10 août 2011

Fiction estivale - Changement de décor

Prologue.

Même si tout ce qui va suivre peut ressembler au monde réel, croyez l'auteur. Remettez-vous en à lui. Les lieux, les gens, les situations, tout est inventé. Bien entendu, la petite société est une petite société telle que nous en connaissons. Il se peut que la petite ville de province vous fasse penser à celle où vous vivez, à celle où vous passez vos vacances, à celle où vous avez vécu enfant. Il se peut que vous pensiez reconnaitre un homme ou une situation. Mais ce ne sera que le fruit du roman. Le roman s'inspire du réel et nous renseigne sur lui, mais il est faux. Jamais il n'y eut en Normandie une Mme Bovary telle que celle de Flaubert. Cependant, vous croyez la connaître. Ainsi que vous pensez mieux connaître la Normandie du XIXème siècle grâce à Flaubert. 


On reconnaîtra peut-être le plagiat que je fait éhontément d'une œuvre de David Lodge. Faute avouée, à demi pardonnée...


Tout cela étant dit, je tiens à commencer mon histoire par cette petite formule magique qui permet d'entrer dans le monde imaginaire...

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Chapitre 1.

Il était une fois, dans une petite ville riante de province, une population pleine de drames et d'espoir, comme il en existe partout.

Deux hommes qui ne s'étaient jamais vus se trouvaient côte à côte pour la première fois. Le premier était au volant d'une Jaguar grise reluisante. Il s'appelait John et était au téléphone avec sa femme Barbra, qu'il venait de quitter quelques instants plus tôt. Ils s'étaient à peine croisés à la table du petit déjeuner. Leur villa était trop grande et quand l'un était à la cuisine pour le petit déjeuner et que l'autre était sur la terrasse, on pouvait savourer son premier café sans se dire bonjour. Cette maison n'était pas leur première maison. John avait fait fortune dans l'immobilier. Dans les années 70, il avait touché un héritage correct qui lui avait permis d'acheter son premier appartement. Un petit F3 en centre ville. Il n'avait pas attendu longtemps pour le revendre, en faisant une bascule incroyable. Les crises successives aidant, il avait progressivement acheté plus grand et il avait fait fortune ainsi.

Dans la deuxième voiture, arrêtée au même feu rouge, il y avait Tim. Il n'était pas au téléphone. Il lorgnait la Jag' de son voisin occasionnel avec envie. A 36 ans, Tim roulait toujours dans une Ford Fiesta toute cabossée, qui crachait ses poumons au démarrage. S'il l'avait gardée, cette première voiture, ce n'était pas vraiment par sentimentalisme. Il l'avait achetée avec un prêt étudiant, qu'il avait remboursé tant bien que mal avec l'argent de ses premiers jobs au MacDo et malgré ses longues études, il n'avait jamais eu les moyens de s'en payer une autre. Il venait de sortir de chez lui pour se rendre à son travail. Il était CDD dans une agence d'intérim.

(à suivre)

CC
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