Nous, on est jeunes, jeunes et retraités ?
Non, je crois qu'en fait, le problème n'est pas là.
Je dis ça parce que pour les réacs de tous poils, c'est assez facile de dire : "Feignants de salauds de jeunes ! Ils n'ont même pas commencé de travailler que déjà ils veulent s'arrêter."
Le problème n'est pas là.
Il faudrait plutôt dire : "Ils n'ont même pas commencé de travailler et ils ne savent pas du tout s'ils pourront commencer."
A mes élèves, souvent, je dis, comme tous les profs le disent un jour : "Travaillez en classe, travaillez pour vous, pour avoir un emploi, il faut des diplômes." Je sais bien que ce n'est pas tout à fait faux et que ce n'est pas tout à fait juste non plus. Ils le savent aussi : ils ont des grands frères, des grandes soeurs, de jeunes parents bardés d'IUT, de BTS, de licences, de BEP, de CAP, de Bac Pro en tous genres et au chômage, pourtant.
Ils n'ont pas la gueule de l'emploi et la gueule du marché de l'emploi, en ce moment, c'est pas la joie.
Et si les vieux ne se mettent pas rapidement à lâcher leur job, alors c'est encore moins demain la veille qu'ils pourront prouver qu'ils ne sont pas des feignants.
CC
21 octobre 2010
20 octobre 2010
Faut-il être populaire pour gouverner ?
C'est Nicolas qui me demande.
Le plus simple, c'est de demander à Nicolas. L'autre Nicolas, celui qui nous gouverne...
"Au début de mon mandat, c'était important pour moi d'être populaire. Alors je l'étais. C'est pour ça que j'ai choisi Sardou, Johnny, tout ça, quoi et puis Carla...Mais maintenant, c'est moins important, alors c'est pour ça que je le suis moins."
Le plus simple, c'est de demander à Nicolas. L'autre Nicolas, celui qui nous gouverne...
"Au début de mon mandat, c'était important pour moi d'être populaire. Alors je l'étais. C'est pour ça que j'ai choisi Sardou, Johnny, tout ça, quoi et puis Carla...Mais maintenant, c'est moins important, alors c'est pour ça que je le suis moins."
" Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur" (J.Cocteau)
Malgré tout, notons que ça doit avoir une certaine importance, puisque tout chef d'État tente d'être populaire. Au moins pour se faire élire. Et après, pour se faire réélire.
CC

18 octobre 2010
Vous sentez-vous concernés, vous ?
Aujourd'hui, je me suis demandé comment répondre sincèrement à ça :
...me demande si ce sera mieux quand on paiera une mutuelle complémentaire à MMA pour avoir une retraite. J'espère au moins que MMA aura de la chance au jeu quand il jouera en bourse mon pognon.
Allez, un petit compte de Noël, pour faire dormir les enfants et les grands...
CC
...se demande si les activistes qui bloquent la France "pour tous les français" se rendent compte qu'ils mettent en danger le boulot des salariés précaires (dont les patrons se foutent qu'ils aient une bonne excuse pour être en retard) et des artisans/commerçants qui se tuent à la tâche pour payer leurs charges......me demande si tout ceux qui profitent un peu ou beaucoup de la sécu, des allocations en tous genres, si ceux qui sont allés à l'école dans le système public, tout ceux qui profitent du chômage quand ils sont au chômage, des avantages de la Loi Scellier, du bouclier fiscal, va savoir, des niches fiscales pour garder les gosses, bref, de tout ce pognon public...si tout ceux-là ne feraient pas bien de se joindre au cortège pour continuer de pouvoir bénéficier de toutes ces petites choses qui rendent la vie un peu moins difficile quand ça va mal.
...me demande si ce sera mieux quand on paiera une mutuelle complémentaire à MMA pour avoir une retraite. J'espère au moins que MMA aura de la chance au jeu quand il jouera en bourse mon pognon.
Allez, un petit compte de Noël, pour faire dormir les enfants et les grands...
Il était une fois un petit Nicolas qui avait un gros souci. Il ne savait pas quoi offrir à son frère pour Noël : celui-ci avait déjà toute la panoplie du petit capitaliste. Il avait eu les cigares au Noël dernier. Il avait déjà depuis longtemps le costume à 4 plaques. C'était pourtant un beau Noël et il fallait trouver un beau cadeau. Alors Nicolas eut une idée : il décida de lui offrir les retraites.
Il n'avait pas de cadeau, il en voulait un très beau : les retraites, c'est un peu clinquant, mais comme trophée sur la cheminée, c'est vachement déco, on dirait du Damidot.
Il va aimer, le frangin. Et le petit Nicolas sait bien que grâce à ça, son frangin deviendra encore plus capitaliste et pourra lui faire à son tour de très beaux cadeaux. Ça tombait bien, parce que Nicolas, il n'était pas très sûr de ce qu'il ferait après 2012. Il pourrait toujours jouer dans une pub pour les retraites désormais privées de son frère ! La gloire !
Tout est bien qui finit bien.
CC

17 octobre 2010
Razzy Hammadi (2/2)
Après avoir parlé très brièvement de la première partie du livre de Razzy Hammadi, voici mes impressions à propos de ses propositions politiques.
Dès le début, dès la première partie qui est autobiographique, la démonstration que parvient à faire ce secrétaire du PS, c'est que ce parti est un panier de crabes sans nom et que même une chatte n'y retrouverait pas ses petits.
L'auteur explique que pour rentrer au parti, alors qu'il était encore étudiant, il lui a fallu lire des tonnes de bouquins pour comprendre tous les courants, toutes les motions, toutes les querelles personnelles. C'est vrai qu'il était dans le midi et que les gens, là-bas, ont le sang chaud. Mais il est évident que cela reflète bien l'ambiance lamentable que le PS dégage dans les médias. Ce n'est pas glorieux et ça ne fait pas envie.
En tout cas, il semble que Razzy Hammadi se soit parfaitement intégré...
Après cela, l'auteur donne une analyse de l'Europe, de la France, des services publics qui est assez convaincante et plutôt marquée à gauche.
Il explique notamment les joyeusetés de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) ou autres NOME (nouvelle organisation du marché de l'électricité). Il démontre très bien que les politiciens, depuis la fin des années 80 se cachent derrière l'Europe pour imposer un libéralisme éhonté et pour faire reculer chaque année l'Etat et les services publics.
L'auteur de Gauche : génération 2012, ce que nous voulons, ne s'en défend pas : la gauche, au cours des trente dernières années, a nationalisé, dénationalisé, renationalisé, redénationalisé. On n'y comprends plus rien et on a du mal à y croire encore.
Vient ensuite le temps des exemples, des propositions.
La Poste, déjà. Il nous raconte qu'il est à l'origine du référendum et qu'il est pour une renationalisation de la Poste, en réfléchissant à distribuer le courrier non plus à jour+1 mais à jour+2. Pourquoi pas ? Il est vrai que pour les urgences, il y a le mail et le téléphone...Mais je ne sais pas si tout ça est bien réaliste et surtout si cela changera grand chose à la politique de dégraissement de la bête. Les suppressions d'emploi risquent bien de continuer...
Hammadi prône ensuite une personnalisation des service : il pense que le service public ne pourra pas résister au service privé, s'il n'est pas personnalisé, à l'image des forfaits de téléphones portables. J'avoue n'avoir pas vraiment saisi ce qu'il entendait par là et en quoi cela allait être plus performant et surtout, comment cela serait mis en pratique. Certes, la Poste est ouverte souvent uniquement durant les heures où les gens sont au boulot. Mais va-t-on ouvrir le dimanche et la nuit ? L'informatisation des pratiques est évoquée. Mais peut-on tout faire par mail ? Pour Noël, envoyez vos colis par e-mail ! Faxez votre pot de foie gras à votre Grand-Mère...
Autre exemple : la création de crèches, au sein du service public. Très bonne idée, inutile de revenir dessus. Réduire les niches fiscales des emplois de service, justement dévouées à la garde des enfants (des riches), pour financer les dites crèches, qui en seront plus égalitaires. Cela me semble pertinent, d'autant que c'est à l'opposé total de la politique actuelle qui remet même en cause l'école maternelle.
Vient ensuite une analyse économique qui commence par rappeler que les PME sont une force vive de notre pays et surtout qu'il faut bien faire la différence en entre ces petites et moyennes entreprises et les grosses boîtes du CAC40. Les premières rament tous les jours pour que les banques leur concèdent des crédits, pendant que les autres déjeunent au Fouquet's avec qui vous savez. Ces entreprises tisent du lien social, au niveau local, et créent des emplois, tandis que les secondes cherchent à écraser les coûts (et donc les salariés), pour faire du bénéfice à tout prix, même celui de la délocalisation.
Il parle ensuite de l'Autre économie. Avec un A majuscule. L'économie sociale et solidaire. Les AMAP, AMAC, Mutuelles, coopératives, SCOP...qui représentent actuellement 7% du PIB. On a envie d'y croire très fort. Hammadi nous suggère que cela pourrait être le chemin vers le retour du plein emploi...Vision de bobo ? On a quand même envie d'y croire puisque c'est un moyen de localiser les emplois, de court-circuiter la Bourse et ses actionnaires, de réduire la dépense publique et même, en quelque sorte, créer un service public "bis". Les chiffres proposés sont excellents. Mais qu'en sera-t-il à une plus grande échelle ? Les AMAP sont une réussite, mais dès que l'on passe à des productions moins concrètes, il me semble que c'est moins probant : l'exemple de WIkipédia, cité par Hammadi, me semble bien contestable.
En tout cas, je crois que l'idée d'une richesse différente de celle prônée par le capitalisme n'est pas sans intérêt et je pense que c'est une vraie piste de réflexion pour la gauche de la génération 2012. Ceci n'est évidemment pas sans lien avec l'environnement...
Ensuite, ce qui ressemble à un véritable projet présidentiel, évoque l'éducation : c'est en s'appuyant sur son expérience personnelle qu'il constate que la société a changé très vite et que c'est sans doute à l'école qu'on s'en rend compte le mieux et qu'il propose de changer l'école rapidement. Il dénonce très justement l'inégale répartition des moyens qui consiste à donner plus d'argent au collège et encore plus au lycée pour faire du "soutien" alors qu'il semblerait plus logique de s'attaquer aux difficultés le plus tôt possible, pour éviter les rapiéçages tardifs. Pour le reste, je ne suis pas certaine que le projet soit bien ficelé et tellement concret : modification des rythmes, sport l'après-midi (tiens, Chatel a la même idée), éducation populaire en partenariat avec l'éducation nationale pour "former des citoyens", intégration des TICE, mise en place d'un service public d'accompagnement scolaire...Du vague dans du flou, sans proposition de financement. Léger pour la prof que je suis.
Enfin, le jeune membre du bureau national du PS explore la question dont il est le spécialiste : le logement.
Le constat du désastre est juste : la France de propriétaires que veut Sarkozy nous mène tout droit au subprimes de Bush. Les solutions, pour Hammadi, sont celle-ci : revenir à la France d'avant Giscard, avec "aide à la pierre", loyers fixés par la loi et promouvoir à part égal le logement social et la propriété privée. Je ne suis pas assez calée pour savoir si c'est bien. Reste encore, à mon avis, le problème du financement. Mais il est vrai que si on supprime tous les avantages fiscaux type Loi Scellier, ça doit faire un petit budget. Il parle aussi du "1% logement".
C'est par un constat sur les banlieues, lié à la problématique du logement, que le livre se termine, avant une conclusion générale. Là aussi, ses constats sont bons : les banlieues, ça craint, c'est moche, ceux qui y vivent ont moins de chance que les autres, ont du mal à s'en sortir et sont plus souvent au chômage. L'Etat délaisse complétement ces lieux, Fadela parle un verlan épouvantable et le couvre-feu n'est pas la solution au problème.
Pour lutter contre tout ça, il faut faire en sorte que les banlieues voient leurs parcs d'immeubles détruits pour reconstruire des beaux pavillons tout neufs, que les commerces s'y installent, que l'éducation y soit une priorité et que les transports y soient performants. Tout le monde ne peut être que d'accord. Pour la mise en pratique, c'est un peu flou, là encore, je trouve. Les partenaires privés publics, les associations, le 1% logement...
Pour les associations, Hammadi regrette qu'elles soient peu structurées. Il faut dire que les budgets, ces dernières années ont été revus à la baisse, à cause de la disparition des subventions de l'État. Il regrette aussi que les partis politiques et les syndicats aient désertés les lieux. Il regrette, enfin, que ce soit les association confessionnelles qui aient pris le relai.
Sur la religion, je dois dire que j'attendais un peu plus de Razzy Hammadi. Il évite le sujet, me semble-t-il, en ne l'évoquant que quelques fois : lorsqu'il parle de sa jeunesse, durant laquelle ses parents étaient laïques et tout à la fin de son essai, en quelques mots à peine. C'est à mon avis un thème que le PS doit investir sans crainte. Il ne suffit pas, comme il le fait dans sa conclusion d'appeler de ses voeux une France dans laquelle "la terre, le sang de ses citoyens et les identités religieuses ne constituent en aucun cas les déterminants". Il faut se confronter à ce problème de la laïcité.
Dans sa conclusion, le livre, écrit très récemment, surprend : alors que l'auteur dit défendre la retraite à 60 ans, il se dit, dans le même temps, pour un allongement du temps de cotisation.
C'est ce qui finalement, me confirme dans mon avis très mitigé sur l'ensemble du livre : il m'avait semblé que Razzy Hammadi proposait un programme résolument à gauche et puis, au fil des pages, je l'ai vu faire des propositions tièdes et parfois contradictoires. Il me semble que la génération des trentenaires, dont nous faisons partie tous les deux attend de la Gauche qu'elle soit encore plus ambitieuse et innovante, qu'elle sache se défaire de la lourdeur des partis pour aller vers plus de participation collective dans la construction d'un projet...Tout n'est pas à jeter, mais rien n'est absolument neuf dans ce que propose Hammadi...
Au boulot !
CC
Dès le début, dès la première partie qui est autobiographique, la démonstration que parvient à faire ce secrétaire du PS, c'est que ce parti est un panier de crabes sans nom et que même une chatte n'y retrouverait pas ses petits.
L'auteur explique que pour rentrer au parti, alors qu'il était encore étudiant, il lui a fallu lire des tonnes de bouquins pour comprendre tous les courants, toutes les motions, toutes les querelles personnelles. C'est vrai qu'il était dans le midi et que les gens, là-bas, ont le sang chaud. Mais il est évident que cela reflète bien l'ambiance lamentable que le PS dégage dans les médias. Ce n'est pas glorieux et ça ne fait pas envie.
En tout cas, il semble que Razzy Hammadi se soit parfaitement intégré...
Après cela, l'auteur donne une analyse de l'Europe, de la France, des services publics qui est assez convaincante et plutôt marquée à gauche.
Il explique notamment les joyeusetés de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) ou autres NOME (nouvelle organisation du marché de l'électricité). Il démontre très bien que les politiciens, depuis la fin des années 80 se cachent derrière l'Europe pour imposer un libéralisme éhonté et pour faire reculer chaque année l'Etat et les services publics.
L'auteur de Gauche : génération 2012, ce que nous voulons, ne s'en défend pas : la gauche, au cours des trente dernières années, a nationalisé, dénationalisé, renationalisé, redénationalisé. On n'y comprends plus rien et on a du mal à y croire encore.
Vient ensuite le temps des exemples, des propositions.
La Poste, déjà. Il nous raconte qu'il est à l'origine du référendum et qu'il est pour une renationalisation de la Poste, en réfléchissant à distribuer le courrier non plus à jour+1 mais à jour+2. Pourquoi pas ? Il est vrai que pour les urgences, il y a le mail et le téléphone...Mais je ne sais pas si tout ça est bien réaliste et surtout si cela changera grand chose à la politique de dégraissement de la bête. Les suppressions d'emploi risquent bien de continuer...
Hammadi prône ensuite une personnalisation des service : il pense que le service public ne pourra pas résister au service privé, s'il n'est pas personnalisé, à l'image des forfaits de téléphones portables. J'avoue n'avoir pas vraiment saisi ce qu'il entendait par là et en quoi cela allait être plus performant et surtout, comment cela serait mis en pratique. Certes, la Poste est ouverte souvent uniquement durant les heures où les gens sont au boulot. Mais va-t-on ouvrir le dimanche et la nuit ? L'informatisation des pratiques est évoquée. Mais peut-on tout faire par mail ? Pour Noël, envoyez vos colis par e-mail ! Faxez votre pot de foie gras à votre Grand-Mère...
Autre exemple : la création de crèches, au sein du service public. Très bonne idée, inutile de revenir dessus. Réduire les niches fiscales des emplois de service, justement dévouées à la garde des enfants (des riches), pour financer les dites crèches, qui en seront plus égalitaires. Cela me semble pertinent, d'autant que c'est à l'opposé total de la politique actuelle qui remet même en cause l'école maternelle.
Vient ensuite une analyse économique qui commence par rappeler que les PME sont une force vive de notre pays et surtout qu'il faut bien faire la différence en entre ces petites et moyennes entreprises et les grosses boîtes du CAC40. Les premières rament tous les jours pour que les banques leur concèdent des crédits, pendant que les autres déjeunent au Fouquet's avec qui vous savez. Ces entreprises tisent du lien social, au niveau local, et créent des emplois, tandis que les secondes cherchent à écraser les coûts (et donc les salariés), pour faire du bénéfice à tout prix, même celui de la délocalisation.
Il parle ensuite de l'Autre économie. Avec un A majuscule. L'économie sociale et solidaire. Les AMAP, AMAC, Mutuelles, coopératives, SCOP...qui représentent actuellement 7% du PIB. On a envie d'y croire très fort. Hammadi nous suggère que cela pourrait être le chemin vers le retour du plein emploi...Vision de bobo ? On a quand même envie d'y croire puisque c'est un moyen de localiser les emplois, de court-circuiter la Bourse et ses actionnaires, de réduire la dépense publique et même, en quelque sorte, créer un service public "bis". Les chiffres proposés sont excellents. Mais qu'en sera-t-il à une plus grande échelle ? Les AMAP sont une réussite, mais dès que l'on passe à des productions moins concrètes, il me semble que c'est moins probant : l'exemple de WIkipédia, cité par Hammadi, me semble bien contestable.
En tout cas, je crois que l'idée d'une richesse différente de celle prônée par le capitalisme n'est pas sans intérêt et je pense que c'est une vraie piste de réflexion pour la gauche de la génération 2012. Ceci n'est évidemment pas sans lien avec l'environnement...
Ensuite, ce qui ressemble à un véritable projet présidentiel, évoque l'éducation : c'est en s'appuyant sur son expérience personnelle qu'il constate que la société a changé très vite et que c'est sans doute à l'école qu'on s'en rend compte le mieux et qu'il propose de changer l'école rapidement. Il dénonce très justement l'inégale répartition des moyens qui consiste à donner plus d'argent au collège et encore plus au lycée pour faire du "soutien" alors qu'il semblerait plus logique de s'attaquer aux difficultés le plus tôt possible, pour éviter les rapiéçages tardifs. Pour le reste, je ne suis pas certaine que le projet soit bien ficelé et tellement concret : modification des rythmes, sport l'après-midi (tiens, Chatel a la même idée), éducation populaire en partenariat avec l'éducation nationale pour "former des citoyens", intégration des TICE, mise en place d'un service public d'accompagnement scolaire...Du vague dans du flou, sans proposition de financement. Léger pour la prof que je suis.
Enfin, le jeune membre du bureau national du PS explore la question dont il est le spécialiste : le logement.
Le constat du désastre est juste : la France de propriétaires que veut Sarkozy nous mène tout droit au subprimes de Bush. Les solutions, pour Hammadi, sont celle-ci : revenir à la France d'avant Giscard, avec "aide à la pierre", loyers fixés par la loi et promouvoir à part égal le logement social et la propriété privée. Je ne suis pas assez calée pour savoir si c'est bien. Reste encore, à mon avis, le problème du financement. Mais il est vrai que si on supprime tous les avantages fiscaux type Loi Scellier, ça doit faire un petit budget. Il parle aussi du "1% logement".
C'est par un constat sur les banlieues, lié à la problématique du logement, que le livre se termine, avant une conclusion générale. Là aussi, ses constats sont bons : les banlieues, ça craint, c'est moche, ceux qui y vivent ont moins de chance que les autres, ont du mal à s'en sortir et sont plus souvent au chômage. L'Etat délaisse complétement ces lieux, Fadela parle un verlan épouvantable et le couvre-feu n'est pas la solution au problème.
Pour lutter contre tout ça, il faut faire en sorte que les banlieues voient leurs parcs d'immeubles détruits pour reconstruire des beaux pavillons tout neufs, que les commerces s'y installent, que l'éducation y soit une priorité et que les transports y soient performants. Tout le monde ne peut être que d'accord. Pour la mise en pratique, c'est un peu flou, là encore, je trouve. Les partenaires privés publics, les associations, le 1% logement...
Pour les associations, Hammadi regrette qu'elles soient peu structurées. Il faut dire que les budgets, ces dernières années ont été revus à la baisse, à cause de la disparition des subventions de l'État. Il regrette aussi que les partis politiques et les syndicats aient désertés les lieux. Il regrette, enfin, que ce soit les association confessionnelles qui aient pris le relai.
Sur la religion, je dois dire que j'attendais un peu plus de Razzy Hammadi. Il évite le sujet, me semble-t-il, en ne l'évoquant que quelques fois : lorsqu'il parle de sa jeunesse, durant laquelle ses parents étaient laïques et tout à la fin de son essai, en quelques mots à peine. C'est à mon avis un thème que le PS doit investir sans crainte. Il ne suffit pas, comme il le fait dans sa conclusion d'appeler de ses voeux une France dans laquelle "la terre, le sang de ses citoyens et les identités religieuses ne constituent en aucun cas les déterminants". Il faut se confronter à ce problème de la laïcité.
Dans sa conclusion, le livre, écrit très récemment, surprend : alors que l'auteur dit défendre la retraite à 60 ans, il se dit, dans le même temps, pour un allongement du temps de cotisation.
C'est ce qui finalement, me confirme dans mon avis très mitigé sur l'ensemble du livre : il m'avait semblé que Razzy Hammadi proposait un programme résolument à gauche et puis, au fil des pages, je l'ai vu faire des propositions tièdes et parfois contradictoires. Il me semble que la génération des trentenaires, dont nous faisons partie tous les deux attend de la Gauche qu'elle soit encore plus ambitieuse et innovante, qu'elle sache se défaire de la lourdeur des partis pour aller vers plus de participation collective dans la construction d'un projet...Tout n'est pas à jeter, mais rien n'est absolument neuf dans ce que propose Hammadi...
Au boulot !
CC

15 octobre 2010
La santé n'a pas de prix ?
Ce n'est pas des retraites que je veux parler.
Mais c'est un problème connexe. C'est d'ailleurs un commentaire sous le billet de Nicolas qui m'a rappelé mon idée de billet...
Nicolas expliquait (très bien, à son habitude) comment le gouvernement base sa réforme des retraites sur des chiffres faux.
Et le commentateur Chr. Borhen répondit :
Hier, j'ai reçu, de la part de Médecin du Monde, une enquête fort intéressante qui montre que les Français préfèrent repousser leurs soins médicaux plutôt que d'avoir à les payer plus cher. Les déremboursements de la sécu sont évidemment remis en cause.
A la récré, ce matin, d'ailleurs, mon collègue d'arts plastiques m'expliquait qu'il avait mal aux dents mais que finalement, il préférait attendre qu'elles tombent plutôt que de payer des couronnes et des machins hors de prix... Une collègue d'histoire m'expliquait que pour un traitement de la tension, elle en était de 40 Euros de sa poche chaque mois...
Et pourtant, prof, ce n'est pas tout à fait le bas de l'échelle. C'est juste la classe moyenne.
Parallèlement à tout cela, il circule en ce moment une info de la CGT, à la Sécurité Sociale, annonçant que prochainement, les agents de l'assurance maladie seront bientôt remplacé à hauteur de 40% seulement. Le taux de remplacement est déjà de 50% depuis pas mal de temps.
Il faut aussi rappeler que depuis le début de l'année, de nombreux centres de la CPAM ont fusionné, voyant ainsi leurs effectifs et leurs coûts réduits. Malgré tout, comme pour les retraites, le problème premier du déficit, le fameux "trou de la sécu", ne saurait être réglé par une réduction des coûts, mais bien par une augmentation des revenus, seulement possible par la réduction du chômage et par des revenus plus élevés pour les salariés...
On voudrait filer le pactole aux assurances privées qu'on ne ferait pas autrement. Zéro tracas pour ceux qui pourront payer...
CC
Mais c'est un problème connexe. C'est d'ailleurs un commentaire sous le billet de Nicolas qui m'a rappelé mon idée de billet...
Nicolas expliquait (très bien, à son habitude) comment le gouvernement base sa réforme des retraites sur des chiffres faux.
Et le commentateur Chr. Borhen répondit :
"Par ailleurs, tournons et retournons la question dans tous les sens et sans arrêt, débattons jusqu'à l'aube (nouvelle) s'il le faut, la réalité est là, implacable : nous aurons des retraites ridicules, et, dans nos hospices dégueulasses, nous boirons de la soupe (à la grimace) avec rogatons de pain racis, lesquels rogatons presque indigestes du fait de nos dentiers avec une dent sur trente-deux remboursée - et encore, je suis large..."
Hier, j'ai reçu, de la part de Médecin du Monde, une enquête fort intéressante qui montre que les Français préfèrent repousser leurs soins médicaux plutôt que d'avoir à les payer plus cher. Les déremboursements de la sécu sont évidemment remis en cause.
A la récré, ce matin, d'ailleurs, mon collègue d'arts plastiques m'expliquait qu'il avait mal aux dents mais que finalement, il préférait attendre qu'elles tombent plutôt que de payer des couronnes et des machins hors de prix... Une collègue d'histoire m'expliquait que pour un traitement de la tension, elle en était de 40 Euros de sa poche chaque mois...
Et pourtant, prof, ce n'est pas tout à fait le bas de l'échelle. C'est juste la classe moyenne.
Parallèlement à tout cela, il circule en ce moment une info de la CGT, à la Sécurité Sociale, annonçant que prochainement, les agents de l'assurance maladie seront bientôt remplacé à hauteur de 40% seulement. Le taux de remplacement est déjà de 50% depuis pas mal de temps.
Il faut aussi rappeler que depuis le début de l'année, de nombreux centres de la CPAM ont fusionné, voyant ainsi leurs effectifs et leurs coûts réduits. Malgré tout, comme pour les retraites, le problème premier du déficit, le fameux "trou de la sécu", ne saurait être réglé par une réduction des coûts, mais bien par une augmentation des revenus, seulement possible par la réduction du chômage et par des revenus plus élevés pour les salariés...
On voudrait filer le pactole aux assurances privées qu'on ne ferait pas autrement. Zéro tracas pour ceux qui pourront payer...
CC

13 octobre 2010
Razzy Hammadi (1/2)
Comme Yann, j'ai eu le plaisir de lire en avant-première le dernier livre de Razzy Hammadi.
Au PS, avant 55 ans, t'es encore un petit jeunot. Et Razzy Hammadi a mon âge (mais il fait plus vieux), c'est dire si c'est un gamin.
Je ferai deux billets au sujet de son livre qui s'intitule Génération 2012, ce que nous voulons. Ca tombe bien : son livre est en deux parties.
La première partie est une biographie. Quand on a 30 ans, ça va vite. En plus, c'est assez bien écrit et agréable à lire.
Il est intéressant de voir qu'un grand parti national peut avoir en son sein des gens "normaux". Je veux dire par là, des gens qui ne sont pas issus de la grande bourgeoisie, qui n'ont pas fait l'ENA.
Razzy Hammadi est issu de l'immigration, d'origine tunisienne et algérienne, il a passé sa jeunesse à Toulon. Son père était primeur et a disparu prématurément, laissant seul le reste de la famille. Des quartiers de classes moyennes, il a fallu retourner en banlieue.
Les années de jeunesse du jeune homme ont vu la montée du FN, à la mairie de Toulon. Comme une évidence. Il est intéressant de voir que la situation était plus complexe que les médias le laissait entendre. C'est de cette expérience politique, fondatrice, que l'auteur conçoit son engagement et sa vision politique.
Ce dont je parlerai dans un prochain billet.
En attendant, son livre est sorti aujourd'hui, aux éditions Armand Colin et vous pouvez le retrouver en librairie.
![]() |
| C'est un petit jeunot du PS. |
Je ferai deux billets au sujet de son livre qui s'intitule Génération 2012, ce que nous voulons. Ca tombe bien : son livre est en deux parties.
La première partie est une biographie. Quand on a 30 ans, ça va vite. En plus, c'est assez bien écrit et agréable à lire.
Il est intéressant de voir qu'un grand parti national peut avoir en son sein des gens "normaux". Je veux dire par là, des gens qui ne sont pas issus de la grande bourgeoisie, qui n'ont pas fait l'ENA.
Razzy Hammadi est issu de l'immigration, d'origine tunisienne et algérienne, il a passé sa jeunesse à Toulon. Son père était primeur et a disparu prématurément, laissant seul le reste de la famille. Des quartiers de classes moyennes, il a fallu retourner en banlieue.
Les années de jeunesse du jeune homme ont vu la montée du FN, à la mairie de Toulon. Comme une évidence. Il est intéressant de voir que la situation était plus complexe que les médias le laissait entendre. C'est de cette expérience politique, fondatrice, que l'auteur conçoit son engagement et sa vision politique.
Ce dont je parlerai dans un prochain billet.
En attendant, son livre est sorti aujourd'hui, aux éditions Armand Colin et vous pouvez le retrouver en librairie.

12 octobre 2010
Manipulation des masses
Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.
1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».
6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…
10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
Noam Chomsky lu dans « pressenza.com » et chez iledere.
1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».
6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…
10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
Noam Chomsky lu dans « pressenza.com » et chez iledere.

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