31 octobre 2010

Des manifs, des retraites, Ben Laden et moi

Des bombes pour disperser les manifestants ?
C'est étrange, mais j'ai assez peu d'espoir de voir Ben Laden dans ma petite ville de province qui a pourtant réuni 5000 ou 6000 personnes à chacune des manifestations pour le maintien du système des retraites.

Oui, le "maintien du système des retraites". Pas la retraite à 60 ans, pas la retraite à 65 ans, non, le maintien du système par répartition.

Les syndicats, je trouve toujours qu'ils expliquent mal les choses. Quand ils parlent à la télé, ils n'expliquent jamais vraiment le fond du problème.

Car en fait, vous l'avez lu, sans doute, quelque part : le projet du gouvernement ne règle le problème que pour un temps très limité. Alors bientôt, bien sûr, ce ne sera pas jusqu'à 67 ans qu'il faudra turbiner sans relâche. Ce sera encore plus long.

A moins que...

A moins qu'on change de système : ce sera une évidence, alors, il suffira de communiquer un peu là-dessus. Le système ne tient plus, il ne marche plus.

Ce sera alors du pain béni pour les assureurs privés. Comme par exemple, le frangin de qui vous savez.

Avec ce premier assaut victorieux, la fabrique du consentement s'est mise en marche.

Les syndicats ont plié et ils essaient aujourd'hui de nous faire croire que l'important, c'était de participer.


Crédit image : Patrick Mignard

Oui, en effet : nous participons bien à l'immense plan de com' du gouvernement qui consiste à nous faire croire que ce qui est privé fonctionne toujours mieux.

Et c'est sans doute pour cela qu'on cherche à privatiser les bénéfices quand on nationalise toujours les pertes...

CC
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27 octobre 2010

Définitivement ?

La réforme des retraites a été votée définitivement à l'Assemblée.

C'est le message officiel relayé par tous les médias.

Définitivement. Voilà quelque chose qui semble éternel, gravé dans le marbre, pour toujours.

Définitif, quoi. Irrémédiable. Quelque chose sur lequel on ne pourra pas revenir.

Espérons que l'usage de ce mot sera aussi absurde que celui de réforme : normalement, une réforme, c'est un changement dans le but d'une amélioration. Il faudrait être fou pour penser que bosser jusqu'à 67 ans constitue une amélioration.

Si les mots n'ont plus de sens, dans cet étrange mandat sarkozyste, alors faisons en sorte de rendre provisoire le texte définitif de réforme qui apporte une régression. Demain, il y a manif.

CC
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26 octobre 2010

Un examen d'entrée en 6ème

C'est Jean-François Copé qui a eu cette idée géniale.

C'est vrai ça. C'est une idée géniale. A 10 ans, on ferait passer un petit examen aux élèves. S'ils réussissent, ils passent en 6ème.

C'est génial, hein ?

Oui...mais...s'il ne réussissent pas ?

On les fait redoubler ? Ah mais non : le redoublement, ça coûte cher et c'est inefficace, tous les spécialistes le disent.

Cet homme vient du passé, en fait !
Bon, alors, qu'est-ce qu'on en fait ? On fait un collège différent pour eux ? Comme avant 1975. Fini le collège unique. Pourquoi pas ? Mais là encore, ça risque de coûter bonbon. Ce qui coûte cher est mauvais : c'est la crise et c'est la rigueur qui est de rigueur.

Alors ?

On les envoie bosser, comme en Chine ? Ah oui ! ça c'est une solution : on serait enfin compétitif sur le marché mondial.

Non, sérieux...Et si c'était le petit Louis qui ratait son exam. Ou un petit Bettencourt, ou un petit Woerth ou tout autre enfant de riche voué à faire de grandes études quoi qu'il en coûte ? Ça la foutrait mal, quand même. Alors, qu'est-ce qu'on va faire ?

Et bien on va faire un petit exam bidon et on continuera comme avant.

Ah ! Ouf ! Rien ne va vraiment changer, alors !

CC
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25 octobre 2010

Il ne faut pas que la polémique casse la grève...


La polémique sur les casseurs qui pourraient être aussi, parfois, peut-être des policiers, fait rage.

A perdre la raison
Je prends des précautions, parce qu'un syndicat de police a porté plainte contre Mélenchon, (qui publie la même photo de Chambéry que moi...) aujourd'hui. Et je n'ai pas un parti de gauche pour payer d'éventuels frais d'avocat.

Il n'empêche que, comme le souligne Gaël, cette histoire n'a rien de très surprenant pour qui a l'habitude des manifestations.

Mais ce qui est le plus agaçant, dans tout ça, c'est qu'après 5 manifestations massives qui se sont déroulées dans le calme, on a désormais l'impression de ne retenir que ces débordements. Le coup médiatique est donc réussi.

N'oublions pas de parler des retraites. Cette loi est défendue par des types qui vont toujours au turbin à 70 balais avec le sourire. On ne vit pas dans le même monde.

La loi a été votée au sénat, rapidement, tout d'un bloc et sans plus de discussion et de débat qu'avec les syndicats.

Qu'y a t-il de si honteux et de si urgent pour qu'on veuille faire passer cette loi à toute allure ?

CC
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23 octobre 2010

Casseurs ? Casseurs de grève...

Après avoir lu ce billet de Guy Birenbaum, j'ai reçu dans ma boîte à lettre ce témoignage, de la part de quelqu'un en qui j'ai confiance. Je vous le livre, avec la photo.

Voilà photo à l'appui comment s'y prend la police pour provoquer des violences et dénaturer un mouvement.
Ci-dessous témoignage d'un vieux militant qui était présent à Chambéry
N'hésitez pas à dénoncer et faire circuler !!

Dans toute enquête criminelle on commence par se demander à qui profite le crime.

Brusquement à l'approche de la 6ième journée nationale d'action contre la réforme des retraites il y a des violences. Alors que lors des 5 précédentes, tout était calme.
Bernard Thibault appelle au "dialogue".Eric Woerth répond : "le temps du dialogue est terminé, il y a de la violence, il nous faut la combattre." [France Info, 19/10/2010, 19:00]Il faut faire un dessin ou tout le monde a compris ?
Chambéry 19/10/2010, 18h00 avenue De Boigne, des jeunes encagoulés jettent des pierres sur un cordon de robocops (CRS ou gendarmes mobiles). Ça dure un bon moment...

Puis trois des ces jeunes, l'instant d'avant les plus hardis à jeter des pierres, remontent un brassard orange sur leur manche droite, foncent sur l'un d'entre eux et l'immobilisent.

Remarquable coordination car immédiatement surgissent une dizaine de robocops qui protègent le groupe.
Et devant les commerçants médusés on voit trois jeunes encagoulés embarquer un de leurs potes sous la protection des robocops.
Sur la photo jointe, un de ces "brassards oranges", sweat à cagoule gris et bandeau noir, APRÈS l'interpellation ci-dessus racontée.



(Petite parenthèse : Je me trouvais là pour montrer à un petit jeune comment les choses se passent. En gros j'étais un peu dans le rôle du vieux mustang qui montre à un jeune poulain quelle herbe ne pas brouter. Avec un peu d'expérience et les policiers étant si prévisibles, je savais où me mettre pour montrer, en toute sécurité, la fameuse scène à mon jeune protégé. Merci aux policiers d'avoir été fidèles au rendez-vous. Sans quoi la leçon n'aurait pas été complète.)

En tous cas, je vous le dis, ces "casseurs", ils tombent chaque fois rudement bien pour arranger les affaires d'un gouvernement désapprouvé par 71% des Français sur ce projet des retraites, mais certainement approuvé par une majorité pour "maintenir l'ordre". 

NB : Pour sembler "maintenir l'ordre" et rassurer les citoyens, encore faut-il qu'il y ait désordre ... non ? ... 
Pour info :

Ce témoignage de Chambéry parvenu aujourd'hui 20 octobre tend à prouver que les casseurs (ou du moins leurs "managers" cagoulés sur le terrain) seraient des flics provocateurs déguisés en jeunes révoltés, afin de nourrir, selon le tempo décidé par l'Elysée, la chronique sarkozyste des médias aux ordres.


CC

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21 octobre 2010

Jeunes et retraités ?

Nous, on est jeunes, jeunes et retraités ?



Non, je crois qu'en fait, le problème n'est pas là.

Je dis ça parce que pour les réacs de tous poils, c'est assez facile de dire : "Feignants de salauds de jeunes ! Ils n'ont même pas commencé de travailler que déjà ils veulent s'arrêter."

Le problème n'est pas là. 

Il faudrait plutôt dire : "Ils n'ont même pas commencé de travailler et ils ne savent pas du tout s'ils pourront commencer."

A mes élèves, souvent, je dis, comme tous les profs le disent un jour : "Travaillez en classe, travaillez pour vous, pour avoir un emploi, il faut des diplômes." Je sais bien que ce n'est pas tout à fait faux et que ce n'est pas tout à fait juste non plus. Ils le savent aussi : ils ont des grands frères, des grandes soeurs, de jeunes parents bardés d'IUT, de BTS, de licences, de BEP, de CAP, de Bac Pro en tous genres et au chômage, pourtant.

Ils n'ont pas la gueule de l'emploi et la gueule du marché de l'emploi, en ce moment, c'est pas la joie.

Et si les vieux ne se mettent pas rapidement à lâcher leur job, alors c'est encore moins demain la veille qu'ils pourront prouver qu'ils ne sont pas des feignants.

CC
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20 octobre 2010

Faut-il être populaire pour gouverner ?

C'est Nicolas qui me demande. 

Le plus simple, c'est de demander à Nicolas. L'autre Nicolas, celui qui nous gouverne...

"Au début de mon mandat, c'était important pour moi d'être populaire. Alors je l'étais. C'est pour ça que j'ai choisi Sardou, Johnny, tout ça, quoi et puis Carla...Mais maintenant, c'est moins important, alors c'est pour ça que je le suis moins." 

" Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur" (J.Cocteau)

 

Malgré tout, notons que ça doit avoir une certaine importance, puisque tout chef d'État tente d'être populaire. Au moins pour se faire élire. Et après, pour se faire réélire.

CC

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