression chronique, cette neurasthénie collective nous plombe...
CC

15 décembre 2013
Encore un succès du gouvernement !
En ce moment, je n'ai pas le temps d'écrire ici. J'ai eu des journées chargées, entre conseils de classe, réunions parents professeurs, préparation de changement d'établissement, travail en commun avec des collègues, conseil d'administration et cours, copie et tout le tintouin habituel qui fait de mon métier de fainéant un si beau métier.
Malgré tout cela, je tiens à saluer l'excellente initiative du gouvernement qui va permettre la "création de 4 000 postes au sein des collèges permettra aux équipes éducatives de travailler différemment pour mieux accompagner tous les élèves dans leur scolarité."
Ainsi dans un collège comme le mien, c'est à dire, "dans les établissements les plus difficiles sur le plan social et scolaire qui seront déterminés dans le cadre de la réflexion sur l’éducation prioritaire, du temps sera dégagé pour le suivi des élèves et le travail en équipe dans le collège et dans le réseau d’éducation prioritaire. Ainsi, les heures d’enseignement seront pondérées, chaque heure équivalant à 1,1 heure."
En gros, je devrais avoir l'année prochaine, environ deux heures de cours devant élèves en moins, pour mieux préparer le travail avec mes collègues, ce qui était depuis la création des réseaux Ambition Réussite (aujourd'hui réseaux ECLAIR) une vraie demande.
Encore un succès du gouvernement !
(Vous en aviez pas entendu parler ? C'est que vous ne lisez pas les bons journaux !)
CC
Malgré tout cela, je tiens à saluer l'excellente initiative du gouvernement qui va permettre la "création de 4 000 postes au sein des collèges permettra aux équipes éducatives de travailler différemment pour mieux accompagner tous les élèves dans leur scolarité."
Ainsi dans un collège comme le mien, c'est à dire, "dans les établissements les plus difficiles sur le plan social et scolaire qui seront déterminés dans le cadre de la réflexion sur l’éducation prioritaire, du temps sera dégagé pour le suivi des élèves et le travail en équipe dans le collège et dans le réseau d’éducation prioritaire. Ainsi, les heures d’enseignement seront pondérées, chaque heure équivalant à 1,1 heure."
En gros, je devrais avoir l'année prochaine, environ deux heures de cours devant élèves en moins, pour mieux préparer le travail avec mes collègues, ce qui était depuis la création des réseaux Ambition Réussite (aujourd'hui réseaux ECLAIR) une vraie demande.
Encore un succès du gouvernement !
(Vous en aviez pas entendu parler ? C'est que vous ne lisez pas les bons journaux !)
CC

Libellé(s):
éducation,
éducation nationale,
Vincent Peillon
27 novembre 2013
C'est pas Noël...
Je devrais écrire un peu sur ce blog : les statistiques de fréquentation chutent presque autant que les sondages de popularité de Hollande.
Pourtant, Hollande n'est pas si mauvais : quand Chirac en faisant autant (c'est à dire quand on ne le voyait pas dans les médias) il grimpait dans les sondages presque autant que le montant de la retraite chapeau d'un pdg d'une boîte qui licencie. Quand Sarkozy faisait l'inverse, c'est à dire quand on le voyait à la télé matin, midi et soir, il chutait dans les sondages. Je crois que les sondages ne veulent rien dire ou que les Français ne savent pas ce qu'ils veulent.
Bref, l'actualité m'inspire moyennement. J'ai l'impression qu'en ce moment, on trouve chez les politiques les boucs-émissaires qui nous manquaient. Il faut dire que jusque là, il n'y avait que les noirs, les arabes, les roms, les pédés, les gouines, les juifs, les chinois, les vaccins, les vieux, les jeunes, les pesticides, le réchauffement climatique et la neige. Ouf, on a failli manquer.
CC
Pourtant, Hollande n'est pas si mauvais : quand Chirac en faisant autant (c'est à dire quand on ne le voyait pas dans les médias) il grimpait dans les sondages presque autant que le montant de la retraite chapeau d'un pdg d'une boîte qui licencie. Quand Sarkozy faisait l'inverse, c'est à dire quand on le voyait à la télé matin, midi et soir, il chutait dans les sondages. Je crois que les sondages ne veulent rien dire ou que les Français ne savent pas ce qu'ils veulent.
Bref, l'actualité m'inspire moyennement. J'ai l'impression qu'en ce moment, on trouve chez les politiques les boucs-émissaires qui nous manquaient. Il faut dire que jusque là, il n'y avait que les noirs, les arabes, les roms, les pédés, les gouines, les juifs, les chinois, les vaccins, les vieux, les jeunes, les pesticides, le réchauffement climatique et la neige. Ouf, on a failli manquer.
CC

14 novembre 2013
Le président devrait-il être autoritaire ?
Hier, j'ai passé mon après-midi en conseil de classe pour mes 3e. C'est intéressant, les 3e : ils sont à un âge où il faut faire, déjà, un choix sur son avenir. Il faut faire un stage en entreprise et choisir une orientation.
J'ai été très surprise, comme à chaque fois, de découvrir les souhaits de quelques uns des plus rétifs à l'autorité, des plus pénibles en cours : ils veulent généralement devenir militaire, gendarme ou policier. Ils sont en recherche d'autorité alors qu'ils sont ceux qui sont le plus en conflit avec toute autorité, que ce soit celle de leurs parents ou celle de leurs professeurs.
Cela m'a fait penser à cet étrange reproche que l'on fait à Hollande : "pas assez ferme, pas de cap, pas capable de taper du poing sur la table, mou, pas assez autoritaire..." Alors, comme ça, on recherche un chef, quelqu'un qui nous mette la fessée ? Qui nous en fasse baver des ronds de chapeau, qui nous mène à la baguette ? Vraiment ? C'est pour cela qu'on élit un président, en démocratie ?
Ah bon !?
Je crois surtout que ceux qui se conduisent aujourd'hui comme des sales gosses, se permettant à peu près tout, ayant décidé, après que Brice Hortefeux leur a montré l'exemple, qu'on pouvait tenir des propos racistes, malgré la loi, s'autorisant maintenant les insultes homophobes, après que Frigide et Christine ont montré la voie, attendent en effet qu'on leur montre clairement les limites qu'imposent la démocratie. Mais je ne crois pas que ce soit le rôle d'un président : il se doit de rester digne et ne pas intervenir sur tout et n'importe quoi comme le faisait le précédent. La justice est là pour faire respecter la loi.
Chacun son métier et les moutons seront bien gardés...
CC
J'ai été très surprise, comme à chaque fois, de découvrir les souhaits de quelques uns des plus rétifs à l'autorité, des plus pénibles en cours : ils veulent généralement devenir militaire, gendarme ou policier. Ils sont en recherche d'autorité alors qu'ils sont ceux qui sont le plus en conflit avec toute autorité, que ce soit celle de leurs parents ou celle de leurs professeurs.
Cela m'a fait penser à cet étrange reproche que l'on fait à Hollande : "pas assez ferme, pas de cap, pas capable de taper du poing sur la table, mou, pas assez autoritaire..." Alors, comme ça, on recherche un chef, quelqu'un qui nous mette la fessée ? Qui nous en fasse baver des ronds de chapeau, qui nous mène à la baguette ? Vraiment ? C'est pour cela qu'on élit un président, en démocratie ?
Ah bon !?
Je crois surtout que ceux qui se conduisent aujourd'hui comme des sales gosses, se permettant à peu près tout, ayant décidé, après que Brice Hortefeux leur a montré l'exemple, qu'on pouvait tenir des propos racistes, malgré la loi, s'autorisant maintenant les insultes homophobes, après que Frigide et Christine ont montré la voie, attendent en effet qu'on leur montre clairement les limites qu'imposent la démocratie. Mais je ne crois pas que ce soit le rôle d'un président : il se doit de rester digne et ne pas intervenir sur tout et n'importe quoi comme le faisait le précédent. La justice est là pour faire respecter la loi.
Chacun son métier et les moutons seront bien gardés...
CC

12 novembre 2013
Mère Patrie
Alors que certains blogueurs de droite semblent penser que voter à gauche se résume à penser "Ouh ! là ! là ! La guerre, c'est mal", j'éprouve le besoin de parler de cette malle pleine de photos et de souvenirs que j'ai ouverte le week-end dernier alors que j'étais en Savoie, chez ma mère.
Il y avait là les médailles en toc que mes arrières-grands-pères avaient ramenées de la Grande Guerre, leurs carnets de soldat, les tickets de rationnement utilisés par leurs familles, les quelques cartes postales qui disaient toujours que "Tout va bien" et que les colis envoyés avaient fait du bien au moral. Et puis ensuite, il y avait quelques photos d'après-guerre : ces hommes avaient vieilli trop vite, l'un est devenu alcoolique pour mieux supporter les cauchemars qui le hantaient et l'autre, amaigri et malade, est mort bien trop jeune à cause des gaz respirés dans les tranchées.
Ce sont en effet des histoires terribles : c'est mon grand-père qui s'est retrouvé tout seul avec sa mère, alors qu'il n'avait que 9 ou 10 ans, pour s'occuper de la ferme et trouver à manger. C'est ma grand-mère, effrayée par l'alcool, ayant subi un père violent...
Les commémorations d'aujourd'hui ne sont pas des moments de haine et de revanche. On se souvient des morts, de toutes les histoires familiales que l'on partage. Ce n'est pas si loin de nous. Une de mes arrière-grand-mère est morte en 1986, j'avais déjà 8 ans. Elle était née en 1902, elle n'avait que 12 ans au début de la première guerre.
C'est un moment où l'on fait tous partie de la même famille, au fond. Ne dit-on pas la "Mère Patrie" ?
CC
Il y avait là les médailles en toc que mes arrières-grands-pères avaient ramenées de la Grande Guerre, leurs carnets de soldat, les tickets de rationnement utilisés par leurs familles, les quelques cartes postales qui disaient toujours que "Tout va bien" et que les colis envoyés avaient fait du bien au moral. Et puis ensuite, il y avait quelques photos d'après-guerre : ces hommes avaient vieilli trop vite, l'un est devenu alcoolique pour mieux supporter les cauchemars qui le hantaient et l'autre, amaigri et malade, est mort bien trop jeune à cause des gaz respirés dans les tranchées.
Ce sont en effet des histoires terribles : c'est mon grand-père qui s'est retrouvé tout seul avec sa mère, alors qu'il n'avait que 9 ou 10 ans, pour s'occuper de la ferme et trouver à manger. C'est ma grand-mère, effrayée par l'alcool, ayant subi un père violent...
Les commémorations d'aujourd'hui ne sont pas des moments de haine et de revanche. On se souvient des morts, de toutes les histoires familiales que l'on partage. Ce n'est pas si loin de nous. Une de mes arrière-grand-mère est morte en 1986, j'avais déjà 8 ans. Elle était née en 1902, elle n'avait que 12 ans au début de la première guerre.
C'est un moment où l'on fait tous partie de la même famille, au fond. Ne dit-on pas la "Mère Patrie" ?
CC

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