Dans le flots de commentaires, je ne sais pas s'il faut en rajouter. Mais évidemment, le besoin de la ramener me tenaille.
Alors voilà, Trump est élu.
J'ai l'impression que malgré l'espoir des gens qui pensent, qui écrivent, qui observent le monde, ce n'est pas une vraie surprise.
En fait, au delà des déclarations outrancières, misogynes et racistes du candidat qui voulait interdire aux musulmans l'entrée sur le territoire américain et qui déclare qu'on attrape les femmes par la chatte, il y a une véritable tentation du pire. Un peu comme si, enfants gâtés par 60 ans de progrès, d'émancipation des femmes, d'innovations techniques, de protection sociale plus grande, on voulait voir un peu comment cela fait quand on passe la main au-dessus de la flamme de la bougie. Juste pour se rappeler les moments difficiles, histoire de savourer un peu mieux les avantages d'un monde occidental dans lequel on ne meurt presque plus de faim, où on a tous accès à une éducation, où, si on manque de chance, on a des aides de la société.
Evidemment, tout n'est pas parfait, dans nos systèmes démocratiques, mais au regard de beaucoup d'autres systèmes, on peut facilement conclure que c'est le moins mauvais, comme disait en substance Churchill. Et pourtant, aux USA comme en France (et comme en Russie, en Pologne, en Turquie...) on a cette fichue tentation du pire : voyons un peu comment ça pique de mettre du sel sur la plaie ! Tentons ensemble cette expérience de prendre pour bouc émissaire ceux qui vont encore plus mal que nous, au risque de devenir les victimes de ceux qui vont mieux que nous...
Je suis presque sûre que chacun d'entre nous a déjà eu ces pensées négatives, dans les moments de découragement, un peu comme cette idée absurde qu'une bonne guerre pourrait faire du bien, un peu comme quand on se disait qu'une saignée et une purge pouvait guérir le rachitique et requinquer l'anémié. Les électeurs américains ont été tenté par le pire, ils ont cédé à la tentation.
Wait and see, comme ils disent : entre ce qu'un candidat promet et ce qu'il tient, l'écart peut être considérable. En France, on est assez bien placés pour le savoir.
Mais s'il met en acte ses idées protectionnistes, l'équilibre économique mondial changera durablement. S'il met en place ses idées non interventionnistes, les rapports diplomatiques et la politique internationale seront bouleversés. L'avenir nous dira dans quel sens...
CC
9 novembre 2016
24 octobre 2016
Campagne gastro
Cette campagne qui commence a trois mois d'avance, comme l'épidémie de la gastro. Et ça nous donne envie de vomir aussi.
A droite, on a Sarko, surtout, qui n'a pas mis à jour son logiciel depuis 2012 : il a les mêmes têtes de Turcs, les mêmes idées caricaturales, les mêmes débats pénibles sur les profs, l'écologie et la sécurité. Il ne s'est même pas rendu compte que l'eau a coulé sous les ponts de la Seine et qu'entre 2012 et notre triste époque, il y a eu des attentats meurtriers, des guerres et des crises économiques. Il devrait prendre conscience que même Anne Roumanoff sur Europe 1 défend les profs, ce qui est quand même une preuve que quelque chose de profond a changé dans la société. Mais il vise un électorat âgé parfois à la mémoire courte et ne vivant pas tout à fait dans le présent, sans doute. Et aussi les ploucs (c'est lui qui le dit).
Pour les autres candidats de la droite, il y a quelques petites choses à retenir, ils ne sont pas tous à mettre au niveau de leur maître étalon. Mais ils sont quand même tous d'accord sur la disparition de l'ISF et sur la suppression de millier d'emplois dans la fonction publique. Pour mémoire : des infirmières, des profs, des policiers. Il est vrai qu'on en n'aura plus besoin une fois que la droite sera au pouvoir...Quant à l'ISF, le pays est en crise, mais ce ne sont pas à ceux qui ont de l'argent qu'on doit en prendre : principe de base, il vaut mieux prendre un peu d'argent à beaucoup de gens que beaucoup d'argent à peu de gens. C'est plus efficace...Bref, c'est la droite.
Mais à gauche, ce n'est guère mieux, soyons honnête : j'ai écouté Cambadélis ce matin sur France Inter, et je me suis bien souvenue pourquoi je n'avais pas ma carte au PS, finalement. C'est utile de faire un rappel, de temps en temps. Vous avez entendu ? En gros, trois quart d'heure à la radio, à une heure de grande écoute et quoi ? Pas un mot sur d'éventuelles mesures à prendre pour que la situation des Français s'améliore. Juste un peu de stratégie politique et la préparation grossière du terrain pour la candidature de Valls, ainsi qu'un lâchage complet du président actuel. Et rien de politique. Mon coeur de gauche n'a pas été flatté et pourtant, je suis pleine de bonne volonté et baignée d'une indulgence presque coupable envers le PS. Vraiment. Parce que le bilan est peut-être à faire avant d'aller plus loin. Et le bilan n'est pas si catastrophique : des choses ont été faites, sur le plan sociétal, économique...Encore faudrait-il savoir communiquer à ce propos. Et les reproches que pourraient porter des électeurs traditionnels de gauche porteraient sans doute sur...la loi travail ? Portée par...Manuel Valls ?
Donc, de la stratégie et même pas tellement maline.
Si on croit que les électeurs traditionnellement à gauche vont aimer, on se trompe. Si par hasard, on pense séduire d'autres électeurs, par exemple, les abstentionnistes, on se trompe encore plus lourdement. La politique, telle qu'on la voit dans les médias ne donne qu'une piètre image d'elle-même. La caricature qu'on en fait, en pire.
CC
A droite, on a Sarko, surtout, qui n'a pas mis à jour son logiciel depuis 2012 : il a les mêmes têtes de Turcs, les mêmes idées caricaturales, les mêmes débats pénibles sur les profs, l'écologie et la sécurité. Il ne s'est même pas rendu compte que l'eau a coulé sous les ponts de la Seine et qu'entre 2012 et notre triste époque, il y a eu des attentats meurtriers, des guerres et des crises économiques. Il devrait prendre conscience que même Anne Roumanoff sur Europe 1 défend les profs, ce qui est quand même une preuve que quelque chose de profond a changé dans la société. Mais il vise un électorat âgé parfois à la mémoire courte et ne vivant pas tout à fait dans le présent, sans doute. Et aussi les ploucs (c'est lui qui le dit).
Pour les autres candidats de la droite, il y a quelques petites choses à retenir, ils ne sont pas tous à mettre au niveau de leur maître étalon. Mais ils sont quand même tous d'accord sur la disparition de l'ISF et sur la suppression de millier d'emplois dans la fonction publique. Pour mémoire : des infirmières, des profs, des policiers. Il est vrai qu'on en n'aura plus besoin une fois que la droite sera au pouvoir...Quant à l'ISF, le pays est en crise, mais ce ne sont pas à ceux qui ont de l'argent qu'on doit en prendre : principe de base, il vaut mieux prendre un peu d'argent à beaucoup de gens que beaucoup d'argent à peu de gens. C'est plus efficace...Bref, c'est la droite.
Mais à gauche, ce n'est guère mieux, soyons honnête : j'ai écouté Cambadélis ce matin sur France Inter, et je me suis bien souvenue pourquoi je n'avais pas ma carte au PS, finalement. C'est utile de faire un rappel, de temps en temps. Vous avez entendu ? En gros, trois quart d'heure à la radio, à une heure de grande écoute et quoi ? Pas un mot sur d'éventuelles mesures à prendre pour que la situation des Français s'améliore. Juste un peu de stratégie politique et la préparation grossière du terrain pour la candidature de Valls, ainsi qu'un lâchage complet du président actuel. Et rien de politique. Mon coeur de gauche n'a pas été flatté et pourtant, je suis pleine de bonne volonté et baignée d'une indulgence presque coupable envers le PS. Vraiment. Parce que le bilan est peut-être à faire avant d'aller plus loin. Et le bilan n'est pas si catastrophique : des choses ont été faites, sur le plan sociétal, économique...Encore faudrait-il savoir communiquer à ce propos. Et les reproches que pourraient porter des électeurs traditionnels de gauche porteraient sans doute sur...la loi travail ? Portée par...Manuel Valls ?
Donc, de la stratégie et même pas tellement maline.
Si on croit que les électeurs traditionnellement à gauche vont aimer, on se trompe. Si par hasard, on pense séduire d'autres électeurs, par exemple, les abstentionnistes, on se trompe encore plus lourdement. La politique, telle qu'on la voit dans les médias ne donne qu'une piètre image d'elle-même. La caricature qu'on en fait, en pire.
CC

14 octobre 2016
Président normal ? Un homme comme les autres ?
Si les précédents présidents de la Ve République avaient amené quelque chose d'historique, s'ils avaient une stature, une posture un peu supérieure, au moins jusqu'à Jacques Chirac, qui érigea un musée, Quai Branly, qui n'est pas négligeable, qui dénote d'un intérêt et d'une connaissance pointue des cultures du monde, Nicolas Sarkozy dans une certaine mesure, et François Hollande, bien plus encore, semblent avoir quitté le sacro-saint "habit présidentiel", cet habit fait de suffisance et de mystère.
Les commentateurs et les chroniqueurs de la vie politique ne savent pas tellement par quel bout prendre cette information. Alors qu'aucun ne supporterait plus un président à la de Gaulle, alors que tout le monde admire la "cool attitude" d'un Obama - mais c'est outre Atlantique, comprenez-vous, ça n'a rien à voir -, alors que les prétentions d'un Mitterrand agaçaient tout le monde, mais que les erreurs de français d'un Sarkozy lui valaient les pires moqueries, au point qu'on regretta la belle langue du vieux "Tonton", alors que Sarko était hyperactif, on regretta l'inactivité de Jacques...
Bref, on n'est jamais content. Mais il faut bien dire que Hollande surprend.
S'il ne laisse pas, tout comme Sarko, de trace architecturale - cinq ans, c'est trop court pour cela - au moins, il laissera peut-être l'idée qu'un président n'est pas au-dessus des autres hommes. Et finalement, a-t-on besoin d'un père ? Ce qu'était peut-être de Gaulle...A-t-on besoin d'un être supérieur croyant aux forces de l'esprit ? Ce qu'était assurément Mitterrand...A-t-on besoin d'un roi ? Ce qu'ils étaient à peu près tous, dans leur hautaine condescendance...Et a-t-on besoin d'un petit chef autoritaire ? Ce que Sarko fut...
Non, nous avons besoin d'un homme ou d'une femme élu démocratiquement par le peuple, pour s'occuper des affaires de la France et pour représenter le pays. Il faut des qualités certaines pour cela. Il faut sans doute de l'endurance, de l'intelligence, de la mémoire, beaucoup de facilité pour les relations sociales, pour prendre la parole en public et la capacité de bien s'entourer, pour choisir des collaborateurs capables de palier toutes les lacunes qu'on aurait par ailleurs. Mais je ne pense pas, vraiment, qu'il faille être un papa, un gourou ou un mini dictateur...
Mais on a aussi le droit d'être un peu langue de pute, comme tout le monde, et ce serait hypocrite de penser qu'un président ne le serait pas...On a sans doute le droit d'être un peu dépassé par ses histoires sentimentales...Qui ne l'est pas ? Et on peut avoir des inimitiés, qui n'en a pas ?
Peut-être que notre démocratie est entrain de quitter enfin le lourd habit de la monarchie, peut-être qu'enfin nous allons assumer le fait d'avoir tranché la tête d'un roi et que nous allons pouvoir entrer dans une République mature, inspirée des régimes du nord de l'Europe, dans lesquels les politiques ne sont pas des stars, mais des êtres comme les autres ?
Bah...Je vais lire ce livre, sur ce qu'un président n'est pas censé dire, histoire d'arrêter d'écrire n'importe quoi...
CC
Les commentateurs et les chroniqueurs de la vie politique ne savent pas tellement par quel bout prendre cette information. Alors qu'aucun ne supporterait plus un président à la de Gaulle, alors que tout le monde admire la "cool attitude" d'un Obama - mais c'est outre Atlantique, comprenez-vous, ça n'a rien à voir -, alors que les prétentions d'un Mitterrand agaçaient tout le monde, mais que les erreurs de français d'un Sarkozy lui valaient les pires moqueries, au point qu'on regretta la belle langue du vieux "Tonton", alors que Sarko était hyperactif, on regretta l'inactivité de Jacques...
Bref, on n'est jamais content. Mais il faut bien dire que Hollande surprend.
S'il ne laisse pas, tout comme Sarko, de trace architecturale - cinq ans, c'est trop court pour cela - au moins, il laissera peut-être l'idée qu'un président n'est pas au-dessus des autres hommes. Et finalement, a-t-on besoin d'un père ? Ce qu'était peut-être de Gaulle...A-t-on besoin d'un être supérieur croyant aux forces de l'esprit ? Ce qu'était assurément Mitterrand...A-t-on besoin d'un roi ? Ce qu'ils étaient à peu près tous, dans leur hautaine condescendance...Et a-t-on besoin d'un petit chef autoritaire ? Ce que Sarko fut...
Non, nous avons besoin d'un homme ou d'une femme élu démocratiquement par le peuple, pour s'occuper des affaires de la France et pour représenter le pays. Il faut des qualités certaines pour cela. Il faut sans doute de l'endurance, de l'intelligence, de la mémoire, beaucoup de facilité pour les relations sociales, pour prendre la parole en public et la capacité de bien s'entourer, pour choisir des collaborateurs capables de palier toutes les lacunes qu'on aurait par ailleurs. Mais je ne pense pas, vraiment, qu'il faille être un papa, un gourou ou un mini dictateur...
Mais on a aussi le droit d'être un peu langue de pute, comme tout le monde, et ce serait hypocrite de penser qu'un président ne le serait pas...On a sans doute le droit d'être un peu dépassé par ses histoires sentimentales...Qui ne l'est pas ? Et on peut avoir des inimitiés, qui n'en a pas ?
Peut-être que notre démocratie est entrain de quitter enfin le lourd habit de la monarchie, peut-être qu'enfin nous allons assumer le fait d'avoir tranché la tête d'un roi et que nous allons pouvoir entrer dans une République mature, inspirée des régimes du nord de l'Europe, dans lesquels les politiques ne sont pas des stars, mais des êtres comme les autres ?
Bah...Je vais lire ce livre, sur ce qu'un président n'est pas censé dire, histoire d'arrêter d'écrire n'importe quoi...
CC

Libellé(s):
François Hollande,
Hollande,
présidentielle
26 juillet 2016
Impuissance
Je passe mon temps à lire des articles de presse intitulés "Ce que veut vraiment Daesh", "Qui sont vraiment les terroristes ?", "L'Etat islamique est-il vraiment très islamiste ?" et toutes ces questions en titre ne trouvent jamais de réponse dans le corps de l'article. Pire : les soi-disant experts se contredisent et on ne sait plus à quel saint se vouer. Y'a t-il des saints dans la religion musulmane ? Je n'en sais rien.
On ne peut pas se vouer aux politiques, en tout cas, tous aussi médiocres les uns que les autres, ils se posent sans doute autant de questions que moi. Voire moins.
Aujourd'hui, c'est un curé qui a été égorgé dans une église. On voudrait une bonne occasion pour démarrer une guerre civile qu'on n'aurait pas trouvé meilleure cible. Un vieux curé sans doute très sympathique de 86 ans, dans la banlieue de Rouen. Toute mes pensées à ses proches et aux victimes blessées et traumatisées par cet acte barbare.
On peut espérer avoir un peu de répit, mais on peut s'attendre à beaucoup de dépit, si l'on regarde sur les réseaux sociaux. On a déjà lu le pire, de toute façon. On peut être sûr qu'il y aura une polémique sur les mots utilisés : "catholiques" vs "tous les français". Est-ce seulement la "communauté catholique" qui est touchée ? Est-ce toute la France ?
On s'en foutra, dans le fond, mais ça va faire couler de l'encre. Et puis fiché S ou pas, les terroristes seront disséqués. On se demandera s'ils étaient fous, homosexuels ou catholiques refoulés, on se demandera si l'on peut être terroriste et fou, si l'on peut être fou et terroriste et - thèse, antithèse, synthèse - s'il faut être fou pour être terroriste ou si un terroriste peu raisonnablement être sain d'esprit.
On aura le droit aux propos va t'en guerre du FN, on a déjà vu ce que ça pouvait donner. Dans notre torpeur, on n'y répondra même plus, on est habitué à ces propos de planqués...
On s'en foutra dans le fond, mais ça fera s'évaporer de la salive dans l'air sec du mois de juillet.
Et puis sur le fond, on n'aura pas bougé d'un iota quand le prochain attentat surviendra. Il faudrait qu'on fasse quelque chose, mais quoi ? On ne peut pas mettre des policiers derrière chaque français, sinon, qui serait derrière les policiers ? On va nous dire qu'il faut qu'on soit unis, qu'on soit forts et qu'on rejette la haine, qu'on aime son prochain comme soi-même, qu'on tende l'autre joue et qu'on s'habitue. L'idéologie chrétienne fait des ravages. (Je crois que ce trait d'humour est de mauvais goût. Mais désolée, je suis pétrie par cette philosophie christique et j'ai même ma Confirmation, alors...)
Habituons-nous donc à tressaillir à chaque alerte info nous annonçant un crime terroriste...

17 juillet 2016
We are Nice
On ne peut pas trouver les mots pour l'horreur qui a eu lieu le soir du 14 juillet.
On a tous pensé qu'on aurait pu y être, qu'on y était, ailleurs, mais là-bas aussi : ces rassemblements festifs sont les mêmes partout. On vient en famille, avec les enfants, entre amis, on a le coeur à la fête, on regarde le feu, on va boire un verre, on va au bal, dans toutes les villes, dans tous les villages. On profite de la douceur d'un soir d'été.
Quand c'est au milieu tout cela que cette horreur intervient, c'est indicible.
Quand j'ai appris cela, sur twitter et Facebook, j'ai pensé aux quelques personnes que je connais à Nice, j'ai pensé qu'on aurait pu y être, que d'autres amis, des proches auraient pu y être, et puis j'ai éprouvé de la colère : j'ai pensé "pourvu qu'on n'apprenne pas que le terroriste était fiché S" et puis j'ai pensé, "pourvu que ce ne soit pas un type qu'on n'avait pas repéré avant".
Dans un cas comme dans l'autre, c'est un problème : si on l'a repéré mais qu'on a rien fait, c'est une faillite de la sécurité. Si au contraire, on ne le connaissait pas, c'est un échec aussi.
C'est un piège. On ne peut pas savoir qui va entendre le message de Daesh. On ne sait pas qui va décider, presque du jour au lendemain, de tuer des innocents au nom de cette idéologie moisie.
C'est évidemment un déséquilibré : qui, sain d'esprit, prendrait un 33 tonnes pour foncer sur une foule pacifique ?
Mais là aussi, c'est le piège : l'extrême droite dira qu'on se voile la face, qu'on ne veut pas lutter contre l'islam. Et l'extrême droite en profitera encore une fois pour dresser les uns contre les autres.
Mais doit-on aller vers plus de rigueur sécuritaire ? Doit-on abandonner notre liberté au profit d'une sécurité illusoire ? Parce que finalement, qui peut prévoir et arrêter l'oeuvre d'un fou qui prend un camion pour détruire des vies ? On a bien vu que les caméras d'Estrosi n'avaient été d'aucun secours, que les conditions de sécurité étaient aussi importantes que possible dans le contexte actuel...
Est-ce vraiment l'ultime symptôme qu'il faut traiter ou faut-il agir avant ? Prévenir pour guérir et ne pas tomber dans les deux pièges : celui de Daesh, qu'il faut bombarder une bonne fois pour toute, et celui de l'extrême droite qui empêche l'intégration et le débat autour de cela...
Ces réflexions sont naïves et sincères...Et toutes mes pensées vont avant tout aux victimes et à leurs proches...
On a tous pensé qu'on aurait pu y être, qu'on y était, ailleurs, mais là-bas aussi : ces rassemblements festifs sont les mêmes partout. On vient en famille, avec les enfants, entre amis, on a le coeur à la fête, on regarde le feu, on va boire un verre, on va au bal, dans toutes les villes, dans tous les villages. On profite de la douceur d'un soir d'été.
Quand c'est au milieu tout cela que cette horreur intervient, c'est indicible.
Quand j'ai appris cela, sur twitter et Facebook, j'ai pensé aux quelques personnes que je connais à Nice, j'ai pensé qu'on aurait pu y être, que d'autres amis, des proches auraient pu y être, et puis j'ai éprouvé de la colère : j'ai pensé "pourvu qu'on n'apprenne pas que le terroriste était fiché S" et puis j'ai pensé, "pourvu que ce ne soit pas un type qu'on n'avait pas repéré avant".
Dans un cas comme dans l'autre, c'est un problème : si on l'a repéré mais qu'on a rien fait, c'est une faillite de la sécurité. Si au contraire, on ne le connaissait pas, c'est un échec aussi.
C'est un piège. On ne peut pas savoir qui va entendre le message de Daesh. On ne sait pas qui va décider, presque du jour au lendemain, de tuer des innocents au nom de cette idéologie moisie.
C'est évidemment un déséquilibré : qui, sain d'esprit, prendrait un 33 tonnes pour foncer sur une foule pacifique ?
Mais là aussi, c'est le piège : l'extrême droite dira qu'on se voile la face, qu'on ne veut pas lutter contre l'islam. Et l'extrême droite en profitera encore une fois pour dresser les uns contre les autres.
Mais doit-on aller vers plus de rigueur sécuritaire ? Doit-on abandonner notre liberté au profit d'une sécurité illusoire ? Parce que finalement, qui peut prévoir et arrêter l'oeuvre d'un fou qui prend un camion pour détruire des vies ? On a bien vu que les caméras d'Estrosi n'avaient été d'aucun secours, que les conditions de sécurité étaient aussi importantes que possible dans le contexte actuel...
Est-ce vraiment l'ultime symptôme qu'il faut traiter ou faut-il agir avant ? Prévenir pour guérir et ne pas tomber dans les deux pièges : celui de Daesh, qu'il faut bombarder une bonne fois pour toute, et celui de l'extrême droite qui empêche l'intégration et le débat autour de cela...
Ces réflexions sont naïves et sincères...Et toutes mes pensées vont avant tout aux victimes et à leurs proches...

6 juillet 2016
Comment vaincre ma naïveté crasse ?
Je suis beaucoup trop naïve pour faire de la politique. Je suis même beaucoup trop naïve pour comprendre la politique.
Par exemple, à un an d'une élection présidentielle, innocente que je suis, je me plaisais à penser que le gouvernement en place allait redistribuer un peu, après la rigueur du mandat, qu'il allait soigner un peu sa gauche, le coeur de son électorat.
Au lieu de ça, on sort le 49.3. Carrément. On fait preuve d'autorité, pour une loi impopulaire, que toute la gauche réprouve, qui va à l'encontre de tout le mouvement ouvrier du XXe siècle. L'année des 80 ans de 1936, des avancées sociales majeures et des congés payés, et le jour des grandes vacances, le premier ministre décide de passer en force une loi qui promet de laisser les mains libres aux entreprises pour régler les salaires, notamment...
C'est un symbole fort.
Mais il doit y avoir une stratégie secrète qui m'échappe à moi qui suis tellement naïve.
Le calcul doit être digne d'un coup au billard à trois bandes :
Hypothèse 1
- Valls devient impopulaire à gauche, il perd les voix du PS au premier tour.
- Les partisans du MEDEF et de la droite libérale apprécient la loi Travail.
- Les Républicains, par convention, sont obligés de tenir leur rôle d'opposition et disent du mal de la réforme.
- Les partisans du MEDEF et de la droite libérale se voient contraints de voter pour le PS en 2017 pour être cohérents.
=> Valls est élu au second tour, contre le FN et grâce aux voix de la droite libérale.
Hypothèse 2
- C'est Hollande qui a poussé Valls à utiliser le 49.3, pour le rendre impopulaire au sein du PS.
- Hollande a prévu une mesure de gauche pour terminer le mandat en beauté : par exemple une 6e semaine de congés payés ou la PMA pour les lesbiennes. Ou le vote des étrangers. Ou une revalorisation du salaire des enseignants (ah, non, c'est déjà fait). Ou tout ça en même temps. On peut rêver, on fait des hypothèses.
- Hollande, dans la foulée, annonce sa candidature tout en se refaisant une image d'homme de gauche.
=> Il est élu au second tour contre le FN.
Hypothèse 3
- Pire : Hollande désavoue Valls en annonçant finalement qu'on abandonne cette loi et qu'on n'utilise pas le 49.3, véritable déni de démocratie. Valls dépité, démissionne, la gauche et même la vraie gauche est heureuse et Hollande est élu au second tour contre le FN.
=> Myriam El Khomri peut enfin changer de lunettes. Celles qu'elle porte actuellement la vieillissent terriblement.
Hypothèse 4
- On découvre que Myriam El Khomri était un agent infiltré du Front de Gauche pour faire monter Mélenchon dans les sondages.
- A deux doigts de réussir, Myriam craque et avoue tout. La loi est abandonnée.
=> Le candidat de gauche est élu au second tour contre le FN.
Hypothèse 5
- La droite manifeste un peu trop bruyamment sa satisfaction à l'annonce du 49.3.
- Cela paraît suspect aux électeurs de droite.
- Ils votent massivement pour le PS. Quand on peut voter pour l'original, pourquoi voter pour la copie.
=> La gauche est élue au second tour contre le FN.
Hypothèse 6
- Tout le monde part en vacances.
- A la rentrée, personne ne se souvient plus de la loi travail, l'actualité est passée à autre chose et les anges de la télé réalité sont à Honolulu pour de nouvelles aventures.
- Comme la loi travail n'a aucune conséquence sur le travail et encore moins sur le chômage, tout le monde s'en fout.
=> Le jour de l'élection présidentielle, une majorité de français vote par SMS pour que Kevin soit viré de l'émission.
...
Avez-vous d'autres hypothèses ?
CC
Par exemple, à un an d'une élection présidentielle, innocente que je suis, je me plaisais à penser que le gouvernement en place allait redistribuer un peu, après la rigueur du mandat, qu'il allait soigner un peu sa gauche, le coeur de son électorat.
Au lieu de ça, on sort le 49.3. Carrément. On fait preuve d'autorité, pour une loi impopulaire, que toute la gauche réprouve, qui va à l'encontre de tout le mouvement ouvrier du XXe siècle. L'année des 80 ans de 1936, des avancées sociales majeures et des congés payés, et le jour des grandes vacances, le premier ministre décide de passer en force une loi qui promet de laisser les mains libres aux entreprises pour régler les salaires, notamment...
C'est un symbole fort.
Mais il doit y avoir une stratégie secrète qui m'échappe à moi qui suis tellement naïve.
Le calcul doit être digne d'un coup au billard à trois bandes :
Hypothèse 1
- Valls devient impopulaire à gauche, il perd les voix du PS au premier tour.
- Les partisans du MEDEF et de la droite libérale apprécient la loi Travail.
- Les Républicains, par convention, sont obligés de tenir leur rôle d'opposition et disent du mal de la réforme.
- Les partisans du MEDEF et de la droite libérale se voient contraints de voter pour le PS en 2017 pour être cohérents.
=> Valls est élu au second tour, contre le FN et grâce aux voix de la droite libérale.
Hypothèse 2
- C'est Hollande qui a poussé Valls à utiliser le 49.3, pour le rendre impopulaire au sein du PS.
- Hollande a prévu une mesure de gauche pour terminer le mandat en beauté : par exemple une 6e semaine de congés payés ou la PMA pour les lesbiennes. Ou le vote des étrangers. Ou une revalorisation du salaire des enseignants (ah, non, c'est déjà fait). Ou tout ça en même temps. On peut rêver, on fait des hypothèses.
- Hollande, dans la foulée, annonce sa candidature tout en se refaisant une image d'homme de gauche.
=> Il est élu au second tour contre le FN.
Hypothèse 3
- Pire : Hollande désavoue Valls en annonçant finalement qu'on abandonne cette loi et qu'on n'utilise pas le 49.3, véritable déni de démocratie. Valls dépité, démissionne, la gauche et même la vraie gauche est heureuse et Hollande est élu au second tour contre le FN.
=> Myriam El Khomri peut enfin changer de lunettes. Celles qu'elle porte actuellement la vieillissent terriblement.
Hypothèse 4
- On découvre que Myriam El Khomri était un agent infiltré du Front de Gauche pour faire monter Mélenchon dans les sondages.
- A deux doigts de réussir, Myriam craque et avoue tout. La loi est abandonnée.
=> Le candidat de gauche est élu au second tour contre le FN.
Hypothèse 5
- La droite manifeste un peu trop bruyamment sa satisfaction à l'annonce du 49.3.
- Cela paraît suspect aux électeurs de droite.
- Ils votent massivement pour le PS. Quand on peut voter pour l'original, pourquoi voter pour la copie.
=> La gauche est élue au second tour contre le FN.
Hypothèse 6
- Tout le monde part en vacances.
- A la rentrée, personne ne se souvient plus de la loi travail, l'actualité est passée à autre chose et les anges de la télé réalité sont à Honolulu pour de nouvelles aventures.
- Comme la loi travail n'a aucune conséquence sur le travail et encore moins sur le chômage, tout le monde s'en fout.
=> Le jour de l'élection présidentielle, une majorité de français vote par SMS pour que Kevin soit viré de l'émission.
...
Avez-vous d'autres hypothèses ?
CC

19 juin 2016
Rudy Reichstadt voit des complots partout !
| De gauche à droite : Martial Bourquin, Renaud Fouché, Rudy Reichstadt |
Tenez, par exemple, je ne peux pas projeter un tableau en classe - qu'il soit de Picasso, de Léonard de Vinci ou de Nicolas Poussin - sans que mes élèves y voient des triangles. Les triangles, c'est la preuve irréfutable du complot Illuminati. C'est le complot suprême : un groupe de quelques personnes très influentes contrôlerait le destin du monde, dans le but de réduire la population à 500 000 mille personnes.
Les élèves y croient dur comme fer.
Mais évidemment ça ne touche pas que les collégiens et ça ne date pas d'hier.
Certes, depuis les attentats contre les tours du World Trade Center, en 2001, c'est revenu en force, amplifié par internet, démultiplié par les réseaux sociaux.
Après le 11 septembre, il a fallu quelques jours pour qu'apparaissent les premières théories d'un complot de la CIA ou du Mossad. Pour les attentats du Bataclan, alors que l'assaut a été donné à 00h20, les premières théories d'un complot fomenté par les services secrets français sont apparus à 22h30, sur twitter. Tout s'est accéléré.
Mais il est bon de reposer cela dans une histoire et de s'interroger un peu sur les raisons de ces théories.
C'est ce que fait Rudy Reichstadt, qui a créé en 2007 le site Conspiracywatch.info et membre de l'Observatoire des radicalisés politiques de l'Observatoire des radicalités politiques pour la Fondation Jean Jaurès.
Il nous rappelle qu'avant les théories sur les attentats récents, avant le 11 septembre, avant même l'assassinat de JFK, il y a eu le protocole des Sages de Sion, il y a eu les Illuminati, pas vraiment ceux de mes élèves, mais ceux de la Révolution Française, et qu'encore avant, il y a eu les sorcières qu'on tuait au Moyen Âge.
Pourquoi les hommes, donc, depuis si longtemps, se plaisent et se complaisent dans ces affabulations ? (et je ne vous parle pas des chemtrails et autres reptiliens...)
Peut-être parce qu'il est rassurant de penser qu'il y a quelqu'un derrière nos problèmes, qu'il y a des explications à l'insupportable, qu'il y a une vérité surplombante : un "on nous ment" général, qui permet de se sentir moins bête que les autres, parce qu'on a compris ce que les autres ignorent...
Il y a aussi des gens qui savent tirer profit de la crédulité des autres : il ne faut pas oublier qu'il existe une industrie du complot : la nébuleuse internet de Soral emploie une trentaine de personnes, c'est une petite entreprise qui marche...
Malheureusement, ces soupçons de conspiration ont parfois des effets bien réels : c'est bien sur le faux Protocole des Sages de Sion qu'Hitler s'est basé pour exterminer les Juifs. Aujourd'hui, c'est à cause des soupçons portant sur les vaccins que des maladies qui avaient disparu dans notre pays sont entrain de réapparaître.
C'est bien beau, de dire que ce n'est pas vrai, tout ça. Mais quoi faire devant mes ados boutonneux, qui voient des complots partout et qui aiment y croire ? Les professeurs sont en première ligne depuis bien des années maintenant et ont mis en place des ateliers de débat et essayent par tous leurs maigres moyens de développer l'esprit critique des élèves. Mais cela n'est pas bien fort à côté des vidéos chocs que l'on trouve sur internet...
Espérons que les croyances des ados ne soient pas ancrées définitivement...

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