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| Il se passe quelque chose dans le ciel. Christophe Hohler. Donation Patt. Expo jusque fin janvier. |
On ne peut pas dire que la période est pauvre en actualités politiques. A vrai dire, on ne s'en rend pas tout à fait compte, mais on est en plein XIXe siècle : si je vous jure. Reprenez les livres d'histoires. Il y a eu plus de révolutions au XIXe siècle que de saisons dans Friends.
Pourtant, je n’ai rien écrit sur ce blog depuis longtemps. Sidération, je suppose. Mon cerveau affiche « mise à jour en cours, ne pas éteindre avant la fin de l’opération » J’espère que c’est une mise à jour de la démocratie. Oui, la situation est réellement révolutionnaire…
Moi, ce que j’aurais aimé, aujourd’hui, c’est arriver à en rire. Et à vous faire rire. Mais franchement ? C’est possible ? Faire de l’humour en ce moment, c’est comme jouer au Mikado pendant un tremblement de terre. Perdu d’avance.
Il semblerait qu’on coure franchement à la cata, dans tous les domaines : financier, écologique, sociétal. Le fascisme nous guette, ainsi que la faillite et la fin du monde. Un joli programme. On dirait la sélection « Films catastrophes » dans Netflix.
Ah ! Ah ! Ah ! Voilà. C’était mon rire. Il est un peu rouillé, il n’a pas servi depuis longtemps.
Et pourtant… Je sais, ce « pourtant » est ambitieux. Mais quand même…Il y a tellement de fric dans le monde qu’on pourrait combler les nids-de-poule des routes de France avec, et qu’il en resterait encore pour mieux payer les infirmières, les profs, les pompiers et les aides à domicile. Imaginez : une départementale pavée de billets. Pour une fois, on roulerait sur l’or autrement qu’en Tesla. On pourrait donner à manger à tous les affamés, financer la recherche, guérir le monde. On pourrait même payer la retraite de Macron, de Poutine ou de Trump. S’ils acceptaient de la prendre. Là, je veux bien participer à la cagnotte.
Mais...Juste en répartissant mieux le fric. Pas en le jetant par les fenêtres de la voiture pour combler les nids de poule... Mais...Si on arrêtait de faire la guerre avec. Si on arrêtait de se détester. Je sais, c’est radical. On pourrait commencer doucement : une journée sans bombarder, pour voir. Un mardi, par exemple.
C’est pas terrible, ce que j’écris. On dirait le discours d’une Miss France. Faites la paix, aimez-vous les uns les autres. J’ai pas le physique et j’ai passé l’âge. Pourtant… C’est vrai. C’est cruellement vrai. Les milliardaires pourraient choisir de faire des choses bien avec leur pognon. Pas seulement envoyer leur ego sur Mars. Il y a tellement de chose à réparer sur Terre.
Mais la nature humaine est ce qu’elle est. Les enfants sont de droite, comme chante Philippe Katherine, et certains sont des enfants toute leur vie.
Et c’est pareil pour l’écologie. On voit la planète se réchauffer, les dérèglements climatiques empirer. On sait grâce à des scientifiques très fiables, très compétents, grâce à ce que l'intelligence humaine fait de mieux, que c’est la faute des êtres humains. Les déplacements en avion, l’industrie, la surproduction de cochonneries inutiles en plastique qui finiront à la poubelle… On dirait qu’on a pris la Terre en location et qu’on sait déjà qu’on ne récupérera pas la caution. Et les centres de données, qui consomment plus d’eau qu’un alcoolique en rémission, plus d’énergie que toutes les décos de Noël du monde, et pas seulement un mois par an ! Tout ça pour produire des vidéos de petits chiens qui font la cuisine. C’est trop chou. La planète crame, mais le chihuahua a réussi son risotto. Nous voilà rassurés.
D’un côté, on a les plus gros cerveaux humains qui nous donnent tous les arguments pour arrêter ces conneries ; de l’autre, on a le reste des humains qui regardent des vidéos stupides sur TikTok. Moi la première, hein. Je ne vais pas jouer les prix Nobel : je suis capable de m’inquiéter pour l’avenir de l’humanité, puis de passer douze minutes à regarder un bouledogue qui fait du patinage artistique. Ma conscience écologique est solide. Mon cerveau, par contre, adore la guimauve. Et pourtant, j’ai du diabète…
Et puis alors, pour le fascisme qui a l’air de revenir partout dans le monde… Eh ben, pareil : on ne peut pas dire qu’on n’est pas prévenus. C’est une redif, c’est un remake, c’est un préquel. On a déjà eu tous les tyrans de la Terre sous les yeux : Caligula, Néron, Mao, Staline, Hitler, Mussolini… Et quand je regarde Trump ou Orbán, j’ai cette désagréable sensation de déjà vu…Vous savez, comme quand on revit un jour sans fin. Il ne faut pas se mentir : on sait où ça nous mène : bêtise, méchanceté, spoliation des biens communs, enrichissement personnel, népotisme. Saison 1, 2, 3…1000. C’est toujours le grand méchant qui gagne à la fin. Et pour les minorités, les humiliations ; pour ceux qui ne rentrent pas dans le moule, les violences. Un seul moule pour tous les gâteaux, pourtant, pas besoin de faire "Le meilleur pâtissier" pour savoir que ça n’existe pas. Je ne vous fais pas de dessin.
Prenons l’Italie, puisque c’est à côté de chez nous. Les étrangers sont désormais une sous-catégorie : ils sont utiles pour bosser, mais pas question de leur donner les mêmes droits qu’aux « vrais » Italiens. Si ça ne nous rappelle pas l’esclavage, la ségrégation ou le régime nazi, c’est qu’on a bu trop de Spritz et qu’on est en coma éthylique. La violence vient avec ce genre de considérations banalisées : quand on commence à dire « Français » vs « Français d’origine étrangère », par exemple. On fait des catégories. A quand les « Français de sang, de sol, de papiers… » ? A quand les étoiles jaunes, les triangles roses, vert, noir, marron…
On sait tout ça. On voit l’ICE, on voit les centres de rétention administrative, on voit arriver le tsunami et on reste tranquille sur la plage, en se disant que le parasol nous sauvera la vie. Et surtout, on se persuade que ce sera un tout petit tsunami, pas un vrai tsunami. En plus, il nous reste encore un peu de Spritz au fond du verre…Alors…


