17 novembre 2010

Karachi trouble-fête...

Il est des moments, comme ça, où la politique m'emmerde.

Le plan com' permanent du gouvernement est le même depuis 2007 : on lance des perches, on écoute d'une oreille distraite et amusée les réactions outragée de tout le monde, on attend que ça se tasse et on met le truc en application quand on passe déjà à un autre scandale.

Le président vient faire un petit tour à la télé pour calmer le jeu : avec Lagarde, ils ont les rôles de gentils optimistes. Fillon fait le méchant père Fouettard qui vient nous parler de rigueur.

C'est un scénario éculé comme la 14ème saison des Experts Miami. Sarko dans le rôle d'Horacio, bien sûr.

La beaufitude fait homme : Sarko lui a tout appris...


Ça, c'est pour la forme.

Pour le fond, c'est simple : une seule grande idée vendre tout ce qui est vendable et rentable aux copains qui ont des gros bateaux, histoire de se faire inviter pour les vacances. Donc, tout y passe : la santé, l'éducation, les transport, la poste, on brade, soldes sur le blanc pas très net.

Si à 50 ans, tu fais du pédalo, t'as raté ta vie...

On se lasse de commenter.

Et puis soudain, il y a une affaire qui vient ébranler le pouvoir : notre été a été égayé par Mamie Gaga, ses petits photographes calculateurs, ses histoires de famille et ses pots de vin. Mieux que Le Château des Oliviers et que La Vengeance aux deux visages.


Aujourd'hui, c'est un ancien ministre qui avait eu des problèmes avec le RPR parce qu'il avait été un précurseur dans la drague éhonté du FN, qui revient comme Terminator pour exterminer "Nicolaaaas SaRRRkozy" : Charles Millon remet sur le tapis les histoires du KarachiGate...Il y a bien eu des rétrocomminsions, selon lui.

A chaque fois qu'on en parle, on a droit à une réplique connue : "Secret défense."

Pour résumer, jusqu'en 1995, selon Millon, de l'argent aurait été versé contre l'achat de trucs militaires au Pakistan. C'était le gouvernement d'avant 1995 qui avait mis ça en place, pour financer une campagne électorale, visiblement. Mais le candidat en question n'aurait pas gagné aux élections et le gouvernement suivant aurait annulé les commandes de machins militaires. Pour se venger, le Pakistan aurait provoqué un attentat qui aurait tué des ressortissants Français à Karachi. "Mais qui peut croire à cette fable ? ", avait répondu, dégoulinant de sueur, un Nicolas Sarkozy tout de même un peu embarrassé...

Et cette fois, ce sera encore classé "secret défense" ?

CC
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16 novembre 2010

Mon ministre est toujours là...

Quoi ? Quoitesse ? Quelqu'un a parlé ? On a dit quelque chose ?

Il y a eu du mouvement ? Ah bon.

Je n'ai rien vu. Rien senti.

Vérifions mon ministre : c'est toujours le même. Un changement tout de même : il n'est plus -officiellement- le porte-parole de l'UMP. Luc les bouclettes est toujours là.

Il va peut-être se pencher sur l'état vacillant de l'Education Nationale, maintenant, il aura moins de travail à l'UMP...

Non, parce que celui-là, c'est le champion : le ministre fantôme. On ne l'a vu que deux ou trois fois, toujours approximatif, ne connaissant jamais les dossiers et les spécificités de son ministère. Toujours annonant ses fiches : "La rentrée s'est parfaitement passée". "Le budget de l'Education Nationale est toujours le plus important. Même s'il a diminué. Faire des économies, c'est important, même si ça ne sert à rien." "Il n'y a pas de suppression de postes, il n'y a que des non-remplacements de départ en retraite, nuance". 

Bla-bla-bla.

En attendant, les profs serrent les dents et travaillent toujours plus, sans gagner plus, même pas l'estime de leur hiérarchie, pour que le bouzin n'explose pas.

Parfois, un prof craque : on fait alors la une des journaux avec ça. On porte plainte, on le stigmatise et on le juge.

Souvent des élèves craquent. Tous les jours, en fait. S'il fallait faire une main courante à la gendarmerie à chaque fois qu'un élève pète un plomb, on n'aurait plus le temps d'expulser les Roms.

En fait, si vous, les non-initiés, les non avertis, vous veniez dans un collège comme le mien (qui n'est pourtant pas le pire), vous n'en reviendriez pas : vos enfants sont des sauvages et personne n'est là pour les garder.

Enfin, je m'emporte. Il faut dire qu'hier soir, sur Canal + j'ai vu un reportage sur les profs. On voyait des choses épouvantables : des profs et des élèves filmés, sur youtube, des élèves qui se moquent de tout et qui téléphonent en classe, des profs en dépression lourde.

C'est juste de la télé, on peut se dire ça, pour se rassurer.

Mais ce n'est pas juste de la télé. 

On voyait même une mère qui trouvait ça normal que sa fille insulte un prof sur facebook.

Ce métier, souvent, je me dis que je ne sais pas le faire. Mais cela pourrait être encore pire.

CC
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15 novembre 2010

Ecologie, énergie, économie, industrie...

Et voilà : la gestion ministérielle de l'énergie est passé du giron de l'écologie à celui de l'industrie. C'est Besson qui va continuer de s'occuper des dossiers bien lourds et bien difficiles.

Qu'est-ce que ça signifie, concrètement, de refiler l'énergie à Bercy ? 

Simplement, qu'on va mettre en application la loi NOME et que tout ça, c'est une histoire d'économie libérale plutôt que d'écologie...

De quoi la loi NOME est-elle le nom ?




En juin, la loi NOME a été votée, dans la torpeur du début de l'été.

Une loi de plus, votée par ce gouvernement qui en a passées des tonnes...

NOME, ça veut dire Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité. 

Rappelez-vous : il y a quelque temps, l'électricité s'ouvrait à la concurrence et on vous expliquait que vous pourriez peut-être voir baisser ainsi vos tarifs. La concurrence, c'est censé servir à ça.

Très vite, on s'est rendu compte que c'était l'arnaque : certains nouveaux venus sur le marché de l'électricité se sont même déguisés en agent EDF pour forcer la main à des petits vieux, dans les campagnes. Très vite, tout le monde à compris que c'était idiot de changer d'opérateur, puisque EDF était le plus gros et donc le plus apte à faire les meilleurs tarifs. Le public, ou ce qu'il en reste, ça a du bon et la majorité des gens s'en aperçoit.

Sauf que nous vivons dans un monde libérale où la concurrence doit être libre et non faussée. 

Alors l'Europe et notre gouvernement ont décidé de prendre les choses en main : à partir de janvier 2011, EDF devra obligatoirement vendre 25% de sa production à la concurrence, pour qu'elle puisse nous la revendre ensuite.

Entre temps, l'Etat supprimera le Tarif Réglementé Transitoire d'Ajustement du Marché. C'est à dire que les tarifs seront libres...d'augmenter. Une commission (Commission de la régulation de l'Energie) a même calculé que les augmentations seraient de l'ordre de 7 à 11%. Comme pour le gaz.

Cette mise en concurrence artificielle (parce qu'élevée au rang de dogme, comme l'explique très bien Nicolas qui ne me fait pas pleurer) intervient alors que toutes les infrastructures (les barrages, les centrales nucléaires...) ont été construites avec les deniers publics (nos impôts). Maintenant que le coût de revient est faible, on offre le gros cadeau au privé.

C'est une belle arnaque, un peu comme celle des autoroutes, que l'Etat a bradées après leur coûteuse construction. 

Le pompon, dans cette affaire, c'est que bientôt, on va vous obliger à acheter un nouveau compteur électrique (censé être plus moderne, mais qui marchera pareil que l'ancien et peut-être moins bien, mais le relevé sera fait automatiquement, ce qui fera grossir les chiffres du chômage...) pour environ 230 Euros par foyer...Ce serait pas mal de s'y opposer...Aimons nos vieux compteurs : proposons leur la retraite à 200 ans. Au moins !

CC (copié-collé, ça signifie...)
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14 novembre 2010

Remaniement Star Ac'

Comme à la Star Ac', les candidats ont été passés à la moulinette des téléspectateurs (et des panels représentatifs des sondeurs.)

On a vu Borloo nous chanter "Je suis le mal aimé" et on n'a pas été convaincus...

On a vu Baroin interpréter un discret rôle de jeune premier, mais sa mèche blonde ne disait rien à personne.

On a vu Allègre braillant et suppliant dans un indécent ballet sur la musique de "Déshabillez-moi". Désopilant, mais pas convaincant.

Pendant ce temps-là, Fillon, guest star en coulisse, vainqueur des saisons précédentes, se répandait en fiel dans la presse à scandales sur le Nikos Aliagas qui nous dirige : "Il n'a jamais été mon mentor", aurait-il déclaré, tout en glissant un subtil "Pourquoi changer une équipe qui gagne...", flatteur pour le chef d'escadron.



Ce samedi soir, grand show. Les appels surtaxés (aux frais de l'État) aux instituts de sondage étant clos, on a dû se rendre compte que les Français avait apprécier encore une fois le charme discret de François Fillon pour jouer le rôle du pushing-ball.

Quelqu'un leur a dit que la Star Ac', c'était fini et que les téléspectateurs avaient zappé depuis longtemps sur Qui veut épouser mon fils ?

On sait bien que les votes sont truqués, en plus.

La vraie raison de la reconduction de Fillon, on le sait bien, c'est la réforme des retraites : le pauvre vieux est de ceux à qui on avait fait un joli pot de départ et qui doit revenir faire quatre mois pour avoir un taux plein.

Encore un qui ne revotera pas pour Sarko en 2012...

CC
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11 novembre 2010

Brèves de con

Les étudiants londoniens vont devoir payer 10 000 Euros par an pour étudier en fac. Le prix du savoir. Tout ça pour faire des études d'économie...Voilà un mot qui prendra tout son sens...

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Sarkozy a un nouvel avion : énooooorme. On dit parfois que la taille du moyen de transport compense... Compense quoi...? Quoi qu'on en pense, ça fait un gros avion pour un si petit personnage...Je ne parle pas de la taille. 

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Le remaniement n'a toujours pas eu lieu. On dit même que rien va ne se passer finalement. Fillon n'aurait pas toutes ses annuités pour partir en retraite. Borloo est vert et c'est bien la première fois.

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L'incident de Craon, en Mayenne, selon Luc Chatel, "justifie pleinement le dispositif des établissements de réinsertion scolaire". Quand ça se passe mal, c'est la preuve, en effet, que ça pourrait bien se passer. Et puis mettre des petits caïds de banlieue dans le fin fond de la Mayenne, ça pourra toujours leur faire un stage pour savoir comment pousse l'herbe. C'est bien de maîtriser toute la chaîne, depuis la production, jusqu'au consommateur...

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Et pendant ce temps-là, les Shadoks continuent de pomper...

CC
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10 novembre 2010

Aimons nos frères libéraux

Comme Nicolas, j'aime bien les libéraux, parce que, dans le fond, ce sont des anarchistes qui se sont enrichis ou qui veulent s'enrichir.

Les anars ont souvent de belles tronches et de belles coiffures et c'est déjà beaucoup.



Les anars ont un slogan : ni dieu, ni maître.

Les libéraux, c'est pareil : dieu, pour eux, c'est l'Etat et ils n'en veulent pas.

Ils ne veulent pas de maître non plus : ils veulent tous être maître.

Pour le retour des cheveux fous sur les côtés soyons donc libéraux : je serai alors maître de ma petite société libre qui fabrique des peignes adaptés. Le rêve.



Qu'en pensent Trublyonne, Olympe, Le Privilégié et Slovar, voilà ma question libérale !

CC
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9 novembre 2010

Enterrement

Ça s'est passé dans un cimetière. C'était à peu près à l'heure du déjeuner, mais au menu, il y avait de la viande froide.

Les trompettes vibraient bizarrement, à cause de l'humidité et tout le monde avait une gueule de circonstance : une gueule d'enterrement.


 © AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI Photo Le Point.


On a enterré un type mort depuis 40 ans.  Non, ce n'est pas ça : on a enterré des idées mortes depuis 2007. Ou bien avant, d'ailleurs. 

Le type qui a fait le discours pour l'enterrement a abusé sur le subjonctif. C'était louche. Il a aussi fait des blagues : il a cité le macchabée, en faisant croire que c'était une pensée à lui, puis il a ajouté "c'est lui qui le dit"...
Il a aussi répété deux fois que "l'intérêt général n'est pas, MALHEUREUSEMENT, la somme des intérêts particuliers."

L'intérêt général n'est pas, MALHEUREUSEMENT, la somme de mon intérêt et de celui de Mme Bettencourt. 

C'est malheureux.

Mais on avait presque l'impression qu'il cherchait à s'en convaincre. Pour ce qui est de nous convaincre, par contre, ce n'était pas la peine. Malheureusement, les malheureux de l'histoire, c'est nous.

Bon, comme à tous les enterrement, le type qui a fait l'oraison a mis en valeur les grandes réalisations du mort. Et là, ce qui était surprenant, c'était cette volonté de faire siennes ces grandes choses : par exemple, la sécu, la résistance, tout ça...C'est un peu comme lui. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais il a fait un rapprochement avec la réforme des retraites, la crise et tout ça. Il a tenté de nous faire croire qu'il avait sauvé la sécu, la retraite par répartition et tout ça. (Pour tenter de la sauver vraiment, cliquer...)

C'est un peu choquant, de parader sur un tombeau. Surtout quand on n'a pas écrit son discours et qu'on l'annone comme ça, alors que le mort en question était capable de te faire vibrer les foules. Non, ce n'était pas vraiment choquant, en fait. A force d'être choqué, d'ailleurs, on est comme anesthésiés. 

Ce n'était pas choquant, c'était ridicule. C'est tout.

CC
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