9 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 4. Budget


 J'ai surtout appris des choses sur la vanité humaine, en faisant une peu de politique, toute locale qu'elle fut. Mais j'ai aussi retenu quelques grandes idées nécessaires à comprendre le fonctionnement démocratique. 

Par exemple, on comprend très vite, que pour une collectivité, l'acte politique le plus important, c'est le vote du budget. C'est ce qui rend concrètes les idées qu'on défend. On ne fait pas de politique avant cela : quand on fait campagne, on promet, on philosophe, on idéalise. Quand on parle devant des électeurs, on enrobe, on enjolive, on vend. Quand on est en conseil ou en assemblée - municipal, communautaire, départemental, régional, national...- on argumente, on concède, on transige, on assure le service après vente. 

Mais quand on fait le budget et qu'on le vote, là, on fait acte politique. Pas besoin d'être un expert des finances, même pas besoin d'être super bon en maths, en vérité. L'important, c'est de voir les masses, les grands choix, les principaux changements dans deux domaines : 

- Où prend-on l'argent ?

- Où le redistribue-t-on ? 

Par exemple, il n'est nul besoin, en assemblée, en meeting, en campagne...de promettre et de disserter, de jurer ses grands dieux qu'on est pour l'environnement, pour l'écologie, pour le parti des fleurs et des abeilles, si dans le budget, après 4 mois de canicule, on sabre le budget alloué aux rénovations énergétique des écoles en passant de 50 millions à 10 millions. Au passage, c'était déjà pas beaucoup et c'est vraiment ridicule. Mais cela dénote de la vraie motivation du gouvernement pour baisser les émissions de gaz à effet de serre, et à apporter du confort aux écoliers. C'est encore sur les écoles que ça tombe, en plus (voir ma chronique d'hier). 

En ce moment, vous avez remarqué, Lecornu, notre brave premier ministre s'agite fort pour boucler un budget rapidement, histoire que le dernier du mandat de Macron passe avant la fin de son règne. 

Il va donner le "la" de l'année qui vient et le nouveau président sera de toute façon entravé par ce budget pendant les premiers mois de son mandat. C'est donc capital pour Lecornu de le passer très vite. Plus vite que l'année dernière !

Pour le reste, les candidats ne rentrent pas tellement dans les considérations financières durant les campagnes électorales : retenons toutefois que Mélenchon veut "effacer la dette", ce qui semble assez illusoire ou du moins, ce qui remettrait en cause le système complet de financement de la France et qui perturberait sa place dans l'économie mondiale. Les candidats de gauche sont plutôt tous favorable à la taxe Zucman, qui souhaite taxer les fortunes de plus de 100 millions à hauteur de 2% par an. Si vous êtes concernés par cette taxe, chers lecteurs, faites-moi signe pour un resto !

Et à droite, à commencer par le camp de l'actuel président, on promet qu'on va baisser les impôts des grandes entreprises. 

Des choix éminemment politiques, par conséquent. 

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