11 septembre 2026

Chroniquons l’élection, épisode 6, week-end

Détendons-nous, c’est le week-end ! 

Enfin…se détendre, c’est facile à dire ! 

Vous avez vu : un des dirigeants d’Anthtopic, une des plus grosses entreprises travaillant sur l’IA, a démissionné en expliquant que l’intelligence artificielle pourrait bien faire disparaître l’humanité. 10% de probabilités, dans les 10 ans qui viennent.

Plusieurs spécialistes se succèdent depuis sur les plateaux télé pour confirmer cette information. Avec une marge d’erreur plus ou moins importante…

Ce n’est pas réjouissant. Ce n’est pas forcément surprenant. Si on considère que les étudiants en médecine actuellement sont en train d’apprendre leur cours avec Chat GPT, on peut avoir de sérieux doutes sur les progrès de la médecine dans les prochaines années. 

Bref. Week-end, on a dit. Alors je vous conseille un peu de lecture ! Savez-vous que dans mon dernier roman, Il n’YA rien, l’IA dirige le monde et que…l’humanité est bien en peine ? 

Les romanciers ont toujours un coup d’avance sur la réalité ! Alors relisons Asimov et…mes romans ! 

Toujours en vente aux Papiers Bavards et sur lulu.com/fr : dans la librairie, tapez mon nom, Céline Durupthy. 15% de réduction  jusqu’à ce soir minuit avec le code 

BOOKBIZ15






Rendez-vous sur Hellocoton !

10 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 5, économie


Je sors d’une longue journée de cours avec mes collégiens. 

J’ai deux quatrièmes dont une qui se nomme Victor Hugo. C'est un beau nom, pour une classe de 4e. 

Je commence donc l’année avec des textes de cet auteur que j’affectionne particulièrement, et qui me permet d’aborder des thèmes centraux de l’année de quatrième avec mes élèves, notamment "Vivre en société, confrontation de valeurs..." Ce sont les termes exacts du programme officiel.

Cet après-midi, nous avons étudié le texte "Melancholia", issu des Contemplations

Vous l’avez sans doute étudié vous aussi quand vous étiez au collège : 

"Mais où vont tous ses enfants n’ont pas un seul ne rit..." 

C’est un texte qui s’indigne du travail des enfants. Ce fléau, en France, n’existe plus. Mes élèves en sont loin et ils ne comprennent pas toujours, mais je leur fais découvrir que cela existe encore ailleurs dans le monde et puis à travers les mots puissant de Victor Hugo, ils comprennent bien plus, souvent. 

Pour préparer cette chronique, j’ai coutume de jeter un œil ou une des grands journaux et en ouvrant Le Monde, ce soir, je lis que la France est en plein décrochage et que cette fois-ci, l’économie française perd de sa résilience. Ce n'est pas une surprise : c’est un constat que nous faisons tous. Tout augmente hormis les salaires, nous nous appauvrissons, le chômage augmente, et pour de trop nombreux français, plus de 10 millions c'est une vie en-dessous du seuil de pauvreté qui s'impose, malgré souvent, un travail, voir plusieurs.

Depuis que je suis née, à vrai dire, j'entends parler de la crise. C’est une situation qui ne fait qu'empirer 'et les politiques qui ont été menée depuis des années n’ont fait qu’aggraver les choses. 

Malgré cela, une chose me frappe : alors que on se plaint d’une économie en berne, les plus riches, eux continuent de s’engraisser

C’est alors que je relis ce poème, mais Melancholia de Victor Hugo, et que je repense, aux remarques nombreuses, nourries, intelligentes de mes élèves à propos de ce vers :  

"Le travail (…)  

Qui produit la richesse en créant la misère..."

 

Les Contemplations (1856) – Livre III – Melancholia (extrait) – Victor HUGO

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?

Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?

Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?

Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;

Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement

Dans la même prison le même mouvement.

Accroupis sous les dents d'une machine sombre,

Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,

Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,

Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.

Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.

Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.

Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.

Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !

Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,

« Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »

Ô servitude infâme imposée à l'enfant !

Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant

Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,

La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,

Et qui ferait — c'est là son fruit le plus certain —

D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !

Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,

Qui produit la richesse en créant la misère,

Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !

Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? »

Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,

Une âme à la machine et la retire à l'homme !

Que ce travail, haï des mères, soit maudit !

Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,

Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !

Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,

Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux,

Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

9 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 4. Budget


 J'ai surtout appris des choses sur la vanité humaine, en faisant une peu de politique, toute locale qu'elle fut. Mais j'ai aussi retenu quelques grandes idées nécessaires à comprendre le fonctionnement démocratique. 

Par exemple, on comprend très vite, que pour une collectivité, l'acte politique le plus important, c'est le vote du budget. C'est ce qui rend concrètes les idées qu'on défend. On ne fait pas de politique avant cela : quand on fait campagne, on promet, on philosophe, on idéalise. Quand on parle devant des électeurs, on enrobe, on enjolive, on vend. Quand on est en conseil ou en assemblée - municipal, communautaire, départemental, régional, national...- on argumente, on concède, on transige, on assure le service après vente. 

Mais quand on fait le budget et qu'on le vote, là, on fait acte politique. Pas besoin d'être un expert des finances, même pas besoin d'être super bon en maths, en vérité. L'important, c'est de voir les masses, les grands choix, les principaux changements dans deux domaines : 

- Où prend-on l'argent ?

- Où le redistribue-t-on ? 

Par exemple, il n'est nul besoin, en assemblée, en meeting, en campagne...de promettre et de disserter, de jurer ses grands dieux qu'on est pour l'environnement, pour l'écologie, pour le parti des fleurs et des abeilles, si dans le budget, après 4 mois de canicule, on sabre le budget alloué aux rénovations énergétique des écoles en passant de 50 millions à 10 millions. Au passage, c'était déjà pas beaucoup et c'est vraiment ridicule. Mais cela dénote de la vraie motivation du gouvernement pour baisser les émissions de gaz à effet de serre, et à apporter du confort aux écoliers. C'est encore sur les écoles que ça tombe, en plus (voir ma chronique d'hier). 

En ce moment, vous avez remarqué, Lecornu, notre brave premier ministre s'agite fort pour boucler un budget rapidement, histoire que le dernier du mandat de Macron passe avant la fin de son règne. 

Il va donner le "la" de l'année qui vient et le nouveau président sera de toute façon entravé par ce budget pendant les premiers mois de son mandat. C'est donc capital pour Lecornu de le passer très vite. Plus vite que l'année dernière !

Pour le reste, les candidats ne rentrent pas tellement dans les considérations financières durant les campagnes électorales : retenons toutefois que Mélenchon veut "effacer la dette", ce qui semble assez illusoire ou du moins, ce qui remettrait en cause le système complet de financement de la France et qui perturberait sa place dans l'économie mondiale. Les candidats de gauche sont plutôt tous favorable à la taxe Zucman, qui souhaite taxer les fortunes de plus de 100 millions à hauteur de 2% par an. Si vous êtes concernés par cette taxe, chers lecteurs, faites-moi signe pour un resto !

Et à droite, à commencer par le camp de l'actuel président, on promet qu'on va baisser les impôts des grandes entreprises. 

Des choix éminemment politiques, par conséquent. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

8 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 3. Education


 L'actu du jour, c'est le classement PISA. Et tous les candidats à l'élection se bousculent au portillon pour commenter ce désastre. C'est la tirade des faux-nez...

Les fayots du président, ministre de l'éducation en tête, jouent l'étonnement : "Qui aurait pu prévoir ? C'est la faute au COVID et aux réseaux sociaux..."

Je ne précise pas le nom du ministre, il y en a eu 7 depuis 9 ans. On n'a plus le temps de les connaître. 

Pédant : à droite, forçons toujours plus le trait réactionnaire. "Faisons des études, des devoirs sur table, des dictées, bon sang, c'était mieux avant..."

Et ceux, main sur le front, Sarah Bernard d'opérettes, dramatique "Triple défaite de la France !", "Décrochage de notre pays !"

A gauche, on dit qu'il faut plus de moyens, que tout n'est pas perdu et que ça ira mieux demain. Et ça rejoint les promesses de Gascon faites il y a quelques jours pour augmenter les professeurs, pour diminuer le nombre d'élèves dans les classes, pour attribuer plus de moyens à l'éducation. 

C'est fou, quand même. Parce que ces candidats se sont succédé depuis des années au pouvoir. Ils ont progressivement opéré le démantèlement du service public, ils ont réduit les postes d'enseignants, ils ont sous payés, ils ont mal formé, ils ont augmenté les missions sans jamais revoir les salaires, ils ont compressé le temps et demandé toujours plus. Aujourd'hui, on forme les élèves à PIX, à l'ASSR, aux premiers secours, à la santé, à la vie affective, à la sexualité, on leur apprend à devenir spectateurs, à connaître les ODD...Avec le même temps qu'avant, avec des élèves qui ont des PAI, PAP et PPS à n'en plus finir. En français, quand j'ai commencé ma carrière, il y a maintenant plus de 20 ans, j'avais 6 ou 7 heures de cours avec mes 6e. Aujourd'hui, j'ai 4h30. Et on voudrait qu'ils sachent lire...

Le problème, avec le dossier éducation, dans l'élection présidentielle, c'est que tout le monde se prétend expert sans rien n'y connaître vraiment. Et puis surtout ça ne paye pas vraiment électoralement : une bonne partie de la population n'est pas concernée. Notamment les vieux qui votent le plus n'ont pas mis les pieds dans une école depuis bien longtemps. Même s'ils ont des petits-enfants, en vérité, ils se contentent souvent de rabâcher que ce n'était pas comme ça, de leur temps et qu'il fallait faire moins de 5 fautes dans une dictée pour avoir le certificat d'étude. Et franchement, ça répond assez mal aux problématiques actuelles. 

Mais ce manque d'intérêt électoral pèse fort sur l'éducation : une véritable volonté politique est complétement absente. La succession sans fin des ministres, ces dernières années, le montre bien. En plus, les oligarques qui nous dirigent mettent leurs enfants dans le privé n'ont aucun scrupule à continuer la démolition d'un véritable service public. 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

7 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 2. La Gauche


Hier, je m'effrayais de la montée de l'extrême droite, un peu partout. Aujourd'hui, aux infos, à chaque fois que j'ai entendu parler du land de Saxe Anhalt, prononcé par des journalistes qui avaient probablement fait espagnol deuxième langue, j'ai eu l'impression que les Allemands s'étaient fait entuber. Pour rester polie. 

La montée du RN en France en 2027, nous aussi, nous pourrions bien la sentir passer. 

C'est peut-être un peu leste de ma part, d'aborder le sujet comme ça. Mais pourtant, on devrait s'en préoccuper au moins pour deux raisons : déjà, si beaucoup de gens veulent voter pour ces partis, ici ou ailleurs, c'est parce qu'ils parlent des sujets qui fâchent, aux fâchés. Ceux qui s'abstenaient, il y a encore quelques années. 

N'empêche qu'il y a beaucoup de motifs pour être fâchés : des prix qui augmentent, des salaires qui font l'inverse, des services publics qui dysfonctionnent, qui diminuent et qui finissent par disparaître. 

La deuxième raison, c'est que les autres sont nuls. 

Le saviez-vous ? Il y a pour l'instant 16 candidats à gauche. Ils sont trop pour faire un tournois de basket...Ce matin, c'est Roussel qui se déclarait pour le Parti Communiste. Est-ce vraiment nécessaire ? Le pire, c'est qu'à eux tous, si on fait trois équipes de basket, et qu'on met Mélenchon comme arbitre, ils sont à peine capables d'atteindre les 10 %. 

Mélenchon est à 15% à lui tout seul.  

Il serait temps de faire un peu de stratégie. Les derniers scrutins nationaux ont montré la faiblesse de tous ces courants de gauche complétement illisibles. On a déjà éprouvé la mollesse de Hollande, l'inexistence de Faure, l'étrangeté de Royal, la fatuité de Glucksmann,  on ne sait même pas qui est Karim Bouamrane...

A côté de ça, peu importe si c'est Le Pen ou Bardella, les électeurs voteront les yeux fermés pour ce changement qui n'en est pas un, mais qui en a l'apparence. N'oublions pas que la politique est souvent un jeu d'apparences.

Dans les prochaines chroniques, on aura sans doute l'occasion de parler de la droite traditionnelle. Ils ont déjà la sagesse de ne présenter que 3 ou 4 candidats pour l'instant et ils parviendront sans doute à réduire encore ça d'ici avril prochain...Mais leurs valeurs sont tellement proches de celles du RN que ce n'est pas forcément plus réjouissant...C'est un autre sujet !

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

6 septembre 2026

Chroniquons l'élection, épisode 1. Extrême droite


Chroniquons l'élection présidentielle.

Imaginez : vous êtes plutôt démocrate, plutôt de gauche, même, voire de centre gauche ou de droite modérée, à la rigueur. 

Vous avez fait une pause estivale et vous n'avez pas regardé les infos depuis longtemps. 

Vous reprenez aujourd'hui, en vous disant qu'un petit dimanche, début septembre, ça pourrait être sympa...

Et ben...c'est loupé !

Au niveau international : l'Allemagne vote pour mettre un dirigeant d'extrême droite au pouvoir dans une région de l'ex-RDA...Mémoire courte. Un vrai, en plus, pas un rigolo. Fan de Trump et de Poutine, complétement décomplexé, anti-migrants notoire, contre l'audiovisuel public...Bref, de la vraie graine de dictateur, qui déclare sereinement qu'il fera la loi dans son land, au mépris des directives nationales et européennes. Depuis 1945, c'est la première fois qu'un facho arrive au pouvoir en Allemagne. 

Il y a quelques années, quand on en arrivait à parler d'Hitler dans une conversation politique, on sortait le carton rouge, on criait "Point Godwin" et on essayait de retrouver la raison. Oui, mais là...On est quand même un peu obligé de penser à Hitler, non ?

 Au niveau national ? c'est ce sondage qui donne Marine Le Pen gagnante de l'élection présidentielle, quoi qu'il arrive, au premier tour et au deuxième, quelque soit le candidat en face d'elle. 

Nous somme évidemment beaucoup trop loin de l'élection pour prendre ce genre de pronostics au sérieux.

Pourtant, il faut savoir être réaliste. Quand on parle un peu aux gens, on se rend bien compte qu'il est loin le temps où l'on diabolisait la famille Le Pen et l'extrême droite. 

On peut mettre ça sur la mémoire courte des êtres humains. Aussi bien en Allemagne qu'en France...

Et si on regarde au niveau local ? Pour se rassurer ? Eh ben, c'est encore loupé. Cette nuit à Pont-de-Roide, le fort des Roches a été vandalisé à coup de tag néonazis, antisémites et racistes. Symptôme des deux premières infos ou conséquences ? ou vice versa ? 

Je ne sais pas si on va chroniquer longtemps cette élection présidentielle : tout ça donne envie de retourner faire une longue pause médiatique....Mais la peur n'évite pas le danger... 

Rendez-vous sur Hellocoton !

23 mars 2026

Lionel s'est retiré définitivement


 Lionel Jospin disparaît aujourd'hui. C'est une grande émotion pour moi et je pense à sa famille, à ses proches. 

Il fait partie des figures politiques importantes de notre pays, pas seulement par les postes qu'il a occupés durant sa carrière : aussi parce qu'il est resté, même après 2002 une figure intellectuelle qui compte, une parole qui apportait du sens, une référence, même durant ces toutes dernières années. Il faisait partie de ces hommes qui ne vieillissent pas parce qu'il garde toujours une fraîcheur d'esprit et un regard neuf sur les choses.

C'est pour la campagne de 2002, précisément celle de Lionel Jospin, que j'ai mis des tracts dans des boîtes aux lettres pour la première fois de ma vie. 

 Mon père qui n'était pourtant pas encarté au PS et ne se laissait pas réduire à un parti, admirait Lionel Jospin, et avait accepté de faire sa campagne. Et je comprends aujourd'hui pour quelles raisons. 

Cet ancien premier ministre était intelligent. Brillant intellectuellement. Et il avait été capable, surtout, de faire l'union, pour former un gouvernement réunissant les différents courants de la gauche et de l'écologie. 

Il avait été capable de faire progresser la société : il a porté de vraies idées de gauche, sans tabou, avec force et conviction. Les 35h, la CMU, le PACS...Ce sont des choix concrets qui ont permis à notre société d'avancer. Ce n'était pas une évidence, au début des années 2000. Il a su concilier les exigences d'un monde en mutation, économiquement et idéologiquement pour faire avancer des idées qui sont de véritables avancées sociales. 

Évidemment, le coup de tonnerre de l'élection présidentielle de 2002 est une blessure. Un bouleversement durable de la vie politique française. J'ai manifesté, entre les deux tours, contre le FN, je n'ai pas compris, comme beaucoup, que les temps avaient définitivement changé, que le 11 septembre 2001 avait refermé la parenthèse d'après-guerre, et que la sécurité deviendrait le thème central de la période suivante, dans laquelle nous sommes toujours. 

Et surtout que la gauche avait perdu l’électorat populaire.

Lionel Jospin l'a compris instantanément, bien plus rapidement que n'importe quel commentateur de la vie politique. Il s'est retiré, parce qu'il l'a compris : l'époque n'était plus aux avancées sociétales. Les urgences économiques et sécuritaires ont pris le pas.

 Il l'a compris plus vite que tous les autres, bien plus vite que tous les dirigeants du PS actuels qui s'accrochent encore aujourd'hui à de vieilles lunes qui leur font perdre à peu près toutes les élections. 

Il était aussi une figure qui incarnait la droiture et l'honnêteté politique. La défense des idées et des valeurs, avant l'égo et la carrière. Et c'est sans doute cela qui me manque le plus aujourd'hui.  

Rendez-vous sur Hellocoton !

18 mars 2026

C'est fini, c'est la vie


Dans un coin de ma mémoire, resteront accrochées ces 12 années passées

Ces milliers de réunions, de débats, de commissions et de papiers, 

Ces poignées de mains, ces "pourquoi-je-suis-là", 

Ces "je-ne-comprends-pas" et ces "mais-casse-toi-de-là",

Et ces salades, beaucoup de salades, 

Des navets aussi et des choux, trop choux. 

C'est toute une vie, 12 ans d'interminable retour au monument, 

Aux morts pour la patrie, aux discours et aux cérémonies,  

C'est toute une vie, mais c'est fini, c'est définitivement fini, 

Et c'est tant pis. Tout ce que j'ai appris restera là, dans un coin de ma mémoire, 

Pour moi, pour personne, pour le ciel et pour les fleurs de magnolia, 

Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas pour qui, mais la vie sans ça, 

Ce sera joli aussi, sans bleu blanc rouge, sans invective, sans parti pris, 

Sans les voisins qui me demandent à moi, comme si je savais, 

Pour les poubelles, pour les nids-de-poule et pour les lampadaires, 

Pour les plaques d'égout qui tapent et les motos qui font du bruit, 

Pour les "c'est-sale" et les "que-fait-la-mairie", pour les "y'a du respect qui s'perd". 

C'est fini, la litanie des vœux, des représentations, des signatures et des inaugurations, 

C'est fini les astreintes, les morts en pleine nuit, les incendies, les accidents, 

C'est fini les contraintes, les soirs et week-end, les cellules de crise, 

La vie se poursuit sans les polémiques vaines 

Avec les journalistes, 

Avec l'opposition, 

Avec les extrêmes,

Avec l'ennemi d'aujourd'hui, qui est souvent l'ami d'hier, 

Et parfois, le contraire, 

Avec "les méchants c'est eux et nous on est les gentils". 

C'est fini. 

Merci. 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

16 mars 2026

Il y a eu les municipales


 Le scrutin s'est tenu hier, entre deux bombardements en Iran et la flambée des prix du pétrole. Sur les chaînes de télé en continu, on diffuse à parts égales les délires de Mélenchon et les enfants de Gaza. On détourne les yeux, on ne veut plus voir l'absurdité d'un monde sans dessus dessous. Sans dessous.

 Dans beaucoup trop de villes et de communes, pas de sens du tout pour cette élection : une seule liste. Déni de démocratie. On nous prend pour des cons et ça commence à se voir. On nous donne l'illusion du choix. On fait des scores digne de Staline sans que plus de la moitié des citoyens n'aient eu à bouger le petit doigt. 

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, disait le vieux Corneille.  

 Et à pratiquer la démocratie sans partage, on se retrouve vite dans une ploutocratie. Ou une oligarchie. Dans un monde où un tout petit groupe de personnes, pour des raisons diverses, accapare le pouvoir.

 Le pouvoir est le seul enjeu. En politique, comme dans une classe de 4e. C'est toujours au plus fort - et au plus con - qu'on donne le pouvoir. Les élections de délégués (à part quand le prof est à juste titre un dictateur et qu'il influence le scrutin) sont un modèle : c'est toujours l'élève le plus débile et le plus grande gueule qui gagne. Et ensuite les autres, toute l'année, se plaignent d'un délégué qui ne les représente pas. Ou mal. Ou par le mauvais exemple. C'est dans la nature humaine. On élit un rigolo qui se révèle méchant et manipulateur. Qui obtient le pouvoir par la blague et qui le garde par la force.

Un autre exemple, ou ça ira ? 

Allez, pour la route : un autre exemple. Trump...

 Pas la peine de développer, non ?

 Et là, alors, dans votre ville ça donne quoi ? 

Chez moi, après m'avoir virée, (voir mon billet précédent), et après avoir consciemment opéré un tri sélectif parmi ses adjoints, le maire s'est fait réélire pour la 6e fois, à 73 ans. Il jure ses grands dieux que c'est son dernier mandat  - et qu'il ira jusqu'au bout. 

L'avenir nous le dira. 

En tout cas, il s'est entouré de nouveaux qui ne viendront pas lui apprendre son métier, ça c'est certain. Qui ne viendront pas lui poser trop de problèmes. Qui voteront tout sans faire durer les conseils municipaux trop tard en prenant la parole. Ce sera confortable comme le score de 84% qu'il a fait hier. Une paire de charentaises, une petite tisane. 32% de participation. Ceux qui n'ont rien dit n'ont pas à venir se plaindre. 

Mais parfois les silences en disent long.

Pourtant, la politique locale fait de belles choses : c'est un lieu de pouvoir où l'on peut changer le quotidien, je continue d'y croire.  

Je ne suis pas amère. Je suis déçue. Je pensais faire le job avec sincérité. Je crois aujourd'hui que je le faisais avec naïveté. Et j'ai été trompée. Et je crois que c'est ce qui se passe avec la démocratie, en général. C'est le moins mauvais de système seulement s'il est remis en cause durement en permanence. 

 En France, il n'a pas été remis en cause depuis trop longtemps et on s'est enferré dans l'idée que c'est un système qui fonctionne. Mais ça ne fonctionne plus.  

Rendez-vous sur Hellocoton !

1 mars 2026

Message à caractère informatif


 Les plus attentifs à la politique locale l’ont déjà remarqué, et j’ai déjà reçu des messages étonnés de quelques-uns : non, je ne suis pas sur la liste électorale de Martial Bourquin pour les prochaines élections municipales. 

Ce n’est pas mon choix. Mais en politique comme en amour, il faut un désir partagé pour construire ensemble. Il semble que cette condition n’est plus acquise pour Martial Bourquin. 

Au-delà de la déception que je ressens, je veux par ce message, exprimer quelques sentiments au sujet des 12 ans passés au conseil municipal, puisque le dernier a été annulé et que je n'ai pas pu le faire de vive voix. 

Je veux exprimer des remerciements pour l’expérience riche, variée, pour l’enrichissement personnel, intellectuel que cela m’a permis. Ce n’est pas un enrichissement matériel : je me suis engagée pleinement, ne comptant pas mes heures et mon investissement. Je termine ce soir ma dernière semaine d’astreinte, d’ailleurs et lorsqu’on est élu, c’est bien 24h sur 24, sans compter. Mais les rencontres, les apprentissages n’ont pas de prix. 

Je veux aussi souligner qu’en 12 ans, avec une équipe qui était alors soudée et extrêmement compétente, nous avons fait avancer Audincourt, nous avons fait de cette cité ouvrière, bigarrée, pleine de vie, une ville solidaire, plus belle, plus verte, plus connectée au monde, plus vivante. 

En tant qu’adjointe à la communication, j’ai contribué à l’installation d’un engagement sincère et direct avec la population, avec une page Facebook qui n’avait que 240 abonnés en 2014, et qui en a aujourd’hui plus de 14 000. Durant ces mandats, nous avons aussi modernisé l’Audinfo et le site de la ville. C’est un travail constant, régulier qui a permis cela et il faudra le poursuivre. 

J’en remercie vivement les services, qui ont su innover, progresser, proposer et qui ont maintenu cette exigence de qualité. 

En tant qu’adjointe à l’environnement, j’ai participé à une véritable transformation de la ville : le centre-ville est méconnaissable pour quelqu’un qui ne serait pas venu depuis plus de 12 ans. Les espaces verts conçus de manière plus durable, l’ouverture sur le Doubs, les 1000 arbres que nous avons plantés en ville, ces 6 dernières années et notamment les arbres fruitiers, la forêt que nous avons continué de protéger et de régénérer, les tonnes de CO2 que nous avons économisées en isolant les bâtiments publics, Laëtitia et Florent, les maraîchers que nous avons installés sur un terrain communal, le tiers-lieu que nous avons imaginé, les parkings que nous avons désimperméabilisés, la place du marché, celle de la mairie...le marché bio et local, la Campagne à la ville qui fait toujours plus la promotion du bio et de l’agriculture paysanne…Tous ces projets et ceux que j’oublie, sont autant de sujets de fierté pour notre ville…Et j’ai eu le grand honneur d’y participer. 

Merci, là encore, à l’équipe merveilleuse des travailleuses et des travailleurs de la mairie d’Audincourt. 

Merci à mes collègues élus, ceux qui continuent, ceux qui arrêtent, de leur plein gré ou pas. Merci surtout à ceux qui pensent, comme Gandhi, qu’"on peut briller sans éteindre la flamme des autres". 

Merci aux habitants d’Audincourt, surtout, avant tout. Rien n’a été plus agréable pour moi de vous rencontrer, de répondre à vos questions, d’écouter vos remarques, de vous marier, de partager avec vous les mauvais moments comme les bons.

Rendez-vous sur Hellocoton !

8 septembre 2025

La politique : pourquoi ça ne peut plus marcher...


 Bayrou, ça ne peut plus marcher. Macron non plus. 

Nous sommes dans une crise politique et sociétale. C'est un constat partagé par beaucoup, mais dont on ne fait rien depuis trop longtemps. 

Ce qui déborde, c'est l'injustice sociale. Et je n'écris pas "le sentiment" d'injustice sociale. C'est loin d'être seulement un sentiment : c'est une réalité. Les fossés, depuis longtemps déjà, se creusent entre plusieurs France. La France qui peut se soigner, celle qui ne peut pas. La France qui peut payer des études à ses enfants, celle qui ne peut pas. La France qui peut manger sans s'empoisonner, celle qui ne peut pas échapper au diabète, à l'obésité, aux cancers aux maladies cardiovasculaires...

Qui, il y a quelques années, parlait déjà de France d'en bas et de France d'en haut ? Vous vous souvenez ? C'était Raffarin et c'était il y a déjà très longtemps : au début des années 2000. Raffarin était un malin. Il tournait cette expression piquée à Balzac à son avantage. C'était dans le cadre d'une campagne électorale, il s'adressait au peuple avec cette expression, en faisant mine de comprendre cette fameuse "France d'en bas". Mais s'il y a une France d'en bas, c'est qu'il y a des gens qui regardent depuis "là-haut". 

Depuis, il y a eu le mépris, maintes fois répété : l'horrible expression "sans dents" qu'aurait utilisé François Hollande, ou encore la manière de parler des gilets jaunes de Benjamin Griveaux qui estimait qu'il s'agissait de la France qui "fume des clopes et roule au diesel."

Ce sont des petits stigmates. Mais ils viennent cruellement souligner le fait qu'on veut multiplier les jours de carences, doubler le reste à charge des médicaments, faire travailler les gens deux jours de plus gratuitement, alors que d'autres ne payent plus l'ISF, bénéficient de conditions fiscales ultra favorable, continuent de peser lourd sur le bilan carbone du pays et délocalisent leurs entreprises sans vergogne. 

Aujourd'hui, devant l'hémicycle Bayrou le répète : les riches, ce ne sont que des "cibles emblématiques". Les taxer serait une solution de facilité. Avant cela, Bayrou a déclaré qu'à 4000 € par mois, on n’est pas riches. Bayrou est un symptôme d'une classe politique complétement déconnectée. 

Tout cela n'est évidemment pas entendable. 

Les comparaisons historiques ne sont jamais de bon aloi. Mais cette injustice sociale fait inévitablement penser à l'ancien régime. Au "Il n'ont pas de pain qu'il mange de la brioche"...Et si cela continue, ce ne sera pas une révolte, mais une révolution.  

Les mouvements annoncés seront lents, peut-être, à se mettre en place. On souffre collectivement d'impuissance acquise : on pense que cela ne sert à rien, parce qu'il y a eut de grands mouvements, contre les retraites, les gilets jaunes, des manifestations d'ampleur, parfois violentes, mais à chaque fois, sans aucun résultat. On nous a inculqué l'idée que cela ne servait à rien. Pourtant, c'est un mouvement de balancier. Il ira inévitablement en s'amplifiant. 

Rendez-vous ce soir, devant les mairies pour le pot de départ de Bayrou ! 

Soyons nombreux le 10, soyons encore plus nombreux le 18. Nous avons des messages à faire passer. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

4 septembre 2025

Le RN lâche les chiens...Et c'est sale !


Aucun doute possible : l'annonce de la date des prochaines élections municipales met le petit monde local en ébullition.  

Les noms et les listes ne sont pas encore connus, mais sur les réseaux sociaux, des flots de haine se déversent dans les commentaires sous le moindre article traitant de sécurité, sur les réseaux sociaux, sur les sites de la presse quotidienne. 

L'extrême droite, ce n'est pas un scoop, est très organisée, sur les réseaux sociaux. Cela fait des années, croyez-moi ! Je suis blogueuse depuis 2004, je sais de quoi je parle. 

L'extrême droite, sur les réseaux sociaux, c'est une poignée de trolls qui attise les foules, qui provoque, qui donne le ton. Les trolls, ce sont des comptes souvent anonymes, créés pour seulement commenter, sans rien publier. Souvent, ils n'habitent pas le secteur, souvent, ils sont bien plus politisés qu'ils veulent le faire croire. Et ils attisent la haine. Ils viennent avec des idées à l'emporte-pièce, fausses, inspirées par leur candidat RN. 

Prenons un exemple récent. Ce matin, suite à un fait divers sordide comme il s'en passe partout, le maire de ma ville a fait un communiqué de presse exprimant à la fois ses valeurs et sa détermination, ainsi que les actions mises en place pour éviter l'escalade de la violence. Il détaille notamment ses demandes de police nationale, en lien avec le plan contre les narcotrafics. 

La députée RN du secteur a supposé dans un post sur Facebook que la police municipale n'était pas suffisante, qu'elle n'était pas là quand on a besoin d'elle, qu'elle n'était pas assez formée et armée pour faire face aux délinquants. 

Soyons clair : si elle est élue dans une ville prochainement, elle découvrira que ce n'est évidemment pas à la police municipale de s'occuper du narcotrafic...Et si elle ne le sait pas déjà, il serait préférable de ne pas voter pour elle. 

Elle demande aussi où sont les caméras. Nous sommes une ville très équipée en caméras. Elle devrait le savoir : les vidéos permettent très régulièrement d'élucider les crimes et délits qui ont lieu sur la commune. Mais il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. 

En tout cas, avec un petit post sur son mur facebook, la députée a réussi à ameuter ses chiens de garde qui sont venus déverser leur fiel sur la communication d'un site d'informations locales qui ne modère pas ses commentaires. C'est la haine qui s'exprime. Des flots de commentaires dignes de CNews. Racisme, haine de la gauche, des médias, remise en question des faits. Tout est opinion, et au nom d'une liberté d'expression qui n'a de liberté que de dire n'importe quoi, on remet en question tout ce qui pourrait être rationnel. 

La ville est dénigrée, aussi. Et là, c'est assez surprenant. Quand on veut diriger un endroit, se faire élire quelque part, c'est surprenant de crier sur tous les toits que cet endroit est épouvantable, laid, sale, insécure, dangereux, mal famé. 

Mais passons sur la stratégie stupide. 

Ce qu'il faut retenir, c'est que la campagne, dans le camp adverse, est lancée. Elle sera abjecte. Pendant ce temps, l'équipe en place travaille et continue de faire le boulot pour lequel elle a été élue. De l'avis de beaucoup, depuis 5 ans, la ville s'est métamorphosée : elle est plus belle, plus verte, plus ombragée. Elle est dynamique, vivante, solidaire. Elle ne fait que grandir : de nouvelles familles viennent s'y installer, y construire leur maison et leur vie. Tout le monde le dit : le commerce se porte mieux ici qu'à Montbéliard. De nouveaux logements adaptés au vieillissement de la population sortent de terre...

Alors oui, il y a des difficultés, oui, il y a des problèmes, au jour le jour. C'est le lot de toutes les villes. Lors de la dernière réunion publique, le commissaire de police nous apprenait que 50 % de la population s'est drogué, se drogue ou se droguera un jour. 50% de la population. C'est un chiffre qui doit nous alerter : parce que s'il y a autant de consommateurs, c'est une évidence, il y a beaucoup de vendeurs. Imaginez, si vous avez déjà travaillé dans un supermarché, pensez une seconde qu'il faut plus de réapprovisionnement en drogue qu'en serviettes hygiéniques. C'est vertigineux, non ?  

Non, la gauche ne fait pas preuve d'angélisme. Les effectifs de la police municipale ont triplé, ces dernières années. Le système de caméra coûte des centaines de milliers d'euros. Nous travaillons en permanence en étroite collaboration avec le préfet, avec la police nationale et avec la justice pour être efficaces sur le terrain. Et on l'est souvent. Ne vous laissez pas avoir par les discours tout faits des trolls à la solde des partis d'extrême droite. Ils ne connaissent pas notre ville, n'y vivent pas et n'ont pour but que de créer la peur. 

Dernière chose : si vous me suivez sur les réseaux, vous savez que j'ai un chien. J'ai l'occasion de le promener partout dans la ville, aussi bien tôt le matin que tard le soir. Je constate parfois qu'il y a des ordures, des SDF, des jeunes bourrés. Oui, c'est la vie, c'est pas nouveau. Je le signale : à la ville, pour qu'on nettoie les ordures, aux services sociaux pour trouver des solutions pour les personnes à la rue, à la police quand il y a trouble à l'ordre public. Faites pareil ! 

En tout cas, ce sera ma conclusion, jamais je me sens en insécurité. Et vous le savez : mon chien est tout petit... 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

28 août 2025

Comment foirer la rentrée en 1 leçon...


La situation politique, à la veille de la rentrée scolaire, n'est pas brillante. C'est le moins qu'on puisse dire. Passons sur les annonces de notre ministre de l'éducation qui prend des décisions absurdes et inutiles. Oui, les portables sont déjà interdits en classe, oui, quand un élève se fait prendre avec une arme dans un établissement scolaire, il passe en conseil de discipline (et sans doute au commissariat...), couper l'ENT (l'espace numérique de travail) pendant les week-end réduira le temps d'écran (un peu moins que si on coupait Tik Tok, com'même), certes, mais aussi l'opportunité pour les élèves de faire leurs devoirs (et en plus, ils auront une bonne excuse pour ne pas les faire), former les gamins à l'iA, c'est brillant, si au préalable, ils savent bien écrire et bien lire...Et puis comment va-t-on encore caser toutes ces formations supplémentaires pour les enfants ? Ils ont déjà la formation harcèlement, les cours de code de la route, le vélo, la piscine, PIX, les premiers gestes de secours...Si on ajoute les cours sur l'iA, les informations sur la santé sexuelle, le protocole sur la santé mentale...Je ne suis pas sûre qu'on ait encore le temps de leur apprendre à lire et à compter...

Bref, j'ai dit que je passais sur ce ramassis de bêtises : notre ministre nous avait averti dès le début qu'elle n'y connaissait rien, nous ne sommes pas trompés sur la marchandise. 

Revenons à la situation politique globale. 

Résumons : Bayrou a posé sa démission. Enfin, entendons nous...il a trouvé le moyen de quitter le poste tout en touchant ses indemnités de départ et sa retraite. Pour lui, tout va bien. 

Pourtant, en partant, il nous prévient délicatement que tout est fichu et que ce n'est pas de sa faute. 

Il dramatise la situation en mode "Après moi le déluge". 

La dette, selon lui, est épouvantable. Nous serions au bord de l'intervention du FMI, de la faillite totale. Comme on est débiles, il nous dit que c'est comme nous quand on a des dettes à la maison. Comme si nous n'étions pas quelques-uns a avoir étudié l'économie, ne serait-ce qu'en seconde au lycée. Un pays, ce n'est pas un foyer. Il y a des actifs et des passifs, il y a un patrimoine, des ressources, des recettes dynamiques. Mais non, il nous dit qu'on est dans le rouge et qu'il faut à tout prix faire des économies, rogner les dépenses publiques, supprimer des fonctionnaires, des services publics, travailler plus sans être payé. 

La crispation est totale, dans le monde réel, la situation se tend, les investisseurs arrêtent d'investir, les consommateurs arrêtent de consommer, dans l'éventualité que la famine s'installe. 

Cette stratégie du pire, cette manière d'instiller la peur, cela n'engendre qu'un cercle vicieux ne nous permettant pas de nous en sortir. 

Surtout qu'il sait que cela ne passera pas à l'assemblée. C'est en cela qu'il pose sa dém' : les députés d'extrême droite ne voteront pas la confiance, parce qu'ils pensent que c'est sur les étrangers qu'on devrait faire des économies. La gauche dans son ensemble, pense que c'est aux riches, aux évadés fiscaux et aux entreprises qu'on devrait demander des comptes. Ces deux camps ne sont d'accord que sur une seule chose : leur désaccord avec Bayrou et Macron. Mais cela suffira. 

Comme la situation ne sera pas plus nette après cet énième rebondissement, pas plus claire qu'après la dernière dissolution, pas plus claire qu'avant les dernières élections,  pas plus claire qu'après la tentative de Barnier, pas plus claire qu'après celle de Bayrou, alors ce seront encore les mêmes qui reviendront avec les mêmes recettes. 

Parce que derrière cela, il y a une idéologie qui se fait entendre de plus en plus clairement, de manière de moins en moins complexée : celle qui consiste à affirmer que nous ne pouvons pas garder le modèle de société de 1945. 

La tentative de suppression du 8 mai n'est pas un hasard. Oui, on l'a déjà dit : supprimer la commémoration d'une guerre qui fut la victoire sur le nazisme, ce n'est pas rien. Mais on sait aussi que cette victoire fut aussi l'occasion, au sortir de la guerre, de la mise en place du programme du Conseil National de la Résistance : c'est-à-dire, la mise en place de la Sécurité Sociale, notamment...de notre modèle social dans lequel chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. 

Vous me direz que cela fait déjà un moment que ce système est mis à mal et que la première partie du programme (chacun contribue selon ses moyens), n'est plus tout à fait vrai. Je vous l'accorde. 

Mais avez-vous entendu Attal, aussi ? Il dit qu'on veut faire tourner la France de 2025 avec le modèle de 1945 et que ce n'est pas possible. Il est très jeune, mais ce n'est pas une raison. Il tente de nous faire croire que la situation d'aujourd'hui est pire que celle juste après 5 ans de guerre. Pire qu'après des bombardements, pire qu'après les tickets de rationnement, pire qu'après l'occupation, les exactions nazies, la France coupée en deux, les Français les uns contre les autres, les déportations...Pire. 

Pour les 80 ans, dans beaucoup de ville, on a ressorti les vieilles photos d'époque : par exemple, le pont d'Audincourt était détruit, la poste aussi, on enterrait les morts par dizaines, on faisait le tri entre les bons et les mauvais. 

Et Attal voudrait nous faire croire que c'est pire aujourd'hui. 

Là encore, on dramatise un chouïa, non ? 

Oui, il y a des défis. Des défis très différents. Mais il y a quand même d'autres ressources : des moyens de productions, une économie...et des choix politiques possibles. 

Et je veux croire que les choix politiques, comme en 1945, peuvent être ceux de la solidarité et de la justice sociale. 

N'oublions pas qu'en 1945, ces choix-là ont conduit aux 30 glorieuses, à une croissance sans précédent dans l'histoire de l'humanité et aux progrès de la science, de la médecine et des technologies comme nous n'en avions jamais connus. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

18 août 2025

Les plaisanteries du théâtre de l'Unité


Le théâtre de l'Unité est installé à Audincourt depuis l'an 2000. Mais la carrière de cette compagnie de renommée mondiale dans l'univers du théâtre a commencé à la fin des années 60. 

La réputation d'Hervée de Lafond et de Jacques Livchine n'est plus à faire : dans le domaine du spectacle de rue, on peut dire qu'ils ont tout inventé. Ils ont mis le bazar partout, depuis la banlieue parisienne, jusqu'à l'Australie en passant par Avignon, Pékin, l'URSS et les USA...et le Pays de Montbéliard.

Jacques Livchine, quand il écrit, adopte toujours un style vivant et décontracté. Dans Les Mille et une plaisanteries du théâtre de l'Unité, il fait un inventaire. Pas à la Prévert, pas une liste de course. Non, juste la narration des succès et des échecs d'un théâtre qui a toujours cherché et qui cherche encore. 

Comment toucher le plus grand nombre, comment faire venir les gens au théâtre et comment faire venir le théâtre aux gens ? Comment réinventer les plus grands textes, Molière, Shakespeare... ? Comment faire du théâtre même avec de l'opérette, même avec de la poésie ? Comment rendre Rimbaud vivant, lui qui est mort à 37 ans ? 

C'est expérimental et des fois, ça marche, des fois, ça ne marche pas. Mais c'est une aventure, ce sont des souvenirs, des rencontres, de l'humain. De la nourriture, de la musique, de la folie. 

Le théâtre, c'est l'art de l'instant, de l'éphémère. Quand on lit Livchine, pourtant, on découvre un théâtre qui reste dans la tête des gens. Ici, dans le Pays de Montbéliard, tous ceux qui ont eu la chance de les vivre, parlent encore du Réveillon des Boulons. J'ai eu l'occasion de parler avec des spectateurs qui avaient encore les larmes aux yeux en évoquant Terezin et c'était en 1995. 

Le théâtre est pour moi le plus grand catalyseur d'émotions. On parle de catharsis, et ça, depuis l'Antiquité. C'est une émotion pure, indescriptible et souvent incompréhensible, qui vient toucher l'intime et l'inconscient comme rien d'autre. C'est ce qui permet d'exprimer les passions, de faire le tri entre le bon et le mauvais. C'est tellement puissant que j'ai parfois du mal à aller au théâtre. Mais c'est précisément en cela que l'acte théâtral est indispensable, qu'il est politique et qu'il fait partie de la cité. Qu'il doit faire partie de la cité. 

Le théâtre de l'Unité a essaimé, à travers des années de "ruches", à travers des dizaines de résidences d'artistes. Ils ont instillé la folie et la passion, mais aussi la conscience politique, l'importance du fou pour une démocratie saine. 

L'année dernière, on a crié au scandale quand Hervée de Lafond a un peu malmené un 1er ministre 40 ans plus jeune qu'elle. Elle a eu raison de nous rappeler que c'est le rôle de l'artiste dans la société. C'est le rôle de Molière à la Cour de Louis XIV de critiquer les mœurs du temps. C'était le rôle des farces du Moyen-Âge de remettre en cause l'ordre établi, c'était le rôle des pièces antiques d'interroger les apparences, de remettre en cause l'organisation du pouvoir. 

Nous n'avons aucun intérêt de l'oublier. Merci au théâtre de l'Unité : merci pour l'humour, pour la créativité, pour la réflexion, pour le dérangement, pour la provocation, pour les mille et une plaisanteries.

Mais c'est Jacques Livchine qui en parle le mieux, alors achetez son livre ! (Au théâtre de l'Unité (parc de la Filature à Audincourt, ouvert de 10h à 18h du lundi au vendredi) ou aux Papiers Bavards) 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

31 juillet 2025

Commenter sans penser n'est que ruine de l'âme


Un élu local s'est fait agresser hier dans une rue de Montbéliard. Une agression violente qui a conduit l'adjoint au maire de la ville à l'hôpital. C'est choquant, inadmissible, et je lui souhaite un bon rétablissement. 

Si je reviens sur ce moment douloureux, aujourd'hui, sur ce blog, c'est parce que dès que la nouvelle est apparue sur les réseaux sociaux hier soir, les commentaires ont afflué et se sont révélés, sans surprise, haineux et violents. Hier soir, on ne savait rien ou presque sur cette agression. Les médias ont pourtant pris la peine de préciser que l'agresseur était d'origine afghane. 

Dès lors, haro sur l'étranger...Tous dans le même panier...à salade et remettons-le dans l'avion. 

Évidemment, les commentaires sur les réseaux sociaux, il vaut mieux éviter de les lire, surtout à propos de faits divers. Les remarques racistes ont afflué, reprises et amplifiées par certains élus. Et c'est indigne. La violence, malheureusement, n'a pas d'origine raciale et n'en déplaise aux oiseaux de malheur, elle n'est pas pire aujourd'hui qu'autrefois.

Deuxième chose frappante (sans mauvais jeu de mots), les remarques mettant en avant que c'est un élu qu'on avait agressé, ont abondé aussi, or, aujourd'hui, la victime a précisé que ce statut était ignoré de son agresseur. 

Il est toujours extrêmement dangereux de commenter avant de savoir de quoi il retourne exactement, parce que les commentaires à chaud font toujours des généralités. Il s'agit toujours de dire des banalités, de tirer des conclusions toutes faites. 

A force de pratiquer les réseaux sociaux, nous devrions le savoir, collectivement. Cependant, on tombe toujours dans le panneau. Pour ceux qui commentent de manière impulsive, j'entends !

Parce que pour les professionnels de la profession, le but est tout autre : faire du buzz, faire passer des idées, faire gonfler encore et toujours la peur de l'autre, la haine, les idées reçues.

Et cela ne sert personne...enfin, sauf les fachos... 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

29 juillet 2025

Loi Duplomb : nos députés sont-ils des ânes ?

Gloire à nos maraîchers locaux et bio ! 

La loi Duplomb fait couler tellement d’encre…Difficile d’en parler en disant quelque chose de neuf. Bien que les “pour” et les “contre” s’en remettent au “bon sens” pour défendre leur point de vue, le débat s’enlise. Pourtant, il a le mérite de permettre de parler un peu sérieusement d’agriculture. 

Les “pour” mettent en avant le fait que les autres pays bombardent leurs productions de pesticides, ce qui leur permet d’inonder le marché de produits bon marché, ce qui fait du tort aux agriculteurs français. C’est injuste et il n’y a pas de raison qu’on ne se batte pas avec les mêmes armes que les autres. C'est une évidence : si les autres s'empoisonnent, pas de raison qu'on ne fasse pas pareil ! 

Les “contre” mettent en avant le principe de précaution : même s’il y a querelle chez les scientifiques, dans le fond, même les plus “pour” savent bien que ce qui tuent les petites bêtes a de grandes chances de faire du mal au plus grosses : c’est-à-dire aux agriculteurs qui sèment des pesticides sur leurs cultures et à nous, les consommateurs, qui les mangeons. 

De mon côté, vous vous en doutez, je suis “contre” cette loi, qui est un retour en arrière, tel qu’on le vit déjà pour le bio depuis quelques années. On nivelle par le bas au nom de la rentabilité, mais surtout au nom de la paresse intellectuelle.  

Pourtant, comme tout le monde, dès que j’en ai les moyens, j’ai plutôt tendance à donner des produits bio à mes neveux et nièce, à mes amis et à moi-même. C'est peut-être parce que mon père est mort d'un lymphome au cerveau, maladie dont le lien avec les pesticides est officiel, mais je crois fermement que ce qu'on ne met pas dans la terre et sur les végétaux, toutes les cochonneries que les animaux n'ingèrent pas, ne se retrouve pas dans notre assiette. Il y a déjà assez à faire avec la pollution de l'air, de l'eau et de tout ce qui nous entoure, pour ne pas en rajouter.

Continuons de parler vraiment d’agriculture, plutôt que de nous enfermer dans des polémiques stériles. 

Si je dis que c’est par paresse intellectuelle que les députés ont voté cette loi Duplomb, c’est parce que la tâche pour changer la situation, en matière d’agriculture, est lourde. 

Les agriculteurs sont aujourd’hui 4 fois moins nombreux qu’il y a 40 ans. Ce n’est pas la peine de remonter aux années 30 pour comprendre le problème. Mais on peut aussi se rendre compte grâce à ce chiffre : il y avait 10 millions d’agriculteurs en 1945, il y en a moins d’1 million aujourd’hui. Entre temps la population française est passée d’environ 40 millions à près de 70 millions. 

Vous le voyez, le problème ? 

Si vous ajoutez à cela que certains “gros” agriculteurs (c’est à dire possédant des exploitations de plusieurs centaines d’hectares), s’amusent à planter des maïs qui ne servent à nourrir ni les êtres humains, ni les animaux (mais les voitures, en éthanol, ou les fabricants de “plastique” bio, pour faire des barquettes pour mettre de la junk food dedans), vous ajoutez une donnée implacable : il n’y a pas assez d’agriculteurs pour nourrir les gens. 

Les députés, donc, au lieu de faire une loi permettant de produire plus à l’hectare, feraient mieux de se creuser un peu la tête pour permettre l’installation de plus de vrais agriculteurs : des agriculteurs permettant une vraie politique alimentaire saine et locale. 

Plus d’agriculteurs respectueux de la terre, plus d’agriculteurs produisant de vrais produits consommables et approvisionnant une vraie filière directe du producteur au consommateur. 

Au lieu de cela, on encourage l’agro-industrie, la grande distribution, les installations gigantesques nécessitant des prêts bancaires qui prennent à la gorge les agriculteurs, toujours plus prisonniers de ce système. Je pourrais en faire des romans, évidemment. 

Mais quand je lis les âneries des députés qui ont voté pour, je me dis qu’il est difficile d’instruire des ânes. C’est mon côté paysan, ça. Et puis aussitôt ai-je pensé cela, aussitôt je me trouve très dure envers les ânes…

Rendez-vous sur Hellocoton !

8 mai 2025

Un 8 mai pas comme les autres


 C'est le 80e anniversaire de la fin de la 2e Guerre Mondiale. Ce n'est pas anodin, 80 ans. Tout d'abord, parce que c'est la limite de la mémoire vivante. Très vite, ceux qui avaient 10 ou 15 ans lors des événements vont s'éteindre. Nous entendons, en ce moment, les derniers témoignages des derniers rescapés des camps, des derniers soldats, des derniers résistants. Ils sont précieux. Ils nous disent combien cette guerre fut terrible, combien le nazisme était cruel, combien l'horreur de l'extermination de masse de 6 millions de Juifs, de déportés politiques, d'homosexuels, de roms, de personnes handicapées fut épouvantable...Les témoins disparaissent, l'horreur reste et le souvenir doit se perpétuer. 

Nous passons un moment solennel, chaque année, au monument aux morts, pour cela. Pour que le souvenir se perpétue. 

80 ans, c'est symbolique. C'est le temps d'une vie. Et nous avons eu la chance de vivre ces années en paix, ici, en Europe. Quand les troupes alliées ont débarqué, quand elles ont libéré, ville après ville le pays, quand les jeeps américaines où s'agrippaient soldats et Français en liesse, où les drapeaux français, américains, canadiens ou anglais se mêlaient en une farandole colorée, la France a retrouvé la paix. Nous avons mis les photos de la libération d'Audincourt, le long du Doubs. C'est un mélange de joie et de souffrance qui se lit sur les visages. La souffrance de ces années de guerre, de privation, de mort. La joie d'être enfin libéré du joug de l'ennemi. 


80 ans...C'est long. De si longs moments de paix sont très rares, dans l'Histoire. Un moment suspendu durant lequel, on n'a pas demandé aux jeunes de notre pays d'aller se sacrifier pour leur pays. Mesurons notre chance. 

Aujourd'hui, nous le savons, le monde vacille. Cette paix et ce consensus qui nous ont permis de vivre en paix, sont remis en cause. Nous avons la chance de vivre dans un monde où le nazisme est condamné, où l'antisémitisme, le racisme, l'homophobie, toutes les formes de xénophobies ne sont pas des opinions mais des délits. Nous avons la chance de vivre dans un pays démocratique où les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité sont respectées. Nous avons la chance de vivre dans un pays où la solidarité, héritée du conseil national de la résistance, à l'issue de la guerre, permet à chacun d'accéder à la sécurité sociale, à une protection à chaque moment de la vie. 

80 ans...Nous vivons pourtant des temps troublés. L'ordre du monde hérité de la Seconde Guerre mondiale est remis en cause par l'impérialisme et le protectionnisme des deux pays qui furent pourtant alliés pour combattre le nazisme en 1945. Les USA, Donald Trump, décident de se replier sur eux. De ne plus participer à la défense du monde libre. C'est un choc. C'est une remise en cause fondamentale de l'équilibre que nous connaissions. La Russie de Poutine attaque ses pays voisins, l'Ukraine, bien sûr, mais il menace toute cette région aux frontières de l'Europe. Les prises de parole erratiques et réactionnaires du président des Etats-Unis, s'inscrivent dans un air du temps qui essaime dans le monde entier : Netanyahou se sent pousser des ailes et poursuit le génocide à Gaza. Le peuple palestinien est sous les bombardements incessants de ce criminel de guerre, reconnu comme tel par la Cour Pénale Internationale. Et non content de regarder ailleurs, Trump s'imagine en train de boire des cocktails sur les ruines encore fumantes, dans une Riviera reconstruite sur les cadavres encore chauds des enfants, des hommes et des femmes morts sous les bombes. L'indignité semble n'avoir plus de limite. 

Partout, les nationalismes, les idées d'extrême-droite refont surface. Partout, la bête immonde renaît. On le sait : elle ne meurt pas. Elle dort, seulement, et il ne faut pas grand chose pour la réveiller. Elle se réveille lorsque nous oublions l'amour et la fraternité, quand nous perdons le goût de vivre ensemble, de nous aider, de nous aimer, nous, frères humains. Nous avons le devoir, 80 ans après la fin de ce long hiver, de ces 5 ans de la guerre la plus abjecte qui fut, de nous souvenir et de ne jamais permettre que cela recommence. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

25 avril 2025

Le PS, c'est quoi ? Post scriptum ? Et Faure ?


J'ai écouté Bernard Cazeneuve, ce matin, sur France Inter. Et je me suis reconnu dans ce discours de raison. Cet homme à la voix grave et posée a quitté le PS quand celui-ci a rejoint la France Insoumise. 

Il rappelait à raison que lorsque Hollande a quitté le pouvoir, le déficit était peanuts et que les comptes des organismes sociaux étaient presque à l'équilibre. Certes, le COVID est passé par là, mais en 7 ans de macronisme, on voit où on en est. 

Pour revenir à Cazeneuve et à sa fuite du PS, je le comprends. Et je rejoins sur de nombreux points l'analyse de Nicolas sur la question. On doit arrêter de se poser des questions sur l'allégeance ou non à Mélenchon : on sait qu'il est toxique et qu'il fait fuir la plupart des gens de gauche. J'ai fait campagne avec LFI durant les dernières élections législatives, et les militants LFI se faisaient parfois jeter des cailloux dans les villages. J'exagère à peine. 

Et puis surtout, il y a toujours ce hiatus entre la gauche qui gouverne et celle qui n'en prend surtout pas le risque...

On doit aussi se mettre au travail. Parce que comme l'écrit très bien Nicolas : on ne sait pas ce que pense le PS. On ne sait même plus du tout ce que c'est que le PS. (Post Scriptum : Faure, pour la plupart des gens, c'est une marque de machines à laver...) 

Et pendant ce temps, la France insoumise propose un programme, un vrai. On peut être d'accord ou pas, on peut se plaindre de Mélenchon, mais on ne peut pas leur enlever ça : ils bossent, ils proposent des idées, sur des sujets de notre époque, correspondant à notre société. 

Dans son article, Nicolas propose des thèmes de travail : le millefeuille territorial, l'aménagement du territoire (pour les transports en commun...), la gestion des ordures, la santé...Il a raison, ce sont les bons thèmes. Quand on a les pieds dans la politique locale, on le sait. 

De ce que j'en vois, depuis la province, je ne suis pas absolument d'accord avec tout ce que dit Nicolas. Mais ce sont les sujets, les vrais, ceux qui concernent la vie des gens et qui permettent de rappeler pourquoi on paye des impôts : ces infrastructures-là coûtent de l'argent et nous avons le devoir de bien l'utiliser pour que les services soient efficaces. 

C'est ce que j'ai dit, l'autre soir en conseil d'agglomération quand on a dû augmenter un peu les impôts fonciers (c'est toujours trop) : on doit, en contrepartie, proposer des services de qualité. Et par exemple, pour la gestion des poubelles, pour l'instant, soyons honnêtes, c'est pas trop ça !

Pour les transports en commun, autre exemple, je suis d'accord avec Nicolas : l'autre jour, j'ai souris en voyant des militants de gauche prendre le train Belfort Lure Epinal avec guitares, trompettes et banderoles pour défendre cette ligne que la région estime trop coûteuse. Il est question d'argent public. Si j'ai souri, c'est parce que beaucoup de militants sont des copains et que je sais bien qu'ils n'étaient sans doute jamais montés dans ce train avant cette manif. Il y a des tas de bonnes raisons pour garder ce train, oui. Mais est-ce que des bus bien adaptés ne feraient pas aussi bien l'affaire ? Si la région veut l'arrêter, ce n'est sans doute pas sans avoir fait des études : nombre de voyageurs, horaires de pointe, périodes de pointe, coût de l'entretien des voies (le glyphosate sur le ballast...), entretien des michelines et des voitures vieillissantes...

C'est un peu la même question quand on veut fermer un bureau de poste. Tout à coup, on se rend compte que c'est ouvert 7 ou 8 heures par jour pour 5 ou 6 usagers. 

Je ne vais pas reprendre tout l'article de Nicolas, allez le lire et faites-vous votre propre idée. Mais voilà, Cazeneuve, le PS...Et on se retrouve à Lure sans y prendre garde.

Rendez-vous sur Hellocoton !

16 avril 2025

Splendeurs et misères de la vie politique locale


C'est une aventure permanente, la vie d'élue locale. 

Hier, par exemple, je participais à l'inauguration d'un salon dédié aux jeunes et aux moins jeunes, consacré à la prévention : prévention contre les maladies en tout genre, contre les conduites à risque, prévention contre l'inévitable dégénérescences de nos cellules. Un salon dédié à notre chère sécurité sociale, en quelque sorte, vantant les vertus du sport et de la modération pour les apéros. De salut public. 

Hier soir, j'enchaînais avec la remise d'un label pour les petits joueurs de foot de ma ville. Là encore, bel esprit, tolérance, respect, plaisir, convivialité, vivre-ensemble. Les gamins étaient fiers, dans leur survêtement plein de logos des sponsors locaux, les dirigeants de la ville pointaient du doigt la bonne volonté de ville, mais le manque d'investissement du gouvernement pour le sport local. Tellement vrai...Mais tellement beau, aussi, de voir les parents, les bénévoles, les entraîneurs, tous mobilisés pour l'éducation par le sport, éducation populaire s'il en est. 

C'est la noblesse d'un engagement local. Mardi dernier, on avait aussi une réunion publique, je vous en avais parlé...ou encore, jeudi, une inauguration de centre social. 

Et aujourd'hui...Misère...j'ai reçu un mail de Bruno Retailleau. 

Voilà des vicissitudes dont je me passerais bien. 

En tant qu'élue locale, je suis ciblée par sa campagne pour se faire élire président des Républicains. Je ne suis clairement pas la cible, pourtant...

La prose est surprenante : elle parvient, sans que cela ait l'air d'un oxymore, à mettre côte à côte "autorité" et "liberté". Autorité avant liberté, quand même. La lettre pourrait bien sûr être co-signée par un membre du RN. Tout y passe : la pensée unique de la gauche, son politiquement correct et les reniements de la droite pour plaire à ces mous du genou. On parle de fierté d'être Français, de renouer avec le peuple de droite, d'offrir une maison commune à toute la droite. 

Et c'est quand même, et surtout, du blabla sans but et sans idée. 

Je ne sais pas à qui cela s'adresse, mais je me serai bien passée de trouver cela dans ma boîte mail d'élue de gauche dans une ville de gauche...



Rendez-vous sur Hellocoton !

10 avril 2025

Saint-Exupéry




Les hasards de la vie politique locale, ce sont des petits moments d’émotion volée. 


Ce matin, il y avait un préfet, un ruban à couper, il y avait les habitants du quartier et les travailleurs du centre social. Il y avait des petits fours et un coup à boire. C’était l’inauguration du Centre Social. 

Les enfants, des maternels, tout petits, tout mignons, ont touché notre coeur, en chantant, en interprétant Le Petit Prince, délicatement, tendrement. C’était un moment de grâce. 

Ce conte, de Saint-Exupéry, est un condensé de fables, de petites leçons métaphoriques et délicates. Qui sont ces personnages étranges, le géomètre, le roi sans sujet, l’allumeur de réverbère ? Je sais qu’en maternelle, on est loin d’accéder au contenu philosophique de ce livre. 

J’ai pensé à Elisabeth Borne qui voulait, l’autre jour, que les maternels pensent déjà à leur orientation professionnelle. Et je me suis dit qu’à cet âge là, il n’y a que la poésie qui devrait avoir le droit de cité dans ces petites têtes. 

Souvent, je le lis avec mes 6e au collège. J’ai parfois la surprise d’entendre des sanglots étouffés quand le Petit Prince demande au serpent de le ramener chez lui. Je les vois s’interroger. 

Quand je relis ce livre aujourd’hui, je lis encore une autre histoire. 

La symbolique est forte, pour un Centre Social dans un quartier prioritaire, de se nommer Saint-Exupéry. À travers l’histoire du Petit prince, on donne aux enfants qui viendront ici, le droit au rêve, à l’imagination et à l’art, à l’épanouissement, à l’amitié. Le droit à la différence, au voyage, à l’altruisme. A l’engagement, aussi. 

C’était un moment de grâce, cette inauguration, au milieu de ce monde tellement éloigné des valeurs portées par ce grand navigateur, ce résistant, cet artiste, cet aventurier de Saint-Ex. Dans un monde où l’on érige les frontières en barrières douanières infranchissables, où l’on veut exclure, ostraciser, où l’on rejette l’autre, qu’on veut exiler l’OQTF à l’autre bout du monde, un peu de paix, un regard naïf posé sur les choses par un enfant venu d’une autre planète, c’est salutaire.

Et puis un centre social, "c'est véritablement utile, puisque c'est joli". Surtout celui là, surtout après cette belle restauration. 
Rendez-vous sur Hellocoton !