La laïcité, j'en parle toujours à mes élèves en début d'année. C'est dans le règlement intérieur du collège. Je leur demande s'ils savent ce que ça veut dire. Souvent, ils ne savent pas vraiment. Ils comprennent que c'est quelque chose qui permet de vivre en bonne entente, que cela tient du respect.
Ensuite, évidemment, on parle de religion. J'ai 90% d'élèves de "tendance musulmane", depuis les familles qui font le ramadan par tradition pour faire plaisir à leurs parents et faire la fête en famille, jusqu'aux familles très très pieuses.
Quand j'explique que la laïcité permet que chacun vive sa foi en toute liberté sans gêner la foi des autres, tous les enfants comprennent. Quand je dis que pour cela, il vaut mieux que chacun vive cela dans son coeur, car comme tout le monde n'est pas d'accord, pour éviter les tensions et les accrocs, tous les enfants comprennent.
Mais c'est surprenant, c'est quand je dis qu'on peut aussi ne pas croire en dieu que j'ai les regards les plus éberlués.
Bref. En 10 ans d'enseignement en milieu hostile, je n'ai eu qu'une seule fois un problème de laïcité...Peut-être parce que lorsqu'on explique les choses simplement, tout se passe bien.
Je vous raconte quand même, pour l’anecdote...C'était il y a quatre ans, déjà. J'avais distribué un texte d'Hésiode, issu de la Théogonie, à mes sixièmes. A la maison, il devait le lire et compléter un arbre généalogique des dieux grecs. Quand j'ai ramassé les devoirs, un élève était presque en larmes car il n'avait pas pu faire son travail : sa mère avait écrit en gros sur la page du cahier "Il n'y a qu'un seul Dieu, mon fils ne peut pas faire ses devoirs."
J'ai convoqué les parents. Ils n'ont même pas compris que la mythologie grecque n'avait pas grand chose à voir avec la religion. Et puis elle m'a dit : "Non, mais franchement, déjà que le prof de SVT parle de dinosaures et de l'homme qui descend du singe..."
Contre la bêtise, on ne peut rien. Mais la plupart du temps, les élèves ont une intelligence normale...
CC
10 septembre 2013
4 septembre 2013
Histoire...
C'est en jour de rentrée, ou presque, qu'on apprend que les programmes d'histoire de la classe de troisième sont considérablement allégés pour l'année qui vient.
Évidemment, puisqu'on considère que les professeurs ne travaillent pas pendant leurs vacances et qu'ils improvisent gaiement leurs cours quand ils sont devant les élèves, cela n'a pas d'importance.
Évidemment, l'intérêt de l'élève, dont on nous rebat les oreilles à longueur de débat sur les rythmes scolaires et dès qu'on parle d'éducation, passe un peu à la trappe : tant pis si les élèves de troisième n'ont pas fait le bon programme. Le jour du brevet, ils se débrouilleront.
En tout cas, aujourd'hui, notre président a illustré joliment le programme en question, en se rendant à Oradour-sur-Glane avec le président allemand. Ce lieu de massacres et d'horreur est aujourd'hui un symbole de paix et de réunification. En même temps, à l'assemblée, on s'interrogeait sur le bienfondé d'aller faire une guerre ailleurs. Tout cela se bouscule et s'entrechoque. Notre monde est fou.
CC
Évidemment, puisqu'on considère que les professeurs ne travaillent pas pendant leurs vacances et qu'ils improvisent gaiement leurs cours quand ils sont devant les élèves, cela n'a pas d'importance.
Évidemment, l'intérêt de l'élève, dont on nous rebat les oreilles à longueur de débat sur les rythmes scolaires et dès qu'on parle d'éducation, passe un peu à la trappe : tant pis si les élèves de troisième n'ont pas fait le bon programme. Le jour du brevet, ils se débrouilleront.
En tout cas, aujourd'hui, notre président a illustré joliment le programme en question, en se rendant à Oradour-sur-Glane avec le président allemand. Ce lieu de massacres et d'horreur est aujourd'hui un symbole de paix et de réunification. En même temps, à l'assemblée, on s'interrogeait sur le bienfondé d'aller faire une guerre ailleurs. Tout cela se bouscule et s'entrechoque. Notre monde est fou.
CC

3 septembre 2013
Pensée positive d'un soir de rentrée
En ce soir de rentrée, après avoir passé une journée à distribuer tout un tas de papiers administratifs à des sixièmes assommés, je suis heureuse d'avoir mal aux pieds au point d'avoir la flemme de me relever pour aller chercher la télécommande. Cela me permet de regarder le journal de France2, ce que je n'avais pas fait depuis les années 90, environ.
Évidemment, on a eu droit au reportage sur les CP en pleurs, parce qu'un 3 septembre sans ces petites figures barbouillées de larmes ne serait pas un 3 septembre.
Mais, surprise, nous avons aussi eu droit à un joli reportage avec quelques personnalités qui racontaient leurs belles rencontres avec des enseignants. C'est étonnant, parce qu'en général, on a plutôt des discours assez peu flatteurs, sur les enseignants. On se souvient souvent des mauvais.
Là, ces personnalités expliquaient que ces maîtresses - souvent des femmes, en effet - leur avaient donné envie d'apprendre, de découvrir, de donner le meilleur d'eux-même. C'est toujours ce qu'on essaye de faire, quand on est enseignant. En tout cas, moi, c'est ce que j'essaie de faire. C'est pas simple, je ne dis pas que j'y parviens. Pas toujours, en tout cas.
Mais parfois, quelques années plus tard - cela fait maintenant 10 ans que je professe - on croise un ancien élève et il vous sourit. Parfois, il dit des choses touchantes, il évoque des souvenirs, avec nostalgie. Et cela, c'est ce qui nous permet de tenir.
CC
Évidemment, on a eu droit au reportage sur les CP en pleurs, parce qu'un 3 septembre sans ces petites figures barbouillées de larmes ne serait pas un 3 septembre.
Mais, surprise, nous avons aussi eu droit à un joli reportage avec quelques personnalités qui racontaient leurs belles rencontres avec des enseignants. C'est étonnant, parce qu'en général, on a plutôt des discours assez peu flatteurs, sur les enseignants. On se souvient souvent des mauvais.
Là, ces personnalités expliquaient que ces maîtresses - souvent des femmes, en effet - leur avaient donné envie d'apprendre, de découvrir, de donner le meilleur d'eux-même. C'est toujours ce qu'on essaye de faire, quand on est enseignant. En tout cas, moi, c'est ce que j'essaie de faire. C'est pas simple, je ne dis pas que j'y parviens. Pas toujours, en tout cas.
Mais parfois, quelques années plus tard - cela fait maintenant 10 ans que je professe - on croise un ancien élève et il vous sourit. Parfois, il dit des choses touchantes, il évoque des souvenirs, avec nostalgie. Et cela, c'est ce qui nous permet de tenir.
CC

Libellé(s):
éducation,
éducation nationale,
enseignement,
prof
1 septembre 2013
La vache, Syrie !
La Syrie est connue surtout pour son dictateur au très long cou, son savon d'Alep et le damas, ce tissu tissé de soie et de satin, qui n'a rien n'a voir, depuis le XIIe siècle, avec la capitale du pays. C'est aussi là-bas que les aventures de la Bible se situent, à quelques kilomètres près.
Je n'utilise pas de savon d'Alep et soudain, je me demande s'il n'y aurait pas autre chose digne de déclencher une guerre nucléaire dans ce pays aux trésors archéologiques ? Du pétrole ? Hum...Sûrement.
Obama joue à faire un pas en avant et un pas en arrière. Donc, il ne doit pas y avoir énormément de pétrole...(Mais je n'y connais rien.)
Et du coup, Hollande qui avait dit "Ok, let's go !" chante aujourd'hui : "Si tu avances quand je recule, comment veux-tu, comment veux-tu..."
Mais franchement, réfléchissons : sur nos 18 soldats vaillants, il y en a 15 au Mali. Je comprends donc qu'Obama n'ait pas envie d'y aller avec les trois qui restent en plus des siens qui ne sont pas morts en Irak : ça va être un peu juste.
Défendre les pauvres gens d'un autre pays, c'est bien, mais aller au casse-pipe délibérément, c'est juste un peu con. Attendons donc un peu, pour voir. On a bien le temps d'envoyer quelques casques bleus français, après coup, pour faire le ménage quand tout sera fini...
C'était mon avis à la con sur un sujet auquel je ne connais rien et sur lequel je n'ai pas d'avis - et en plus, je ne connais personne qui bosse dans l'armée.
CC
![]() |
| ça c'est à Abu Dhabi. C'est super loin de la Syrie. |
Obama joue à faire un pas en avant et un pas en arrière. Donc, il ne doit pas y avoir énormément de pétrole...(Mais je n'y connais rien.)
Et du coup, Hollande qui avait dit "Ok, let's go !" chante aujourd'hui : "Si tu avances quand je recule, comment veux-tu, comment veux-tu..."
Mais franchement, réfléchissons : sur nos 18 soldats vaillants, il y en a 15 au Mali. Je comprends donc qu'Obama n'ait pas envie d'y aller avec les trois qui restent en plus des siens qui ne sont pas morts en Irak : ça va être un peu juste.
Défendre les pauvres gens d'un autre pays, c'est bien, mais aller au casse-pipe délibérément, c'est juste un peu con. Attendons donc un peu, pour voir. On a bien le temps d'envoyer quelques casques bleus français, après coup, pour faire le ménage quand tout sera fini...
C'était mon avis à la con sur un sujet auquel je ne connais rien et sur lequel je n'ai pas d'avis - et en plus, je ne connais personne qui bosse dans l'armée.
CC

29 août 2013
Pré-rentrée
Demain, je rentre. Je pré-rentre.
Les vacances se terminent avec la conférence de presse de notre ministre, Peillon, qui dit de jolies choses, en générale. Mais le mail de mon académie annonçant la conférence de presse en direct à 10h du matin m'est parvenu à 15h35. Dans l'éducation nationale, il n'est pas rare qu'on ait un métro de retard. D'ailleurs, demain, je sais déjà que je n'aurai pas mon emploi du temps. Je l'aurai lundi, si tout se passe bien.
Sinon, il semble que d'énormes efforts soient faits cette année pour que la rentrée se passe bien, pour qu'il y ait du monde devant les élèves. On verra. On a tout le mois de septembre pour en juger.
J'aime bien quand Peillon dit que le collège "ce petit lycée" n'est pas adapté à tous les élèves. J'attends beaucoup d'innovation et d'imagination pour répondre à cette problématique.
Je ne sais pas si je suis vraiment prête pour cette rentrée. Je crois que j'angoisse plus que d'habitude, parce que l'année dernière s'est mal terminée, parce que je vais avoir beaucoup d'heures sup à faire cette année et que ces heures sont très lourdes.
Mais je sais aussi que je vais retrouver une équipe soudée, des collègues formidables. Et aussi quelques élèves adorables. Pas tous, mais quelques uns...
Courage...
CC
Les vacances se terminent avec la conférence de presse de notre ministre, Peillon, qui dit de jolies choses, en générale. Mais le mail de mon académie annonçant la conférence de presse en direct à 10h du matin m'est parvenu à 15h35. Dans l'éducation nationale, il n'est pas rare qu'on ait un métro de retard. D'ailleurs, demain, je sais déjà que je n'aurai pas mon emploi du temps. Je l'aurai lundi, si tout se passe bien.
Sinon, il semble que d'énormes efforts soient faits cette année pour que la rentrée se passe bien, pour qu'il y ait du monde devant les élèves. On verra. On a tout le mois de septembre pour en juger.
J'aime bien quand Peillon dit que le collège "ce petit lycée" n'est pas adapté à tous les élèves. J'attends beaucoup d'innovation et d'imagination pour répondre à cette problématique.
Je ne sais pas si je suis vraiment prête pour cette rentrée. Je crois que j'angoisse plus que d'habitude, parce que l'année dernière s'est mal terminée, parce que je vais avoir beaucoup d'heures sup à faire cette année et que ces heures sont très lourdes.
Mais je sais aussi que je vais retrouver une équipe soudée, des collègues formidables. Et aussi quelques élèves adorables. Pas tous, mais quelques uns...
Courage...
CC

28 août 2013
Ne pas battre en retraite
Je ne vois pas pourquoi je changerais d'avis sous prétexte que le gouvernement qui propose la réforme m'est plutôt sympathique.
Je ne me vois pas du tout à 69 ans devant des élèves.
Ce qui me tue, c'est qu'avec le précédent gouvernement, je ne me voyais déjà pas à 67 ans devant les élèves.
OrageOdésespoir, Ovieillesseennemie...
Et ce qui me tue, aussi, c'est que je me souviens d'avoir fait plusieurs manifestations contre cette aberration avec ceux qui me proposent pire. J'ai même des photos !
Alors, on peut me dire que c'est conforme aux idées du PS, mais permettez-moi d'en douter. En fait, je me souviens que ce qu'on se disait dans les cortèges, c'était : "Ils ont intérêt de s'en souvenir, de ces manifs, quand on les aura élus, les politiques qui viennent serrer des pinces, là..."
On n'était pas forcément dupes, mais quand on voit le sourire de notre cher ministre du budget, ce 2 octobre 2010 à Montbéliard, on avait un peu d'espoir. On se disait qu'il saurait faire preuve d'imagination pour trouver d'autres solutions. On se disait qu'il prendrait conscience, dans le Pays de Montbéliard où le chômage fait des ravages, que proposer aux gens de bosser plus longtemps, c'est absurde.
Espérons que la loi, telle qu'annoncée par Ayrault, soit revue et corrigée...
CC
Je ne me vois pas du tout à 69 ans devant des élèves.
Ce qui me tue, c'est qu'avec le précédent gouvernement, je ne me voyais déjà pas à 67 ans devant les élèves.
OrageOdésespoir, Ovieillesseennemie...
Et ce qui me tue, aussi, c'est que je me souviens d'avoir fait plusieurs manifestations contre cette aberration avec ceux qui me proposent pire. J'ai même des photos !
Alors, on peut me dire que c'est conforme aux idées du PS, mais permettez-moi d'en douter. En fait, je me souviens que ce qu'on se disait dans les cortèges, c'était : "Ils ont intérêt de s'en souvenir, de ces manifs, quand on les aura élus, les politiques qui viennent serrer des pinces, là..."
On n'était pas forcément dupes, mais quand on voit le sourire de notre cher ministre du budget, ce 2 octobre 2010 à Montbéliard, on avait un peu d'espoir. On se disait qu'il saurait faire preuve d'imagination pour trouver d'autres solutions. On se disait qu'il prendrait conscience, dans le Pays de Montbéliard où le chômage fait des ravages, que proposer aux gens de bosser plus longtemps, c'est absurde.
Espérons que la loi, telle qu'annoncée par Ayrault, soit revue et corrigée...
CC

27 août 2013
La politique, c'est violent
La politique, c'est violent. C'est souvent l'occasion de querelles de personnes et puis les élections ne sont pas du tout sur le mode de la petite partie de pétanque du dimanche après la sieste.
Il faut savoir affirmer ses idées et jouer des coudes pour faire sa place, même si on est en démocratie. Il faut surtout savoir mettre toutes les chances de son côté pour gagner.
Pour les municipales, par exemple, il va falloir se remettre dans la bataille. Hop ! La bataille. Encore un mot violent.
Lors des dernières municipales, la gauche a gagné beaucoup de villes. Localement, la gauche a toujours gagné, ces dernières années. Les bilans sont à défendre, mais il va falloir tenir compte du contexte global : maintenant que la gauche est à l’Élysée, les choses seront peut-être un peu moins faciles, parce qu'on a l'habitude de dire que les Français aiment l'alternance ou la cohabitation...
Mais ce sera peut-être difficile aussi parce que la gauche est unie, en général, sur le terrain, dans les villes et les villages : elle travaille avec les Verts et le PC pour être plus efficace. Dans ma ville, je n'ai pas à m'en plaindre, bien au contraire. C'est une majorité riche en idées et le travail est fait correctement. Si la gauche se désunit et que le Parti de Gauche continue de taper sur le PS, juste par esprit de contradiction, ce sera peut-être plus difficile.
Le PS a besoin d'avoir des partenaires constructifs à sa gauche, pas d'autres ennemis en plus de ceux qui font déjà foison à droite.
Je crois que le PC commence d'ailleurs à en avoir marre du FDG, non ? Et puis quel pourrait être, objectivement, l'intérêt pour le parti de Mélenchon de faire cavalier seul ? Sauf à se planter seul en provocant aussi le crash du reste de la gauche ?
CC
Il faut savoir affirmer ses idées et jouer des coudes pour faire sa place, même si on est en démocratie. Il faut surtout savoir mettre toutes les chances de son côté pour gagner.
Pour les municipales, par exemple, il va falloir se remettre dans la bataille. Hop ! La bataille. Encore un mot violent.
Lors des dernières municipales, la gauche a gagné beaucoup de villes. Localement, la gauche a toujours gagné, ces dernières années. Les bilans sont à défendre, mais il va falloir tenir compte du contexte global : maintenant que la gauche est à l’Élysée, les choses seront peut-être un peu moins faciles, parce qu'on a l'habitude de dire que les Français aiment l'alternance ou la cohabitation...
Mais ce sera peut-être difficile aussi parce que la gauche est unie, en général, sur le terrain, dans les villes et les villages : elle travaille avec les Verts et le PC pour être plus efficace. Dans ma ville, je n'ai pas à m'en plaindre, bien au contraire. C'est une majorité riche en idées et le travail est fait correctement. Si la gauche se désunit et que le Parti de Gauche continue de taper sur le PS, juste par esprit de contradiction, ce sera peut-être plus difficile.
Le PS a besoin d'avoir des partenaires constructifs à sa gauche, pas d'autres ennemis en plus de ceux qui font déjà foison à droite.
Je crois que le PC commence d'ailleurs à en avoir marre du FDG, non ? Et puis quel pourrait être, objectivement, l'intérêt pour le parti de Mélenchon de faire cavalier seul ? Sauf à se planter seul en provocant aussi le crash du reste de la gauche ?
CC

Libellé(s):
élections,
Front de Gauche,
gauche,
municipales,
politique
Inscription à :
Articles (Atom)






