Repas de famille, entre les frères et sœurs, beaux-frères, belles-sœurs, tous trentenaires.
Tous ont réussi à peu près à se caser professionnellement, au terme, soit de longues études, soit de concessions énormes, quant aux horaires et aux conditions de travail.
On ne devrait pas, mais on se met à parler de politique. Et au bout de quelques secondes, ce qui ressort, c'est que la gauche, c'est l'assistanat : on donne du fric à des cons qui en profitent et qui ne veulent pas bosser, c'est dégueulasse...
J'ai beau tenter d'expliquer qu'il n'y a pas de travail et que les formations de Pôle Emploi ne mènent à rien, je sens bien que je ne fais pas mouche. Je suis meilleure à l'écrit qu'à l'oral...Quelle professeur lamentable je fais...
Pourtant, ils sont nombreux les exemples de ces femmes (plus touchées par le chômage), qui perdent leur emploi ou qui n'en retrouvent pas après une grossesse. Par exemple, quelqu'un avec un BTS commerce/gestion, qui a enchaîné des petits CDD, pendant des années. Que se passe-t-il lorsque le dernier contrat à durée déterminée ne se renouvelle pas ? On va lui proposer, à Pôle Emploi, des jobs ne correspondant pas vraiment à sa formation initiale : par exemple, dans la grande distribution, pour mettre en rayon, pour le SMIC et souvent, même pas à temps plein, ou à 80% pour faire le ménage en service hospitalier, à 20km de chez elle...
Il y a des chances pour que la personne, si en plus, elle est mère de famille et pieds et poings liés par un prêt immobilier à rembourser, réfléchisse à deux fois avant d'accepter un boulot mal payé, avec des horaires variables et décalés, qui va l'obliger à engager une nounou pour ses enfants et lui occasionner des frais de transports. Il lui sera en effet plus "rentable" de "profiter" du chômage, voir du RSA, si elle en est bénéficiaire.
C'est finalement quelque chose qui pend au nez de tous ceux qui n'ont pas la chance d'être fonctionnaire...Privilège des privilèges, je sais...
Mais ce n'est sans doute pas les aides sociales qu'il faut remettre en cause dans ces cas nombreux, car vivre avec quelques centaines d'Euros par mois est loin d'être satisfaisant. C'est bien le manque d'emploi et la rémunération sous-évaluée du travail qui posent problème. La balle est dans le camps des patrons...
Il y a de quoi avoir le blues.
CC
12 mars 2012
9 mars 2012
Personne n'en parle
![]() |
| Il y a des choses à dire, pourtant... |
Pourtant, en 2007, la participation avait été bonne et les gens s'étaient mobilisés autour des candidats, que ce soit en bien ou en mal. C'était toujours avec passion.
En cinq ans, Sarkozy a réussi à dégoûter beaucoup de monde. Voilà au moins une chose qu'il a faite. Il a maltraité la république. Il a été au cœur de plusieurs scandales. Et pourtant, personne n'en parle.
Sarkozy est passé dans de nombreuses émissions de grandes écoutes, interrogé à chaque fois par la crème des journalistes et pas un ne lui a parlé de Karachi ou de Woerth/Bettancourt. C'est surprenant, non ?
Il me semble pourtant que c'est au cœur de ce désenchantement, ces affaires qui mêlent gros sous, magouilles, malversations. Comment les Français (et les autres...) pourraient encore croire que la politique peut changer leur vie quand on constate à quel point les politiques veulent en premier changer la leur ?
On préfère parler du halal, première préoccupation des Français...
Silence radio. Ne réveillons pas l'eau qui dort. Pas de vague.
CC

Libellé(s):
FH2012,
politique,
présidentielle,
Sarkozy,
société
7 mars 2012
Deux camps, deux méthodes
Hier soir, j'étais à l'hôtel et pour ne pas trop importuner la personne qui m'accompagne, je n'ai pas suivi avec assiduité l'émission avec Sarkozy. Je n'en ai vu qu'un peu de la fin, lorsque Fabius est arrivé.
Ce qui m'a frappé, ce n'est pas tant le fond que la forme. Et comme je suis professeur de lettres, je sais que les deux sont intimement liés et indissociables.
Donc, juste avant l'arrivée de Fabius, il y avait eu un monologue à peine entrecoupé de quelques questions gentilles de journalistes qui se trompaient.
Le flot de parole du candidat n'est pas fait d'affirmations. Ses phrases sont presque exclusivement des questions.
L'émission Là-bas si jy suis a compté, le matin où le candidat-président a fait la matinale de France Inter : 61 questions durant 29 minutes.
C'est ce qu'on appelle des questions rhétoriques : c'est un procédé d'argumentation sophiste qui consiste à donner l'impression d'impliquer son interlocuteur, de l'interpeler sans pour autant lui donner l'occasion de répondre et même en lui suggérant très fortement la seule réponse possible.
Par exemple :
"Est-ce que vous croyez que la gauche aurait mieux résisté à la crise ?".
Comme la gauche n'a pas eu la possibilité de faire ses preuves à ce sujet, il est impossible de répondre de façon rationnelle. Mais il est évident que Sarkozy, en posant la question, sous-entend que la gauche n'aurait pas réussi.
Le résultat de cette technique oratoire, c'est un ton enlevé, un discours qui semble plein de bon sens mais qui est en fait vide de toute idée, de tout raisonnement construit.
Quand Fabius est entré sur le plateau, il a commencé à parler en faisant des phrases complètes, en bâtissant un raisonnement. Certains l'ont trouvé mauvais. Le contraste était tel qu'il ne pouvait pas tirer son épingle du jeu. Mais il est le seul à avoir dit des choses intelligentes et intelligibles hier soir.
Comme si les deux politiques ne s'adressaient pas au même public.
Pour le fond, je vous invite à lire quelques collègues :
- Bembelly qui explique le quotient familial, que Sarkozy n'a pas compris.
- Romain et Nicolas, qui n'ont vu que la fin de l'émission, comme moi.
- Marco qui illustre son billet fort à propos !
- Stef, qui analyse la stratégie de l'UMP.
- Yann qui compare Sarkozy à un charmeur de serpent.
CC
Ce qui m'a frappé, ce n'est pas tant le fond que la forme. Et comme je suis professeur de lettres, je sais que les deux sont intimement liés et indissociables.
Donc, juste avant l'arrivée de Fabius, il y avait eu un monologue à peine entrecoupé de quelques questions gentilles de journalistes qui se trompaient.
Le flot de parole du candidat n'est pas fait d'affirmations. Ses phrases sont presque exclusivement des questions.
L'émission Là-bas si jy suis a compté, le matin où le candidat-président a fait la matinale de France Inter : 61 questions durant 29 minutes.
C'est ce qu'on appelle des questions rhétoriques : c'est un procédé d'argumentation sophiste qui consiste à donner l'impression d'impliquer son interlocuteur, de l'interpeler sans pour autant lui donner l'occasion de répondre et même en lui suggérant très fortement la seule réponse possible.
Par exemple :
"Est-ce que vous croyez que la gauche aurait mieux résisté à la crise ?".
Comme la gauche n'a pas eu la possibilité de faire ses preuves à ce sujet, il est impossible de répondre de façon rationnelle. Mais il est évident que Sarkozy, en posant la question, sous-entend que la gauche n'aurait pas réussi.
Le résultat de cette technique oratoire, c'est un ton enlevé, un discours qui semble plein de bon sens mais qui est en fait vide de toute idée, de tout raisonnement construit.
Quand Fabius est entré sur le plateau, il a commencé à parler en faisant des phrases complètes, en bâtissant un raisonnement. Certains l'ont trouvé mauvais. Le contraste était tel qu'il ne pouvait pas tirer son épingle du jeu. Mais il est le seul à avoir dit des choses intelligentes et intelligibles hier soir.
Comme si les deux politiques ne s'adressaient pas au même public.
Pour le fond, je vous invite à lire quelques collègues :
- Bembelly qui explique le quotient familial, que Sarkozy n'a pas compris.
- Romain et Nicolas, qui n'ont vu que la fin de l'émission, comme moi.
- Marco qui illustre son billet fort à propos !
- Stef, qui analyse la stratégie de l'UMP.
- Yann qui compare Sarkozy à un charmeur de serpent.
CC

Libellé(s):
FH2012,
François Hollande,
présidentielle,
Sarkozy
5 mars 2012
La peau des ours UMP
Attention de ne pas les vendre trop tôt, ces peaux mitées !
Je lis beaucoup de confrères déjà victorieux. Je suis prudente de nature.
N'oublions pas que Sarkozy s'adresse à son public : les gens établis dans la vie, les retraités. Ceux qui vont voter. Et même si le discours de Hollande interpelle les jeunes, n'oublions pas qu'il y a beaucoup d'abstentionnistes dans ces rangs...
Ne soyons pas défaitistes, mais cherchons à convaincre : il faut aller voter, c'est important.
Rien n'est gagné à l'avance. Jamais...
CC
Je lis beaucoup de confrères déjà victorieux. Je suis prudente de nature.
N'oublions pas que Sarkozy s'adresse à son public : les gens établis dans la vie, les retraités. Ceux qui vont voter. Et même si le discours de Hollande interpelle les jeunes, n'oublions pas qu'il y a beaucoup d'abstentionnistes dans ces rangs...
Ne soyons pas défaitistes, mais cherchons à convaincre : il faut aller voter, c'est important.
Rien n'est gagné à l'avance. Jamais...
CC

3 mars 2012
Sarkothon : 40 hectares pour le président
Il n'est pas aux 35h et il travaille beaucoup. Mais en plus de cette grande injustice, il n'a même pas 40 hectares, le pôvre.
Peut-on décemment rester là, sans rien faire ? Peut-on se permettre d'avoir un président qui n'a même pas 40 hectares ? Ok ! Ok ! Ok !
On ne sait pas bien ce qu'il en ferait de ses 40 hectares ? Est-ce qu'il les bêcherait ? Est-ce qu'il les planterait ? Est-ce qu'il les arroserait ? On ne peut pas imaginer qu'il les cultiverait. La culture, ce n'est pas son fort.
Il faut faire un Sarkothon. Donnons-lui 40 hectares et qu'on en parle plus. En échange, on donnera son salaire au couple d'agriculteurs qu'il a agressé.
Au bout de 5 ans, ce président continue de m'étonner, de me désoler.
CC
Peut-on décemment rester là, sans rien faire ? Peut-on se permettre d'avoir un président qui n'a même pas 40 hectares ? Ok ! Ok ! Ok !
On ne sait pas bien ce qu'il en ferait de ses 40 hectares ? Est-ce qu'il les bêcherait ? Est-ce qu'il les planterait ? Est-ce qu'il les arroserait ? On ne peut pas imaginer qu'il les cultiverait. La culture, ce n'est pas son fort.
Il faut faire un Sarkothon. Donnons-lui 40 hectares et qu'on en parle plus. En échange, on donnera son salaire au couple d'agriculteurs qu'il a agressé.
Au bout de 5 ans, ce président continue de m'étonner, de me désoler.
CC

1 mars 2012
Deux hommes, deux méthodes
Ce soir, François Hollande était à Lyon. Il a fait un meeting.
Ce soir, Nicolas Sarkozy était à Bayonne. Il a fait face à une manifestation, à l'abri de plein de CRS. Il s'est "réfugié" dans un bistro où il avait pris rendez-vous. Aïe, ça fait mal !
Rien à voir.
Aux dernières nouvelles, donc, on est absolument certains que François Hollande n'était pas à Bayonne. D'ailleurs, il n'est pas indépendantiste basque.
A Lyon, François Hollande a parlé d'une France réconciliée.
A Bayonne, Nicolas Sarkozy a accusé François Hollande d'échauffer les esprits.
Rien à voir.
Mais Sarkozy n'est pas à une contradiction près. Ce matin, par exemple, il a dit qu'il voulait moins de pauvres. Il n'a pas réussi en 5 ans : il y a beaucoup plus de pauvres qu'avant son mandat. Il a dit aussi qu'il se méfiait de ceux qui aiment trop l'argent. Sarkozy se méfie donc de ses amis qui lui prêtent des yachts. Pas sympa ! Il a dit que l'argent n'était pas un but dans la vie. Mais il a estimé aussi que c'était une raison suffisante pour quitter son pays.
Ce type raconte n'importe quoi.
CC

Libellé(s):
FH2012,
François Hollande,
présidentielle,
Sarkozy
La relance par le bâtiment
Sarkozy a encore causé dans le poste, ce matin. Il a été interrogé un peu plus rudement que sur RTL, sur France Inter, avec quelques auditeurs qui ont su poser des questions intéressantes.
Par exemple, on lui a demandé s'il trouvait logique de prôner aujourd'hui et pour les 5 ans à venir l'aide aux élèves en difficulté, notamment à l'école primaire, alors qu'il a passé 5 ans à détruire les RASED. C'est une bonne question. Les RASED étaient les réseaux mis à disposition des écoles pour aider les élèves en difficultés.
Sarkozy a été plutôt confus, il a cherché à expliquer qu'on pouvait embaucher moins de profs et les faire travailler (beaucoup) plus, pour obtenir de meilleurs résultats.
Rappelons qu'1 enseignant sur 7 est déjà en situation d'épuisement professionnel, selon des statistiques récentes. Travailler plus pour se suicider plus ? Beau programme.
Il a même finalement reconnu que le métier de professeur ne fait pas rêver. Et puis, difficilement, en bafouillant, il est revenu sur la règle du non remplacement d'un départ sur deux pour l'école maternelle et primaire. Il n'a pas oublié, cette fois-ci. Sarkozy est mauvais, sur l'éducation. Même ses amis s'en aperçoivent.
Enfin, il a promis plus de bureaux dans les établissements, pour qu'on puisse accueillir les élèves en difficultés et leurs parents. Là, c'est un beau pari : les établissements son souvent plein à craquer et sans pousser les murs, il sera difficile d'installer des bureaux. A moins qu'il ne parle non pas des pièces mais des meubles. Dans ce cas, on pourrait en mettre dans les toilettes. Cela devrait passer.
Sinon, cela relancera toujours le bâtiment ! Et pour les établissements de centre ville ? On délocalisera ?
CC

Inscription à :
Articles (Atom)




