12 août 2010

Hortefeux, les Rroms et la mercedès....

J'ai vu des Rroms à la télé.

Ils n'avaient pas l'air du tout comme Hortefeux les avait décrits.

Ils n'avaient pas du tout de grosses berlines de marque allemande.

Pas du tout.

Mais Hortefeux, depuis qu'il confond les Auvergnats avec les Arabes, on sait bien que son discernement ne vaut pas grand chose...A moins que l'amalgame soit intentionnel ?

En tout cas, les Rroms de la télé, ils avaient l'air dans une misère totale. Ils avaient de vieux trafic pourris dans lesquels ils dormaient, sur des parkings où ils n'avaient pas le droit de se garer.

Ils venaient de Roumanie.

C'est pas en Europe, ça ?

Ils ont été démantelés. Et Rroms, ça veut dire "Être humain".

CC
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11 août 2010

Notre Identité Nationale, c'est Cruchot


Depuis les annonces de Grenoble, je suis abasourdie. Complétement sonnée.

A vrai dire, je rigole gentiment du président et de sa politique depuis 2007 et j'avais l'impression de le connaître à peu près, le jugeant plutôt gendarme Cruchot, flic teigneux mais pas tellement crédible et surtout ridicule.

Mais j'avais l'impression qu'il laissait le soin de déraper méchamment à ses sbires. Lefebvre, Hortefeux, Estrosi ou Morano, c'était un peu sa 7ème compagnie pour dire des conneries.

Mais avec le discours de Grenoble, tout m'a semblé bouleversé. Comme si ces déclarations étaient historiques.

Il paraît même que Mââme Cruchot est en colère...

Au début, donc, je le confesse, l'information m'a laissée K.O.

Retirer la nationalité. En me creusant la tête, il me semblait que ça s'était déjà fait sous Vichy. Cependant, je me suis bien retenue de faire un billet pour faire la comparaison. On est si vite taxé d'un point Godwin. Et d'ailleurs, on n'est pas en guerre, il ne faut pas pousser.

Et puis, tout ne va pas si mal : ça fait plus de 60 ans qu'on n'a pas eu de guerre, tout le monde mange à sa faim, ou presque, et tout le monde, ou presque à un toit sur la tête. A peu près. M'enfin, on ne peut pas comparer, quoi.

Après cette première réaction, j'ai lu des tas de billets, sur la blogosphère et partout ailleurs. J'ai même failli oublier l'affaire Bettencourt, à vrai dire.

Et voilà qu'en me replongeant dans mes préparations de cours pour la rentrée, j'ai compris soudain la nature des annonces sécurité de Cruchot.

C'est ma profession de professeur de collège qui m'a éclairée.

Face à un élève pénible, qui par exemple se retourne sans cesse pour parler à un camarade, il y a une première attitude possible : reprendre l'élève, en l'interpelant avec douceur mais fermeté, en lui suggérant qu'il ne devrait pas se conduire ainsi. Pas un mot de plus que ça : "Je serais toi, je suivrais le cours au lieu de me retourner."

Évidemment, l'élève va continuer à parler, parce qu'un élève teste toujours les limites d'un prof, c'est la règle. C'est alors que le professeur ajoute : "Je t'avais prévenu : tu n'aurais pas dû continuer. Dépose ton carnet sur mon bureau." En général, pas la peine d'aller plus loin. L'élève sait qu'on annonce, qu'on prévient et qu'on agit.

Deuxième solution : dès que l'élève commence à parler, le professeur peu expérimenté ou énervé ou encore, fatigué, va élever la voix. Il va menacer : "Si tu continues de parler, comme ça, je t'envoie chez le principal. Suffit, maintenant."

L'élève, évidemment, continue de parler. Mais cette fois, il le fait parce qu'il sait qu'il est bien peu probable que le prof l'envoie vraiment chez le principal pour de simples bavardages. La peine promise est totalement disproportionnée par rapport au délit : que dira le prof, pour se justifier, quand le principal demandera un rapport d'exclusion ? L'élève bavardait. Oui, c'est un peu juste.

Et l'autorité du professeur est remise en cause irrémédiablement.

Ma comparaison vaut ce qu'elle vaut, c'est à dire pas grand chose, mais elle m'a permis de comprendre que Sarkozy promet sans être capable de tenir. Il remet donc gravement son autorité en cause. Et c'est ce qui est grave...Mais pas plus que ce qui se passe depuis 2007. C'est toujours Cruchot qui nous dirige. Depuis 2002 et tout va bien. Ou pas.

CC
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9 août 2010

Rin

Quoi qu'a dit ? - A dit rin.
Quoi qu'a fait ? - A fait rin.
A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.

Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?

-A 'xiste pas.

La môme néant. Jean Tardieu.
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5 août 2010

Fiction de l'été - Episode 8


On avait encore interrogé la femme du ministre. Elle était en fait l’alibi de ce dernier, sans surprise. Et ils avaient de toute façon été vus au restaurant de l’hôtel Crillon où ils avaient passé la soirée, jusqu’à 22h30. L’anniversaire de madame ? Quelque chose à fêter, en tout cas. Il faudrait vérifier.

Le légiste avait évalué l’heure de la mort à 23h, cependant...

Mais étrangement, tout le monde avait un alibi pour la soirée et même pour la nuit.

Fallait-il chercher ailleurs ?

Valandier, pourtant, lors des différents interrogatoires avait senti à chaque fois quelque chose. Il avait cru que c’était la veuve : sur le contrat de mariage, il n’était sans doute pas stipulé que son mari viendrait faire des scandales sur ses plateaux de tournage...

Puis, l'enquêteur avait été persuadé que le ministre se vengeait de sa carrière fichue.

Enfin, il avait eu l’intime conviction que le comptable était suffisamment amer pour passer à l’acte.

La femme du ministre l’avait conforté dans ses intuitions : elle faisait parfaitement le lien entre chacune de ces personnes. Elle avait été embauchée par le comptable, sur les conseils de son mari. Elle avait été une collaboratrice avisée de Madame. Elle avait aussi connu l’artiste qui était un ami intime des milliardaires. Enfin, de monsieur, surtout, parait-il, dans un premier temps, avant de se rabattre sur le dernier des vivants du couple, pour se faire coucher sur le testament, à défaut d’autre chose. Enfin, c’était une bonne amie de la première dame de France.

Elle était sans doute la clé de l’enquête : elle représentait à merveille toutes les collusions entre le pouvoir, les affaires et l’argent. Elle était au carrefour des arrangements.

Le président aussi était le stigmate de politique de classe, le symbole voyant du bling-bling assumé. Mais comme l’avait si bien expliqué la milliardaire, il ne faisait pas vraiment parti de ce monde, dans le fond. Il était bien trop voyant, en somme et représentait donc une menace pour la classe des riches.

Mais les pièces du puzzle avaient beaucoup de peine à se mettre en place.

(A suivre)

CC
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4 août 2010

Fiction de l'été - Episode 7


Encore un témoin clé à interroger : le gestionnaire de la Mamie. On savait d’emblée la soupe qu’il allait servir : «Mon boulot, c’est de faire en sorte que ma cliente paye le moins d’impôts possible. Je suis très fort à ce petit jeu : je connais le code fiscal par coeur, jusqu’à dans ses moindres niches. Oui, on me paye très cher pour ça, mais le jeu en vaut la chandelle, au vu des économies que j’arrive à faire faire à la clientèle.»

Certes.

Mais les collusions et les confusions entre le pouvoir et l’argent étaient trop grandes pour être honnêtes.

L’homme était accoudé au bar d’un hôtel de luxe, lieu du rendez-vous avec Valandier. Il buvait du champagne. Une coupe de champagne, tout de suite, ça vous pose un homme.

Il avait vaguement un look oscillant entre baroudeur et vieux beau. D’emblée, il fit le petit couplet sur son job. Mot pour mot ce que Valandier avait imaginé.

«- Vous savez qu’on ne peut plus considérer cette affaire de la même manière depuis que le président a été tué ? D’ailleurs, je suis là pour l’enquête criminelle...,relança l’inspecteur.
- Oui. Alors là, justement : je ne comprends pas bien pourquoi vous voulez me voir ! Je suis comptable, juste un petit comptable...Je ne vois pas pourquoi je tuerai qui que ce soit...»

Un "petit comptable". Deux minutes avant, il était payé comme le plus grand parce qu’il le valait bien. Facile de jouer la modestie quand ça l’arrangeait.

«- Soyons sérieux : le président avait lâché le ministre qui était votre principal contact. Il s’apprêtait à le virer du gouvernement à la rentrée. L'hallali avait commencé depuis pas mal de temps, déjà. Sans votre complice...euh...soutien au gouvernement, vous étiez vous aussi sous le feu des médias et de la justice...»

L’homme se rembrunit.

«- Mais de là à passer à l’acte...Certes, ma carrière aurait pris un coup dans l’aile...J’avais beau être...enfin...j’ai beau être le meilleur dans mon domaine, personne ne m’aurait embauché avec des soupçons pareils...»

Au commissariat, sa déclaration fut des plus lisses. Mais l’homme avait un brin de désespoir dans la voix.

Avant de partir, Valandier lui posa une dernière question :

«- Le champagne, tout à l’heure, au bar, c’était pour fêter quelque chose ?»

L’expert en fraude fiscale ne répondit rien, mais il eut un drôle de sourire en coin.
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2 août 2010

Fiction de l'été - Episode 6


Du côté de la scène de crime, les relevés et les photos faits, le labo de la police scientifique avait travaillé sans relâche, depuis deux jours. Mais il y avait bien peu de choses à dire. Le président avait été frappé de trois coups de couteaux portés par une personne plus grande que lui, de haut en bas. Le couteau, retrouvé à proximité ne portait pas d’empreinte et seulement le sang du président. On pouvait donc penser à un acte prémédité : l’arme avait été nettoyée.

Les traces repérées sur le sol étaient celle de chaussures de ville, a priori, mais le hall du palais de l’Elysée était un peu un hall de gare. Rien de particulier, en fait.

Et en plus, le labo de la police française, ce n’est pas les Experts Miami.

Il valait mieux continuer les investigations politiques.

On ne pourrait pas se dispenser d’interroger une fois de plus Mme Bassecourt. Elle avait déjà été entendue au cœur du mois de juillet par les enquêteurs. On avait pris toutes les précautions eu égard à son grand âge et à sa grande richesse : une des plus grandes fortunes mondiales, patronne de la plus grande marque de distribution française, elle avait l’habitude qu’on la bichonne. Elle le valait bien.

On a donc pris des pincettes, encore une fois. Mais un peu moins que la dernière fois : il y avait eu un mort, entre temps.

On a dû parler très fort, évidement, parce qu’elle était très sourde et qu’elle refusait de porter des appareils auditifs par coquetterie. Pourtant, elle semblait assez lucide et ses propos étaient clairs.

«- Donner des coups de couteaux, à mon âge, à un homme en pleine santé, vous vous doutez bien que ce n’est pas possible.
- Certes, mais pourquoi n’auriez-vous pas commandité ce crime ? Vous en avez les moyens et surtout, l’histoire des arrangements fiscaux nuisent beaucoup à votre réputation. Dans le commerce, c’est important, la réputation, Madame...
- La répudiation ? Mais quelle idée ? Ma fille se conduit avec moi...
- Non, la REPUTATION !
- Ah...Oh...à mon âge...
- Votre âge ne peut pas être la réponse à tout ! Quelle relation entreteniez-vous avec le président ?
- Quelle émission souhaiterais-je faire vraiment ? Ma foi, Drucker...
- Mais non, quelle relation entreteniez-vous avec le président ?» répéta Valandier deux fois plus fort.
- Ah...Oh...On s’est croisés quelques fois. Un homme charmant, au demeurant. Enfin, son épouse surtout. Lui n’avait pas vraiment de savoir-vivre. Mais il est de bon ton, au Raincy, d’apprécier cet ancien maire. Il a sympathisé avec la bonne société : on l’appréciait, parce qu’on sentait bien que son avenir en politique était en bonne voie. Mais malgré cela, il ne fait pas vraiment parti du club. Il est tellement rustre, dans le fond : il ne connaît rien aux arts et aux lettres, il a tout d’un arriviste...Et son père ! Venu d’on ne sait où ! Mais enfin, il est utile, paraît-il...C’est ce que me dit toujours mon comptable, d’ailleurs !»

Elle s’était livrée plus qu’on ne pouvait l’espérer, finalement...

CC
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