Pour le journal de 20h sur France 2, le salon de l'agriculture n'est pas une information qui compte aujourd'hui.
Certes, il y a la tempête, l'actualité est dramatique, d'autant que le Président est allé faire de l'hélico au dessus de tout ça pour déclarer : "Que d'eau ! Que d'eau !"...(Et encore, il n'a vu que le dessus...)
Ce qu'on peut légitimement demander, c'est si France2 joue le jeu du président. Le président décide de survoler l'actualité et de négliger le salon de l'agriculture...Soit.
France2 n'a donc pas parlé de la manifestation des producteurs de lait : ils ont enterré la profession, pourtant, à grand renfort de cercueil et de curés déguisé : ça avait de la gueule et c'était important.
Agriculteur, pourtant, c'était un métier d'avenir : quoi de plus beau que de nourrir les hommes et entretenir la terre, pour la faire prospérer. Et puis le grand capital s'en est mêlé et tout a foiré. On a voulu en faire toujours plus avec toujours moins de terre arable et toujours plus d'emploi de service en ville...Ah...Rentrer dans son HLM, pour manger du poulet aux hormones...
Les agriculteurs, sans s'en apercevoir, sont devenus des prolos comme les autres...Des prol' et terres...
Sarko les méprise et la télé le suit, donc.
C'est toute une profession qui se sent bafouée.
CC
1 mars 2010
28 février 2010
Elections Régionales en Franche-Comté
Parlons un peu de la campagne des régionales.
Depuis que je suis inscrite à Regioneo, il est de notoriété publique que je suis installée dans l'est de la France. Le 14 mars, je voterai donc en Franche-Comté.
Que se passe-t-il dans cette belle région ?
La gauche est au pouvoir depuis la dernière votation et il paraît que c'était un peu une surprise, que la droite était attendue et que cette fois-ci, c'est bien le parti de la majorité présidentielle qui pourrait reprendre le dessus.
Il faut dire que la région, à dominante rurale et industrielle a assez fortement subie la crise.
Le président, pour le côté rural, n'a pas ménagé ses efforts : il est venu illustrer la crise de l'agriculture dans le Jura. C'était juste très con, parce qu'en fait, la crise a eu lieu dans les régions ne possédant pas d'AOC, les régions à faible valeur ajoutée, comme la Bretagne, ou le lait est produit de manière industrielle, pour Danone et les cochons sont découpés à la chaîne pour Herta.
Dans le Jura, les agriculteurs tirent leur épingle du jeu bien mieux qu'ailleurs, avec le Comté, notamment.
Je serai presque prête à parier, cependant, que le président, lors de sa venue à la fin du Salon de l'Agriculture, sera faire le clin d'œil qui va bien à cette région...
Pour l'industrie, c'est autre chose : c'est sur l'automobile que repose une grande partie de l'économie de la région. Alors évidemment la droite peut mettre en avant tous les cadeaux fait au fleuron de notre industrie française.
Moui...Sauf qu'au niveau locale, la droite nationale fait perdre la manne que représente la taxe professionnelle...Et si la droite est élue, avec quel budget gouvernera-t-elle ? Si elle passe, elle ne pourra pas dire que c'est la faute de la gauche, cette fois-ci...
La politique gouvernementale va à l'encontre des politiques locales et la démocratie a besoin d'un contre pouvoir sur le terrain...
Parlons un peu des candidats.
D'un côté, nous avons Alain Joyandet. Il est au gouvernement, il ramène des otages de loin. Parfois, il ramène même des gens pas très nets et il essaye de se faire mousser dans le rôle du sauveur de Vesoul...Le seul avis valable à son sujet, c'est celui de Didier Porte :
Franche Connerie, saisis ta chance !
envoyé par franceinter. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.
De l'autre côté, nous avons Marie-Guite Dufay. Elle a déjà l'avantage d'être une femme. Second point fort : elle ne fait pas du tout dans le bling-bling. Elle n'est pas du genre à parader auprès de pseudos otages ayant des rapports difficiles avec la drogue.
Sérieusement, elle défend aussi le bilan d'un mandat qui n'est pas si mauvais : soutien de la formation, protection du service public et notamment des lycées...
Sur ce dernier point, il ne faut pas se relâcher, car la lutte continue : hier encore, nous manifestions contre la suppression de 9 postes dans un lycée. La région doit se battre auprès des enseignants, contre la politique du rectorat. Malheureusement, mis à part un élu sénateur maire, personne n'était là. Merci à lui.
Je crois que la gauche se doit de jouer la carte de la proximité, du terrain, de la compétence. Quelle importance, finalement, pour une région, d'avoir un membre du gouvernement pour président ? Va-t-il être là souvent ? Quelles seront ses priorités ? Se faire mousser près de Sarko et Cie ou s'occuper vraiment de ses administrés du fin fond du Doubs ?
Évidemment, mon choix est fait !
CC
Depuis que je suis inscrite à Regioneo, il est de notoriété publique que je suis installée dans l'est de la France. Le 14 mars, je voterai donc en Franche-Comté.
Que se passe-t-il dans cette belle région ?
La gauche est au pouvoir depuis la dernière votation et il paraît que c'était un peu une surprise, que la droite était attendue et que cette fois-ci, c'est bien le parti de la majorité présidentielle qui pourrait reprendre le dessus.
Il faut dire que la région, à dominante rurale et industrielle a assez fortement subie la crise.
Le président, pour le côté rural, n'a pas ménagé ses efforts : il est venu illustrer la crise de l'agriculture dans le Jura. C'était juste très con, parce qu'en fait, la crise a eu lieu dans les régions ne possédant pas d'AOC, les régions à faible valeur ajoutée, comme la Bretagne, ou le lait est produit de manière industrielle, pour Danone et les cochons sont découpés à la chaîne pour Herta.
Dans le Jura, les agriculteurs tirent leur épingle du jeu bien mieux qu'ailleurs, avec le Comté, notamment.
Je serai presque prête à parier, cependant, que le président, lors de sa venue à la fin du Salon de l'Agriculture, sera faire le clin d'œil qui va bien à cette région...
Pour l'industrie, c'est autre chose : c'est sur l'automobile que repose une grande partie de l'économie de la région. Alors évidemment la droite peut mettre en avant tous les cadeaux fait au fleuron de notre industrie française.
Moui...Sauf qu'au niveau locale, la droite nationale fait perdre la manne que représente la taxe professionnelle...Et si la droite est élue, avec quel budget gouvernera-t-elle ? Si elle passe, elle ne pourra pas dire que c'est la faute de la gauche, cette fois-ci...
La politique gouvernementale va à l'encontre des politiques locales et la démocratie a besoin d'un contre pouvoir sur le terrain...
Parlons un peu des candidats.
D'un côté, nous avons Alain Joyandet. Il est au gouvernement, il ramène des otages de loin. Parfois, il ramène même des gens pas très nets et il essaye de se faire mousser dans le rôle du sauveur de Vesoul...Le seul avis valable à son sujet, c'est celui de Didier Porte :
Franche Connerie, saisis ta chance !
envoyé par franceinter. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.
De l'autre côté, nous avons Marie-Guite Dufay. Elle a déjà l'avantage d'être une femme. Second point fort : elle ne fait pas du tout dans le bling-bling. Elle n'est pas du genre à parader auprès de pseudos otages ayant des rapports difficiles avec la drogue.
Sérieusement, elle défend aussi le bilan d'un mandat qui n'est pas si mauvais : soutien de la formation, protection du service public et notamment des lycées...
Sur ce dernier point, il ne faut pas se relâcher, car la lutte continue : hier encore, nous manifestions contre la suppression de 9 postes dans un lycée. La région doit se battre auprès des enseignants, contre la politique du rectorat. Malheureusement, mis à part un élu sénateur maire, personne n'était là. Merci à lui.
Je crois que la gauche se doit de jouer la carte de la proximité, du terrain, de la compétence. Quelle importance, finalement, pour une région, d'avoir un membre du gouvernement pour président ? Va-t-il être là souvent ? Quelles seront ses priorités ? Se faire mousser près de Sarko et Cie ou s'occuper vraiment de ses administrés du fin fond du Doubs ?
Évidemment, mon choix est fait !
CC

26 février 2010
Complice du massacre de l'éducation nationale ?

...ou comment je contribue bêtement à la diminution du travail et donc des postes de profs d'art plastiques et de musique dans le secondaire...
Un vrai massacre...
Il faut dire que ces profs ont déjà un rôle de 5ème roue du chariot bringuebalant de l'éducation nationale : une heure par semaine et par classe de musique et d'arts plastiques...Que dis-je, une heure ? En 55 minutes...Et cela, sans même enlever le temps d'installation des élèves, le temps de retirer les manteaux, de sortir les affaires et de s'asseoir...Autant dire qu'il ne reste pas grand chose pour balayer 5 siècles d'histoire de la musique, pour chanter, pour aborder le solfège ou pour dessiner, peindre un peu, aborder les différents courants artistiques depuis le Moyen-Âge...
Bref, les profs sont déjà les rois de la frustration et du bidouillage pour en faire un maximum dans un minimum de temps...
Réjouissons-nous, alors ! Depuis cette année (de manière expérimentale, mais bien réelle, pourtant), tous les profs de plusieurs matières sont invités à faire de l'histoire des arts dans leurs cours. Sans pourtant avoir plus d'heures avec les élèves pour le faire et sans qu'on ait allégé le programme par ailleurs...Sans rémunérer plus les enseignants non plus, d'ailleurs.
Faudrait pas déconner et se mettre vraiment à travailler plus pour gagner plus...
Les troisièmes auront même la possibilité de passer une épreuve orale optionnelle au brevet.
Dans mon collège, tous les élèves ont été inscrits d'office et finalement, après que les profs ont râlé un peu, les élèves ont pu choisir de garder ou non cette option.
Au résultat, 20 élèves passeront finalement cette option assez ambitieuse si l'on en croit le programme officiel.
On ne sait pas ce qu'ils passeront, puisque l'organisation est à la charge des profs, qui ne sont pas rémunérés non plus pour ça. Un oral d'un quart d'heure est vaguement préconisé...Sur quoi ? A nous de le dire. Cela devra porter sur de l'art, être transversal, entre les matières participantes...L'histoire, le français, les langues, la musique et l'art plastique...
Comme ultime bravade, peut-être, nous avons choisi l'art et la guerre, l'art et la résistance, l'art contre le pouvoir...Cette mise en abîme changera-t-elle quelque chose ? Non...
Deux problèmes : je ne suis pas tellement spécialiste pour analyser des tableaux, des œuvres musicales, des films ou des œuvres architecturales. Je ne pense pas qu'une prof d'histoire le soit particulièrement à l'aise pour ça aussi.
Nous ne sommes pas formés pour cela. Seulement, c'est désormais au programme.
On connaît la ruse dont les politiques savent faire preuve quand il s'agit de supprimer des postes. En voilà encore un exemple : petit à petit on jugera que les profs de français et d'histoire, qui font pour pas un centime de plus de l'histoire de l'art, valent bien les profs de musique et d'art qu'il faut payer à temps plein...
Et l'art, à quoi bon ?
Suis-je complice de cela, en acceptant d'appliquer les programmes ? En mettant en place cela, sur mon temps libre, en plus...Je suis surtout une bonne poire, non ? J'y ai passé tout l'après-midi alors que je suis chez moi, d'habitude...Sachant que j'ai trois tonnes de copies à corriger, je m'en serais bien passé...
Bref...Attendez-vous à savoir que les profs d'art sont en voie de disparition, en échange de profs à tout faire, spécialistes avant tout en animations en tout genre, en gardiennage d'enfants et en punching-ball...
CC

Libellé(s):
école,
éducation,
Education Nationale,
service public
25 février 2010
24 février 2010
Soumaré : le mal est fait ?
Ce matin, dans sa chronique, Thomas Legrand expliquait que l'affaire Soumaré était du pain béni et que la droite venait de faire un beau cadeau à la gauche. C'est un fait : la gauche pourra désormais aller en banlieue en expliquant que la gauche, ce n'est pas la droite, bien au contraire.
Je vous laisse écouter le papier de Thomas Legrand : j'aime beaucoup ce qu'il fait et en plus, il tombe pile au moment où je suis dans les embouteillages pour aller au boulot, le matin. Je préfère que ce soit lui plutôt que...Bref...
France Inter - Les chroniques - L'édito politique
Cependant, je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui : la droite de Nicolas Sarkozy, explique-t-il, n'est pas celle de ces quelques soldats umpistes qui se sont laissés allés à une campagne électorale de chiottes.
On peut bien sûr avoir des restrictions, puisque le meilleur ami auvergnat du président se laisse parfois aller à des propos, en public, qui laisse penser le contraire.
Mais plus encore, l'électorat traditionaliste de la droite pourra être sensible à l'attaque faite à cet homme de couleur, taxé de délinquance. C'est l'électorat qu'on a retrouvé au premier rang dans les préfectures quand M. Besson a organisé ses débats sur l'identité nationale...C'est un électorat âgé, riche et blanc, qui lit sans doute La Fontaine (ou qui l'a appris à l'école, du temps où l'on y apprenait encore quelque chose) et qui saura se souvenir que "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère".
Identité nationale : la nausée. Eric Besson interpellé.
envoyé par Les_Pantheres_roses. - L'info internationale vidéo.
Un Ali Soumaré ou un autre, après tout, c'est du pareil au même, avec ces gens-là, de toute façon, on sait à quoi s'en tenir...
Alors oui, la gauche pourra recruter quelques électeurs en banlieue, sans doute. Mais un électorat bien volatile, qui s'abstient beaucoup, contre un électorat qui n'a que ça à faire, le dimanche après la messe, d'aller voter...
Qui a gagné, finalement ?
La campagne électorale est vraiment au fond du caniveau et qui donne la nausée, c'est clair...
CC
Je vous laisse écouter le papier de Thomas Legrand : j'aime beaucoup ce qu'il fait et en plus, il tombe pile au moment où je suis dans les embouteillages pour aller au boulot, le matin. Je préfère que ce soit lui plutôt que...Bref...
France Inter - Les chroniques - L'édito politique
Cependant, je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui : la droite de Nicolas Sarkozy, explique-t-il, n'est pas celle de ces quelques soldats umpistes qui se sont laissés allés à une campagne électorale de chiottes.
On peut bien sûr avoir des restrictions, puisque le meilleur ami auvergnat du président se laisse parfois aller à des propos, en public, qui laisse penser le contraire.
Mais plus encore, l'électorat traditionaliste de la droite pourra être sensible à l'attaque faite à cet homme de couleur, taxé de délinquance. C'est l'électorat qu'on a retrouvé au premier rang dans les préfectures quand M. Besson a organisé ses débats sur l'identité nationale...C'est un électorat âgé, riche et blanc, qui lit sans doute La Fontaine (ou qui l'a appris à l'école, du temps où l'on y apprenait encore quelque chose) et qui saura se souvenir que "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère".
Identité nationale : la nausée. Eric Besson interpellé.
envoyé par Les_Pantheres_roses. - L'info internationale vidéo.
Un Ali Soumaré ou un autre, après tout, c'est du pareil au même, avec ces gens-là, de toute façon, on sait à quoi s'en tenir...
Alors oui, la gauche pourra recruter quelques électeurs en banlieue, sans doute. Mais un électorat bien volatile, qui s'abstient beaucoup, contre un électorat qui n'a que ça à faire, le dimanche après la messe, d'aller voter...
Qui a gagné, finalement ?
La campagne électorale est vraiment au fond du caniveau et qui donne la nausée, c'est clair...
CC

23 février 2010
Comment se faire des ennemis ?

Sarkozy pourrait très bien illustrer une petite minute pédagogique : "Comment se faire des ennemis en 10 leçons ?"
Il vient donc de nommer Didier Migaud à la tête de la cour des comptes. Le type vient du PS.
Quand on pense à tous les morts de faim de droite qui arrivent en fin de carrière, qui attendent depuis des années des postes intéressants, qui ont toujours voulu être, qui ministre, qui président de telle ou telle commission juteuse, on imagine bien la rancœur et même la haine qui peut les saisir.
En même temps, le Sarko, il est malin : il prend les morts de faim du PS, il leur donne des places sympa, et il prive donc le PS de ses ressources ambitieuses et motivées. De ses talents, quoi...C'est un peu le lot de consolation de la génération sacrifiée du PS...
C'est une stratégie intéressante : ça fout la zizanie partout...Et puis finalement, gauche ou droite, quelle différence, peut-on se demander !
Ce qui me semble dangereux, c'est en effet cette perte de repère : le fameux UMPS qui ne veut plus rien dire et qui renforce la croyance d'une politique des "tous pourris", "tous dans le même sac", "je ne vais plus voter pour ces guignols". C'est ce qui fait le lit du n'importe quoi.
Alors on pourra penser que la stratégie de Sarkozy est tout autre, que l'histoire qu'il tient à nous raconter est tout autre et qu'il cherche au contraire à renforcer sa crédibilité en mettant à ce poste stratégique (stratégique sur le papier, parce que dans les actes...) un homme de gauche, qui sera encore plus amène de critiquer la politique budgétaire du gouvernement de droite.
Du gouvernement de droite ?
Ou de gauche....Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue...
CC

Inscription à :
Articles (Atom)
