Les choses sont assez simples, en politique. Il y a des propositions de loi et un débat parlementaire pour les faire passer (ou pas).
Les députés, puis les sénateurs sont les relais des citoyens pour que la démocratie fonctionne.
Les députés et les sénateurs sont élus dans les régions de France et vont souvent sur le terrain. Les députés pour entretenir leur électorat, serrer des paluches, inaugurer des pots de fleurs et des crèches de retraite ainsi que des maisons pour enfants. Les sénateurs, pour faire leur travail qui consiste à faire remonter les besoins et les demandes des maires de leur circonscription vers le pouvoir central.
Les maires sont donc importants. C'est pour cela qu'il faut les rassurer. Même en évoquant des choses étranges comme
"la liberté de conscience". Ce qui faut comprendre, par là, c'est qu'exactement comme lorsqu'un maire ne veut pas marier son pire ennemi avec son ex, par exemple, il délègue son pouvoir de premier magistrat à un adjoint.
C'est tout. Mais tout de même, cette idée, pour un magistrat de respecter la loi comme bon lui semble, avec l'aval du président de la République, cela me tracasse un peu.
Le sujet me touche trop pour que je ne me sente pas mal à l'aise avec cette idée (en même temps, ce serait tout aussi choquant si on évoquait la même clause de conscience pour les mariages mixtes ou arabes ou le mariage des pauvres à Neuilly...). "Pour les homosexuels, vous pouvez vous arranger avec la loi.", voilà l'idée qui ressort de cette phrase malheureuse. J'espère que Hollande aura l'occasion de s'en expliquer.
Du point de vue économique et social, on peut parfois être en désaccord avec Hollande et c'est normal. Mais du point de vue sociétal, lorsqu'il s'agit d'idées fortement ancrées à gauche et, qui plus est, ne coûtant pas un sou à l’État, on peut vraiment espérer mieux qu'un
débat malsain, des émeutes de rue et des
reculades...
CC