28 janvier 2014

Il était une fois la théorie du lama...

Il était une fois un pays qui ressemblait à tous les pays. Les enfants allaient à l'école et y apprenaient péniblement à lire et à écrire. Dans ce pays, tout allait aussi bien que possible, bien qu'il fasse froid en hiver et chaud en été.

Un jour, une rumeur courut : quelques étranges personnes avaient décidé unilatéralement qu'il fallait absolument qu'on forme les enfants, dès leur plus jeune âge, à aimer les lamas. On dit même que cela était devenu l'objectif numéro un du gouvernement : il fallait que les élèves, dès la maternelle apprennent à désirer des lamas, à penser lamas, à devenir des lamas.

Le complot était terrible : il fallait que les instituteurs suivent des formations sur les lamas, qu'ils se marient eux-même à des lamas, qu'ils fassent des power point sur les lamas aux lycéens et des jeux pédagogiques en peluche pour les plus jeunes, toujours sur le thème du lama...

On parlait de la théorie du lama, partout. On disait "Llama's theory", pour faire genre.

La finalité était évidemment l'anéantissement de la race humaine au profit de l’avènement des lamas.

Heureusement, quelques irréductibles humains veillaient au grain : ils étaient prêts à faire barrage de leur corps pour ne pas qu'on devienne tous des lamas. C'est vrai, ça ! Au nom de dieu, qui nous a créé à son image, on ne pouvait pas se laisser transformer en lama sans rien faire. Il était pourtant évident que si on parlait des lamas aux enfants de trois ans alors ils deviendraient des lamas : c'était inéluctable.

Alors, ces quelques résistants décidèrent d'envoyer des SMS et des mails à tout les parents croyant en un dieu quelconque pour faire valoir des arguments divins : on ne pouvait pas laisser faire ça. Les petits garçons et les petites filles ne pouvaient pas se mettre à cracher !

La preuve que cette rumeur était vraie, bien sûr, c'est que tout le monde disait le contraire : les professeurs niaient, le ministre niait, même le président de la République niait. Et ça, c'était la preuve suprême de la véracité de la chose. Personne ne se demandait vraiment pourquoi on voulait faire ça : c'était peut-être un truc des extra-terrestres, c'était sans doute le diable, c'était juste pour mettre fin à la bonne marche du monde, voilà tout.

Tout dégénéra quand on commença à entendre l'insulte "Sale lama !", quand on vit fleurir les tags "Mort aux lamas !" et, pompon sur le bonnet en alpaga, quand des massacres de lamas furent perpétrés dans les zoos du pays.

Les quelques personnes qui savaient encore lire décidèrent enfin d'aller consulter les programmes de l'éducation nationale : il n'avait jamais été question d'enseigner la "Llama's theory" dans les écoles. Jamais. D'ailleurs, cette théorie n'existait pas.

Mais le mal était fait : guerre civile entre les pro lamas et les anti lamas.

Quand tout explosa, à cause d'un lama ayant trouvé par hasard le bouton rouge de la bombe H, de tous ces idiots, il ne resta rien. Et c'était mieux comme ça.

CC
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14 janvier 2014

Interférence express

Je l'ai trouvé très bien, le président, cette après-midi. C'était une après-midi très agréable, passée en sa compagnie et celle de quelques paquets de copies de 5e. J'ai trouvé l'élocution de François nettement plus fluide que celle de mes élèves de 5e, d'ailleurs.

Tandis que mes élèves faisaient encore plus de fautes d'orthographe que moi, François enchaînait les saillies bien senties. Par exemple, alors que Kevin écrivait "J'arriva devan des ta de dinosor qui voler dans les ères, et j'u tré peur.", le président déclarait : ""Si être de gauche c’est creuser la dette, alors le gouvernement précédent était d’extrême gauche !".

Voilà.

Il a dit aussi des tas de choses sur le pacte de responsabilité pendant que j'annotais ainsi la copie de Jennifera : "Il va falloir prendre ses responsabilités : pas de bonnes notes tant que tu n'apprendras pas tes leçons. C'est donnant donnant !"

Sinon, en parlant de Kevin et Jennifera, ils sortent ensemble, vous savez...Dans un premier temps ça a beaucoup fait souffrir Nabiletta, mais elle s'en est remise, merci pour elle.

Comment ça, vous vous en foutez ?

Vous avez raison : respectons la vie privée des élèves !

CC
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8 janvier 2014

Inverser la courbe du décrochage scolaire

Parfois, mes élèves, je les accrocherais bien au portemanteau. Mais il arrive qu'ils décrochent. Pas leur téléphone en classe, sinon, je leur prends pour le revendre sur le bon coin.

Le décrochage scolaire - un peu de sérieux, tout de même - c'est un vrai problème de notre système scolaire. En fait, moi, personnellement, je pense que c'est parce que l'école n'est pas du tout adaptée à tous les enfants. C'est normal : tout le monde n'est pas fait pour manier l'allitération et l'oxymoron, non !

Vincent Peillon s'est attaqué à ce problème du décrochage. Il pense comme moi : "L’une des causes du décrochage, c’est un système éducatif qui est parfois violent à l’égard d’un certain nombre d’enfants."

Cette année, donc, les chiffres sont favorables : 20 000 élèves ont été "raccrochés", contre 9000 en 2012. C'est bien, on ne peut que s'en réjouir. Il faut que les élèves sortent avec une formation même minimum, surtout professionnelle. Il faut donc que le collège unique ne soit plus une fatalité. Mais c'est un autre débat, sans doute, pas d'actualité.

Mais si on veut dépasser l'objectif des 25 000 l'année prochaine et diviser leur nombre par deux avant la fin du quinquennat, il va falloir du lourd ! Et si vous voyiez comme mes 3e sont heureux d'aller en stage la semaine prochaine...

CC


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1 janvier 2014

Bonne année

On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve et c'est bien pour cela que les moins cyniques d'entre nous respectent la tradition des voeux : autant se souhaiter le meilleur, puisque le pire peut arriver.

Le pire va probablement arriver, mais je souhaite tout de même de beaux moments, de la chaleur, de la douceur avec les vôtres, en toute simplicité.

Merci pour tout ce que vous partagez sur internet, merci pour tout ce que vous donnez dans la vraie vie aussi, continuons à être généreux et cultivons la gentillesse, ça nous changera !

Bisous

CC
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30 décembre 2013

Comme un vague air de déjà vu

« - Maintenant, il nous faut un symbole pour notre nouvelle communauté », déclara Ben. Après un instant de réflexion, il dessina au tableau un vague entourée d'un cercle.
« - Ce sera notre logo. La vague évoque le changement. Elle représente un mouvement, une direction. A partir de maintenant, notre communauté, notre mouvement s'appellera la Vague. » Il marqua une pause et observa ses élèves au garde-à-vous qui buvaient ses paroles. 

« - Et voilà notre salut. » Il courba la main droit en forme de vague et frappa son épaule gauche avant de relever la main.
« - Tout le monde fait le salut. »
La classe obtempéra. Certains se frappèrent l'épaule droite au lieu de l'épaule gauche. D'autres oublièrent complètement de se frapper une épaule.
« - Encore », ordonna-t-il, donnant l'exemple.
Il les fit recommencer jusqu'à ce que tout le monde y arrive.


La Vague, Todd Strasser. (Roman (1981) inspiré d'une expérience menée dans un lycée de Palo Alto en Californie en 1967)


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28 décembre 2013

Quenelles avariées, sauce qui tua

Résumons : un type fait un sketch dans lequel il dit que pour le journaliste Patrick Cohen, il faudrait remettre les chambres à gaz en état de marche. Dans une chanson qu'il entonne avec son public sur scène, il fait clairement le lien entre les Juifs, l'argent, le pouvoir, et la Shoah.

Bon.

Il y en a qui trouve ça drôle.

Moi pas. Et j'ai même tendance à penser que moralement, on ne peut pas rire avec la Shoah. J'ai en tête les images terribles de la libération des camps, les témoignages terribles qui nous sont parvenus, l'inhumanité de tout ça. On ne peut pas plus rire avec les esclaves empilés dans les cales des bateaux, avec les Hutus et les Tutsi se massacrant à la machette ou les charniers de l'ex-Yougoslavie. Tout simplement parce que ça donne envie de gerber, pas de se marrer.

Mais la morale est loin. Les spectacles font des entrées, rapportent de l'argent. Alors...vox populi, vox dei...

Les exécutions en place publique attiraient des spectateurs, eux aussi. La cruauté fait recette.

Pour moi, il est bien évident que le signe de ralliement de ce comique pas drôle est un signe antisémite : ça va avec tout le reste. Un antisémite bien banal, bien ringard, hérité des siècles précédents : celui qui consiste à dire que les Juifs dirigent le monde, complotent et n'aiment que l'argent.

Cela ne vaut même pas les octets que je viens de dépenser pour l'écrire. Et ça ne vaut sûrement pas la peine qu'on le monte en mayonnaise dans les médias...Mais la machine est lancée. C'est dans les vieux pots qu'on fait les soupes à la quenelle qui puent.

CC
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27 décembre 2013

Hollande est-il le seul responsable du chômage ?

Je pose la question idiote du jour. Ne me remerciez pas.

Le Hollande bashing est à son comble aujourd'hui, bien sûr, et vu qu'il était déjà très fort hier, nous ne sommes pas du tout sur une inversion de la courbe.

Aujourd'hui, dans le Dauphiné Libéré, j'ai lu qu'il y avait 450 emplois de sauvés en Maurienne.

Aujourd'hui dans La Charente libre, j'ai lu que la librairie Chapitre d'Angoulême était reprise par son ancien directeur. 25 salariés.

Aujourd'hui, sur France 3 Nord-Est, j'ai vu que la librairie Chapitre de Nancy était reprise par Gallimard. 62 salariés.

L'autre jour sur le Monde, je lisais qu'un Thaïlandais allait reprendre une usine fermée en 2009. 80 à 100 emplois recréés. 

Évidemment, c'est une goutte d'eau. Et ce ne sont pas des emplois créés, seulement des emplois sauvés.

Cependant, le gouvernement, avec des salariés courageux, se battent pour qu'il y ait des reprises quand des grands groupes font tout pour casser l'emploi au profit des actionnaires.

Il serait bon de ne pas voir tout en noir, tout le temps...Cette sorte de dépression chronique, cette neurasthénie collective nous plombe...

CC

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