30 septembre 2011

Get up

Levons-nous et allons voter pour les primaires, le 9 octobre.


Get Up - Chinese Man feat. Ex-I, Lush One, Plex... par chinesemanrecords

Je sais, ça en saoule un peu certains. Mais c'est aussi la démocratie.

On peut toujours dire ce qu'on veut : que les partis, c'est pas ci, c'est pas ça. On peut dire pareil des syndicats. On peut être tenté par l'individualisme à iPod et écran plat et par le "Les autres, c'est tous des cons." Mais dans le fond, les partis, les syndicats, ce sont des outils et ils sont ce qu'on en fait.

Voilà. Vivement le 9 octobre. Je n'en peux plus de cette interminable campagne. De ces candidats de la même famille, qui ont de la peine à ne pas dire du mal...Ou qui ont du mal à dire du mal. On qui ont du mal à avoir du mal à dire du mal.

Bon weekend.

CC


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28 septembre 2011

Diviser pour mieux régner

Une fois n'est pas coutume, mettons un peu de Pernault dans le blog...Et avec un peu de Sarkozy. Avec des glaçons ?


Donc, Sarkozy disait hier "Aujourd'hui, il y a des protestations, c'est normal dans une démocratie" (ouf !)
Il continuait ainsi : "Mais les emplois qui sont en cause, ce n'est pas les emplois de la fonction publique, c'est les emplois de l'industrie, c'est les emplois de l'entreprise, c'est les emplois qui sont exposés à la concurrence. Mon devoir de chef de l’État c'est d'abord de penser aux ouvriers, aux salariés et aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l’État, plus que de penser à ceux qui ont un travail difficile mais qui ont un statut qui les protège.Vous, vous êtes exposés, c'est pour ça que je dois d'abord être avec vous plus qu'avec d'autres qui sont protégés dans leur statut."

Sarkozy divise donc. Il clive. Il désigne des privilégiés pour faire bisquer ceux qui ne le sont pas.

Cependant, si l'on met de côté que depuis 10 ans, depuis que la droite est au pouvoir, on n'a jamais eu autant de précaires (vacataires et contractuels, contrats allant à l'encontre du droit du travail...) dans l'Education Nationale, il faut rappeler que les profs ne descendent pas dans la rue pour eux, mais pour les élèves. Pour les conditions d'apprentissage des enfants.

Voilà, c'est dit. Je répète, au cas où, juste pour vous, président.

Monsieur Sarkozy, 54% des enseignants ne perdent pas une journée de salaire juste pour défendre leur salaire. Vous la voyez la contradiction ? Les enseignants ont une conscience professionnelle et s'ils essaient de se faire entendre, c'est dans l'intérêt de leurs élèves. 

Alors ? Prêt à cliver entre les travailleurs de l'industrie et l'avenir de leurs enfants ? Non ?

CC
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27 septembre 2011

En grève, encore

Et plus que jamais, en grève. Pour l'école.

Voilà une énième rentrée chaotique durant laquelle, le ministre, les recteurs, les inspecteurs, tous en chœur ont répété à l'envi depuis le 25 août jusqu'à aujourd'hui que "Tout s'est très bien passé". Comme pour s'en convaincre, couarde méthode Coué qui ne convainc plus personne...

"La rentrée s'est bien passée." Si vous avez des enfants, évidemment, vous savez : non, ça ne s'est pas bien passé. Le grand, qui rentre en 4ème n'a toujours pas de prof d'allemand, le petit, en CP a 33 copains pour apprendre à lire. Les 33 copains, avant de venir ont tous mangé du nutella, en regardant Bob l'éponge et ressemblent à des petits greemlins surexcités et lobotomisés. La maîtresse, alors que nous entamons la troisième semaine de septembre, a fini ses stocks de lexomil et sera absente, durant le reste du trimestre, pour cause de burn-out.

"La rentrée s'est bien passée". Si vous avez des petits-enfants, vous savez que c'est faux. Vos petits enfants rentrent le soir avec la migraine. Pour sa rentrée en 6ème, votre petite Camillounette a découvert qu'elle était dans une classe à horaires modifiés : son emploi du temps va changer 4 fois dans l'année. A la lecture de son emploi du temps, pour tenter de lui expliquer, vous attrapez vous aussi une migraine d'enfer.

"La rentrée s'est bien passée". Si vous êtes élève, vous savez que c'est faux. Vous ne comprenez rien en maths, mais le prof ne connaît pas votre nom. Vous êtes en première S et cela commence à vous stresser un peu. Forcément, dans la classe, vous êtes 36. A la rentrée, il manquait même des chaises dans les salles. Il y a de l'aide personnalisée, soi-disant. Mais vous avez déjà cours 7 ou 8 heures par jour. Et d'ailleurs, l'aide personnalisée représente 1/4 d'heure par élève et par an. Pour comprendre les équations à plusieurs inconnues, ça va être chaud...


"La rentrée s'est bien passée". Si vous êtes stagiaire, que vous avez eu votre concours l'année dernière, vous savez bien que c'est des conneries : vous avez tout foiré, depuis le début, avec toutes vos classes. Vos 18 heures par semaine vont être un enfer. Vous ne savez pas préparer un cours, vous y passez vos nuits et pourtant, quand vous êtes devant les 32 4èmes rugissants et boutonneux, ça ne rend rien. Vous prenez conscience que votre métier n'en est pas un, puisque on est censé le maîtriser sans l'apprendre...

"La rentrée s'est bien passée". Même si tu es principal, tu as remarqué qu'on te racontait des conneries.


"La rentrée s'est bien passée". Si vous êtes prof, vous savez que c'est faux. Moi, par exemple, je travaille dans des préfabriqués, depuis la rentrée. Jusqu'en 2013, normalement. Ma salle n'est pas équipée, le sol tremble, il fait très froid le matin et trop chaud dès que le soleil se pointe, on ne peut pas ouvrir les portes et les fenêtres parce que ça fait des courants d'air et ça fait du bruit. Le bruit, de toute façon, on ne peut pas y couper : le moindre claquement de classeur résonne, le moindre cliquettement de stylo est une explosion. Au bout de 5 heures de cours dans ces "cabanes" (ce sont les élèves qui les appellent comme ça), j'ai la tête comme une pendule. C'est un détail. Mais c'est ma réalité.

La rentrée ne s'est pas bien passée. Et demain, on te dira, ministre, recteurs et inspecteurs, tous en chœur et à l'envi, que la grève a été peu suivie.

CC
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26 septembre 2011

Sarkozy mieux que Mitterrand

C'est un vote contre. C'est un vote de contestation. C'est un vote qui souligne le manque de politique publique sur le terrain, depuis 10 ans. C'est le vote sanction contre la RGPP. Qui mieux que les grands électeurs peuvent juger du manque de pognon au niveau local, pour refaire, qui une école, qui une route...


Ce manque de pognon n'a même pas pu être comblée ponctuellement par la réserve parlementaire. (Vous savez, cet argent que les sénateurs ont pour faire des cadeaux aux grands électeurs. Jusque là, ça suffisait : le sénateur sortant de la majorité avait une très belle enveloppe d'argent (les sénateurs de l'opposition ont moins) pour acheter ses votes. Aujourd'hui, ça n'a pas suffit...)


Il serait dangereux de considérer que c'est une victoire de la gauche au sens premier. C'est une victoire contre Sarkozy et contre le libéralisme.

Ce n'est évidemment pas une raison pour ne pas s'en réjouir : c'est une prise de conscience, c'est le premier pas vers une reprise en main des choses par la gauche.

Mais la route est encore longue, car il va falloir que la gauche comprenne cela et en prenne compte pour 2012. Cela me fait penser au climat qui régnait dans les grosses manifs contre la réforme des retraites, l'année dernière. Les gens disaient : "La gauche a intérêt d'entendre ça, on ne leur fera pas de cadeau, quand ils passeront." D'autant que les représentants de la gauche étaient au côté des manifestants...


Il faudra donc garder tout cela en tête...
Mais tout de même, merci Sarko !



CC
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21 septembre 2011

François Hollande : un mec moyen

Des rideaux pour donner l'impression d'un salle bondée...
Hier soir, je suis allée au meeting de François Hollande. Certains ne tarderons donc pas à me taxer de batavisme. Cependant, lorsqu'une star de la politique passe à Montbéliard, on va la voir, même si on n'est pas entièrement d'accord avec elle. 

Pour quelqu'un qui n'est pas habitué aux meetings, tout est intéressant. Par exemple, c'est une machine bien huilée, avec des "trucs", des grosses ficelles, comme au théâtre de boulevard. Par exemple, quand la salle est grande, pour donner l'impression qu'il y a plus de monde, on la coupe avec des rideaux. Ainsi des gens sont obligés de rester debout...On joue à guichets fermés, même si en réalité, les deux tiers de la salle sont vides. Autre truc : on fait passer, avant la guest star, tout un tas d'intervenants plus ou moins débutant en matière de discours. Ainsi, l'invité passe pour un orateur de premier plan.

Mais même avec ces astuces, François Hollande, lorsqu'il monte sur scène, ne déclenche pas la ferveur espérée. Son style, c'est le stand-up. Plutôt Djamel Debbouze que Johnny, il n'enflamme pas la salle, il n'y a rien à faire. Quelques applaudissements discrets, fortement incités par des chauffeurs de salle là pour faire la claque, pas de vivats, pas de drapeaux, ni de panneaux brandis, comme j'avais eu l'occasion de le voir quand Martine Aubry avait fait un meeting pour les régionales, dans la même salle, en mars 2010.

Le type qui nous a raconté des blagues...
Ce qui ne convainc pas, c'est la posture assez peu dynamique, affalé le pupitre, allant puiser une énergie au fond de lui-même, avec peine, semble-t-il, à grand renfort d'ahanement assez peu gracieux. C'est un orateur honnête, sachant ménager le rythme de son allocution, jouant habilement avec des parties de sketchs et autres vannes à l'encontre de Sarkozy et des parties de discours plus sérieuses et assez bien construites. Mais il a un vrai problème de souffle qui rend tout cela assez laborieux.

Bref, il ne soulève pas les foules. 

Sur le fond aussi, on peut lui reprocher un manque de niaque ! La rhétorique est une chose, mais sans idées concrètes, cela tourne vite au blabla.

Venu dans le Pays de Montbéliard pour visiter PSA, à Sochaux et rencontrer les syndicats à Audincourt, (et aussi pour faire plaisir à son directeur de campagne, Moscovici) Hollande a axé sa première partie sur l'industrie, l'emploi, les PME et les grandes entreprises. Il a émis des idées intéressantes, sur les liens entre les PME et les grands groupes, mais on peut vraiment regretter qu'il n'évoque pas du tout les travaux du sénateur Bourquin, pourtant dans la salle, sur la désindustrialisation, et notamment le volet sur le protectionnisme à échelle européenne, envers les pays ne respectant pas le même droit du travail, les mêmes droits sociaux et environnementaux que nous. Mais il est vrai qu'il aurait alors marché sur les terres de Montebourg...Cependant, je crois que dans la salle, c'était un thème très attendu.

Puis, il a évoqué l'école. C'est le point central de son programme. C'est, dit-il, le levier sur lequel la France est maître : le pays est libre ici de faire ce qu'il veut. Aveux d'échec pour le reste ? Comme si dans les autres domaines, on n'avait pas la main et que l'Europe et le marché seraient toujours là pour nous empêcher. C'est une impression d'impuissance qui ressort de ce constat. Malgré tout, ce qu'il dit sur l'école me plaît. Comment pourrait-il en être autrement ? Il parle de formation, il promet des postes, de l'aide pour les élèves les plus en difficulté. Bref, il a une vision d'une école forte pour que la jeunesse soit véritablement l'avenir du pays. Il fustige aussi une politique qui ne s'adresse qu'aux vieux. Cela, c'est très bon : on ne fait pas un pays dynamique et fort en gérant les fins de vie.

Il aborde ensuite son troisième sujet : l'écologie. Durant le débat, on avait assisté à une petite passe d'armes avec Martine Aubry, sur le sujet du nucléaire. On avait surtout compris qu'il était urgent d'attendre. Il parle aujourd'hui d'une sortie très progressive du tout nucléaire. 50% en 2025. Il n'en ressort pas grand chose de plus. Mais c'est un axe fort de son discours, ce qui est de bon augure. (Cependant, il n'y a rien à faire, Royal est meilleure que lui sur le sujet...)

Enfin, dernier volet : la démocratie. Encore un moyen de vanner Sarkozy, ce qui est jouissif, mais un peu facile, tout de même ! La proposition qui est la plus applaudie, sans doute, de la soirée, c'est le droit de vote pour les élections locales pour les étrangers vivant en France depuis plus de 5 ans. Sur une terre ouvrière comme Montbéliard, ou une belle partie de la population est immigrée, c'est en effet une belle proposition. Cependant, on peut regretter un discours qui ne va pas assez loin dans la dénonciation des idées d'extrême droite qui envahissent l'espace politique. C'est ce qu'on attend d'un candidat de gauche...

Même pour le final et même avec Bella Ciao à fond, pas d'enthousiaste délirant de la foule...
Voilà pour une soirée qui a de la peine à me convaincre et qui n'a pas soulevé un enthousiaste fou dans la salle. Dans un contexte de crise, dans une région durement touchée par la crise, je crois que les électeurs de gauche attendent un discours plus fort envers le marché qui délocalise, qui fait le jeu des très grands groupes au mépris des sous-traitant, qui va chercher ses pièces détachées à prix discount en Asie, qui provoque des jours de chômage technique au moindre soucis de livraison, en rendant exsangues les petites boîtes vivant dans l'ombre de la grosse, une mondialisation qui brise l'individu, qui exploite l'intérimaire, qui jette le CDD, le trop vieux ou le trop jeune...

Le discours social démocrate n'apporte pas assez d'espoir...

Faire rire ne suffit pas. (Sauf peut-être pour les sondages ?)

CC
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19 septembre 2011

L'absurdité de l'économie

La Grèce aux prises d'un serpent maléfique : l'économie libérale...
Quand je pense à la Grèce, je pense à Socrate, à Platon, à Aristote. Je pense à la République, à ce Vème siècle avant J.C, tellement riche, à Athènes et puis aux colonnes, aux statues, aux temples. Et à la mythologie. Ces histoires tellement fortes qu'elles brillent toujours dans les yeux et dans l'imaginaire de mes élèves du XXIe siècle quand je leur raconte.

La Grèce, je n'y suis jamais allée. Mais je la rêve et je l'idéalise. Avec l’Égypte, avec Rome, avec les temples Incas, les palais indiens, les estampes japonaises, la grande littérature et la grande musique, la Grèce est un des trésors de l'humanité. Une des merveilles du monde. Le patrimoine.

Aujourd'hui, on nous raconte que la Grèce est en faillite. Ce pays riche d'une fortune inestimable est en faillite.

C'est tout simplement impossible. Imaginez le prix de l'hypothèque sur le Parthénon, sur la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, sur le Groupe du Laocoon, sur Spartes et sur Delphes, sur les œuvres d'Homère, sur les découvertes de Ptolémée ou d'Hippocrate...

L'économie ne connaît pas le prix des choses...

CC
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17 septembre 2011

Adieu Marianne, je t'aimais bien...


Chez eux, je suis toujours dans la liste des blogueurs associés...Et pourtant...

Aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, j'ai acheté l'hebdomadaire Marianne. C'est bien, de faire marcher la presse écrite. Elle est en crise, paraît-il, comme tout le monde.

Jusque là, en fait, je ne l'achetais pas : je le recevais.

Je le recevais même gratuitement, rapport au fait que le site de Marianne me reprenait des articles gratuitement. C'était un échange de bon procédé : je monnayais grassement mes articles (4 ou 5 par mois) contre un abonnement à moins de 60 Euros par an.

Le deal était malhonnête, reconnaissons-le : je piquais le job d'un pigiste pour moins de 60 Euros par an. Mais j'aime bien Marianne.

Depuis quelques temps, je ne reçois plus le magazine. J'ai donc demandé de ne plus être reprise par le site. On m'a promis de me renvoyer le magazine, mais rien n'est venu.

Voilà pourquoi mes articles ne sont plus repris par Marianne2. C'est dommage...

De temps en temps, j'achèterai le journal. Mais ça ne m'empêchera pas de penser que même s'il contient des idées intéressantes sur le libéralisme, sur le travail, le RSA ou toutes ces choses-là, Marianne n'est pas tout net avec ses employés...

CC


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