29 avril 2010

Du grain à moudre

Que pourrais-je écrire aujourd'hui ?

Quand on laisse l'actualité s'accumuler un peu, c'est toujours comme ça. On a l'impression d'un vieux tas de feuilles mortes au pied de sa porte. On ne sait pas comment s'y prendre pour s'en débarrasser : ça colle quand il pleut et ça s'infiltre partout...

Il y a les agriculteurs, ceux qui sont riches d'habitude et qui sont un peu moins riches aujourd'hui, parce c'est la crise...Et il y a Marc Dufumier qui en parle très bien. Il dit ce que mon père met en oeuvre depuis 20 ans. J'adore !

Il y a le robinet des allocations familiales qu'on veut couper aux "familles démissionnaires", aussi.

Je pourrais vous parler de quelques élèves à moi : ceux qui ne viennent jamais. J'en ai quelques uns en troisième, cette année.

Notamment un, qui n'est venu que 5 ou 6 fois cette année, dont une fois pour un devoir commun de français. Forcément, il n'a pas eu une bonne note. Le reste du temps, il cherche des stages. On ne sait pas trop s'il en trouve. Il a 16 ans révolu, il n'est plus soumis à l'obligation scolaire. Il est gentil, quand il est là. Mais il ne comprend rien. Pourquoi est-il dans une classe de 3ème ? C'est là, le problème.

Il y a une fille aussi. Elle n'a pas encore 16 ans, elle. Mais elle attend patiemment son anniversaire. Elle alterne entre la sieste en cours, les passages multiples à l'infirmerie, quand elle est là. Le reste du temps, son père lui fait des autorisations d'absence. Elle ne comprend pas grand chose non plus à ce qu'on apprend en classe. Mais où aurait-elle pu aller, sinon au collège ? Elle n'avait pas tout à fait le niveau pour aller en SEGPA, en 6ème. On nourrissait encore quelques espoirs. Et puis, elle est passé tant bien que mal d'une classe à l'autre, sans jamais avoir la motivation pour faire un dossier pour une solution alternative. On ne sait pas ce qu'elle deviendra à la fin de l'année. Elle fera sans doute un CAP par défaut et les absences continueront jusqu'à ses 16 ans.

Je précise que ni l'un ni l'autre ne s'appelle Mohamed ou Samia...Ce sont plutôt des Kevin et des Kévina...Mais ça ne signifie pas grand chose, c'est juste pour préciser...

En ce qui concerne ce dossier, il faudrait prendre le temps de lire cette étude.

Ces infos intéressantes, fouillées, je les ai trouvées grâce à ce nouveau site : http://www.politiconet.info/

Je vous le conseille vraiment ! C'est une idée de Marc Vasseur, soutenu par une belle équipe : Ronald, Seb, Vogelsong et Juan...

(Pas beaucoup de nanas, quand même ! Olympe ne vous a pas mis la Halde aux fesses ?)

:)

CC
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27 avril 2010

AAA...

Oh ! le drame : la bourse fait encore des siennes...

Il faut dire que ça tacle pas mal, dans le milieu, en ce moment : Goldman-Sachs, les sub-primes, tout ça revient sur le tapis. Il paraîtrait que c'est sciemment que les "banksters" ont surnoté des actifs pourris, pour faire plaisir aux clients et surtout pour s'en mettre plein les poches...

Ah ! Ah ! Ah ! Qu'ils disaient...AAA...Et maintenant, ils pleurent...

Alors forcément, la bourse est en berne. Un peu comme une manif, comme une protestation de la confrérie des traders : quand ça ne va pas, on se sert les coudes et on menace de mettre le monde en faillite...Plus efficace que deux ou trois tracteurs dans Paris, non ? Plus flippant, en tout cas.

Et pourtant, n'importe quel prof vous le dira : il n'est jamais bon de surnoter !

CC
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26 avril 2010

Le Petit Sarkozisme en 4 leçons

1. Théorie du ruissellement : faire en sorte que le petit peuple soit persuadé que la richesse des riches finira bien par leur retomber dessus, le jour où ceux qui payent l'ISF auront trop de fric.

2. Nationalisation des pertes et privatisation des profits : faire croire au petit peuple que ce qui est rentable doit profiter à des intérêts privés, puisque de toute façon, ils en profiteront grâce à la théorie du ruissellement. Par contre, les pertes peuvent être prises en charge par les États. Cependant, les frais seront réduits au maximum par des plans de rigueur.

3. T.I.N.A : there is no alternative. Il n'y a pas d'autres solutions. C'est l'argument que l'on oppose quand on veut imposer la nationalisation des pertes et la privatisation des profits. On explique simplement, mais avec des termes compliqués qu'on ne peut pas faire autrement. On peut même avoir recours à des experts qui viendront faire le bilan catastrophique de la situation, pour bien montrer combien on ne peut pas faire autrement.

4. La technique de diversion : consiste à faire du bruit pendant qu'on fait les mauvais coups en douce. Mac Gyver utilisait toujours cette technique quand il se préparait à installer son dispositif à base de chewing-gum pour faire sauter une centrale nucléaire : il fabriquait une bombinette avec du liquide vaisselle pour attirer l'attention des méchants vigiles habillés de noir... Dans l'actu, il suffit de parler de la burqa, de lancer un petit débat à la con pour savoir si l'on doit prononcer niqab ou si l'on doit déchoir les gens de leur nationalité en cas de libertinage...Et on ne parle plus des sujets qui fâchent vraiment.

C'est exactement ce qui se passe avec plein de choses : les retraites, les niches fiscales, le démantèlement des services publics, les dettes de l'État, Karachi...

En fait, c'est le Petit Sarkozy Illustré.

Tant que ça marche...

CC
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25 avril 2010

Prof est un métier difficile. Et qui s'apprend.

Un chercheur au CNRS a tenté d'être prof dans un collège. Pas un collège difficile, juste un collège normal.

Il n'avait pas de formation particulière, mais tout le monde sait bien que prof, c'est un métier facile.

Il a de la bouteille, en plus, du charisme : c'est un homme d'âge mûr, intelligent, aguerri...

Et pourtant, il s'est mangé les dents...

Je vous invite à regarder cette petite vidéo (qui a été diffusée sur TF1 à une heure de grande écoute...Miracle...)

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


Et dire que l'année prochaine, les petits jeunes qui auront eu le CAPES cette année seront propulsés devant des élèves sans formation, eux non plus...Une catastrophe en perspective...

CC
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24 avril 2010

Comment une burqa nous masque la vue...

Une burqa, ça masque la vue pour conduire.

Une burqa ça masque aussi l'esprit pour réfléchir ?

Hortefeux joue donc le rôle de burqa de l'esprit...La déchéance n'est pas là où on le croit...

CC
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20 avril 2010

Papy


Claudius avait 90 ans.

Il était le patriarche bienveillant de la famille. Il portait un regard apaisé et philosophe sur la vie.

Il tenait au bonheur de chacun de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants et il se tenait au courant de tout : de nos études, de nos boulots, de nos amours...

Dans sa vie, il a beaucoup travaillé. Il a vite fini ses études HEC (Hautes études communales) pour aider sa mère, à la ferme : son père avait subi 14-18 et en était mort. Il a perdu très jeune sa sœur, aussi, d'une méningite. Il aurait aimé être boucher ou coiffeur. Mais il a dû reprendre la ferme, faire bouillir la marmite avec sa mère, tant bien que mal.

Il a subi les chantiers de jeunesse pendant la guerre, il a bouffé des rutabagas et des topinambours, dans un coin froid des Alpes, il a marché dans la neige, avec le ventre vide...

Aujourd'hui, rien n'est plus bobo que de manger des topinambours. Il haussait les épaules en riant. Le monde est absurde, mais il le savait déjà...

Ironique, mais pas désabusé, loin de là. Il croyait qu'on peut faire des choses, si on veut, ensemble. Il a d'ailleurs développé les coopératives laitières : à son niveau, il a participé à la valorisation du travail des agriculteurs. Il savait que tout seul, on n'arrive à rien.

Il nous a transmis ces valeurs de partage et de travail en commun.

Chaque jour, il lisait le Dauphiné et Libé. Chaque semaine, il dévorait le Canard et Marianne. Il avait l'œil qui pétillait, quand je lui parlais de Sarko ou de Carla, il se plaignait de la feuille de chou de Joffrin, qui ne valait plus rien, surtout depuis 2007 et la cabale anti-Ségolène et encore plus depuis que le journal s'était amusé à confier la rédaction à la première dame de France.

Tout ça le faisait marrer, dans le fond. Il en avait vu d'autres...On aimait tous passer du temps avec lui, chez lui, au coin de son feu, dans sa cuisine où il faisait 30°C en hiver, mais frais en été. On aimait boire un verre de son K6 maison, avec de l'eau ou avec du vin blanc...On aimait partager l'amour qu'il avait de la vie et de la bonne chère...On a tous plus ou moins hérité de ses recettes de pâtés et de diots...

Il nous a transmis une mémoire aussi : celle de la famille...Ensemble, avec ma cousine, on a passé quelques heures aux archives du département pour reconstituer un bon morceau de notre arbre généalogique...Ce travail l'avait fasciné et grâce à sa mémoire, nous étions déjà remonté assez loin.

Il se souvenait de ce que lui avait raconté son grand-père, je crois.

Je me souviendrai, autant que possible de ce que m'a transmis le mien.

Il est mort ce week-end et même si c'est un bel âge, je me m'habitue pas à l'idée que je ne verrai plus son regard pétillant.

CC
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15 avril 2010

Le COR aux pieds de Sarko...


Quand même, il faudrait être aveugle et sourd ou complètement con pour ne pas saisir la dernière intox du gouvernement. Et du Conseil d'Orientation des Retraites. Pour être orienté, c'est orienté : libéral, tendance MEDEF...

Ça concerne donc les retraites cette fois. C'est un dossier délicat, puisque tout le monde est concerné, en principe.

Certes, l'idéologie qu'on nous transmet en intraveineuse depuis des mois, voire des années, c'est que sur la retraite, faut pas y compter. Du tout. Qu'elle va disparaître, mais que les progrès de la pharmaceutique nous permettrons bien de bosser jusqu'à la tombe.

C'est la peur qui nous tient.

Mais réfléchissons deux minutes : on nous a dit hier que si on se projetait en 2050, on voyait bien que les retraites, c'était râpé, fichu, cuit et recuit.

2050...

En fait, les experts du COR (aux pieds de Sarko...ça fait mal ?) ce ne sont pas des experts, c'est madame Irma.

D'habitude, pour prévoir le chômage du mois prochain, ils se plantent, ces mêmes experts. Et pourtant, tout le monde sait bien que les chiffres seront mauvais, pour le coup, mais eux, ils annoncent toujours que ça ira mieux.

Alors comment on pourrait les croire sur une prévision à très long terme ?

C'est quand même une belle rigolade, non ?

CC
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