6 août 2011

La Bourse et les slips

La une des journaux, les alertes web, les sms d'info, les JT, les chaînes d'info, bref, tout, depuis hier soir clignote au rouge, sur cette rengaine : 10ème séance de baisse (avec deux s) à la bourse, on a jamais vu ça, c'est la cata.

En plus, les andouillettes des États-Unis ont perdu leur triple A

Le pauvre péquin lambda que je suis se dit alors : "Si les médias qui sont censés faire leur beurre en étant vendus à des péquins lambda comme moi en parlent, c'est que ça doit me concerner de près et que ça doit m'intéresser."

Alors je cherche : en quoi ça me concerne, les bourses pendantes ?

Je n'ai pas d'actions. Première réaction. Je m'en fiche. Je n'ai pas assez de fric pour le placer en bourse. Évidemment. Donc, ça ne me concerne pas.

Cependant, je vis dans un monde où tout est indexé en bourse : les matières premières et les sociétés qui exploitent ces matières premières.

Je suis concernée.

Je vis dans un monde capitaliste où on a décidé de confier l'argent à des banques privées qui ont décidé de jouer avec cet argent dans ce grand casino qu'est la bourse.

La bourse ou la vie.

Le problème, c'est que quand on joue, forcément, on peut perdre. Alors, les joueurs ont décidé, quand ils perdaient de trouver le moyen de déplacer le problème. Sans jamais le régler.

Par exemple, une société basée à Montcuq fabrique des slips. Au hasard. Elle gagne de l'argent, ça marche. Les slips de Montcuq, tu parles que ça marche. L'argent gagné est réinvesti, un peu dans des innovations, par exemple, faire des caleçons. Et puis le reste du fric est investi en bourse, par exemple dans un fond de pension. Pendant ce temps-là, les salaires des ouvriers ne bougent pas. On fait du slip de qualité, mais on ne peut pas se le payer. C'est la limite. Le marché stagne, parce que la consommation de slip n'augmente pas, alors que le prix des slips, à cause de l'innovation caleçon a augmenté. Alors, le fond de pension râle, parce que l'action en bourse n'augmente pas. C'est là que le capitalisme déplace le problème : il donne des crédits à la consommation à ses employés pour qu'ils puissent acheter des slips. Mais l'endettement augmente et ça ne résout rien, parce que les employés s'achètent des strings du Brésil, ou des écrans plats de Chine, au lieu des slips chers de Montcuq.

Alors le capitalisme déplace encore un coup le problème : il décide de faire des slips moins cher et de moins bonne qualité en virant du personnel. Puis en délocalisant.

Ce qui ne fait pas remonter la consommation ici, bien sûr. Mais les fonds de pension sont à peu près maintenus à flot. Jusqu'au moment où on se rend compte que dans cette histoire, on a fortement surévalué la valeur boursière du slip et que tout se casse la figure.

Le capitalisme est un système qui se mord la queue et qui ne peut pas marcher. Il faut, peu ou prou, que l'argent du travail revienne en priorité aux travailleurs et aux réinvestissements en qualité au sein des entreprises. Tant qu'on remettra l'argent dans ce système voué à créer des rentiers, ça ne pourra pas fonctionner.

Je suis nulle en économie, cette crise me semble éloignée de mes préoccupations quotidiennes. Cependant, il me semble nécessaire que les grands de ce monde apprennent enfin quelque chose de ces crises successives qu'on subit depuis le début des années 70.

Même s'il est bien évident qu'il y a des gens qui savent se servir de ces crises pour s'enrichir. C'est pour eux que les infos sont importantes, en ce moment...C'est le moment de racheter, avant de pouvoir revendre au plus haut de la prochaine bulle.

Ne nous leurrons pas, c'est dans les crises que les plus riches deviennent encore plus riches...Pas les petits porteurs...

Il serait donc temps de prendre l'argent où il est pour le mettre où il manque. Qu'on en finisse avec ce système vicieux.
CC
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10 commentaires:

  1. Résumé pertinent, hélas - tic !

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  2. Ouahou, tu es rapide !
    Oui, pour les slips, il faut un bon hélas -tic...

    :)

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  3. Un système qui se mord la queue (en slip ou en caleçon ?)

    J'aime pas l'andouillette mais j'aime bien ton analyse.

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  4. Pour quelqu'un qui se dit nulle en économie, je trouve cette analyse fort à propos; entièrement d'accord avec vous. Tout cela est à se taper la tête contre les murs...

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  5. Hello
    @Laurent : une bonne andouillette avec de la moutarde, pourtant. :)

    @Rikki Nadir : merci ! Mais je n'y connai vraiment pas grand chose en économie. :)

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  6. J'aime bien le passage où "on a fortement surévalué la valeur boursière du slip et que tout se casse la figure" ;) C'est tellement vrai !

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  7. Bonjour
    @Gatrasz : quand le slip fatigue, les bourses descendent...

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  8. un peu en dehors du sujet d'abord l'andouillette c'est AAAAA et pas AAA!
    enduite le slip c'est dégradant comme il est indiqué sur
    http://www.repubblica.it/esteri/2011/08/06/foto/downgrade_obama-20093088/1/

    --

    Lucien COSTE

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  9. Tellement vrai ... mais c'est les patrons des slips de Montcuq qui achètent des actions de fonds de pension ou les fonds de pension qui investissent dans les slips de Montcuq ?

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  10. Cela dit on peut considérer les choses autrement. Par exemple en cultivant l'optimisme ou encore la positive attitude, car tout est pour le mieux et qu'au fond il suffit d'avoir l'espoir et de cultiver son jardin. Il n'y a donc jamais de problème.

    Dr Pangloss.

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